mardi 31 janvier 2017

Et soudain tout change... ou pas !





Vous connaissez mon amour pour les péripéties hospitalières (et puis les autres hein pas de sectarisme). En ce moment l'actualité est palpitante, on parle de la vie des politiques, la vie de politiques et... oh la vie des politiques ! 

C'est pas que je sois jalouse, mais bon merde (crotte) quoi ! Dans ma vie aussi il se passe des trucs et personne ne le dit. Alors pour réparer tout ça, j'enfile de ce pas mon costume de reporter hospitalier tout épreuve. (Je mérite ma carte de presse parce que même dans zone interdite, il ne donne pas autant de leur personne pour être au plus proche de la réalité !)

Il y a quelques semaines, je me suis aperçue que ma peau se fissurait en toute tranquillité autour de ma deuxième bouche. Pas grand chose, la taille d'un grain d'Ebly tout au plus, mais suffisamment pour qu'on aperçoive le blanc chatoyant du tuyau en toute transparence ( Je parle toujours du Broviac les gars ! Mais quel esprit mal placé... C'est fou ça !)
Par acquis de conscience, j'ai envoyé une photo à mon service préféré. (J'ai plus de photos médicales dans mon téléphone que de selfies...) Vous avez suivi (ou pas mais ça c'est de votre responsabilité) les aventures trépidantes consacrées au sauvetage de Mister Broviac (c'est comme Mister T, on se demande tous ce qu'il est devenu !). Du coup, je ne m'attendais pas à recevoir un coup de fil le lendemain soir pour me dire : 
- "Oui bonjour Mademoiselle Briochette, on a bien eu les photos, bon ben on va l'enlever...." 

Euh... What ? Comment ça "il faut l'enlever". Nop ! Ce n'est pas possible. Je vous représente le contexte : on parle ici d'un cathéter mâle, âgé de quelques mois, en pleine croissance. L'individu a été sauvé plusieurs fois d'une mort certaine car attaqué de toutes parts par de vilaines bactéries. Abreuvé d'antibiotiques, il s'est battu comme un lion pour survivre... Et vous, pour un grain d'ebly mal placé vous me signifiez devoir ... l'enlever ? 

- "Vous comprenez qu'on n'a pas le choix maintenant, il vous embête depuis le début... Mais ce n'est pas grave, on va le changer. Il faut qu'on fixe une date, on va vous remettre un picc line et puis... Vous pleurez ?" 
- "Oui." (Bon ben là rien de drôle à raconter, j'étais dans un état plus que pathétique, entre l'énervement notoire d'être prévenue au travers d'un bête téléphone, sans personne en face de moi, seule dans ma cuisine, tout en me remémorant la douleur infligée par la pose, les hospitalisations à répétition, et mon ras le bol de tout ça. Ouais ben je vous l'avais dit hein, c'était pas drôle.) 
- "Oh mais faut pas vous mettre dans cet état. Ce n'est pas grave." 

"Ce n'est pas grave"... Est-ce qu'on entre dans les sujets de bac de philo ? Qu'est-ce que la gravité pour chacun ? La gravité est-elle la même pour tous les êtres humains ? Le curseur de gravité se mesure t-il par nos expériences passées ?

Non en effet face à un cancer en phase terminale ce n'est pas grave. Si je compare avec la faim dans le monde (c'est l'ironie pour quelqu'un nourri par un bout de plastoque), non ce n'est sûrement pas grave. Si encore, je prends comme outil de comparaison la coupe de Mireille Mathieu, non ce n'est pas grave. (Là je vous l'avais pas dit qu'on avait tous notre niveau de gravité ?) 


Mais bon, c'est quand même mon corps qu'on va charcuter, mon travail que je vais devoir encore louper, ma vie qu'il faut que je réorganise encore et toujours...  

Du coup, la nuit suivante j'ai décidé d'arrêter de tout accepter et d'écrire un mail (ouuuuuh la rebelle !). Je me suis opposée à la pose d'un nouveau picc-line, qui deviendrait le 4eme en moins de deux ans. Qui me forcerait à réintégrer dans mon intimité les infirmières. Qui me priverait encore un peu plus de liberté. 

Dans un premier temps on m'a dit respecter mon choix... puis on m'a rappelé... à peine 24 heures plus tard. 

"Bonjour Mademoiselle Briochette. Voilà on s'est dit que vous aviez sûrement réfléchi, et on a une place demain pour enlever votre broviac et poser un picc line..."

Conseil à vous qui me lisez, si une situation vous semble difficile surtout prenez le temps de la réflexion... Ne vous précipitez pas... Laissez mûrir les choses, laissez les s'imposer à vous... N'hésitez pas à prendre 10 minutes, ou une heure  pour être bien certain de vos décisions... Visiblement ça suffit ! 

J'ai du le décevoir car je n'avais pas changé de positionnement. Nous avons donc raccroché sur un "bon l'essentiel c'est que vous buviez bien un litre par jour minimum". 

Mais... mais... Juste pour savoir, pourquoi je suis sous nutrition déjà ? Ah oui je ne peux ni boire ni manger... Non, non, c'était juste pour être certaine c'est tout ! Donc un litre par jour... Ben voyons... 

Finalement, les jours sont passés, les kilos se sont envolés petit à petit, la soif s'est faite ressentir...Bref que du bonheur. 

Finalement, ils ont décidé de retirer la bouche fautive sous anesthésie locale. J'ai essayé de demander une générale au vue des expériences passées. (Sujet philo : Notre vie est-elle une construction de nos expériences passées... Oh ben tiens comme le curseur de gravité du coup... ? )
Ils ont refusé, pour seul motif "qu'on n'a jamais vu une extraction de KT sous anesthésie générale"... 

Ah ben si on n'a jamais vu alors...  

Avouez, z'êtes curieux de savoir comme ça s'est passé le jour du retrait hein ? Bon ok, je vous raconte. 

J'avais rendez-vous pour 11h. Une heure de transport environ pour atteindre le lieu tant convoité : l'hôpital. Comptons environ 45 minutes pour faire les étiquettes ! J'arrive une heure avant en salle d'attente et là... Une foule digne d'un premier jour de soldes devant les galeries Lafayettes ! 

Je m'arme de patience, écoute attentivement, soupire, me tourne et retourne sur les sièges en bois à peu près aussi confortables qu'un tapis de fakir. Je vois les minutes passer, l'heure du rendez-vous se rapprocher, et les numéros rester... stationnaires ! 

Environ 40 personnes devant moi, deux guichets ouverts... 

Je décide d'appeler le service, en vain. Je me saisis donc de mes affaires, abandonne ma place au premier rapace venu (faut pas se leurrer, une place libre dans un hôpital c'est comme un pot de nutella ouvert devant un diabétique... Une tentation sans nom !) Je gravis 4 à 4 les marches pour atteindre en un temps record le 4e étage. (Ok, j'ai pris l'ascenseur) 
Je préviens confuse du temps d'attente encore conséquent aux étiquettes, tout en montrant l'heure d'arrivée sur mon ticket (Je vous jure m'dame ça fait une heure que j'attends). Je redescends, fais une croix sur une place assise, patiente encore... 
Une heure et quart d'attente plus tard (Je rappelle quand même que c'est pour imprimer des étiquettes d'entrée dans un service hein, pas pour concocter un plat 4 étoiles d'écrevisses sur son plat de foie gras qu'on attend !), j'accède enfin au bureau. 

"Bonjour madame je viens pour..."
"Attendez.. Hé tu fais quoi Marie-Thérèse là ? Tu touches pas l'ordinateur hein, ça fait 3 fois que j'essaye de régler mon écran... Quoi ? Ah ben oui mais après ce n'est pas toi qui doit plisser les yeux, moi je vois pas les pages internet après... Hein ? Non ! Non ! On mange ensemble ce midi ? Oui, j'ai pris mon casse-croûte mais..."
"Raclement de gorge de ma part"
"Oui ? Bon ben allez-y je vous écoute" 
(Elle est bien bonne celle-là, une heure et quart d'attente, tu me fais encore patienter pour parler encas avec ta collègue, et c'est moi qui semble te mettre en retard ? Bref...) "Oui donc j'ai rendez-vous dans le service suivant, ils m'ont donné le numéro pour vous faciliter la tâche..."
"Hum... Votre carte vitale elle est pas à jour là hein !"
"Je sais mais votre borne ne fonctionne pas..."
"Ah ? Elle fonctionne pas.. Bon ben je vais forcer mais... Oh ben vous avez plus la prise en charge 100 %"
"Si il a été renouvelé en décembre..."
"Ah ben c'est pour ça alors, mais votre carte elle est pas à jour..."
"Oui, je sais puisque votre borne ne fonctionne pas donc...J'irais demain dans une pharmacie mais actuellement je ne peux faire plus..." (Voyez ???) 
"Bon... Hé Marie-Thérèse tu lui as dit au gars pour le repas ? Attendez hein... "
(Ben oui je ne suis pas en retard ça tombe bien)

Au final, j'ai mis plus de 20 minutes pour les avoir mes étiquettes... J'ai donc  gravis 4 à 4 les marches pour atteindre en un temps record le 4e étage. (Ok, j'ai pris l'ascenseur) Je me suis représentée de nouveau, on m'a accompagné dans ma chambre en me disant "Oui donc Mademoiselle Briochette je vais vous mettre votre bracelet, vous allez prendre votre douche rapidement car on vient vous chercher dans 5 minutes pour enlever le cathéter et... Poser un picc line !"

Bon allez encore une fois l'article s'étiiiiiire alors pour épargner vos yeux, vous permettre d'avoir d'autres activités dans la vie que de lire un article trop long, je vais le faire en plusieurs fois... On va faire comme dans les films : 

A suivre...

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jeudi 5 janvier 2017

Bon ben... On partira pas en vacances et puis c'est tout !





3h45 : Insomnie bonjour ! 

Comme ça fait un moment que je me tourne et retourne dans ce petit espace appelé "lit", j'ai décidé de dire merde à Morphée et de lui faire l'affront de partir ! Avant de me réveiller vers 2h !(Alors oui je vous vois venir : ouais mais 2 heures si tu t'es couchée à 20h, ça va ! Sauf que je me suis couchée à 23h... Du coup ça fait pô beaucoup pour mes petits yeux fatigués...), j'ai fait des rêves/cauchemars. Vous savez ces songes où vous n'êtes pas plongé dans un film d'horreur, où vous n'avez pas de monstres à combattre, pas de violeurs, tueurs fous auxquels échappés, mais juste une sensation de malaise, une sensation de mal-être même ! Alors pas besoin de me lancer dans explications folles d'analyse du rêve pour lequel je me demanderais ce que signifiait ce champ vide à perte de vue (l'incertitude professionnelle ? La peur d'être seule dans mes nouvelles fonctions ?) Naaaaaaan rien de tout ça ! Pour une fois j'ai l'explication de ce qui me turlupine. Et comme il est tard (ou tôt) et que je sais que vous adorez me visualiser en père castor, je vais vous raconter une histoire ! 

Hier, bien installée derrière mon bureau, faisant face à mon écran et cernées par de multiples feuilles volantes (mais importantes !), j'essayais péniblement de terminer une tâche ingrate (mais importante !) : la réservation des séjours été ! Le principe est somme toute assez simple : j'ai des groupes de vacanciers composés de personnes en situation de handicap et d'accompagnateurs. (Oui alors pour qu'on s'entende bien sur groupe, on évite le côté sortie de foyer à 15 en fauteuil ! Du coup ce sont de petits groupes, des groupinets, des noyaux de 4 à 6 personnes : une famille quoi !) 

Grosso modo : 80 vacanciers au départ (ouep, ça en fait du groupe !), une bonne trentaine de destinations à trouver et le tout parfaitement accessible. Alors accessible en fauteuil (c'est une base pour notre public) mais également avec la possibilité de livrer des lits médicalisés, des lève-personnes, loger du matériel de type chaise-douche (non non on ne peut pas prendre le tabouret de la cuisine pour le mettre dans la salle de bain ! Je vous vois venir petits filous !), chaise-pot et autres joyeusetés. (C'est marrant au départ, mais en fin de journée on a juste envie de se réserver une villa Belambra pension complète au bord de la mer avec piscine et courir (ou rouler, c'est selon !) très loin !

Bref. J'en étais à mon avant dernière réservation, quand est arrivé l'élément perturbateur de ma nuit. (Oui, oui j'en suis toujours là.) J'appelle un lieu de séjour envisageable car j'avais déjà réservé pour un groupe de 4 pour la deuxième quinzaine. (Pardon ? Comment ça : c'est quoi la deuxième quinzaine ? Ben celle d'août voyons ! Vous savez la plus compliquée et la plus chère à avoir au monde avec la première quinzaine d'août ! Oh ben c'est marrant ça, parce que ce sont les deux quinzaines que l'on doit réserver !) C'est donc naturellement (et afin d'économiser mon peu de forces restantes et de "sourires" dans la voix lors de mes appels) que j'envoie un mail (c'est une autre technique de préservation. Attention, à ne faire qu'après avoir établi un premier contact téléphonique... Pour ferrer le poisson, voyez ? En jetant trop vite les infos de manière triste sur un écran, les gens n'entendent pas ce petit ton de supplication et les larmes coincées dans la gorge : "sioupléééé dites-moi qu'il reste de la plaaaaaaace". C'est une réalité, on entend moins le ton dans un mail, rendons-nous à l'évidence.
Ce lieu proposait une prestation parfaite avec pleiiiiiin de logements accessibles et même du choix : les piverts ou les chocolatines ? (Dans un soucis d’anonymisation (c'est pô facile comme mot) parfaite, j'ai bien entendu changé les noms des résidences proposées, en revanche j'ai gardé le ridicule de ces derniers.) C'est donc confiante que j'ai formulé ma demande : une réservation pour 6 personnes sur la période Q.1 (Non je dirais pas ce que c'est ! Il faut faire travailler vos méninges, c'est pour votre bien que je fais ça ! On s'encroûte après les fêtes, le cerveau est en hyperglycémie, il refuse de bosser, alors hop au boulot ! Non mais.)
Quelques minutes après l'envoi du mail, le téléphone pleure sonne. (En vrai vu la sonnerie, c'est moi qui ai envie de verser quelques larmes à chaque fois qu'il me "strie" (j'ai cherché désespérément le terme, mais ça ne vient pas, il est 4 heures vous allez me l'accorder j'en suis sûre ! Strier, de strident... Voilà, voilà.) dans les oreilles. 

- Action associative Clochette, bonjour ! (Entrée en scène du personnage 1)
- Oui bonjour, est-ce que je peux parler à Clochette s'il vous plait ? (Entrée du personnage stupide 2) 
- Euh, ben oui... C'est moi. (Comme l'intitule : Clochette bonjour !) 
- Ah oui ! Alors voilà je vous appelle car comme je disais à ma collègue hein ça sera plus simple hihi (alors oui il y a bien eu ce ricanement de "c'était la grosse marrade au café Jean-Louis ! On t'a pas raconté ??? Rooooh ben faut qu'on te raconte"...)
- Vous avez bien fait, c'est parfois plus simple. (Mais bon si j'avais pu éviter hein !)
- Alors voilà, du coup on annule Q.2 et ses 4 personnes pour remplacer par Q.1 et ses 6 personnes ? 
- Ah non on garde les deux ! (Comme l'indique dans mon message la phrase suivante :  "est-il possible d'ajouter une réservation supplémentaire"...L'ajout n'est pas un concept simple je sais.)  
-Ah d'accord, oh ben j'ai bien fait d'appeler hein comme je le disais à ma copine. (On passe de collègue à copine. Vous étiez peut-être dans une journée fille : masque, thé et viennnnns on se fait les ongleeees ! Du coup je comprends l'appel, le téléphone ça risque moins de faire de traces sur le vernis encore coulant... Alors que taper un mail...) Mais par contre hum... Je suis un peu embêtée parce qu'un groupe de 6... 
- Vous n'avez plus de place ? 
- Ah si ! Enfin... L'été c'est... Hum... Comment dire... 
- Oui ? (Allez vas-y, on ne te veut pas de mal, tu peux t'exprimer librement et sans crainte)
- Ben pour les dates, vous ne voulez pas venir hors saison ? 
- Ah non on ne peut pas, elles sont fixes car basées sur les fermetures d'établissements. (Argument imparable ! Et vrai surtout !)
-Ah oui. Mais pour 6 c'est compliqué. On a bien les piverts de libre mais... Enfin... En fait vous comprenez l'été chez nous c'est familial. 
- C'est à dire ? 
- Ben les parents viennent avec leurs enfants (alors la définition de familial je maitrise à peu près (pas aussi bien que celle d'ajouter mais quand même, j'ai des notions)... Le "c'est à dire" s'adressait plutôt au sous-entendu inquiétant... Mais je comprends qu'il y ait pu avoir confusion). 
-Oui, oui d'accord, mais en quoi est-ce un problème pour l'accueil de nos vacanciers ? 
- Il y a beaucoup d'enfants et souvent votre public...Ce sont des séniors non ? (Hé non raté bichette, je vais t'apprendre un truc triste mais réel : tous les handicapés ne sont pas grabataires... Même que chez nous, ils y sont de naissance, c'est con hein la vie !)
- Non, non enfin tout dépend la limite que vous fixez à "senior" (je sais pas si pour le commun des mortels c'est 60 ans peut-être que pour un handicapé qui va faire peur aux enfants c'est 35 ?) mais pour ce groupe clairement non !
- Hum. Mais quand même... Un groupe de 6... Enfin, je vais voir avec ma direction mais bon...Avec les enfants et les parents... 

Voilà. 

Voilà ce qui m'a fait rêver/cauchemarder. La bêtise humaine. Parce qu'en vrai je ne pense pas qu'elle se faisait les ongles, c'est juste difficile de laisser une trace écrite de : "Désolée, nous ne pouvons accéder à votre demande. Nous avons les structures adaptées, la place disponible en revanche visuellement nous ne pouvons accepter trois "handicapés" en même temps dans notre petit environnement si familial. Vous imaginez s'ils bavent ? Ou pire gesticulent en criant ? Ils vont effrayer nos petites têtes blondes. Cordialement et meilleurs voeux. Bisouuuuus"

Ben ouais c'est compliqué de l'écrire. Mais c'est aussi très violent à entendre. Comment peut-on se permettre de réfléchir comme ça ? Comment peut-on trier le public reçu sous prétexte qu'il n'est pas dans la "norme" ? 

Oui j'ai eu mal au coeur. Oui ça m'a remué les tripes. Oui j'ai eu un petit peu envie de pleurer (et pas qu'à cause de la sonnerie du téléphone). Alors j'ai raccroché (un peu con je dois l'admettre) et j'ai été le raconter à ma collègue (à la manière d'un évènement traumatisant qu'on doit exprimer pour soigner). Elle m'a dit que c'était déjà arrivé sur les séjours précédents de recevoir des appels des directions d'établissements pour dire que nos vacanciers criaient trop, gesticulaient trop...
Non ce n'est pas être mal élevé. C'est juste que quand la parole te fait défaut, ton corps s'exprime autrement. C'est juste que quand une partie de ton cerveau est touché, tu ne contrôles pas ton corps comme tu veux. Tu fais des gestes incontrôlés. Et donc ? On les enferme ? On protège la population de cette vue si "misérabiliste et réduite de l'être humain" ? (C'était de l'humour hein s'il est utile de le préciser... Bien sûr qu'il faut les enfermer !!! OOooh revenez ! On rigolait bien...) 

Alors encore une fois je me rends compte que le chemin est long, que les pensées doivent encore évoluer...

 Allez venez je nous fais une résa de groupe et on part dans un monde moins violent ! 

Ah on me dit dans l'oreillette que vous êtes trop nombreux. Ah et vous là-bas trop petit... Vous là, trop en fauteuil, et vous vous avez un air louche... Bon ben... On partira pas en vacances et puis c'est tout ! (Pas besoin d'être riche pour bien voir toussa toussa...)






vendredi 23 décembre 2016

Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir !




Hier, on nous a donné un nouveau canapé (#jevousracontemavie) ! 

Bref, quand il est arrivé, on s'est bien rendu compte que ça allait pas être fastoche de le faire passer dans les portes. (Mais si ça va rentrer Marcel !). Il faut voir la bête ! Shrek à côté c'est un liliputien ! 
Pour porter l'engin : deux personnes. (Dont je ne faisais pas partie, vous pensez bien ! Je me luxe déjà en me brossant les dents alors bon faut pas pousser mémé dans les orties.) En bonne superviseuse, j'essayais d'encourager mes deux porteurs. De là un monsieur un peu baraqué est arrivé pour aller diner chez sa belle-soeur (#jevousracontesavie), et nous a gentiment proposé d'aider à déménager. Nous avons accepté prestement. (Et lui a du regretter d'avoir été serviable !)Après quelques manoeuvres délicates, un démontage de pieds (ceux du canapé, pas les nôtres), quelques bruits suspects, le voilà bien installé dans notre salon. (Et je tiens à dire qu'il y restera et sera cédé avec l'appartement !)
Tout ça pour dire, (oui parce que parfois ce que je raconte à un sens), que pour remercier notre déménageur de l'extrême (j'exagère à peine), Môssieur Clochette et moi-même sommes allés lui acheter une boite de chocolats. Cette action nécessitait donc de sortir et d'affronter ce monde ô combien cruel et froid, qu'est l'extérieur. (Oh oui ! Chouette ! On va dans le générateur d'anecdotes !!)

Sur le trajet, nous rencontrons un monsieur, en tee-shirt, et aveugle. (Avec la canne et tout et tout. Je ne sais toujours pas si le fait d'être bras nus et aveugle sont en lien. Il n'avait pas vu qu'il faisait froid peut-être ? Roooooh). 

Alors que nous traversions au même passage piéton que lui, nous nous rendons compte qu'il se dirige droit sur un parking à vélos, scooters et autres véhicules motorisés (ou non) de votre choix. 
Tel Batman venant en aide à Robin, nous nous jetons sur lui pour le maitriser et le sauver d'une mort certaine... Bon ok, on a juste été vers lui pour le prévenir des obstacles et lui proposer de le ramener sur le droit chemin. (Le trottoir quoi !)

Bien mal nous en a pris ! 

Le dit monsieur, plutôt que de nous remercier a commencé à nous déblatérer toute sa haine des valides. En gros le discours était le suivant :
"Oui ben aussi tout le monde se gare n'importe comment ! Y a toujours des obstacles ! Ah j'aimerais bien vous y voir moi les yeux bandés toute la journeé ! Ses jeunes qui font des grandes études dans le handicap hein et qui sont cons (si si il l'a dit), oh c'est facile de faire de grandes théories... Puis ces gens qui se garent sur les places handicapés, vous ne vous rendez pas compte vous hein ! Vous faites comme vous voulez mais après c'est nous qui en pâtissons... Vous êtes tous pareils toute façons..."

Là ça a commencé à me tendre un peu. Pourquoi ? 

1) Je ne supporte pas qu'on s'en prenne aux gens qui viennent vous aider. Je peux comprendre sa détresse mais faut pas s'étonner si les personnes vous laisse bien dans la mouise le jour où on a besoin. (Je dis "on" car je m'englobe dans les personnes à mobilité réduite qui sont bien contentes qu'on leur tienne une porte de temps en temps !) 
2) Sans le savoir, il me visait directement car je fais partie "De ces jeunes cons qui ont fait de grandes études sur le handicap". Alors oui c'est théorique certes ! Oui on a des idées qui ne sont jamais mises en application fautes de moyens certes ! Mais il y a au moins quelques personnes qui essayent d'améliorer les choses. Etre toujours dans le négatif et la victimisation c'est fatiguant.
3) La victimisation justement, parlons-en. Ce cher monsieur, avec qui nous avons essayé d'établir un dialogue (mais qui en fait était lancé dans son monologue), réfutait tous nos arguments sous pretexte que nous ne pouvions pas comprendre "nous gros cons de valides" (Il l'a pas dit comme ça mais c'était l'idée). Mais pourquoi mon gars ? Pourquoi tant de haine ? Du coup, je lui ai dit que j'étais moi même en fauteuil roulant, et que l'histoire des obstacles et des places de stationnement je pouvais bien comprendre. Je me suis dit que s'il sentait que je faisais partie de "son clan" ça serait plus facile pour discuter (et surtout s'en défaire car c'était vraiment relou !!) 
Et bien... non ! Il m'a répondu " Ah mais chez les handicapés aussi y a des cons hein !". 

Du coup la "conversation" était complètement stérile. Nous avons essayé de partir à plusieurs reprises, prétextant un rendez-vous... en vain. J'ai même essayé le subterfuge d'appel sur mon portable avec celui de Môssieur Clochette, en laissant mon téléphone en sonnerie forte... en vain. 
A force de l'entendre déblatérer, j'ai arrêté d'avoir pitié, nous avons dit aurevoir et sommes partis. Ce sur quoi il nous a dit "Oui ben les gens sont toujours pressés, mais réfléchissez à tout ça hein, parce que bon c'est pas..." (Ah non je ne sais pas la fin, parce que je suis vraiment partie !)

Alors la conclusion de tout ça ? Je pense que ce monsieur est seul et en profites donc pour déverser sa rage sur le premier couillon, la première personne serviable qui se propose de l'aider. Peut-être qu'il en veut à la vie, qu'il n'a pas accepté son handicap, qu'il était vexé de se prendre un vélo devant témoins. (Freud est en moi! Bon en vrai j'en sais rien, il est peut être juste "con", c'est très répandu comme maladie.)
Je me dis juste qu'avec des personnes aussi aigries et mal-aimable, il ne faut pas s'étonner ensuite si on devient de plus en plus individualiste. Parce que tout ce qu'a gagné ce monsieur avec moi, c'est que la prochaine fois je le laisse se débrouiller ! 

Voilà, tout ça pour dire : on a un nouveau canapé ! Mais bon vous vous en fichez vous "cons de valides"... Et cons d'handicapés aussi hein ça marche pour tout le monde ! 

PS : Joyeuses fêtes de fin d'année, paix, amour et ... entraide ?  Oh non, ça c'est trop risqué !

vendredi 9 décembre 2016

Bienvenue dans ce monde fou, fou !


Quand j'étais plus petite, (le logo HD ne trônait pas encore dans le coin supérieur droit de notre télévision), je regardais une émission le mercredi aprem' sur la 6 (M6 Kid je crois mais celui des années 90 !), dans laquelle était diffusé le monde fou de Tex Avery ! 
Un cartoon, qui avait pour générique la merveilleuse, la sublime, l'enchanteresse musique suivante : 

"Bienvenue, dans ce monde fou, fou, fou ! Ce monde loufoque et fou ! Fou, fou, fou, fou, fou !" (Non ne me remerciez pas, l'option "j'ai l'air dans la tête à partir de maintenant et ce jusqu'à la fin de la journée" est incluse) 

Bref, aujourd'hui deux solutions s'offrent à moi : 

- La première : J'ai fait un saut spatio-temporel et j'ai rejoint Tex dans ses folles aventures. (C'est possible j'ai croisé une mouche ! Ouep ben si vous ne comprenez pas la référence, z'aviez qu'à être un peu plus assidus sur les dessins animés des années 90 non mais !) 

-La seconde : En fait, ce dessin animé n'était qu'une copie de notre réalité actuelle. (Plus facile de pencher pour la première option, car la seconde impliquerait que Brody Dowler (l'auteur !!! Va falloir suivre hein les gars, sinon on n'y arrivera pas !) ait eu une vision de la société 20 ans plus tard (ouep déjà, je vous avais dit qu'il n'y avais pas encore la HD). Voir dans l'avenir étant peu probable, penchons nous sérieusement sur l'hypothèse du saut spatio-temporel, beaucoup plus crédible !)

Quoi qu'il en soit, je reste septique de ce monde qui m'entoure. Et comme je vois que je pique votre curiosité, je vais vous raconter. 

Ce matin, rendez-vous au laboratoire. J'y vais bon an, mal an (chuuuut j'utilise les expressions que je veux ! ), fatiguée et douloureuse, en mode : "Choisissez bien votre jour pour m'embêter... Pas aujourd'hui par exemple".

 Bon ben... Le message n'est visiblement pas passé ! 

Après de longues minutes d'attente à observer les deux secrétaires présentes de mauvais poils (Bon elles ont le droit d'appliquer la phrase ci-dessus, le truc c'est qu'elles font de l'accueil, un métier de contact, toussa, toussa), c'est enfin mon tour. Je me ramène avec mon ordonnance habituelle et une petite nouvelle envoyée par un centre génétique pour faire avancer la recherche. (Comme je donne déjà mon sang régulièrement je ne suis plus à ça près !) 

La secrétaire aussi aimable qu'une porte de prison m'adresse un :

- Vous êtes majeure ? 

(Ben je sais que je ne fais pas mon âge, mais j'ai 26 ans quand même, ça en fait du gâteau mangé et des bougies soufflées depuis mes 18 ans ) Je me suis contentée d'un rictus, suivi de : 

-Ben oui, largement même ! 

Ce sur quoi elle a rétorquée : 

-Bah je sais pas moi hein, c'est pas marqué sur la feuille. 

Certes, mais tu as des yeux non ? Regardes le monde qui t'entoure comme il semble beau  (fou ! fou !)
 Et puis c'est pas pour faire ma rabat joie (loin de moi s'en faut .... JE FAIS CE QUE JE VEUX POUR LES EXPRESSIONS !!!!) mais sur les deux papiers de consentements joints à l'ordonnance, que je t'ai gentiment et poliment confiés au début de notre entretien, tu l'as ma date de naissance !
  Et parfois connaitre l'âge c'est pas facile hein !  Je suis la première que ça énerve quand je demande : Il a quel âge ? Et qu'on me répond "Il est de 52 !" (Ouais, vous les connaissez ces gens hein qui font ça... Spécial dédicace à mon papa, champion dans cette catégorie !) C'est pas un âge "Il est de 52" et pis d'abord je suis nulle en calcul mental et j'ai pas envie de faire la soustraction ! Mais là quand même de 90 à 2016... 2016-20, ça fait du 1996. Donc si après tu te dis qu'il faut que j'ai 18 ans,  (pour avoir 18 ans  faut deux ans de moins, donc deux années de plus ! C'est fastoche là hein ! C'est vous aussi qui ne vous concentrez pas, je vous vois ! Vous êtes dissipés depuis tout à l'heure à fanfaronner le générique de tex !) Ben faudrait que je sois née après 1998 pour ne pas être majeure ! 1990... 1998... Même sans effort....

Donc après confirmation de ma majorité, nous avons pu procéder à l'examen. (Enfin avant j'ai attendu 30 minutes dans la salle d'attente. Là, la secrétaire est arrivée en me donnant le double du papier que je lui avait précédemment laissé. Elle me dit que c'est pour moi. Je lui dit que non, le volet un et deux sont à renvoyer avec le prélèvement et que le volet trois, qui effectivement était pour moi, avait déjà été récupéré. Elle me dit qu'elle n'en n'a pas besoin et que soit je le prend, soit elle le jette. Je décide de le garder... Sait on jamais... 

C'est mon tour.  Là le patron qui réalise la prise de sang me dit : 

"Bon je vous redonne tout et vous l'emmenez directement." (Ce n'était pas une question ?)
"Ha ben non, je préfère que vous fassiez l'envoi, comme c'est marqué sur la lettre de l'hôpital parce que là moi je ne vais pas courir jusqu'à là-bas. (Parce que de un je suis fatiguée, de deux j'ai mal, de trois, si c'était pour courir ben j'aurai fait le prélèvement direct à l'hosto et pas dans "mon laboratoire de proximité", de quatre, doit quand même y avoir une manière de conserver le bazar, le froid, le chaud tout ça, si à la fin les échantillons pouvaient encore être exploitables, et de cinq, c'est ton job non ?)
"Ben c'est vous qui voyez mais faut payer le transporteur hein !"
"..."
"C'est 9 euros le transporteur."

Et bien mon gars, je prends en charge le transporteur puisque je n'ai d'autre solution à portée de main. (Non l'emmener directement n'était pas une option, toujours pas !) 

Je repasse donc vers la secrétaire, qui me hèle. (Non, non mais j'arrive)

Secrétaire 1 : - Ah mademoiselle Briochette, ça tombe bien que vous repassiez ! (Oui enfin j'étais là et comme on m'a dit de revenir vers vous, et que dès que je suis sortie de la salle vous m'avez demandé d'attendre, vous avouerez tout de même que la probabilité pour laquelle je fuite, était somme toute assez faible...Mais bon, ça tombe bien !)
En fait le papier de tout à l'heure, j'en ai besoin ! (Ben voyons !) Vous aviez raison, il faut envoyer les deux volets. (Hé oui ! C'est pas facile hein !) Et pour le transporteur alors du coup... ça fait 24 euros ! 

(C'est à peu près à ce moment là que j'ai failli m'étouffer !)

Moi :  - Non, non ! Votre collègue m'a dit 9 euros ! (Je suis naze en calcul mais quand même, ça fait une sacrée différence là non ?)
Secrétaire 1 : - Ah ben écoutez moi Colibri (Non ne me demandez pas, je ne sais toujours pas qui est, ou ce qu'est, ce colibri. Je suppose que c'est un équivalent d'un colis max pour nous mais allez savoir... Ils ont peut être laissé le pigeon voyageur pour un format réduit et plus rapide !), c'est marqué 24 euros. J'ai que des colibris à 24 euros ! (A ce prix là, ce sont au moins des inséparables ! Sinon à Jardiland, y' a pas de promos pour Noël ?) 

Sa collègue dépressive (oui j'en mets ma main au feu !), intervient alors. (Elle qui fait toujours des erreurs et ne sait jamais comment on fait !) 
Secrétaire 2 : -Si ! C'est 9 euros, 24 c'est quand c'est hors de la ville. 
Secrétaire 1 : (Qui ne peut pas encadrer la secrétaire dépressive dite secrétaire 2) 
- Oui, ben là c'est en périphérie ! 

(Ouais enfin les filles, on ne va pas charrier quand même, l'hosto se trouve en agglomération. Déjà 9 euros pour transporter deux fioles de sang, c'est pas donné, alors si en plus on applique le tarif "Hors" parce qu'on a passé une rue et donc changé de panneau, ça ne me fait pas trop rire ! Le colibri il s'en fout non ? Ça fait quelle distance... à vol d'oiseau hein ?)

Secrétaire 2 : - Non, mais même tu mets quand même 9 euros... (Merci ! Je t'offrirais ta boite de Xanax la prochaine fois, ça me fait plaisir !)
Secrétaire 1 : - Bon ben écoutez hein, je trouve pas ! Je facture 9 euros et puis voilà je trouverai plus tard ! 

Ok donc là je règle 9 euros, parce que vous m'avez dit que "petit colibri" était à ce prix là mais je n'ai aucun justificatif  ?  

"Bienvenue, dans ce monde fou, fou, fou ! Ce monde loufoque et fou ! Fou, fou, fou, fou, fou !" 

J'ai réglé et je suis partie. J'avais pas envie de me battre, et finalement vu le temps passé, j'aurai eu presque le temps de l'emmener moi même la bouffe de Dracula ! 

Enfin rentrée dans mon doux chez moi, je reçois un appel de la pharmacie (que mes journées sont palpitantes !)

- Oui, bonjour, vous allez rire hein (ouais là je ne sais pas trop... Demain peut-être ?) mais on vient de constater avec ma collègue que la biseptine flacon est en rupture de fabrication... Et les ruptures ça peut être long... On fait quoi ? 
-Ben euh... (Je vous dirais bien : on a qu'à mettre du savon dans de l'eau et ça fera pareil mais je ne suis pas certaine...) Vous n'en n'avez plus du tout ? 
- Si 4 flacons, je vous les mets quand même ? (Oh ben non, gardez les si jamais...)
- Oui, ça me semble déjà un bon début. 
-Puis pour compléter je vous mets des sprays ? 
- C'est pour mettre en grosses quantités sur des compresses, ça ne va pas le faire, si ? 
- Ben ça sera plus long et moins économique mais si, si ! (Tu m'étonnes que ça sera plus long !)
- Ok, ben faites comme ça et je prends contact avec l'hôpital si jamais ça se prolonge qu'on sache quoi faire. 

A peine raccroché, j'enchaine avec l'hôpital, à qui j'explique le soucis et là.... : 

"Ah oui on sait, ils sont en rupture jusqu'au 2 janvier !"

M-E-R-VEILLEUX (Ouais ben là pareil, si vous ne connaissez pas Jim Carrey vous loupez plein de choses !) 

"Mais on a vu avec les hygiénistes et on va remplacer par de la Bétadine jaune pour les manipulations et de la rouge pour la désinfection du point d'émergence !"  

D'accord ! Donc je résume (C'est pour moi hein n'y prêtez pas attention) 1) Vous étiez au courant de la rupture, 2) Vous avez une alternative. Oh mais attendez j'ai une idée ! 





Pourquoi ne pas prévenir vos patients tout simplement ??? Quelle merveilleuse idée !!!

Bienvenue, dans ce monde fou, fou, fou !!!!! 


PS  : Merci à M'sieur Clochette pour la photo d'illustration (celle avec Mickey !) Elle est de lui et illustre parfaitement cet article cartoonesque ! Merci merveilleux Chéri ! (Quoi ? Z'êtes jaloux ? Je vous aime aussi va !) 

PPS : Vous pouvez liker la page Facebook 




mercredi 9 novembre 2016

Si t'as de l'air dans les os... Fais donc poche commune !





Hier j'ai eu ma visite médicale.

 La bonne nouvelle, c'est que ça signifie que j'ai repris une activité professionnelle, la mauvaise c'est que qui dit "visite médicale" dit "médecin" et là... 
Mon expérience c'était jusqu'alors limitée aux visites médicales scolaires. Et je dois dire qu'à la fac, y avait du niveau, un grand grand niveau même ! Du coup je n'en n'attendais pas moins (ou pas plus, c'est selon !) 

Mes collègues m'avaient prévenue. La conversation du matin s'était résumée à ça : 

Collègue A : "Tu verras, il est... spécial. Il a une manière de mener la consultation bien à lui."
Collègue B : "Ben moi il ne m'a jamais ausculté !"
Collègue A : "Ah mais moi non plus, c'est pour ça que je dis qu' il a sa manière de mener la consultation. Ah et il pose beaucoup de questions".

Bon, une femme avertie en vaut deux ? 

J'attrape mon carnet de santé et c'est partit.

Je vois arriver vers moi un monsieur d'un certain âge avec la carrure "nounours" (C'était pour le dire poliment mais il était bien en chair quoi !) Il me fait entrer dans la salle d'examen et me demande les documents. Aie ça commençait mal parce que je n'avais pas encore la radio pulmonaire tant convoitée ni mon attestation de vaccination. (Si ça peut vous rassurer ils vont très vite les avoir !) 
D'un air pas content pas content il me lance un amical "Ben pourquoi vous êtes venue alors ?" .... 
Euh ben peut-être parce qu'on ne m'en n'a pas laissé le choix ? Peut-être parce que je suis embauchée depuis hier et que donc il m'est difficile d'avoir tous les documents demandés de la terre pour le lendemain ? Et puis peut-être parce que le corps médical me manquait ? (Naaaaaan je déconne !) 

Bref, je me confonds en excuses et lui assure qu'il aura tout avant la fin de la semaine. De là il me répond "Ouais enfin moi je vous mets inapte hein de toutes façons, y a des codes dans le travail Mademoiselle !" (Que voulez-vous répondre à ça ?) Ben vous avez l'air tendue non ? (Ben c'est à dire que c'est la grande éclate !)

Je me suis dit qu'elle allait être super chouette cette visite ! Et que j'allais bien me marrer.
Je lui tends alors mon carnet de santé, seul "papier ô tant voulu" présent lors de la consultation. Il le feuillète et me dit "Quoi ? Opérée de l'épaule ? Déjà ? A votre âge ?" (Cette phrase me tend beaucoup de perches à l'humour noir mais je vais me retenir). 
J'ai répondu "Oui, j'ai un syndrome d'Ehlers-Danlos"
"Oh ! Mais c'est pas de chance ça." (Ah ben non comme vous dites, c'est même ballot !) "Et pourquoi opérée à Nancy ? On est bien ici !" (Bon ben là je me suis octroyée un petit droit de réponse vous pensez-bien.)
"C'est à dire que je ne suis pas d'ici, et que quand j'y suis venue il y a 11 ans, le graaaaaaaaand ponte que j'ai rencontré, m'a dit que c'était psy alors..."
"Rooo ça m'étonnerait ça, c'est quand même pas le Dr QUIPENSEQUECESTPSY ?" (ouais fallait que je l’anonymise)
"Ben... Si."
"Ro mais non, c'est pas possible, il est super fort. Et puis quand même l'ehler danlos (Il l'a écrit comme ça je l'ai vu M'dame ! Il a fait une faute M'dame !) c'est super connu, il peut pas passer à côté de ça. Moi d'ailleurs j'en suis un autre qui l'a dans votre travail...(Ah ben ça c'est quand même de la bonne coïncidence, parce qu'on ne peut pas dire qu'on court les rues non plus... M'enfin peut-être) Hé c'est quand même une maladie de l'os, on connait bien les maladies de l'os" (Ah oui, tellement connu ! Alors pour ceux qui sont passés à côté et je ne vous en veux pas, le syndrome d'EhlerS-Danlos, est, comme son nom ne l'indique pas, une maladie des tissus conjonctifs... Voilà voilà)
"Oui, ben là il est bien passé à côté, heureusement que l'autre chirurgien était là. Et ensuite Paris."
"Quoiiii Paris ? Mais on est bon ici, on n'a pas besoin d'aller à Paris. Hé votre chirurgien là, il a du faire ses études à Paris non ? Vous savez pas ? (Non désolée je ne sais pas. C'est à dire que je demande rarement le C.V des médecins qui m'approchent, mais remarquez c'est une bonne idée, vous l'avez sur vous ?) Bon c'est pas tout ça. Mais vous avez d'autres choses ?"
Bien entendu j'ai fait la liste des opérations, des antécédents familiaux (qui ne sont pas jouasses hein je le reconnais).

Nous avons fait un interlude sur ma situation de famille. "Bon sinon ben vous êtes célibataire non ?" Ah ben non raté je suis pacsée. (Ouais mon gars, je sais ça peut choquer, mais on peut être malade ET en couple, c'est diiiingue !)
"Ah pacsée ? Bon il est pas malade lui au moins si ?" (Ca serait dommage de cumuler les tares vous ne trouvez pas ?)

Ensuitee j'ai abordé la nutrition parentérale et là...Là j'ai retrouvé le grand niveau (ou pas hein ça dépend dans quel sens on veut l'aborder) de la médecine scolaire. 

"Oh ben ça alors c'est marrant. Vous êtes la deuxième que je vois cette semaine à être nourrie comme ça. Je vais pas dire jamais deux sans trois quand même ? Et puis en plus c'était un jeune homme à peu près de votre âge. Hé mais j'y pense je pourrais vous le présenter ! Vous pourriez faire poche commune ! Hein, vous vous échangeriez vos trucs là, lasagnes, choucroute...  (Ah pardon c'était à ce moment-là que je devais rire ? Je n'avais pas compris, on peut la reprendre ?) Bon allez minette, je vais prendre la tension. (Pardon ? Minette ? C'est quoi ce surnom ? C'est mon âge ? C'est le fait que je sois malade et la pitié qui va avec ? Ou les trois cumulés peut-être ?)

Il m'a donc appelé Minette tout le long de la visite. Minette vous pouvez descendre de la table, Minette, je vais vous emmener voir l'infirmière. Minette, vous pesez combien ? (Minette à la plage, Minette fait des crêpes...) 

Nous rejoignons donc sa collègue a qui il lance "Je vous laisse vous occuper de la minette" (Veridict)

De là, l'infirmière me dit : "Bon on va faire le test de vision". Je lui réponds que j'ai des lunettes et lui demande donc si elle veut faire avec, sans ou les deux. Et elle me dit comme si tout cela était d'une logique implacable : "Ha ben non si y a des lunettes, on fait pas le test" (Ahhhh ben oui, si tu es déjà biglouche, on va pas en plus vérifier si tout va bien !)
Donc du coup on fait quoi ? Pipi dans un gobelet ? Un test d'audition ? On apprends à danser la Samba ? 
Au risque de vous décevoir, nous n'avons rien fait. J'ai simplement signé une feuille. C'est tout. (Le médecin est passé rapidement, et j'avais oublié de lui dire que parfois j'étais en fauteuil donc je lui ai signifié, on ne sait jamais que ça soit important...J'ai du faire face à sa mine d'incompréhension la plus totale ... Faut pas trop en demander non plus, le SED c'est super connu comme maladie des os mais les conséquences derrières...)

Ah oui, et pour ceux que ça inquiéteraient de passer une visite médicale, ne vous inquiétez pas le docteur ne pose aucune question d'ordre pro. La seule que j'ai eu (ouais je suis cool je vous donne les corrigés), s'est résumée à "Vous êtes combien dans votre bureau? " (J'ai failli lui demander si la question était DANS ou SUR le bureau, car oui nous partageons un bureau (la table) pour deux). En revanche, il a tenu à savoir si j'étais en couple, quelle profession ma moitié pouvait bien avoir, où il travaillait, si il était en CDI (Ah bon il a du travail ? Parce que c'est quand même pas facile...) 

Finalement j'aurais dû dire à Môssieur Briochette d'aller faire la visite à ma place, car le monsieur en blouse blanche il avait l'air plus intéressé par ses conditions de travail que par les miennes...Peut-être que vu la précarité de ma santé il voulait être certain que l'un de nous pourrait subvenir à nos besoins, mais bon faut pas qu'il s'inquiète si un jour c'est disette, il sera toujours tant de faire poche commune !

jeudi 27 octobre 2016

Au bout du rouleau !



Ca y est ils m'ont usé. 

Le peu de patience qui j'économisais gentiment a été décimé en deux jours. 48 heures. Deux fois 24 heures. Bref deux "tout petit" jours.

Il faut dire qu'en quelques mois il s'en est passé des choses. Hospitalisations, grosses blagues médicales, mais il faut avouer que le côté administratif n'était pas encore entré en jeu de manière conséquente. Et bien aujourd'hui je ne peux plus dire ça ! (Lance les applaudissements Marcel !!!) 

En vrai ça a commencé il y a une semaine et demie. (Oui j'aime les moitiés) Fin des antibiotiques, retour à la maison. (Normalement vous avez du suivre tout ça ! Sinon c'est par là, là et là ). Et puis un soir, comme ça sans prévenir, le retour de la douleur du Broviac. (ça ne vaut pas le retour du Jedi !)  
Du coup, en gentille patiente, j'informe l'hôpital que la zone est de nouveau enflée, qu'elle est de nouveau rouge et surtout qu'elle est de nouveau douloureuse.Et puis comme je les connais bien (Oui en un an et demi on créer des liens), je précise que je n'ai pas de fièvre, pas de frisson, que les perfusions se passent bien, et que j'ai envie de chocolat (Bon ça ok je ne l'ai pas dit, pourtant c'était l'information la plus intéressante !) 

On me répond qu'il faut surveiller et prévenir en cas d'aggravation. 

Bien. 

Une semaine passe, (Je vous fais l'historique sinon vous n'allez rien comprendre !), et sentant que mon cas les préoccupe beaucoup, je me permets de les informer de mon état stationnaire. (Ben quoi peut-être qu'en vrai ça aurait pu les intéresser !)

On me répond qu'il faut surveiller et prévenir en cas d'aggravation. (Et qu'on fera le point après le week-end). 

Bien. 

Le week-end passe, et dans ma petite caboche je me demandais "Mais du coup, on fera le point... C'est moi qui fait le point ou c'est eux ?" 
Pour vous mettre dans l'ambiance c'est un peu comme quand vous avez un nouveau rencard, et que vous vous dites "On se rappelle". Les heures passent et sans nouvelle de  votre nouveau double, vous êtes dans le flou le plus total. Souhaite t-il vous revoir ? Vous a t-il oublié ? ("Il" c'est le double, vos préférences sexuelles ne me regardent aucunement) Est-ce que si c'est moi qui prend l'initiative de l'appeler je vais passer pour plus lourdeau que je ne le suis ? Bref... C'était la panade ! Et finalement le destin est venu me tirer tout seul de cette expectative. 
Lundi en faisant mon pansement, je me suis aperçue que ce n'était absolument pas propre (clairement c'était dégueu, au point que j'ai eu envie de vomir... Et ce n'est pas une image !). J'ai donc envoyé une jolie photo (autant qu'on puisse le faire avec un amas de pus), à mes médecins préférés. C'était donc le moment de faire le point ! 

Là plus question d'attendre une aggravation, on me somme de me rendre dans le service dès le lendemain afin de pratiquer quelques prélèvements. En toute innocence j'ai demandé si je devais amener le pansement que j'avais soigneusement gardé. (Ben quoi, vous n'auriez pas fait pareil vous ?). On m'a dit non ! J'ai raccroché et j'ai suivi les ordres. 

Le lendemain je me rends dans un hôpital flambant neuf dans lequel avait été déplacé mon service. Bon en fait, c'est moche, vieux et triste. Mais on va essayer de ne pas se rajouter d'obstacles psychologiques inutiles et on va pratiquer la méthode Coué. 
Une fois sur place, je ne peux bien entendu pas échapper à une étape rébarbative mais Oh combien essentielle... J'ai nommée : la création des étiquettes. (Un vulgaire bout de papier autocollant comportant un code barre qui vous ouvre toutes les portes. C'est le pass ultime ! C'est la poudre de la fée Clochette, le terrier d'Alice, bref si vous ne l'avez pas le monde secret des hôpitaux ne s'ouvrira jamais à vous !)

 J'étais habituée au standing de mon ancien lieu de villégiature, avec écran d'affichage, distributeur élèctronique des numéros de passage, et même des sièges. Premier changement, un distributeur mécanique (le même que chez le boucher quand j'étais petite, avec les petits bouts de papier qui se déchirent mal !) Des espèces de bancs mis en équerre, de sorte à ce que vous vous fassiez du genoux avec votre voisin d'infortune. (Peut-être une technique pour créer des couples ! Ils se sont dit que l'hôpital serait au moins une sortie commune !) L'affichage était lui aussi d'un autre âge puisque les numéros changeaient grâce à de petits volets tournoyant joyeusement. (Comme sur les terrains de Basket quand j'étais petite, le bruit étant à l'identique lui aussi). Bref que de changement ! Heureusement, une chose était similaire : des bureaux derrière lesquels aucun employé n'était présent ! Ouf tout n'est pas perdu ! 
Ayant rendez-vous entre 9h30 et 10h (Je ne sais pas si la marge me concernait ou si elle correspondait  à l'heure d'arrivée approximative du médecin... m'enfin... Je ne vais pas être mauvaise langue, ce n'est pas mon genre !) J'étais sur place à 9h. (La peur d'être toujours en retard, sait-on jamais qu'un jour on nous prenne à l'heure !) Je suis donc partie faire mes étiquettes tranquillement. J'ai pris mon ticket. Numéro 932. L'affichage indiquait le 220. (Ah oui quand même !) J'ai donc regardé mon ticket qui m'indiquait 12 personnes devant moi. (Pourquoi on s'embêterait à changer le chiffre des centaines hein ?)  12 personnes, une demi heure à une heure devant moi... (Entre 9h30 et 10h), j'étais large. 
Et puis je me suis aperçue qu'il n'y avait qu'un seul et unique guichet d'ouvert. Ca pouvait donc être long ! (Est-ce que l'hôpital fonctionne comme Carrefour ? Pour plus de 10 minutes d'attentes on ouvre une nouvelle caisse ? Apparemment... non !) 
J'ai fini par obtenir le Graal, au bout de 40 minutes d'attente.

De là s'est découlé une consultation somme toute classique :

- Donc vous nous rappelez un peu l'historique... 
- Hum oui donc ça fait une semaine et demie que j'ai très mal, c'est enflé, parfois rouge, et depuis hier ça coule. 
- Ok. Bon de toutes façons vous avez tout le temps mal non ? 
- Ben euh non, régulièrement mais pas tout le temps et puis comme en plus ça coule... 
- Oui ben on va faire un prélèvement, mais bon c'est moins moche qu'hier, ça fluctue chez vous. Et puis vous réagissez tout de suite quand on vous enlève le pansement alors c'est trompeur pour les rougeurs. Le mieux serait de nous faire une photo avant d'enlever le pansement. 
- ...
- Oui ? 
- Ben c'est à dire que je ne vous envoie des photos qu'en voyant l'état du point de ponction et la salissure du pansement... Alors faire une photo avant... 
- Ah oui du coup vous pouvez pas deviner... (Ben ouais voilà c'est ça, je ne suis pas encore Madame Irma). Bon le prélèvement est fait. On va trouver une bactérie de toute façon mais bon... Mettez cette crème pendant 7 jours et puis voilà. -(Ah c'était utile tout ça ! J'ai bien fait de prendre deux métros et un bus !)

Bref, une consultation somme toute classique.

Ce matin, j'avais un examen à passer à 8 heures. Muni de ma convocation, je me dirige donc vers le bureau des entrées pour réaliser les étiquettes. (Je vous ai dit que c'était un incontournable. Je pars de chez moi à 6h30, affronte la nuit, le froid, trois métros (ce n'était pas le même hôpital qu'hier). J'arrive à 7h15 devant le bâtiment. (45 minutes pour réaliser le sésame, et trouver le service, je me sentais bien !) Premier déboire : le bureau des entrées n'ouvre qu'à 7h30. Qu'à cela ne tienne, je plante ma tente comme les autres patients devant les portes et attends. A 7h35, les portes s'ouvrent. (Hé les gars, 5 minutes dès le matin ça se transforme vite en 2 heures en fin de journée !) Je suis le patient 003 ! Et j'ai 0 patients devant moi (La magie de la répartition auscultation, hospitalisation !) Me voilà appelé au guichet G, je fonce. En passant devant le guichet H la dame m'interpelle, je lui dis que le tableau d'affichage m'indique sa collègue, elle s'excuse, je m'installe. La dite collègue était à peu près aussi aimable que Cruella et Ardisson réunis (Désolée pour les fans respectifs !)Extrait (Ouais rien ne sert de blablater, un bon extrait vaut tout l'or du monde) : 

- Je vais prendre vos petits papiers ! 
- BONJOUR ! Les voilà... 
- Vous allez dans quel service ? 
- Cardio, j'ai rendez-vous à 8 heures. 
- Vos petites coordonnées n'ont pas changées ? 
- Non. Ah et je voulais vous demander, j'ai un autre rendez-vous la semaine prochaine, est-ce qu'on peut faire les étiquettes en même temps. (Aie aie ambitieuse la fille !)
- C'est dans quel service ? (En fait en y réfléchissant c'était plutôt Germaine de Monstres et compagnie...)
- Maladies infectieuses mais c'est pour une IRM... 
- Ah mais non faut faire directement dans le service, ils détachent des gens là bas pour ça, parce qu'ils veulent être indépendants... 
- Ah... Pourtant la cadre de santé m'a dit de tout faire ici c'est pour ça... Je... 
-La cadre de santé faut qu'elle arrête... 
- Ok, pas de soucis je ferais ça là-bas (Je ne comptais pas déclencher un incident diplomatique !) 
- Puis vous avez rendez-vous à quelle heure ? Oui, ben vous aurez le temps pourquoi vous voulez les faire maintenant ? 
- Ca m'évite de venir plus tôt la prochaine fois... Mais ce n'est pas grave, laissez, ça ira ! (Je vais rentrer dans mes PETITS souliers !)
- Bon ben je vais le faire, mais c'est bien pour vous rendre service. ("Germaine ! Vous êtes sublime ! Une limace dans un écrin ! Une nouvelle coupe ? Sans blague vous êtes rayonnante ! C'est quoi ? Un léger trait sous la paupière ? Des U.V ? Un grand lifting avec des tendeurs ? Un décollement de racine ? Ca vous donne un air tellement...tellement...tellement...") 
- Merci beaucoup et je voulais vous demander aussi (Aie aie audacieuse la fille !), je suis inscrite sur le site qui permet de faire les étiquettes en avance, pour certains services ça se fait automatiquement mais pour d'autres ça ne fonctionne pas... Il faut que je remplisse quelque chose ? J'ai oublié quelque chose ? 
- Ah non vous ne touchez à rien hein ! ("Germaine ! Ma gracieuse limace en jartelle ! A qui allons-nous faire peur aujourd'hui ?") C'est nous qui faisons, mais on n'a pas le temps hein ! 
- Ah ok. C'est dommage c'est pratique ! (chuuuuuuut tais-toi malheureuse)
- Pratique ! C'est ça ouais. 
- En tous cas pour nous, patients. 
- Oui, ben c'est sûr mais eux ce qu'ils veulent c'est supprimer le bureau des entrées hein rien d'autre. (Ah et donc c'est pour ça que vous ne faites pas les étiquettes en fait, pas par manque de temps, mais par crainte. Vous voulez qu'on en parle ? Ça fera 60 euros la séance, mais avec les étiquettes vous pouvez être remboursée... ) 

Bref, j'ai eu mes étiquettes, à 7h50 j'étais devant le service cardio. A 8h05 quelqu'un était à l'accueil (euh les mecs 5 minutes... Deux heures en fin de journée...). Et là on me dit que je ne suis pas sur le planning. Et qu'en plus j'ai du me tromper de date parce qu'il n'y a aucun médecin angiologue présent. Ah ben... c'est ballot ! J'ai donc demandé si nous étions bien le 27 octobre. On m'a répondu par l'affirmative. J'ai demandé si je me trouvais bien dans le bon bâtiment, et le bon service ? On m'a répondu oui. J'ai tendu ma convocation et on m'a rétorqué "Ah ben ça doit être la cadre (encore elle ?) qui s'est trompée ! On va regarder sur l'ordinateur. 
Je ne sais pas pourquoi mais là on m'a dit que je devais aller en radiologie, et être présente 20 minutes à l'avance. Euh.. Ben il est 8h15... J'avais rendez-vous à 8 heures... Personne ne m'a rien dit, ça me semble compliqué de remonter le temps. (Dr WHO une solution ?)

J'ai donc couru (bon ok marché d'un pas rapide, bon ok marché) jusqu'à la radio, et suis arrivée à l'accueil...vide. (C'est une manie ou bien ?) Un patient avec un bout de ouate dans chaque narine me dit qu'il m'envoie l'infirmière mais qu'elle est en train de l'installer. (Elle vous installe sans vous ? Moins pratique du coup...) Une dame en blouse passe, me demande ce que je veux, je lui explique et elle me répond "Ah ben ça à l'air compliqué votre histoire, mais vous direz ça à ma collègue moi je ne m'occupe pas de ce secteur" ..... (Je n'invente rien, ce sont des faits réels, croix de bois, croix de fer et tout le tintouin !) 
Bref je patiente de nouveau, j'explique de nouveau et on me dit qu'on va m'installer. Finalement à 9h, personne ne sait ni quoi faire de moi, ni ce qu'on demande. (Et moi non plus...) 

Le médecin vient me chercher en disant qu'elle a vu avec l'interne, qu'elle va réaliser une écho et essayer de voir les veines comme elle peut, que ça sera "mieux que rien mais qu'elle n'est pas spécialiste". (Euh sinon je peux y aller !)

A la fin de l'examen, la doc me dit "Bon il faudra reprendre rendez-vous en cardio, pour le même examen qui était marqué initialement sur votre convocation !" 

Je suis repartie en ayant l'impression qu'on me prenait pour une truffe, mais finalement à l'approche de Noël, est-ce vraiment si étonnant ?

PS : Pour l'image je voulais mettre Germaine de Monstres et Cie mais j'essaye de respecter les droits d'usage et Pixar ils sont pas ouverts ouverts là dessus... Du coup j'ai mis une Limace classique, c'est bien aussi et surtout c'est libre de droits ! Loin de moi l'idée de vous prendre pour des truffes ! Mais au fait, vous avez vos étiquettes ?

lundi 17 octobre 2016

Ma vie de patiente Acte 3 : La désolation

Nous y voilà, l'acte 3, l'acte final, que dis-je, le dénouement de ces trois semaines et demi d’hospitalisation ! 

Du mardi 4 octobre au jeudi 13 octobre : 

Alors que je pensais mettre un terme à ma colocation en commettant l'irréparable, une aide extérieure m'a été proposée. La nature est tout de même bien faite ! (Rooh mais non, elle n'est pas décédée, j'ai déménagé !) 

J'ai donc refait mon paquetage pour la quatrième fois en quelques jours. Le nom du service était flatteur, il promettait soleil et bonne humeur. Direction "Les maladies infectieuses et tropicales" ! (Ben quoi y a tropique quand même ! Vous vous attendiez à quoi ? Ça promet tout de même plus d'exotisme qu'un service où les coloscopies sont le Graal des examens non ?). En vrai, je savais à quoi m'attendre puisque j'y avais déjà séjourné. J'en gardais un plutôt bon souvenir. (Trucs et astuces de l'hôpital : Toujours se limiter, autant que possible, à vos souvenirs. Retenter l'expérience dans un service ou d'un examen qui vous avait semblé "plutôt sympathique", peut s'avérer être une très très trèèèèès mauvaise idée.) 

Première bonne nouvelle : la colocation est désormais définitivement terminée ! Je rejoins une chambre seule. J'ai donc tout le loisir d'écouter la télévision, de lire, de sortir quand bon me semble ! 

J'ai vite déchanté...Et j'ai vite pris conscience que ce qui fait notre bien-être à l'hôpital est déterminé par plusieurs composantes. 

1) Une chambre accueillante. Ne vous attendez pas à la suite de Kate.... mais avoir un vrai lit est déjà un bon commencement (pour avoir passé des nuits sur des brancards aux urgences, je peux vous assurer qu'avoir un lit c'est chouette !) . Disposer d'une salle de douche (Avec un peu de chance vous aurez même une cabine de douche, mais alors ça c'est rare et c'est du luxe !) et de toilettes, est également appréciable. Enfin, la télévision (que vous payerez la modique somme de 5 euros par jour. Si, si c'est cadeau !) est le caviar du séjour. (Sinon vous pouvez faire des mots fléchés, c'est bien les mots fléchés !) 

2) Un personnel à l'écoute... Et compétent, cela va de soi. Il est toujours plus facile de dire que l'on souffre à un être humain qui vous considère d'égal à égal. Je sens que vous voulez un exemple vous ! Bon... ok.. Mais alors on va faire ça sous forme de petit jeu. 

Je vais énoncer des situations (qui sont toutes déjà arrivées bien entendu, et vous devrez définir si selon vous, c'est une bonne attitude ou une mauvaise attitude. Il n'y a pas de pièges, mais il faut être bien attentif et se rappeler des règles simples de vivre ensemble.

Cas 1 : La fameuse prise de tension (oui encore et toujours elle !). 

Situation A : 

Une personne en blouse entre dans votre chambre. (C'est un bon indicateur la blouse, parce qu'il arrive que des gens entrent dans la chambre mais soient de parfaits inconnus... Ils regardent partout dans la chambre, pour finalement s'apercevoir qu'ils ne sont pas dans la bonne ! Et ça arrive plus souvent qu'on ne le pense !) 
 Donc une personne en blouse entre dans votre chambre, une drôle de machine à la main. Sans un bonjour elle vous demande de tendre le bras, vous enroule un bout de tissu froid autour, vous accroche une pince au bout du doigt et dans le même temps vous fourre un thermomètre dans la bouche ou dans l'oreille (Les deux sont tout à fait possible !) Elle vous laisse ensuite plantée là, pianotant sur son ordinateur dans le couloir. Au bout de quelques minutes elle revient, récupère son matériel et s'en va. 

Situation B : 

 Une personne en blouse entre dans votre chambre, une drôle de machine à la main. Elle lance un bonjour amical et chaleureux. Tout en installant son matériel, elle vous explique qu'elle vient prendre vos constantes. Pendant que le tensiomètre fait son travail, elle échange quelques mots avec vous. Elle vous annonce ensuite qu'elle va prendre votre température. Puis sort en susurrant un "A bientôt". 

D'après vous, quelle situation est la plus correcte ? (Chuut gardez, la réponse pour vous, vos petits camarades n'ont peut-être pas encore trouvé ! Faut dire que c'est pas facile facile !)

Cas 2 : Le respect du sommeil

Situation A : 

Une personne en blouse (oui toujours ! Surtout pendant la nuit sinon faut vraiment vous poser des questions !) entre dans votre chambre de manière discrète et silencieuse. N'ayant aucun soin particulier à vous faire et ayant constaté que vous dormiez paisiblement (et donc que vous respiriez toujours), cette personne refermera la porte calmement. Elle ne reviendra plus pendant la nuit (sauf si soins particuliers bien entendu) et réapparaitra le lendemain matin aux alentours de 7 heures. (Horaire largement acceptable dans une vie à l'hôpital !)

Situation B :

Une personne en blouse, entre dans votre chambre à 23h45 avec une voix forte (C'est à dire un volume adapté à  la criée sur le port, ou sur le marché de Saint-Denis) et avec un dynamisme inadapté (C'est à dire quand tu sens que la porte sera bientôt dégondée), pour finalement vous lancer non nonchalamment : "Hé bonjour à ma patiente préférée !!! Elle pleure ? " (Non elle dormait mais c'est vrai que la frontière est mince entre ces deux verbes ! Et peut-on décréter une préférence après seulement quelques minutes passées en commun ? Non parce que dans ce cas-là j'adore Vincent Lindon, je l'ai aperçu dans une voiture pour de vrai ! (mais vraiment pour de vrai hein !)) 
"Bon ben j ai rien à vous faire. L infirmière m avait dit de vous laisser tranquille car j allais sûrement vous réveillez mais fallait bien que je vous dise bonsoir hein !' (Ben oui, ça aurait été dommage de laisser dormir tranquillement ses patients !) 
Enfin et pour couronner le tout, cette même personne trouvera adapté de venir changer un pommeau de douche à 5h30 du matin. (Pommeau qui doit être changé toutes les semaines pour des raisons d'hygiène et dont le remplacement, montre en main, dure 15 secondes.)

 D'après vous, quelle situation est la plus correcte ? 

Cas 3 : L'écoute et la considération du patient 

Vous êtes une personne régulièrement hospitalisée. Vous connaissez donc parfaitement votre corps, les soins qu'on vous prodigue (et peut-être même que vous les pratiquez vous-même dans votre maison parce que vous avez été formé pour !), et vous comprenez le jargon médical. (Enfin, en règle générale.) Un infirmier doit vous poser un cathéter ou faire une énième prise de sang.

Situation A : 

Vous lui expliquez que les seules veines qui fonctionnent encore se trouvent sous les poignets et sur la main. Bien que l'infirmier n'aime pas piquer à ces endroits en règle générale, il vous fait confiance et y va franco. Bingo ! Cela fonctionne.

Situation B :

Vous lui expliquez que les seules veines qui fonctionnent encore se trouve sous les poignets et sur la main. L'infirmier vous rétorque que vous semblez avoir de bien jolies veines, que vous êtes jeune et que ça a l'air trop fastoche de piquer, et que lui en plus il SAIT faire ! Tâtant à tout va, il choisi sa proie. Il ouvre un laaaaarge bec et... (Ah non pardon, je me suis perdue !) 
Il détermine donc la veine la plus propice. Une fois la grande gagnante trouvée, vous lui répétez encore une fois que c'est peine perdue, que ses collègues ont déjà essayé et que les veines gognent (Interrogation surprise ! Que veut dire Gogner ???)
Avec un joli cathéter rose, il se concentre de toutes ses forces. (Alors le choix du cathé, ok ou bien .... ?) Et bam, la veine cède ! (Loin de vous l'attitude goguenarde !) Le pensant repenti, vous tentez désespérément de lui rappeler l'astuce de vos veines peu sollicitées. Mais c'est bien mal connaitre l'infirmier fier et vaillant (ou pas) qui repart à l'attaque d'une nouvelle veine à traumatiser. Au bout de 3 (voir 6 essais parfois), il convient que vous aviez peut-être raison et fini par vous écouter. (C'est d'ailleurs ce qui le mènera à la réussite !) Enfin, ce même infirmier affirmera lors de la relève du matin (ben oui il est venu à 5 heures du matin faire son petit prélèvement) qu'il ne vous a jamais piquée. (Et oui conscience professionnelle quand tu nous tiens !)

 D'après vous, quelle situation est la plus correcte ? (J'ai jamais dit que c'était facile !) 

Cas 4 : Le respect des protocoles 

Vous êtes une personne régulièrement hospitalisée. Vous connaissez donc parfaitement votre corps, les soins qu'on vous prodigue (et peut-être même que vous les pratiquez vous-même dans votre maison parce que vous avez été formé pour !), et vous comprenez le jargon médical. (Enfin, en règle générale.) Oui je récapitule ! Dites donc vous, pendant que vous passiez le code, est-ce que vous avez dit quelque chose à la petite voix qui répétait toujours la même chose ? Est-ce que ça vous semblait si incohérent que ça qu'elle vous serine alors qu'un gros feu rouge était affiché : A) Je m'arrête B) Je ralentis. C) Je ralentis et je passe ? Non je ne crois pas ! Alors ! On peut continuer ? 

Donc vous connaissez vos protocoles puisque vous les mettez en application depuis plus d'un an et demi dans votre doux foyer. En constatant que ces derniers ne sont pas respectés vous vous interrogez. (Et vous flippez aussi parce que c'est un tout petit peu avec votre vie qu'ils sont en train de jouer !)

Situation 1 : On vous dit que tout est normal. Qu'ils ont l'habitude de travailler. L'une des blouse blanche vous propose même de se mettre en stérile (c'est à dire de porter un masque, une blouse, une charlotte, des gants  et d'utiliser du matériel emballé en utilisant une méthode bien particulière pour ne pas tout souiller) pour vous faire plaisir. Malgré vos invectives et vos tentatives désespérées pour lui faire comprendre qu'il ne s'agit pas d'un caprice mais bien d'une nécessité, il continuera à vous faire comprendre que c'est bien "pour vous faire plaisir". (Oh vous lecteurs masculins, arrêtez d'emmener vos copines aux restos et ne leur offrez plus des fleurs ! Non, pour leur faire plaisir mettez vous donc en stérile, vous verrez effet garanti !) 
Pour justifier d'un manque de rigueur (parce que oui, c'est bien de ça qu'il s'agit), on vous rétorquera que le personnel ne dispose pas de suffisamment de temps ! (Ha ben ma p'tite dame, c'est à dire que votre maison elle n'a pas de toit, mais c'est qu'on n'a pas suffisamment de temps NOUS pour poser les tuiles ! Déjà on vous a mis la charpente, c'est pas mal, mais c'est bien POUR VOUS FAIRE PLAISIR !)

Situation 2 : Ben en fait y en n'a pas parce qu'on ne m'a jamais écouté ! 

Du coup je ne peux pas vous demander quelle situation est la plus respectueuse, mais je vais vous poser une colle tout de même. 
A votre avis, le manque de temps justifie-t-il également, le fait qu'on mélange toutes les substances dans une unique perfusion ? En clair, est-il acceptable de passer tous les fluides en même temps sans aucune précaution sur la compatibilité des produits ? (Oh non ils ne l'ont pas fait hein c'est juste pour savoir... Ha ben si en fait... Ils l'ont fait aussi...) 

Bon et pour finir, un troisième point essentiel à une hospitalisation vécue de manière positive : 

3) Des médecins compétents... Et à l'écoute cela va de soi (Ah on me dit dans l'oreillette, que non en fait !) 

Loin de moi l'idée de juger de la compétence d'un médecin ou d'un autre. Surtout quand ce dernier est encore en étude... Qu'il a devant lui un récapitulatif de vos antécédents et qu'il est incapable de comprendre ce qui est écrit... Non, non, non, pas de ça chez moi ! 

En revanche... pour l'écoute ? Hum...Bon je sens que les cas pratiques ça vous plait. Dernière petite interrogation pour terminer ce palpitant chapitre. (Vous ne direz plus que le médical ça ne fait pas rire hein !)

Si une patiente expose ses inquiétudes quand aux méthodes utillisées pour manipuler son Broviac (Qui est précieux rappelons-le) à un chef de service. La réponse la plus appropriée selon vous est : (Attention je me suis permise d'imaginer des réponses possibles, ben ouais dans la réalité, y en a qu'on n'entendra jamais... c'est trop gros !) 

Réponse 1 : 

Mais Mademoiselle, je comprends tout à fait vos inquiétudes et c'est pourquoi je vous propose de vous mettre à disposition le matériel nécessaire et de vous laisser manipuler à votre convenance. Vous êtes formée, nous avons donc entière confiance ! 

 Réponse 2 : 

Mais Mademoiselle, vous êtes dans un service infectieux ici je pense quand même savoir éviter les risques non ? Et je fais entière confiance en mon équipe ! 

Réponse 3 : 

Mais Mademoiselle, je vais me mettre en relation avec les médecins de nutrition pour échanger sur nos différents protocoles et réfléchir à la solution la plus adéquate. Nous prenons en compte vos craintes et comprenons ces dernières. 

Vous avez 3 minutes.... 


Le jeudi 13 au matin, la libération, j'ai cru qu'ils avaient été au bout de toutes les bêtises possibles : pas de désinfection avant branchement (ni après hein !), manipulation à risque, tubulures laissées pendues sur la potence pendant de longues minutes (y en a même une qui est tombée !), réveils intempestifs, prises de sang et poses de cathéters tumultueuses. Bref ! Du grand niveau. 

Mais finalement c'est la cadre de santé qui m'a fait le plus rire et qui a mis un point final à tout ça. 

- Bon Mademoiselle Briochette, vous avez vos papiers, vos ordonnances. On vous laisse sortir... Hum sinon vous avez quoi comme voie ?
- Un broviac. 
- Un broviac ok. Donc bon ben vous allez sortir avec...  

C'est à dire que ça m'arrangerait ! Histoire que je ne me sois pas coltinées deux semaines d'antibiotiques pour rien .... 

On aura beau dire, on aura beau faire mais c'est ce genre de petites choses qui vous rappelle combien la vie vaut le coup d'être vécue... Ca serait dommage de ne pas pouvoir en rire une fois rentrée au chaud chez soi non ! J'ai quand même de la veine de pouvoir raconter tout ça ! (Comique de répétition sur la veine ! Je vous l'avais pas dit depuis l'acte 1 ?)

Ps : Je vous laisse réfléchir aux cas ci-dessus, petit corrigé plus tard !