mardi 15 août 2017

Ce qui nous gratte, nous rend plus fort





Alors non, je n'étais pas partie en vacances. J'ai juste du mal à coordonner ma vie en ce moment. (Ce qui est plutôt ballot pour une coordinatrice de métier...)

Donc depuis juin et ses rencontres étranges dans le métro, quoi de neuf ?
Pas grand chose écoutez, je suis mariée, je m'épanouie pleinement dans mon travail, je suis guérie et...Haha, nan je déconne !

Mon boulot m'épuise, je le déteste et rêve de changer (c'est prévu !), Môssieur Clochette est toujours à mes côtés (mais refuse de se marier) et sinon côté santé j'ai fait trois réactions allergiques à l'utilisation de ma deuxième bouche. (voilà, on y croit plus hein ?) 
Du coup je me suis dit que j'allais vous raconter un petit coup mes aventures hospitalières, parce que ça faisait longtemps... 

Première réaction allergique (que je ne savais même pas que c'était une réaction allergique...) :

Après-midi calme, dans mon appartement. J'avais mal et décide de me faire un anti-spasmodique via le cathéter pour soulager un peu. Je me branche tranquillement, commence à lancer le produit. (Je débloque la perfusion quoi, il n'y a aucune vertu thérapeutique à lancer le produit en l'air et le rattraper...) Je m'installe confortablement devant un film de haute culture (... Quoi ? Comment ça quel film ? Ca se passe loin, c'est sur le sport... c'est pas très utile de le savoir pour l'histoire, c'est... Bon ok c'était Rasta rocket, ça vous va ? Mais de toute façon je l'ai même pas vu au final alors, ça compte pas si ?) DONC, je m'installe, et commence à ressentir une sensation de chaleur, un malaise général. (Non ce n'est pas la ménopause...) Mon cou commence à me démanger, ma poitrine à me faire mal, (ma poitrine dans le sens : cage thoracique... je vous vois venir...) j'ai chaud, (oui je l'ai déjà dit mais manger un piment ne m'aurait pas mis dans pire état), ça gratte (oui je l'ai déjà dit mais du poil à gratter aurait été une vaste blague à côté), bref je me sens mal. Les démangeaisons s'étendent au cuir chevelu, au ventre, au bras, à la nuque, j'ai en plus une soudaine envie de vomir... 
Je rejette la faute sur l'anti-spasmodique, je sais que je ne le supporte pas toujours au mieux. Je clampe la perfusion, j'essaye de respirer et j'attends que ça passe... 
Au bout de quelques heures, le calme revient enfin dans mon corps... Les démangeaisons s'estompent, les nausées se calment... La tempête est passée. (Mais mon film complètement gâché, ils sont déjà médaillés, j'ai loupé la scène de l'oeuf et maintenant ça beug !)
Par acquis de conscience je préviens mon prestataire  et l'hôpital de cet épisode désagréable (ils m'ont dit de rafraichir la page internet pour débloquer le streaming...  Ils n'ont pas répondu car vendredi fin d'après-midi donc j'ai laissé un message.)
Dans le week-end j'ai retenté fébrilement un branchement avec le fameux médicament. Je n'étais pas seule, Môssieur Briochette veillait et pouvait réagir en cas de problème. 
RIEN. Il ne s'est RIEN passé. 
 Bref, personne n'a pu me donner d'explication et j'ai poursuivi ma vie comme si de rien n'était, bien heureuse que cette alerte ne soit que fausse, et de pouvoir encore supporter le seul médicament me soulageant à minima.

Un mois s'est écoulé.  (Bon on va passer rapidement en gros : boulot (beaucoup), branchements (parfois), dodo (parfois), douleurs (souvent) et on recommence...)

Un soir en rentrant du travail, je décide de me brancher avec le menu complet (médicament puis perfusion de nutrition quoi). Je prépare le matériel, je suis mon protocole, rince mon cathéter, connecte les tubulures et là... Une douleur et des bourdonnements me saisissent au niveau des oreilles, une vague de chaleur envahit mon visage et mon cou, démangeaisons, douleurs à la poitrine (la cage thoracique toujours...) Bref, je reconnais les symptômes. Je hèle môssieur briochette. Il me dit : " Ca ne va pas ?  Tu es toute rouge..." (Nan vraiment ??) 
Je lui réponds que je me sens mal, je tousse, j'ai mal, ça me gratte, j'ai mal, ça me gratte (je l'ai déjà dit ?)
On décide d'appeler le SAMU pour leur demander conseil. 
Bon ben ils nous ont conseillé d'envoyer les pompiers et une équipe... Et surtout ne faites pas d'effort. (Oh ben c'est con parce que justement j'avais prévu d'aller faire un jogging dans mon quartier...)
Les pompiers sont arrivés. Ils m'ont demandé mon âge, mon poids et c'est quoi sur le pied à perfusion, pouls, tension, ça gratte ? Vous êtes toujours rouge comme ça ? (Oui c'est mon fond de teint peau rouge version indienne, ça vous plait ?) Et le visage il est toujours enflé comme ça ? (Non les mecs, et les boutons là, je ne les ai pas non plus tout le temps...) 
Bref, le SAMU est arrivé. Le médecin m'a reposé les mêmes questions. Ils étaient tous très professionnels et gentils. Ca a fini avec injection d'anti allergique, et inhalation d'adrénaline. Puis direction les urgences pour une surveillance de 6 heures. (C'est obligé ? ... Bon ben vous vous doutez de la réponse...) Sur la route j'ai eu le droit à une invitation au bal des pompiers (à quelques jours du 14 juillet, forcément) et une évolution de carrière pour mon lapin, qui s'est vu proposé un poste de mascotte chez les pompiers. 
Soirée mouvementée aux urgences entre comas éthyliques (pas moi hein les autres), patients étoiles (je ne sais toujours pas de quoi il retourne mais en tous cas tout le personnel accourt dans le box, mains gantées et muscles sortis),  police par ci, pompiers par là... 
Pour ma part, remise de peine à 1h du matin. Plus de métro, pieds nus (oui Môssieur briochette m'avait bien ramené un pull, mes papiers, géré la crise à la perfection mais avait oublié que cendrillon avait aussi besoin de chaussures après minuit...). On m'organise un retour un ambulance. Deux mecs viennent me chercher. Ils me demandent si je peux marcher. Je leur répond qu'en temps normal oui mais que je suis pieds nus (même pas de surchaussures en papier quoi !) Visiblement ils ne voient pas le problème...
Je me retrouve dans l'ambulance. Avec un gars qui éteint toutes les lumières et commence à s'allonger. (euh je sais qu'il est une heure du matin et que c'est pas facile mais... Vraiment ?) 
Le trajet m'a paru durer une éternité (alors que je suis à tout casser à 10 minutes de l'hôpital).
Comble de malchance ma rue est à accès limité. Le chauffeur dit à son collègue : "Hé y a une borne". (Oh meeerde y a du scooootch on peut plus terroriser... (si vous n'avez pas la référence Gad elmaleh est une valeur sûre) 
Alors je sais aussi que les taxis, ambulances, pompiers, services d'urgences ont des badges universels d'accès (genre une clé magique qui ouvre toutes les bornes de la ville entière... ) Pas eux... 
Dormeur me lance : Bah c'est pas grave vous allez marcher ! (Je suis pieds nus mec, si je pouvais éviter de retourner aux urgences parce que je me suis ouvert le pied en pleine nuit dans la rue, ça m'arrangerait un peu...) Je rétorque donc que mon copain arrive (oui je l'ai prévenu sur la route) et qu'il va m'apporter des chaussures. 
Le gars me dit qu'ils n'ont pas le temps et que je peux commencer à descendre. 
Ma patience bien entamée, je décide d'arrêter là les frais, de descendre de l'ambulance et de commencer à rentrer (y en a plein qui marchent pieds nus et ils n'en sont pas morts... Si ?) 
Son collègue le chauffeur, un peu embêté (car il voulait sortir le brancard pour me rapprocher mais dormeur-grognon a refusé), propose de me raccompagner (bien aimable !) môssieur briochette nous a rejoint sur la route, j'ai pu enfiler ma paire de chaussures de verre et suis rentrée (enfin) me coucher. 

Le lendemain j'ai prévenu l'hôpital. On m'a demandé ce que j'avais passé dans la perfusion. J'ai répondu du sérum phy (de l'eau et du sel en somme...). On m'a dit que c'était impossible d'être allergique au sérum phy. 
Décision est prise d'organiser une hospitalisation de jour pour tester un branchement sous surveillance. 

A l'hôpital les infirmières étaient toutes tendues. Elles m'ont scopé, perfusé et avait l'air de prier pour que tout se passe bien. (Le choc allergique visiblement, elles n'avaient pas envie.)
On a attendu le médecin, (qui n'était pas le mien car période de vacances) pour faire le test. (Ah oui quand même). Et on a lancé une perfusion. RIEN. RIEN de RIEN. 
Le médecin m'a dit :
"Bon ben il se passe rien là." (Effectivement, mais 10 ans d'études pour le remarquer quand même...) 
"C'est bien ce qu'on disait on ne peut pas être allergique au sérum phy" (Mais je n'en n'ai jamais douté...) 
J'ai risqué un : "Mais à quoi du coup ?" 
"Non mais peut être que c'est le stress." (Hein ? What ?) 
"Le stress ? Mais je ne suis pas stressée pour me brancher, et pendant un mois ça n'a rien fait, et là bim sans raison ça recommence... Et le doc du SAMU a dit que c'était un choc anaphylactique (c'est pas facile comme mot en plus)"
"Oui ben vous voyez bien qu'il ne se passe rien. Donc peut être le stress, ou une bulle d'air, ou quelque chose qui s'est décroché à l'intérieur, ou un hasard..." (Ou les planètes mal alignées ? Le karma foireux ? La neige au Pakistan ?) 
"Je ne sais pas, je ne peux pas vous dire ce qu'il s'est passé" (Ah ben voilà une explication bien plus crédible...)

Je suis donc ressortie, sans explication avec comme proposition de bien me détendre avant de me brancher pour ne pas être stressée... 

Un mois s'est écoulé (oui encore, coincidence troublante mais pourtant vraie...) (Bon on va passer rapidement en gros : boulot (beaucoup), branchements (parfois), dodo (parfois), douleurs (souvent) et on recommence...)

Un soir en rentrant du travail, je décide de me brancher avec le menu complet (médicament puis perfusion de nutrition quoi). Je prépare le matériel, je suis mon protocole, rince mon cathéter, connecte les tubulures et là... Une douleur et des bourdonnements me saisissent au niveau des oreilles, une vague de chaleur envahit mon visage et mon cou, démangeaisons, douleurs à la poitrine (la cage thoracique toujours...) Bref, je reconnais les symptômes. Je hèle môssieur briochette. Il me dit : " Ca ne va pas ?  Tu es toute rouge..." (Nan vraiment ??)
Je lui réponds que je me sens mal, je tousse, j'ai mal, ça me gratte, j'ai mal, ça me gratte (je l'ai déjà dit ?)
On décide d'appeler le SAMU pour leur demander conseil. 
Bon ben ils nous ont conseillé d'envoyer les pompiers et une équipe... Et surtout ne faites pas d'effort. (Oh ben c'est con parce que justement j'avais prévu d'aller faire un jogging dans mon quartier...)
Le SAMU est arrivé. Ils m'ont demandé mon âge, mon poids et c'est quoi sur le pied à perfusion, pouls, tension, ça gratte ? Vous êtes toujours rouge comme ça ? (Oui c'est mon fond de teint peau rouge version indienne, ça vous plait ?) Et le visage il est toujours enflé comme ça ? (Non les mecs, et les boutons là, je ne les ai pas non plus tout le temps...)  Les pompiers sont arrivés. Ils m'ont reposé les mêmes questions. (Ah oui vous avez déjà lu  ce passage mais ça s'est repassé exactement de la même manière que le mois précédent alors bon avec petite inversion dans l'ordre d'arrivée...)
Bon sauf que le médecin du SAMU était l'opposé de son collègue. Je m'en foutiste, ne prenant absolument pas au sérieux ce que je lui disais... Il a vaguement proposé une injection d'anti allergique en me disant "non mais je ne pense pas que ça soit allergique."... (Euh je suis couverte de plaques de boutons là, je suis rouge, enflée... Toi aussi tu penses que les planètes sont mal alignées ?) Il n'a même pas parlé aux pompiers et on est partit, direction les urgences, 6h... Vous connaissez. 
Aux urgences, ils ont pris les choses au sérieux, les pompiers ont dit que le médecin était un "con" (je cite c'est pas moi qui l'ai dit). Une infirmière m'a dit que "pour le bronzage je n'étais pas sur la bonne teinte" (si, elle était pas mal quand même, on la valide !) A force de me voir me gratter au sang (car c'est ce qui se passait) ils m'ont donné des médicaments pour l'allergie et ô miracle un quart d'heure plus tard tout se calmait... (Mais non vous avez raison, ce n'est sûrement pas allergique, juste une coincidence...Encore...) 
Ensuite place à l'observation de mon environnement : patients étoiles (encore eux. Du coup on en a déduit avec Môssieur briochette qu'il s'agissait des patients trop agités et qu'on attache (en étoile...) mais bon c'est pas sûr encore... Policiers... Patients impatients... 
Et ce petit duo de papy et mamie qui ne se connaissaient pas et que les urgences ont rapproché. 
Elle très élégante, lui sosie de Georges Wilson (dans Denis la Malice). Allez je vous illustre : 
 

Un papy et une mamie qui se croisent, se tournent un peu autour (si si ils se sont même demandés s ils étaient mariés et oh sans indiscrétion quel âge avez vous ? Que vous ne faites pas votre âge avec vos cheveux tout noir monsieur...moi je faisais 54kg. Aujourd'hui j en fais 67...mais vous n avez pas bougée madame...hihi...hoho)
Papy lui a proposé de l'emmener danser au bal. Mamie a répondu qu elle adorerait ça mais à Paris alors
Mamie a dit qu elle avait faim. Papy lui a dit : "Venez je vous emmène au Mac Do. Et là... :
Mamie :" Rooh le MacDo. Je n'y suis jamais allée et je pense que je n'irais jamais c'est trop tard maintenant. Vous connaissez vous ?"
Papy :"Oui avec les petits enfants, ça ne vous laisse pas le choix parfois..."
Mamie (sur un air de confidence) :" On m a dit qu il n y a pas d assiette là bas. Et que les sandwiches avaient plein de choses toutes mélangées. C'est vrai ? Oh ça ne me fait pas envie vous savez..."
Papy : "Oui c est vrai. Mais c'est surtout que 2h après vous avez faim avec ce bazar..."
Mamie : "Hihi. Ce sont de drôles de régimes n'est ce pas ?
Voilà... ils étaient mignons... Et Papy a dû changer de service... Tant pis pour le bal musette et le Mac do !

Je suis sortie à minuit avec mes chaussures (telle Cendrillon n'ayant pas dépassé l'heure critique ou telle la fille dont le copain a tellement l'habitude qu'il n'oublie plus rien)

Le lendemain j'ai appelé l'hôpital (qui était déjà au courant). On pense savoir quel produit me rend allergique (Youpi !) Pour confirmer il faut faire des tests (mais avec les vacances, ce n'est pas facile donc en attendant ne l'utilisez plus (oui c'est une idée !). J'ai osé me risquer à demander comment se déroulait le test, on m'a répondu qu'ils n'en n'avaient aucune idée (c'est honnête de le reconnaitre).

Bref j'ai fait 3 chocs allergiques en 3 mois...(ou alors une bulle d'air, ou alors le stress, ou alors les planètes, ou alors le karma... mais en tous cas soyez rassurés, le tout réagit aux antihistaminiques alors...)



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