mercredi 2 octobre 2019

Culpabilité




Un mois...
Un mois que mon corps est en crise.
Un mois que la douleur est prégnante et obsédante.
Un mois que je dors mal.
Un mois que je m'épuise à lutter.
Un mois que je rêve de reprendre ma vie comme j'ai envie de la vivre.
Si il n'y avait que la douleur... ça pourrait aller. Mais ce qu'on évoque rarement avec les maladies chroniques c'est cette putain de culpabilité que l'on porte.
Ce deal constant avec notre cerveau qui oscille entre : "t'as pas le choix de toute façon, repose toi ", "ouais mais bouge toi quand même, c'est ta vie ça, tu ne peux pas attendre que ça passe" !
L'énergie dépensée à lutter contre la douleur, l'énergie dépensée à faire bonne figure (car c'est chiant les gens qui se plaignent), l'énergie dépensée à essayer de nager dans le quotidien...
Parfois on a quelques bouées : une moitié, la famille, les amis...
Mais avec le temps on apprend que même les bouées ne sont pas increvables, et qu'il faut les préserver le plus possible des tempêtes si on veut pouvoir les garder sur le long terme. Des bouées que l'on aime plus que tout et à qui on fait du mal sans le vouloir. Des bouées qui se sentent si impuissantes alors qu'elles sont tout et nous permettent de tenir toujours. Des bouées qu'on souhaite rendre fières de nous et qu'on a l'impression de décevoir.
Alors on ravale les larmes, on continues de sourire, on dit que tout va bien, on dit que ça va passer... De toute façon, ça passe toujours non ?
La culpabilité, elle, s'immisce tranquillement, insidieusement, progressivement.
On devient coupable de ne pas pouvoir mener la même vie que les autres,
Coupable de ne pas être capable de faire ce qu'on avait dit qu'on ferait,
Coupable d'être en arrêt de travail alors qu'on doit assumer un travail,
Coupable de ne pas travailler (parce qu'à ton âge on peut travailler ! )
Coupable d'annuler un rendez-vous pour lequel on se réjouissait,
Coupable de pleurer de douleur devant les gens qu'on aime,
Coupable de baisser les bras alors qu'on attend tellement de nous,
Coupable d'être fatiguée,
Coupable de ne pas assumer une journée comme toutes les filles de mon âge,
Coupable de ne pas être cette fille toujours souriante et drôle,
Coupable de blesser parce que trop fatiguée pour dire les choses avec recul et tact,
Coupable de ne pas réussir à paraitre aussi forte que je voudrais l'être vraiment,
Coupable de ne pas être celle qu'on attend...
Coupable d'embarquer un entourage dans toute cette merde alors que personne n'a rien demandé... moi la première.
Aujourd'hui j'aimerais parvenir à arrêter de réfléchir. Vivre ce qu'il y a à vivre sans me soucier du lendemain, sans craindre de perdre les gens que j'aime, sans avoir la sensation de toujours devoir montrer le meilleur de moi-même, le moi non malade pour être aimée. Vivre la douleur sans projection, sans culpabilité. Vivre la douleur comme un état de fait.
Aujourd'hui je voudrais arrêter de me sentir égoïste parce que j'aspire à vivre la même vie que tout le monde : être en couple, travailler, rire, voyager... Arrêter de me sentir égoiste d'imposer cette vie à ceux qui croisent ma route. Arrêter de me sentir feignante de ne pas pouvoir avoir les mêmes journées que les gens de mon âge.
Parce que c'est parfois difficile de s'imaginer (et encore plus à vivre) que les journées de grosses crises il faut choisir entre se laver les cheveux ou passer un coup de balais. Difficile de ne pas pouvoir sortir comme on le voudrait, de ne pas réaliser ce qu'on s'était fixé...
Une des question que je déteste le plus est : "tu as fait quoi aujourd'hui ?" Parce que parfois je ne fais rien... Je survis et c'est déjà beaucoup. Parce que parfois me laver, m'habiller et préparer un repas consume le peu d'énergie à ma disposition. Parce que je suis frustrée de ne pas pouvoir travailler à temps plein, de savoir que mon rôle social est limité. Parfois quand on me demande de quoi tu rêves ? J'aimerais pouvoir répondre : me lever sans aucune douleur, sans aucune fatigue. Faire le ménage, ranger, travailler, faire un restaurant puis sortir au ciné... Le tout dans la même journée...Sans payer l'addition pendant des semaines...
Aujourd'hui, je voudrais juste que mon cerveau arrête de dealer constamment avec lui-même et qu'il accepte que le corps qu'il dirige fait de son mieux... mais que depuis un mois, lui aussi subit...

mercredi 25 septembre 2019

Il était une fois Cendrillon et le nez cassé : le suivi (partie 2)


Hey salut !

Alors oui je sais, le 20 mai j'ai promis une suite d'article dans la semaine...

Bon ben, je ne vais pouvoir le cacher à personne... nous sommes le 25 septembre. (J'ai honte !)

J'ai reçu des quolibets (le mot est un peu fort mais c'est joli)...Disons des rappels à l'ordre de type : "Oui Clochette t'avais dit une suite dans la semaine ! Elle est où la suite ? Qu'est-ce que tu fabriques ? Bouuuh qu'on la pende haut et court."(ok ça c'est peut être en plus mais bon je l'ai bien senti quand même hein que ça voulait dire ça !)

Pourquoi tant d'absence ? A cette question, je répondrai simplement : "la vie guys" ! (ça fait d'jeuns et badasse de dire ça comme ça t'as vu ? )

Péripéties médicales, travail, rencontres, nouveau Môssieur Clochette (info gossip (ouep même une cendrillon cassée peut retrouver un prince charmant... une histoire de soulier...un truc comme ça...), reconstruction (de ma vie et de mon nez ... du coup) , tout ça, tout ça...

Bref me revoilà !


Un petit rappel s'impose (si, si je me doute que vous aussi vous avez vécu des choses depuis mai, et que vous êtes sans doute plus au point sur la série Chernobyl, sur la sortie de Fifa 20 ou les accusations de harcèlement sexuel de Patriiiiiiick, que sur mon nez pété ! (et personne ne pourra vous reprocher ça !)

1) chute, 2) Sang, 3) Urgences, 4) Tête défigurée, 5) Double fractures du nez, 6) Suivi ORL

Et nous en étions très précisément là !

Le lendemain de mon petit tour aux urgences, je prends contact avec le service ORL de l'hôpital (comme demandé si gentiment par mon médecin tourista).

Moi : "Bonjour, je me suis fracturé le nez et je dois prendre rendez-vous d'ici 8 à 10 jours pour un suivi."
La secrétaire : "Oulààà non 8 jours c'est trop tard, c'est plutôt entre 5 et 7 jours."

5 jours plus tard, je me retrouve donc en salle d'attente... à attendre donc... Patiemment, gentiment... haaaa mais c'est quand qu'on passe diiiiiites ???

Bref au bout de 15 heures ...deux heures  (j'ai bien fait de quitter mon travail plus tôt, ça aurait été dommage sinon de faire quelque chose de constructif plutôt que d'écouter des enfants pleurer, des gens geindre et de regarder des médecins travai... ha non en fait, ils mangent un sandwich là non ?

Enfin, voici mon tour !

Une externe... ou interne... je ne sais plus trop mais en tous cas elle était encore en formation (et ça c'est pas grave, ça arrive, en principe ils sont TOUS passés par là  (sauf Jean-Claude Romand mais ça, c'est un autre sujet).
Elle m'installe dans une salle et .. (Héééé mais reviens gamin ! Tu vas pas rester tout seul dans ce bois ! Houhou y a quelqu'un ?) Bref elle est partie, pour revenir 30 bonnes minutes plus tard (on était à ça les gars, à ça !)

 Elle revient, s'asseoit, ouvre l'ordinateur, prend mon dossier, lit de manière trèèèès concentrée, émet des "hum, hum"...
Elle m'ausculte (c'est à dire qu'elle m'enfonce une caméra dans mon pauvre petit nez déjà chafouin des aventures de la semaine...) et me dit ; "Il va falloir opérer, la cloison est déviée..."

J'entends l'information, commence à la digérer... Elle m'explique qu'on va être obligé de re-casser le nez et le plâtrer.




Elle doit donc aller chercher le planning de l’anesthésiste pour fixer un rendez-vous.(Ouais c'est pas trop barbare, c'est sous Anesthésie générale, ils sont sympas !)

Elle part... et revient 10 bonnes minutes plus tard pour me dire: "En fait, j'ai vu avec ma cheffe et c'est encore trop enflé, donc on ne peut pas dire, il faudra revenir d'ici 4 jours..."

Euh attendez je calcule hein : 5 jours... plus 4... je retiens 3... j'enlève 2... ça fait pas 9 ça ?

Petit rewind please
"Moi : "Bonjour, je me suis fracturé le nez et je dois prendre rendez-vous d'ici 8 à 10 jours pour un suivi." ( 9 c'est pas pile-pile entre 8 et 10 non ?)
La secrétaire : "Oulààà non 8 jours c'est trop tard, c'est plutôt entre 5 et 7 jours."

Voilà, voilà... 

J'ai donc repris un rendez-vous : alors ben il me reste jeudi à 14h ! (Nickel je bossais toujours pas donc c'est parfait hein !) 

Bref les jours passent... (comme des jours quoi hein boulot, métro (ha ben non y a plus...) donc bus et dodo). 

Jour J : Départ du travail...secrétaire pas aimable (ou ben tiens Germaine, ça faisait longtemps !) 

Salle d'attente (qui porte encore mieux son nom que la fois précédente ! Un exploit) 

Installation dans un bureau... re attente, interne (ou externe, allez savoir). 

Lecture de mon dossier, répétition de l'histoire, enfants qui pleurent dans le couloir : 

L'externe (ou interne) : Je vais fermer la porte ! 
Moi : Non mais ça ne dérange pas, ne vous inquiétez pas ! 
L'interne (ou externe) : Oui ben moi les gamins qui hurlent toute la journée je n'en peux plus, donc on va fermer la porte. (Ok mon pote ! tu veux un café ? Un petit massage peut être ? Qu'on appelle Germaine ? 

Porte fermée, auscultation (soit une caméra toujours enfoncée dans mon pauvre pif qui n'avait vraiment rien demandé). Et puis là, il était vraiment très près, et c'était vraiment gênant. (Vous connaissez l'histoire des cercles d'intimités ? Non ? Rien ne vaut un schéma :


 Lui, il était normalement dans la zone : étranger et bizarrement il se retrouvait dans ma zone "soi". Du coup, mon moi a essayé de trouver une diversion et a fixé mon attention sur la tâche de sang ornant sa blouse. Et mon moi n'a rien trouvé de mieux que dire : 

"Oh ben c'est marrant vous avez du sang, journée compliquée ?" (Nounouille tu l'as bien vu que c'était pas facile avec les enfants déjà nan ? Tu vois bien qu'il se sent pas à Bali à chevaucher des éléphants)

Lui : "OUI BEN J'AI PAS EU LE TEMPS DE ME CHANGER !"

(Il m'a grondé là...Si, si il m'a grondé... Moi à la base je voulais juste divertir mon moi du cercle de "soi" un peu trop envahit c'est tout !) 

Du coup je me suis tue et j'ai laissé monsieur m'enfoncer une caméra dans la narine en regardant le plafond... 

Après ça il a dit : Bon ben faut opérer hein c'est dévié... 

Alors moi j'ai dit : ok ! 

Et lui il a ouvert mon dossier, ouvert le planning des anesthésistes et il a dit : Enfin...En même temps, vous en pensez quoi ?
Moi : De ?
L'externe...interne on ne sait plus trop : Ben de l'opération, il faut ou il ne faut pas ? 
Moi : Ben je ne sais pas, je ne suis pas médecin (j'ai vraiment répondu ça...)
Lui : OUi ben moi non plus (haha non c'est pas vrai, il a pas dit ça !) Oui enfin moi je veux bien vous opérer hein mais le résultat sera pas formidable. Parce que des fois vous patients, vous forcez vous forcez mais bon ... si c'est pour que ça n'apporte rien hein ! C'est quand même recasser le nez, dévier la cloison, c'est pas rien ! 

(Euh mollo mollo (à cause du pépé ?!) j'ai rien demandé à personne moi. Je me suis juste pris un sol en pleine tronche alors ça va bien 5 minutes non mais oh)

Moi : J'entends bien... Mais je n'ai rien dit en fait. Si vous me dites qu'il faut opérer alors on le fait. Si ce n'est pas nécessaire, on ne le fait pas ! Mais si il faut le faire, je préfère enchainer maintenant que de devoir y repasser dans 6 mois ou un an. 

Lui : Bon écoutez... Vous réfléchissez et vous me rappelez pour me dire si j'opère ou non... dans 2 jours d'accord ? 
Moi : Mais dans deux jours, je ne serais toujours pas médecin en fait ! (et j'ai encore une fois vraiment répondu ça... ) 
Lui : Oui enfin c'est votre nez hein, c'est vous qui le connaissez moi je ne sais pas ! (Ha ben ça c'est un problème en fait mon petit gars... pour le coup c'est embêtant parce que si Romand et moi ne sommes pas Docteur..Toi en revanche...Et imagine chez le garagiste : Ha mais mon bon monsieur, c'est votre voiture hein, vous la connaissez mieux que moi ! Alors on les change ces plaquettes de freins ou bien ???).

Bref je suis repartie dépitée de la consultation. 2 rendez-vous pendant lesquels on me disait : il faut opérer et puis quelques minutes plus tard, en regardant le planning des anesthésistes (coïncidence ? Je ne pense pas... Nous SACHONS !), annulation de la dite opération. 

J'ai donc appelé papa Briochette pour raconter tout ça. Il m'a dit de téléphoner à mon ORL qui me suit depuis petite. 

Bref j'ai eu un 3e rendez-vous avec l'ORL de mon enfance qui a regardé mon nez quand je me suis assise au bureau et m'a dit : Non mais là votre nez il est tout de travers ! 



Et pour la troisième fois en quelques jours, je me suis retrouvée avec une caméra dans les narines ! (Spilberg, si tu veux, je t'attends j'ai un super lieu de tournage !) 

Bref à la fin de la consultation il a dit : Bon ben là pas de doute : il faut opérer... Il a ouvert le planning des anesthésistes et il a dit : "Bon ben finalement... "NAAAAN je déconne, le rendez vous anesthésiste il fallait le prendre à part, ouf sauvée ! 

J'ai rencontré l'anesthésiste qui m'a dit : ha vous avez le nez cassé ! (Naaaaan même pas !) et qui en voyant mes antécédents a eu un peu de peine. Mais finalement il a bien voulu m'endormir quand même et il est même venu me dire des mots gentils à mon réveil (bon son collègue étant en prison pour accusation de meurtre, peut être qu'il essaye de rattraper le score de notation... mais on ne le saura jamais !)

 Du coup une semaine plus tard j'avais cette tête là : 

(Bon les yeux plus ouverts parce que je suis pas une chochotte ouech ! ) 

Le côté pratique ; vous faites des économies de maquillage ! 

Et puis ça aurait pu s'arrêter là, opération, clap de fin, nez de Cléopâtre. 

Mais vous me connaissez ! Au bout de 10 jours, saignements ! Retour ORL. Re caméra dans le nez (Steven grouille, on va te piquer la place à force hein !) Incompréhension. Tentative de stoppage infructueuse. Retour à l'hôpital. Ré opération.  (Avec en prime un nouvel anesthésiste qui me dit : vous êtes sûre qu'il faut vraiment réopérer ? Parce qu'à un moment les saignements ils vont s'arrêter non ? (oh ben oui une fois vidée de mon sang, logiquement ça saignera plus...En tous cas c'est ce que m'a dit le petit mouton de l’Aïd, mais enfin j'ai pas été vérifier !) et puis votre sonde là ? Vous voulez pas manger ? (Non je veux pas manger, je trouve que ça perd trop de temps !)

BREF ! Hémorragie trouvée puis contrôlée...Sortie de l'hôpital... Fin des caméras dans le nez... 

P.S : Ha ben non en fait...Encore une petite dernière pour la route quelques mois plus tard pour être sûr que tout soit sous contrôle ! Mais cette fois c'est bon stev', la place est vraiment libre, tout est réparé ! 



lundi 20 mai 2019

Il était une fois... Cendrillon et le nez cassé (partie 1 : Aux urgences)





Parfois je voudrais être un  cyborg ! Ouep, un joli cyborg avec des yeux supersoniques capables d'enregistrer touuuuuut ce qu'ils voient....

Malheureusement pour vous, je ne suis qu'une simple humaine. ( Et puis bon je suis une princesse, je fais caca paillettes et je vomis des papillons, on ne peut pas tout avoir !)
 Et encore une fois, il va falloir me croire quand je vais vous raconter mes supers aventures médicales ! (Avouez, ça fait rêver dit comme ça hein ... Allez bande de coquinous curieux, je vous  embarque dans ma vie ! Non ne me remerciez pas, je le fais d'abord pour moi, pour me décharger de toutes les émotions que j'accumule. Mais bon, si ça vous fait plaisir de vous dire que je le fais pour vous  en premier lieu, n'hésitez pas à le penser).





La semaine dernière j'ai eu des douleurs particulièrement intenses : de ventre, d'articulations, de migraines (des vraies qui font vomir, pas le petit mal de tête de quand tu n'as pas envie de... Enfin de... Mesdames, vous m'aurez compris (et messieurs aussi sans doute car finalement vous êtes aussi concernés).
J'étais donc couchée tranquillement dans mon lit (comprenez : j'étais en train de prier pour qu'une créature céleste me retire la vie afin d'abréger mes souffrances) quand SOUDAIN (ça fait peur hein !) de violentes nausées sont apparues. Je décide donc de me lever. (Bon ben du coup plutôt prestement histoire d'avoir la décence de ne pas me gerber dessus...  et puis parce que je n'avais pas envie de changer mes draps, de récurer tout ça, tout ça...Et puis les papillons c'est galère à rattraper...).
Comme vous vous en doutez, me lever n'était finalement pas une bonne idée. Parce que dans l'idée ça a donné : un voile noir puis :

Il suffit juste d'imaginer que la voiture est en fait une penderie, et que du père noël j'ai gardé la couleur rouge sang.

Je me suis donc "réveillée" dans une flaque de sang (si si c'est comme ça qu'ils ont dit à l'hôpital : une flaque).  Ma migraine toujours bien présente (à moins que ça ne soit l’œuf qui ait poussé sur mon arcade sourcilière qui me faisait mal ?) et un nez en moins...

J'ai donc eu cette réaction tout à fait naturelle d'appeler mes parents :
 "Euh maman ? Je crois que je me suis fait un peu mal en tombant ! T'inquiètes je vais bien mais... je crois que je me suis peut être probablement sûrement cassé le nez... "

Et en les attendant j'ai eu la présence d'esprit de lancer une lessive pour ne pas que le sang attache et j'ai commencé à nettoyer le sol à coup de sopalin (pour ne pas que le sang attache), tout en continuant d'en disséminer (du sang hein) par-ci, par- là.  J'ai ensuite attaqué ma penderie (bordel elle a 4 mois, et le sang ça tache ! ... Oui j'étais un peu en boucle sur la propreté et le sang qui tâche... Bizarrement beaucoup moins sur ma tronche de Mike Tyson piqué par Maya l'abeille dont il aurait été allergique. )

A un cheval près, je ressemblais à ça : (avec le bleu au dessus de l’œil et pas en dessous quoi ! et en version féminine... Enfin vu les formes de mon visage, fallait encore deviner que j'étais une créature humaine alors de là à déterminer un sexe...)



Mes parents sont arrivés, ma maman m'a demandé si j'avais mis la lessive à 30 degrés car il ne faut pas bouillir le sang sinon c'est mort ! (Ouais on est tous comme ça dans la famille). Et puis finalement ils ont appelé les pompiers parce que quand même c'était pas folichon.

Pompiers au top professionnellement (bon pour le physique, faudra quand même qu'on m'explique : il travaille où lui ?
Parce que perso, je ne tombe jamais dessus ... Mais c'est un détail...)

 Ambulance, urgences !

On m'emmène en traumato, sauf que la traumato ne veut pas me prendre car il y a eu malaise avant la chute, donc direction les urgences médicales... On vous prévient mademoiselle, il va y avoir de l'attente (pas de soucis, je le comprends je ne suis pas une urgence vitale donc je sais bien.) Je suis sage, je suis dans mon coin, tranquille. J'écoute les gens rouspéter, je regarde les nanas arriver à l'article de la mort : main sur le front, râle dans la voix ... pour finalement sortir le portable 3 minutes après (dès que les infirmières tournent le dos quoi !).

Puis vient le box... Mes parents m'y rejoignent. Entrée de l'infirmière qui vient poser une voie veineuse. Bon déjà elle dégage autant d'amabilité  que Germaine... (vous vous souvenez de Germaine ? C'est elle : )


Dialogue ? Allez dialogue ....

Moi : Juste pour information, mes veines roulent et claquent facilement (pour ceux qui me suivent assidument c'est un peu un gimmick de répétition l'histoire de mes veines...)
Germaine : Mais je sais faire mon travail hein !
Moi dans ma tête : Olà cannasson, touuuut douuuuux.
Moi en vrai : Je n'en doute pas, je vous prévenais juste.

Elle tâte, re tâte, se saisit de l'aiguille et...

Moi : Aiiiiieuuuuh (Les bips du scope sur lequel j'étais branchée ont dit eux aussi : aiiiieuuuuuh (à leur manière quoi, en s'agitant  !) )
Germaine : Nan mais. faut pas bouger hein !
Moi : Oui sauf que là vous avez piqué dans un nerf, j'ai des décharges et des fourmis dans la main ! (moi dans ma tête : grognasse tu recommences une fois je te la fiche dans le fion ton aiguille on verra si tu bouges pas !)
Elle :  Ha ben non en fait pas elle, car madame n'a même pas pris la peine de s'excuser.
Je me suis contentée de broyer la main de ma maman qui s'inquiétait en parallèle de savoir pourquoi les alarmes s'étaient lancées au moment où j'avais eu mal. Réponse de Germaine : ha nan mais ça c'est pas important, on s'en fiche.

Départ de Germaine, entrée du médecin. Là on était plus sur du Cruella (niveau dédain bien sûr).

Elle est entrée dans la pièce sans un bonjour, a lancé un : vous sortez à mes parents sans un regard.  Elle s'est ensuite dirigée vers l'ordinateur et a finalement daigné me regarder pour me lancer

Cruella : Vous n'avez rien à faire ici ! C'était en traumato qu'il fallait aller, c'était facile pourtant.
Moi : Mais ce sont les pompiers qui...
Cruella : Oui ben si ils ne savent pas faire leur boulot aussi ... on voit bien là quand même hein !
Moi : Mais ils m'ont emmené en traumato, c'est la traumato qui a dit de venir ici car j'avais fait un malaise avant et...
Cruella : Ha ben oui, la traumato c'est des CHIRURGIENS  (elle l'a dit avec tout le dégoût possible qu'elle pouvait mettre dans ce mot), faut pas trop leur en demander, ça sait pas ce que c'est un malaise vagal. Bref vous avez le nez cassé ! La prochaine fois hein ça sert à rien de vous lever, vous lever les jambes et puis c'est tout. Enfin... Il m'est arrivé la même chose en voyage, j'avais la tourista, j'ai fait un malaise bim nez cassé. Allez antibiotiques, anti-inflammatoires, radio et puis vous irez voir un ORL d'ici 8 à 10 jours.

J'ai dit que j'avais mal aux cervicales, elle a tâté vaguement et elle m'a dit : "Ha ben oui c'est tout bloqué, faut aller chez l'ostéo."

Et elle est partie...

Là j'ai tilté que j'avais oublié de lui dire que je ne pouvais pas prendre les antibiotiques par la bouche (pour cause je vais les revomir 2 fois sur 3 quoi !) Ma gentille maman essaye de la rattraper, mais Cruella s'est déjà évaporée. Du coup elle transmet à Germaine.
Germaine toujours aussi aimable dit qu'on a le temps, que je ne suis pas partie blablabla et puis elle vient me chercher pour me remettre en salle d'attente. Et elle balance un délicat : et les parents ils vont partir hein, ils peuvent pas rester ! Et puis elle, elle est assez grande pour dire qu'il lui faut une perfusion, hein elle va s'en sortir ?
Là j'avais envie de lui dire d'arrêter de me parler comme à une débile, mais finalement je lui ai rétorqué : en fait, tout à l'heure je n'ai pas pu lui courir après, parce que je n'ai pas le droit de me lever ... c'était logique  en somme ! Mais bon promis la prochaine fois, je serais grande et je ne respecterais pas les ordres Germaine !

 Bref, j'ai ensuite attendu, passé une radio du nez, attendu, écouté le personnel rigoler d'une fille qui aurait du aller en psy et qui ne voulait pas être attachée, attendu, attendu, attendu. J'ai osé demander pour aller aux toilettes au bout de 5h de présence... Ils n'avaient pas entendu le son de ma voix encore... On m'a dit que je ne pouvais pas me lever mais qu'on m'emmenerai. J'ai attendu... On ne m'a jamais emmené.

L'interne est venue avec une ordonnance. J'ai dit que je ne pouvais pas prendre les antibiotiques et les anti-inflammatoires par voie orale. Elle est partie. Elle est revenue et elle m'a dit que c'était trop compliqué de passer en perfusion... Elle m'a enlevé les anti-inflammatoires, elle m'a donné l'ordonnance et elle m'a dit de me débrouiller comme ça jusqu'à lundi et que lundi si ça n'allait pas je n'avais qu'à aller voir mon médecin traitant. J'ai attendu, on est venu m'enlever ma voie veineuse. On m'a dit : je vais vous emmener plus loin pour vous rhabiller avec tellement de lassitude dans la voix que j'ai proposé de me rhabiller entre mes deux paravents... De toute façon ma dignité à l'hôpital, ça fait un bail que je l'ai perdu. Il était content, il m'a dit ok. Il est partit...

Je me suis débrouillée pour retrouver mon chemin dans les couloirs de l'hôpital, il était presque minuit. Et je me suis dit que Cendrillon, elle avait quand même vachement dérouillé physiquement.
Ma citrouille m'attendait pour me ramener à la maison (mon père en cocher c'est bien plus la classe que le cheval Major !). 


Et puis ça aurait pu s'arrêter là, une tête déformée, une double fracture du nez (ah oui au fait, c'était ça ), mais non il y a eu le suivi  (enfin suivi... je vends du rêve !) en ORL.

Mais ça, ça vaut un article pour lui tout seul ...

PS : Même si j'avais pas mis à 30 degrés, le sang n'a pas bouilli ! Plus une trace ! Donc pour info, 40 ça passe encore...Je suis une souillon qui se respecte quand même dans les tâches ménagères ;)

vendredi 3 mai 2019

Lettre ouverte à mon corps (enfin à moi quoi !)



Mon très cher corps .... (Faut pas déconner non plus...)
Cher corps (non même ça c'est encore trop...) 

Corps, (oui là on est bien concis, précis, juste !) HUM HUM (c'est un éclaircissement de gorge, comme avant les grands discours, m'voyez ? Bon on reprend...) 

Corps, 

Je sens que tu ne m'aimes pas.
Alors peut être ai-je des aprioris, peut être que j'interprète (la formulation en "verbe-sujet' inversés utilisée précédemment ne rendait rien... interprète-je c'est moche, qu'on se le dise...)  mal les signes mais je pense pouvoir le dire sans trop m'avancer  : je sens que tu ne m'aimes pas. 

Voilà 28 ans (quoi bientôt 29 ? oui ben on n'y est pas encore il me semble donc mollo sur le vieillissement !) que nous vivons ensemble toi et moi. C'est long 28 ans, peu de couples y résistent. Les années qui filent, les écarts qui se creusent et puis tu sais, c'est pas toi, c'est moi ! (Oui cette fameuse phrase qui ne veut rien dire mais qui permet de filer en douce, sans verre cassé, sans scène digne d'un molière.)

Je t'ai permis de faire du sport, ça prenait du temps, tu rentrais fatigué mais je ne t'ai jamais reproché quoique ce soit.
Tu as voulu faire du piano, je t'ai laissé faire du piano. 
Tu as voulu faire du théâtre, je t'ai laissé faire du théâtre. 
Tu as voulu voir Vesoul... Alors là non ! Moi j'ai jamais cautionné Vesoul et sache que si je t'ai laissé y aller, c'est uniquement pour cause familiale !  

Il me semble tout de même que tu avais de la liberté mon petit corps ! Ah ça, la liberté tu en as pris, de plus en plus ! 
Sache que nous cerveau et émotions, on a subi ton comportement, plus d'une fois ! Les nuits blanches parce que tu ne savais pas comment te gérer, parce que tu rentrais complètement meurtri d'une activité. 
Les lendemains à ne pas assumer, tu empêches tout le monde de dormir ok, sauf que pour la concentration les jours suivants, c'est qui qui devait assurer hein ? C'est bibi ! 
Je bosse moi mon gars ! La proprio me demande des efforts pour les études, pour la vie sociale, pour paraitre en forme et toi ? Toi tu ne fais aucun effort ! On dirait un mec bourré : tu te tapes dans les encadrements de portes, tu tombes, tu lâches tout, tu vomis encore et encore... 
On passe pour quoi nous, le corps ? Tu peux me dire ? On passe pour quoi ? 

Et je ne te parle pas du ménage, le corps ! Je me tape tout ici ! Je répète sans cesse : faut que ça soit propre, faut nettoyer, faut ranger ! A longueur de journée ! Ca ne te plait peut être pas, mais le chef des opérations ici c'est moi. Tu es un exécutant c'est comme ça. Et un exécutant ça.... (allez y je vous laisse un peu réfléchir, enfin si vous êtes toujours là... parce que peut être que vous m'avez laissé dans ma schizophrénie ambiante... Mon cerveau en train d'engueuler le propre corps dans lequel il siège... je peux comprendre que le concept est... Novateur certes, mais pas simple ) 
Un exécutant, ça exécute. 

Je ne te laisse pas le choix, tu dois le faire. Je te force tous les matins à te lever, je te force à faire les courses, je te force à travailler, je te force à avoir une allure présentable, je te force à ranger, je te force à faire le ménage, je te force à avoir une vie sociale.
 Oui, j'ai le rôle chiant ! Mais si je ne le fais pas, qui le fera ? Je suis le cerveau des opérations, je ne te laisse pas le choix, tu dois le faire. 

Mais au bout de 28 ans à te donner des ordres, et à t'obliger je sens la rébellion. Tu te mets en grève de plus en plus souvent. Tu refuses de m'écouter. Tu fais n'importe quoi. Tu argues la fatigue, tu te mets en arrêt maladie. Mais moi dans tout ça le corps ? Tu as pensé à moi ?

Il y a quelques mois j'ai lâché prise... j'ai fait comme toi, j'ai laissé coulé. Je me suis dit qu'après tout si tu ne faisais aucun effort, je ne vois pas pourquoi j'étais forcé d'en faire. 
Moi le cerveau, j'ai décidé d'arrêter de réfléchir, d'arrêter de forcer les choses. J'ai fait comme toi. 
Résultat ? On a perdu l'un des seuls être qui nous supportait jour et nuit, qui nous aimait, qui nous soutenait. 

Alors tu vois le corps, on ne peut pas tous abandonner en même temps, car si on le fait, on perd la bataille. 
Dans la vie, il faut un meneur, et tu ne peux pas l'être car tu n'es pas assez fiable.
Regarde, je nous trouve du travail et toi au bout de 2 mois tu ne fais déjà plus aucun effort. 
Je rame seul ! 
Je suis tiraillé entre toi et les émotions qui se laissent influencées par ton état d'esprit. Tu es une mauvaise fréquentation !  (Un peu comme quand plus petit on nous disait :"'dis donc en ce moment je ne sais pas qui tu fréquentes mais... " Et puis c'est tout. Le Mais... se suffisait à lui seul. Et la phrase se terminait régulièrement par "Mais va falloir que ça change !")

Tu vois le corps, je sais qui tu fréquentes (car en tant que cerveau j'ai vu sur tout) mais je te le dis quand même il va falloir que ça change !  
A 28 ans je suis épuisé de devoir te trainer partout, de devoir justifier tes absences, de devoir faire semblant pour deux, de devoir rattraper tes bêtises, de devoir redoubler d'attention parce que tu ne mènes pas la vie que je voudrais avoir. A 28 ans, je ne veux pas que tu influes sur ma vie amoureuse (ou à la rigueur ton rôle serait d'être canon, voir légèrement sexy, sourire ultra brite et tutti quanti ! Tu dois arrêté d'être un boulet.) A 28 ans, je te demande d'être un peu autonome. 

Corps, à nous non plus (je parle toujours en compagnie des émotions... Je précise après ça vous allez croire que je suis mégalo ... Ou complètement siphonnée alors que franchement : PAS DU TOUT !),  ça ne nous fait pas plaisir de partager ta vie, sache le. Si nous pouvions changer de coloc, nous le ferions.
 Parce que nous on a envie d'une vie simple et saine. 
Parce que nous on a envie d'amour, d'amitié, de profiter, de voyager, de travailler, de jouer. 
Parce que nous, on voudrait juste devoir arrêter de choisir entre "se laver les cheveux" ou "passer le balais", entre "sortir pour une soirée jeux" ou "travailler". 
A 28 ans, on devrait être capable en bonne collaboration de mener toutes ces activités en même temps. 

Alors tu vois le corps, tout ça c'est ce que j'aurais pu te dire si je te savais en bonne santé et que je savais que c'était vraiment de la mauvaise volonté... Mais en tant que pilote des opérations, je sais bien que toi aussi, tu rêves de faire tout ça et que tu es frustré ! Alors mon très cher corps, non je ne t'abandonnerai pas, et on continuera ensemble à pleurer sur cette vie qui nous semble injuste, à rigoler sur des détails, à s'émerveiller devant un coucher de soleil, à espérer qu'un jour on nous aime pour toujours comme on est toi et moi, corps et cerveau (et émotions), pas toujours à la norme. 

Mon très cher corps, c'est pas de ta faute tout ça et l'essentiel c'est qu'on ne l'oublie pas.







vendredi 1 mars 2019

Je vais bien, tout va bien ! (enfin...presque)




Bon, faut qu'on parle. (J'espère que vous avez tous bien en tête la pub p'tit vittel ! C'est cadeau ne me remerciez pas ;) )

4 mois sans publication, c'est long. (Boh vous n'aviez pas l'air très  inquiet non plus hein ! Ne faites pas comme si... ).

J'ai subi une grosse grosse groooooosssse mise à jour dans ma vie.  (Si j'avais été un Mac et si Steve Jobs était encore de ce monde (vous remarquerez que ça fait beaucoup de conditions...), ben je pense que je ferais partie d'une révolution du monde informatique !) Mais je ne suis qu'une humaine... alors personne n'en n'a parlé. (Y en a que pour les humanoïdes de toute façon !)

Mais je me dois de vous rassurer, si la totalité  de ma vie a changé (nouvelle ville, nouvelle situation amoureuse (euh qui n'en n'est plus une pour le moment), nouveau futur travail, nouvel appartement...), une chose reste bien présente : ma poisse légendaire.



Pour faire court : j'ai déménagé. (Alors ce n'était pas le déménagement voulu, planifié et super attendu, qu'on se le dise ! Ne soyez pas jaloux, je ne suis pas partie sous les iles, au soleil, avec mon pagne. )

Oui moi aussi, j'aurais voulu me retrouver là :


Mais en vrai .... on est plus proche de ça :



Bref, j'ai du m'adapter à une vie solo, dans un nouvel environnement. ( Je pourrais ajouter lugubre et terrifiant mais là ça serait mentir ... alors je le ferai pas !) 
Et le moins qu'on puisse dire c'est que l'univers n' a pas décidé de rendre les choses faciles. (ça c'est la vérité vraie par contre M'sieur le juge !) 

Parfois on me dit : (Alors là je vais donner une image fictive au personnage. Histoire de mieux se représenter ! On l’appellera Candice (c'est jeune, c'est dynamique, c'est naïf (dans ma tête une Candice sera toujours naïve (désolée à celles qui passeraient par là )). 
Candice est belle, elle à tout pour elle. 
Candice est parfois relou avec son thé détox et son sport à la salle. 
Candice elle fait de la com' dans une boite trop tendance !
Et parfois Candice qui affiche un sourire ultrabright sur les réseaux, avec une bonne humeur à toute épreuve, elle te dit :

"Nan mais tu sais, faut te fixer sur le PO-SI-TIF ! La vie elle est ce que t'en fais, tu peux pas subir ! Regarde moi, j'ai pas eu mes dernières sandales de chez Louboutin, ben je relativise. C'est parce que j'ai pas pu sortir du boulot à 11h vendredi comme d'habitude, car Jean-phi nous remettait nos promotions. Du coup je ne suis partie qu'à 12h. Ben c'était trop tard pour appeler le Uber et être dans les temps à la boutique avant mon rendez-vous pour la pose de mes ongles (QUOI ? JE SUIS PAS DANS LE CLICHE OK ? JE FAIS CE QUE JE VEUX DE CANDICE, C EST MON HISTOIRE ). Mais tu vois, je me dis que c'est pas plus mal !  Mon mec me les offrira plus tard ! De toute façon comme on vient d'acheter notre F4 dans Paris centre, le dressing est pas fini. Donc tu vois, je suis PO-SI-TI-VE et je me dis que je les prendrai en rentrant de nos vacances en Guadeloupe ! Je les aurais pour mon mariage, ça sera PARFAIT ! Pas de quoi déprimer ! " 

Ha ben non c'est sûr, pas de quoi déprimer ! 

Bizarrement la donne est légèrement différente quand tu te retrouves séparée après 12 ans de couple d'un homme dont tu es folle amoureuse, que tu te retrouves dans une ville dans laquelle tu n'avais pas spécialement projeté de faire ta vie, (C'est chouette mais ça demande quelques ajustements : 
Euh du coup le métro il passe à quelle heure ? Comment ? Pas de métro ? Ha... Bon ben j'irais au supermarché ce soir à 21h alors en rentrant à pied et... Comment ? Les magasins ferment à 19H ? Ha...    Bref, pas la même vie quoi !) sans travail (bon ok ça c'est réglé ! Mais la situation de base était celle-là, le chômage encore et toujours !), sans argent, (cf le point le précédent), en légère déprime (oh ben moralement tu prends un petit coup derrière les oreilles quand même, on ne va pas se mentir !), malade (Oui toujours ! La maladie elle, elle a décidé de partir avec moi. Une histoire de bail en cours avec mon corps... je n'ai pas tout compris...). Bref, j'en étais là. Mes cartons dans les bras, ma solitude dans la poche avec un petit goût d'amertume dans la gorge et mon petit cœur en miettes. 

Bon j'ai écouté Candice, qui me dit toujours de voir le verre à moitié plein. (Bordel, il reste quand même plus des masses de liquide dans le mien, et je crois que ça fuit non ?) 

Alors j'ai retroussé mes manches et j'ai trouvé un appartement super top, que j'ai élu : nid douillet ! 
J'ai postulé à une petite annonce et après 2 entretiens et un rendez-vous, j'ai décroché un boulot et une proposition de formation. 
 Je suis sortie dans la rue, Brad était là et m'attendait bras ouverts en me disant qu'Angelina ne m'arriverait jamais à la cheville et que par amour pour moi il avait mis les meilleurs médecins sur le coup et qu'on avait trouvé un remède...  ( Ben oui Brad Pitt, ça fait tellement pitié Brad comme prénom qu'il y a que pour lui qu'on peut se permettre de ne pas mettre de nom derrière sans craindre d'être trop ridicule. ! (C'est gratuit  pour les Brad et les Candice !).

Bon ok, pour Brad c'est pas vrai ! 
Mais pour l'appart et le boulot, je maintiens ! Et c'était quand même super positif ! 

Et puis ça aurait pu juste s'arrêter là.  Je conclus l'article. Mise à jour terminée. Basta, à la revoyure ! Merci de vous être déplacés ! Circulez, y a rien à voir. (J'arrête vous avez compris l'idée hein ! ). 

Ben sauf qu'en fait ça, ça serait pas ma vie ! 

Souvent je me suis demandée si je n'étais pas une réincarnation d'une identité historique ayant eu un comportement horrible. (Genre Hitler, ou Ted Bunty ou... Jafar ? (ouais dans Aladin, il est quand même super méchant !) 

Et puis ce matin, je me suis interrogée sur la poisse : est-elle innée ou est-ce qu'on l'acquiert ? Est-ce qu'on apprend à être poisseux ? Est-ce que Candice a raison, et que je ne vois pas assez le PO-SI-TIF ? 

Voici un résumé de mon dernier mois de vie (euh dans le sens : dernier écoulé hein pas le dernier dans le sens : c'est le dernier c'est la fin quoi !) Et parce que si je commence à rédiger toutes mes poisses, je perdrais je pense 3/4 des lecteurs (et comme vous n'êtes plus que deux (Candice et Brad nous ayant quittés ! )) je vais me permettre de les énoncés sous tirets. 
On inspire ! C'est partit ! 

- Aménagement. Super pas de panne sur l'autoroute, pas de perte de cartons. Tout se passe nickel : efficacité, rapidité, une équipe de champions ! (T'as vu Candice, je sais être positive, mais c'est quand même rudement plus simple quand tout se passe bien !)
- Montage des meubles : une vis est déclarée perdue chez une chaise tout juste achetée. (C'est pas de chance mais bon... ça arrive). Comme il y en a 3 autres à monter, ça nous laisse un peu de marge. (Au pire on jouera aux chaises musicales si besoin ! ça permet d'animer les soirées ! (T'as vu Candice ? Je colmate le verre hein !).  
Canapé : modèle d'expo, récupéré au magasin déjà monté. Installé dans mon salon. Parfait... Parf...
Euh... Les pieds là ? C'est normal qu'ils soient dans ce sens là ? (Démontage puis remontage, il manque une vis je crois, mais ça tient...) 
Bibliothèque : Un jeu d'enfant. En la démontant toutes les pièces ont été annotées et un plan gentiment dessiné. Assemblée en position couchée, elle ressemble au modèle connu. Au moment de la relever (la position horizontale prenait trop de place dans la pièce aussi !) la structure cède.(Candice, tu es sûre qu'on peut pas changer de verre hein ?) 
Meuble de bureau : Mais pourquoi ce petit titi reste en position coincée ? (Allo le magasin ? Ha c'est un défaut... Bon ben, on vous le ramène alors...) 

- Plomberie :  La chasse coule ! (Candiiiiiiiiiice). Plein de calcaire. Démontage de l'engin (Je parle de la chasse, on reste focus), grattage, remontage. Ça ne coule plus.... 
2 jours plus tard : La chasse couuuuuuule ! (Candiiiiiiiiiice)
SOS plombier, changement du mécanisme qui était cassé. Ça ne coule plus ! (C'est bon Candice, ça va !) 

Un petit tour en cuisine ? Ohhh qu'elle est jolie, et ce combiné four et lave-vaisselle c'est vraiment top. 
Utilisation 1 du four. (Mais il marche trop bien !!!) 
Utilisation numéro 2 du four : euh pourquoi il fait tout noir ? C'est quoi qui a pété ? Pourquoi y a plus d'électricité hein ? Pourquoiiiiiii ???

Sos Electricien.  Prise de rendez-vous. Annulation du rendez-vous car l'appareil est sous garantie et il faut donc d'abord vérifier ce dernier.





Une semaine pour avoir un rendez-vous avec le fournisseur qui passera durant un créneau très précis ... entre 8h et 17h....



Le gars vient. Il défini que le problème vient de la résistance. Puis finalement non, il s'agit d'un fil qui touche (ouais les gars, "un fil qui touche" ce sont ses mots !) La bonne nouvelle, m'annonce t-il c'est que mon "installation électrique est très bonne : puisque les plombs ont sauté et que ça n'a pas pris feu !" (Euh excusez-moi, vous ne vous appelleriez pas Candice par hasard ?) 

Bref, champagne. Le four remarche....enfin... il a failli remarché. 

Essai numéro trois : euh pourquoi il fait tout noir ? C'est quoi qui a pété ? Pourquoi y a plus d'électricité hein ? Pourquoiiiiiii ?? 

Allo candice ... Une semaine d'attente, créneau 8h-17h... 

Finalement c'est bien la résistance qui s'oxyde. (Euh...ok ?) 
Mais on ne peut pas la changer ici, il faut l'emmener en atelier. Moi candide (CandiDe pas CandiCe): 
- Mais vous allez réussir à le porter tout seul ? 
- Ha mais mademoiselle, ce sont des livreurs qui viendront le chercher. Ils prendront rendez-vous avec vous, sûrement courant  semaine prochaine. Et ensuite il faut bien compter 15 jours en atelier car il y a du travail dessus,  au moins une demie-journée ! (Ha ben oui si y a une demie journée de travail,  il faut bien 15 jours alors !)


Bref à l'heure actuelle je n'ai pas de four.  (Et plus de lave-vaisselle puisque c'est un combiné).


Installation de la fibre : L'opération se déroule presque sans encombre.
Des plinthes ont perdu des bouts mais l'ensemble est propre. La concierge demande à ce que l'installation soit installée autrement dans les parties communes, donc Mr le technicien recommence... Au bout de 4H30... J'ai internet.
J'y ai cru vraiment. (Je te jure Candice, j'étais ultra PO-SI-TI-VE.) La télé fonctionnait, internet fonctionnait, tout marchait.
Une visite. Mon interphone semble enroué. Il pousse son dernier souffle, ne s'exprime que par chuchotements. A force d'observation, je me rends compte qu'en fait, le trou pour faire sortir la fibre a été effectué dans une très très (trop du coup) proche proximité des fils de l'interphone. LE BOULET A PERCE DANS LES FILS DE L'INTERPHONE !

J'en étais donc à peu près là :


(Bon là Candice, si j'étais un homme, je te jure qu'elles seraient pétées ! Et puis le verre de toute façon c'est des conneries, moi je bois à la bouteille !)

Administrations :  (aucun mot ne résumera mieux la situation que cette image )


Enfin il y a eu ce week-end où j'ai choppé la plus glam' des maladies : gastro coucou !
Mais si il n'y avait eu que ça ! Noooon ! Le meilleur dans ce week-end fabuleux c'est : la fuite des WC à 4h du mat' (vous vous souvenez ceux là même qui avaient été réparés 3 jours avant !) Un joint qui a lâché car gus-gus ne les a pas vérifié (ben non à quoi ça sert après tout !) Bref je vous laisse associer le tout... Vous y êtes ?

J'en étais donc à peu près là  dans ma vie :



Et puis il y a le fil conducteur (en parallèle de tout ça ... un peu comme dans les films. L'histoire entre Dereck et Meredith... Parce qu'en vrai le triple pontage on s'en cogne !) : Ma table !

J'ai commandé une jolie table de salle à manger, sur un site connu et fiable.
 Elle venait d'Espagne, ma table.

Un lundi de mi-janvier : "Bonjour, nous sommes les transporteurs ! Seriez-vous disponible demain pour la livraison ?"

Moi :

Transporteur : Parfait ! Par contre, vous aurez quelqu'un pour vous aider car le colis pèse 60 kilos ?

Moi : Vous ne le livrez pas à domicile ? Elle est plus lourde que moi...

Transporteur : Non c'est en bas de l'immeuble... et puis si vous êtes toute fluette en plus... (ha ben oui c'est de ma faute tiens ! )

Moi :





Bref. La livraison n'a pas pu avoir lieu. Nous avons décidé d'un autre lieu de livraison puis j'ai ensuite dû trouver des bras gentils pour porter le fardeau jusqu'à chez moi !

Alors je vous vois dire : Mais ça va, c'est pas la fin du monde, il est nul ton fil conducteur... 
Je vous réponds : attendez de voir la suite ! 

Je déballe ma table et suis surprise de ne pas apercevoir de bois... Les pieds devaient être en bois ! Pourquoi y a pas de bois ? (Candice !!!! Pourquoi y a pas de boiiiiiiis) 

Ils ont oublié les pieds. Je me retrouve avec un plateau géant de 60 kilos, sans pieds (pas pratique pour le plateau TV). 

Coup de fil au SAV : faut patienter madame, on va voir. Au bout de 3 jours de faut patienter (faut aussi imaginer qu'en parallèle je gérais mon triple pontage composé  : d'un four défectueux, d'une administration qui s'en moque que je puisse être SDF, de toilettes qui fuient, de meubles incomplets, d'un interphone cassé, d'une tringle à rideau qui refuse de tenir (oui ça c'est bonus) j'ai craqué !

Dans ma tête j'ai dit : Je m'en contrecarre l'oignon de savoir où sont ces p**** de pieds, je veux mes pieds BORDEL !
En vrai j'ai dit : Je me contrefiche de savoir où se trouve les pieds, je veux qu'on me les renvoi et vous les retrouverez plus tard !

L'Espagne m'a rappelé. (Enfin un représentant quoi !) On a dit qu'on m'envoyait au plus vite les pièces manquantes. 30 minutes après on me rappelait pour me dire qu'un léger problème s'était présenté (oh c'est étonnant ça !) : la table étant en rupture de stock, impossible d'avoir les pieds avant juin. 

Après moultes discussions, il est conclu que la table serait récupérée (un rendez-vous me serait fixé) et qu'une autre me serait livrée (même modèle mais taille légèrement différente...Et non les pieds ne s'adaptaient pas...pensez vous j'ai demandé). 

Ca aurait pu s'arrêter là... Ca aurait pu... 

Le lendemain le transporteur se présente pour récupérer la dite table : problème personne ne m'avait prévenu ! La table n'était donc pas emballée. Impossible de la récupérer. Il repart bredouille. 
2 jours après, il se représente. Seul... Toujours. 

Je vois ma table en verre partir, et j'entends au loin le doux cliquetis de cette dernière tapotant les escaliers. (Raymond tu aurais pu la balancer par la fenêtre, on aurait gagné du temps !) Preuve en main  de l'emballage parfait et de la table en excellent état, je transmets rapidement l'information au fournisseur. 

Lundi mi février : Bonjour, nous sommes les transporteurs ! Seriez-vous disponible demain pour la livraison ?" 

Moi :


Par contre, prévoyez bien deux personnes pour la porter car j'aimerais vraiment que le colis arrive entier ! (doux souvenir du cliquetis du verre dans les escaliers...)

Transporteur :  Ha Non c'est en bas de l'immeuble... 

Moi :Je vous assure que non, j'ai pris une livraison spéciale cette fois ci pour qu'elle soit livrée dans la pièce de mon choix (qui n'est donc pas le hall de l'entrée... ) 


Transporteur : Non, nous ne faisons pas cette prestation. 

Moi :
Mais enfin, j'ai payé pour ça !!!

Transporteur : Ce n'est pas notre problème madame nous ne faisons pas cette prestation.

Bon ben là j'en étais à peu près là :( vivre les émotions en boucle, une véritable joie !)


Bref j'ai crisé, je leur ai dit que c'était des incapables et que ce n'était pas à moi de gérer leur bourde. Que si ils acceptaient un contrat ce n'était pas à moi de régler le problème. Preuve à l'appui par mail du contenu de ma livraison précisant : "deux personnes livreront dans la pièce de votre choix votre colis". 

On m'a recontacté l'après midi pour m'informer qu'ils ne livreraient pas et qu'ils cherchaient un autre transporteur.

Ca aurait pu s'arrêter là... Ca aurait pu... (Et ça aurait été déjà pas mal non ?)

Une semaine après... toujours aucune nouvelle. Relance de l'espagne. (qui ne sait plus où se mettre) Le transporteur me recontacte (sur demande Espagnole bien entendu) : 

- Bonjour j'ai quelques précisions à vous demander concernant votre étage et le nombre de marches, pour transmettre à l'autre transporteur à qui nous confions la livraison ? 

PARCE QUE TU N AS TOUJOURS RIEN FAIT DEPUIS UNE SEMAINE ????!!!!!

Bref ma table est arrivée ce matin, et ormis un tampon de pied un peu abimé (mais Candice me dira que si je vois que c'est un peu abimé, c'est que j'ai les pieds hein !)  elle a l'air de bien se porter ! En tous cas j'ai le bon nombre de vis, 4 pieds et un plateau ! 


Voilà, le tour de ma vie. 

Ha oui et aussi j'ai acheté un pommeau de douche à LED cette semaine (dans un distributeur Allemand, j'ai changé de coin...). Je suis rentrée, j'ai essayé et j'ai remarqué qu'il était cassé. Alors j'ai remballé, je suis retournée, j'ai échangé, je suis rentrée, j'ai essayé et finalement les leds ne marchaient pas. Tant pis, je l'ai gardé comme pommeau de douche à LED, sans LED !  (Ca faisait un peu kitch de toute façon Candice, non ?) 

Et puis ce matin, ma carte mini SD a décidé de se coincer dans mon lecteur de carte ! 

Voilà. A part ça, je crois que tout va bien, heureusement ... j'ai la santé ! (Ha ben non...) 




PS : Merci à tous les gens qui ont supporté (et supporte encore) ma mauvaise humeur, mon envie de tuer les autres (et parfois moi-même parce que l'univers m'y pousse). Qui m'ont aidé à déménager, à monter des meubles (à les démonter aussi ;) ) à courir dans les magasins, à me supporter d'une manière ou d'une autre. Bref, merci à tous ceux qui sont là. Je vous aime (oh oui bon ben ça va, on va pas non plus se faire des bisous pendant des heures hein !)










lundi 22 octobre 2018

On n'est plus à ça près !


I'm back (Je suis de retour quoi... Mais en français ça sonne moins classe !... Y a plein de choses comme ça, où l'Anglais est plus percutant. Par exemple si vous dites : The END !, vous verrez que les gens seront suspendus à vos lèvres... Alors que La fin ! Bah... y aura moins d'attrait. C'est un fait vous dis-je ! )

Breeeeef. I'm back, certes mais... d'où ? 

PARIS (là aussi, dites le avec l'accent de l'Anglais qui essaye de parler Français en écartant vos bras et en inspirant bien fort... Vous le tenez ? )


Bref, j'étais à Paris. Non je n'ai pas visité la tour Eiffel, non je ne suis pas allée aux Invalides, non je n'ai pas été au château de Versailles, ni au stade de France, ni... (C'est relou là ? C'est qu'il y en a un paquet des trucs à voir dans la Capitale aussi...) 

J'ai été... (Vous ne devinerez JA-MAIS ! Allez y pour voir, essayez ? Alors ? On sèche hein ?) 

Réponse en image : (Attention gros indice !) 
(Qui a dit : elle a été voir Peppa ? Tu sors !.... Allez zou ça commence à bien faire maintenant) 

J'ai donc été à l'hôpital. (ô ma douce maison, mon éternel lieu d'apaisement, ma pièce de réconfort... Nan je déconne !) 

J'avais rendez-vous pour rencontrer un GRAAAAAAND professeur en gastro-entérologie puis ensuite je devais poursuivre mon hôpital de jour dans le temple du syndrome d'Ehlers-Danlos. 
C'est donc plein de bonne volonté que nous sommes partis Môssieur Briochette et moi, en train, pour rejoindre le premier lieu de consultation.
Départ 8h, rendez-vous : 16h, on était large. 

Arrivés sur place à 13H30, nous savions que l'attente allait être longue. 

Nous nous dirigeâmes ( c'est pour m'exercer aux temps du récit, le passé simple n'est que fort peu usité...) vers l'accueil pour nous enregistrer. C'est alors (premier élément perturbateur) que nous entrâmes (ha ben si c'est peu usité c'est qu'il doit y avoir une raison hein, c'est un peu chiant agaçant en fait...) dans un monde peuplé d'individus perfides (quitte à utiliser le passé simple, autant intégrer un brin de vocabulaire, n'est-ce pas ?). 
Bon en gros : un mec était en train de crier sur une dame, parce que soit disant elle lui avait volé son tour, qu'elle avait bien vu qu'il était là. Alors la dame lui a répondu que ce n'était pas vrai, qu'il cherchait à se bagarrer avec tout le monde mais qu'il n'avait qu'à passer. De là une troisième dame a décidé de prendre partie alors qu'elle venait tout juste d'arriver (derrière nous donc)... Le monsieur est passé, mal aimable avec tout le monde, la dame est passée, puis la dame bis (celle qui était donc arrivée après nous donc. Je pense que le fauteuil roulant ... Elle ne l'avait pas vu !) Et enfin ce fût notre tour ! 

Moi : "Bonjour nous avons rendez-vous à 16H avec le GRAAAAAAND-professeur-que-ça-fait-3 mois-et-demi-qu'on-attend-le-rendez-vous-et-qu'on-a-fait-2heures-de-route-pour-le-voir-et-ça-sans-compter-le-déplacement-intramuros-qui-nous-amène-à-3heures-de-route."
La dame de l'accueil : "D'accord. Vous pouvez allez en salle d'attente."
La dame qui était habillée avec une blouse, qui se tenait à côté du desk et qu'on ne sait pas vraiment qui c'était : "Par contre, ce n'est sûrement pas e GRAAAAAAND-professeur-que-ça-fait-3mois-et-demi-qu'on-attend-le-rendez-vous-et-qu'on-a-fait-2heures-de-route-pour-le-voir-et-ça-sans-compter-le-déplacement-intramuros-qui-nous-amène-à-3heures-de-route que vous verrez... Il a un empêchement !"

Euh... What ? (Ici aussi même technique qu'en début d'article... Beaucoup plus impressionnant la version Anglaise) 
Assommée par la nouvelle, nous nous sommes rendus devant la porte de consultation. A ce moment là j'avais un tout petit peu envie de pleurer. (Bon ok je bouillais intérieurement et les larmes coulaient toutes seules... Mais avec retenue... C'est un concept ! Un mélange de colère et de tristesse!)

Môssieur Briochette a essayé de m'apaiser (si je l'ai vu, c'est ça qu'il a fait hein !) en me disant : "Mais c'est pas grave, ils sont de la même équipe, ça sera pareil !" 

Ben nan ça sera pas pareil. Parce que quand pendant des mois vous vous renseignez sur le dit médecin, que tout le monde l’encense, que vous n'aviez déjà pas vraiment envie de venir parce qu'en vrai tout au fond de vous, vous les connaissez les solutions proposées pour la gastroparésie, que vous n'en n'attendez rien parce que vous parlez avec les gens qui sont malades comme vous et qui ont bénéficié de ces propositions d'améliorations, et que vous savez que ces propositions d'améliorations elles capotent bien comme il faut la plupart du temps parce que y a rien de sûr... Ben nan ! Ça sera pas pareil. 

Du coup, pour essayer de me calmer, j'ai écouté discrètement les gens (que des femmes en fait...La gastroparésie est sexiste ? Ça se passe comment ?) qui étaient là. Elles étaient 3 à échanger sur leurs expériences respectives. Une complètement emballée, les deux autres... Beaucoup moins. (C'est bien ça rejoint à peu près les statistiques que j'ai...) Et puis là, la porte s'est ouverte, un monsieur est sortit, une des dames s'est levée, elle a dit : "Bonjour Professeur" (Le tout en rougissant un peu. C'était lui. The professor !) Il était là : Victoire !!!! 
Les consultations se sont enchainées, jusqu'à 15h00. 
Là,  The Professor est sortit, il s'est tourné vers le seul patient mâle présent et lui a dit : "Ha je ne vais pas pouvoir vous voir aujourd'hui, je dois me rendre sur Paris pour une conférence, je vous laisse entre les mains de ma collègue, vous verrez elle est beaucoup plus jolie que moi !" Puis il s'est retourné, et sans un regard, sans un geste, a disparu dans les ténèbres des couloirs hospitaliers. (Mouais... Il a filé quoi... comme un Parisien pressé...) 

Abandonnée... 

(Bon ça fait un mélo drame... Mais essayez de vous mettre à ma place quoi ! Je sais pas, vous êtes fan de Mickey (je reste local). On vous dit que Mickey sera là (oui ben c'est une souris imaginaire, mais faites un effort! ), en chair et en os (en costume et rembourrage quoi !). Vous l'attendez durant des jours et des nuits. Le jour J est enfin là. Vous vous levez à l'aube, traversez la France, luttez contre vents et marées (oui ben on n'est pas si loin, la SNCF était en grève ce jour-là alors ça aurait pu être compliqué d'abord !) Et puis finalement on vous dit que Mickey doit se rendre à une vente de fromage privée alors vous rencontrerez Minnie (aussi jolie soit-elle, ce n'était pas elle que vous veniez voir au départ !) 

Nous sommes tout de même restés (de toute façon on n'avait pas le choix, nous étions dépendant d'un VSL alors...Mais on va faire comme si c'était un choix assumé).

Finalement la consultation s'est bien déroulée, la doctoresse était très gentille (là vous voyez que je dis les points positifs parfois, je ne fais pas que râler !) Elle m'a énoncé les possibilités... J'ai pris note. (c'est une image... J'ai pas vraiment écrit ce qu'elle me disait.) Elle a vu mon air peu emballé. J'ai expliqué. Elle a compris. Elle s'est excusée d'être Minnie et de ne pas s'appeler Mickey. Je lui ai dit que c'était pas grave car c'était une Minnie compétente et que ma déception était passée. (Même que je lui avais même pas dit que j'étais déçue, je suis polie quand même... et mes yeux avaient finis de sécher... Donc rien n'est transparu... Elle doit juste être fan de Disney aussi et elle a compris toute seule.)

Bref sur cette journée pleine d'aventures, nous sommes repartis. Ni vraiment confiants sur l'avenir, ni pleinement dépités... On ne sait juste pas si on reviendra à Disney finalement...

Le sur-lendemain, après avoir rechargés nos batteries, nous nous sommes rendus à l'hôpital de jour. Pour faire simple la journée était rythmée par son enchainement parfait de rendez-vous. Doppler, psycho-motricienne, orthésiste, kiné, scanner injecté.

Arrivée 8h45, premier rendez-vous prévu à 9H. Nickel. 

9h, arrivée de l'infirmière. Salutations, remise de convocations, direction l'imagerie. 
Attente derrière la ligne jaune. (C'est pour la confidentialité. C'est un peu comme dans la balle au prisonnier, quand tu es prisonnier, tu dois pas dépasser... C'est pour ne pas entendre ce que disent les gens devant... Bref, je pense intimement  que c'est un test de soumission à l'autorité hospitalière plus qu'une zone de confidentialité, parce que sérieusement à quel moment ils peuvent croire qu'une ligne de couleur coupe le son ? Surtout dans un service où les gens sont souvent âgés et ont une tendance à PARLER PLUS FORT !)


Moi : "Bonjour Madame. J'ai rendez-vous pour un doppler ce matin puis un scanner cet après-midi. L'infirmière m'a confié les deux convocations, que voilà."
La dame de l'accueil : "Hum... Un jeudi après-midi ? Ca m'etonnerait ! 
Moi : "Ha bon pourquoi ?"
Elle : "Ben un jeudi après-midi... Y aura personne hein pour un scan'... Puis de toute façon ça a été annulé."
Moi : "Non non je vous assure, je viens de passer auprès de l'infirmière. Ce n'est pas annulé."
Elle :"Ca a été annulé. Je n'ai plus de rendez-vous pour vous... Vous venez d'où ?"
Moi : "De on-a-fait-2heures-de-route-pour-venir-et-ça-sans-compter-le-déplacement-intramuros-qui-nous-amène-à-3heures-de-route."
 Elle : "Ha oui quand même. Bon ben bougez-pas... (C'est drôle ça, parce que c'était pas tellement dans mon intention...partir !) Josiane ? Oui, on a un problème. Ben j'ai des rendez-vous qui ont été annulés alors que la dame est là et qu'ils n'auraient pas du être annulés. Oui... Oui... Ben oui hein ! (Je ne sais pas ce que Josiane disait...Y avait pas de haut parleur donc vous devrez vous contenter des bribes...) Oui... Ben c'est déjà compliqué. D'accord."
Moi : "Alors ?"
Elle : "On va se débrouiller... Allez vous asseoir". 

De là, après une demi-heure d'attente, on m'accompagne au doppler. Première étape validée. L'opératrice me demande alors de patienter en salle d'attente, qu'on va venir me chercher pour faire le scanner directement. Je lui rappel alors que c'est un scanner injecté et qu'il faut poser un cathéter. Je lui demande donc s'il faut que je remonte dans mon service initial. Elle me répond que les équipes ont l'habitude et sont plus à même de le poser car "ils font ça tout le temps".

A 10h30, je ne suis toujours pas passée.  Ayant un autre rendez-vous prévu à 10 heures, je m'inquiète de savoir si le service a été prévenu. Mon fidèle chevalier à mes côtés me propose de remonter dans le service pour les prévenir. A son retour, je suis toujours là. Bien entendu, personne ne leur avait dit. 
Un peu avant 11H, vient mon tour. 
Je me retrouve allongée sur la machine, dans une salle froide. (J'ai dit salle, pas chambre ! C'est un détail mais c'est important). Une première personne s'approche de moi, me demande si je suis facile à piquer. Je souris... 
Elle tâte...ne trouve rien de satisfaisant. Elle décide de mettre un garrot... Re tâte... toujours rien. Elle demande à son collègue. Il lui dit qu'il essayerait bien dans le pli du coude. Elle le laisse faire. Il pique. Rien. Il trifouille. Rien. Au bout de quelques minutes ils renoncent. Elle décide d'essayer sur une autre veine, cette dernière claque immédiatement. Elle appelle une collègue : la championne de la pose de cathéter. 
J'ai froid, très froid. Je tremble. Mes veines sont rétractées à cause de la température ce qui ne facilite pas les choses. 
Elle me demande : "Vous avez froid ?" 

Moi ? Naaaan ! Je tremble par plaisir !


Elle demande une couverture (trop aimable). Évoque des bouillottes. (Owiiii... Mais non finalement) Ensuite elle me frappe le bras, tout en me disant que c'est pour mon bien. (Est-ce qu'on a le droit de l'appliquer à d'autres situations ? Parce que tous les bourreaux disent que c'est pas de leur faute alors...) 
Elle me pose des questions sur ma vie. (En vrai elle essaye juste de détourner mon intention, je le sais... elle s'en fiche de ma vie, que je sois mariée, célib, mes études, mon travail... C'est le dernier de ses soucis !) 
Elle pique... La veine lâche. Elle tâte de nouveau, me demande si je supporte encore le garrot (oui bien sûr, les doigts noirs c'est normal ? Nan, je plaisante... J'ai plus de doigts !), me dit que je ne vais pas l'aimer (oh ben c'est vrai que jusque là entre me faire frapper le bras et piquer encore et encore je vous adorait ! C'est dommage de briser une si belle relation !) Elle pique, fouille, tourne. J'ai mal, j'ai des décharges. Elle demande à ses collègues de me parler alors que moi j'ai juste envie d'être dans ma bulle, de respirer. Je n'ai pas envie de parler quand j'ai mal ou quand c'est désagréable. Je gère ma douleur par la respiration. Alors pitié laissez moi RESPIRER !
Au bout de 4 ou 5 bonnes minutes, la veine lâche, elle dit à son collègue "enlève le garot, tout de suite !". Elle me dit qu'ils n'y arriveront pas. Qu'elle appuie fort pour ne pas que j'ai de bleu (Dommage j'en aurais un. D'une taille respectable de 12 cm de long sur 8 de large... Pas mal comme performance !). Elle envisage de poser le cathéter sur le dessus du bras (entre l'épaule et le coude quoi ) sous écho. Elle part... Revient et me dit de finalement retourner dans mon service, et que le cathéter sera posé là bas. 

Il est presque midi. Je remonte dans le service. On me dit qu'on va faire une pause, manger (ha ben super  j'attendais ça avec impatience moi !... Private joke again). Je croise l'orthésiste avec qui j'avais normalement rendez-vous à 10h. Elle est elle aussi dans la salle d'attente car n'a pas de salle. (Il faut savoir que dans cet hôpital, le jeu de "qui aura une salle", est très courant. Les règles sont simples et se rapprochent des chaises musicales. Des salles, des disponibilités, du personnel plus nombreux que les deux éléments précédemment cités. Très très drôle !)

Finalement, la psychomotricienne me prend rapidement. A cause du décalage de rendez-vous elle n'a que 15 minutes à m'accorder. On doit trouver une salle. 10 minutes.... On commence l'entretien. On frappe à la porte. On lui demande de rendre un papier TOUT DE SUITE. Elle s'oppose. On lui dit qu'elle n'a pas le choix. Elle s'excuse. Elle s’exécute. 5 minutes.... Le temps manque. Elle sait que je devrais la revoir, j'en ai besoin. Elle s'excuse et me promet qu'on me refixera rendez-vous, tout en s'ecclipsant. 





 Rencontre avec le médecin.  Pause repas pour môssieur Briochette. Moi je n'ai vraiment pas envie de sopaliner.

Un peu avant 14h, l'orthésiste me propose de la suivre. 
Nous nous installons dans une salle qui semble vide. A 14h30, l'infirmière coordinatrice m'appelle sur mon portable, elle me cherche. (Je suis vite retrouvée... Difficile de s'enfuir). L'imagerie vient d'appeler, je pourrais avoir une place tout de suite. Sauf que nous sommes en plein essayage d'orthèses. L'infirmière négocie une demie-heure de rab'. On accélère le tempo. L'orthésiste sur un bras pour un moulage, l'infirmière sur l'autre pour la pose de cathéter (réussi du premier coup ! Joli)
Finalement le scan est repoussé car une urgence est arrivée. L'orthésiste doit partir, nous nous reverrons à un prochain rendez-vous.

L'infirmière insiste pour que j'aille me reposer un peu dans une salle, elle n'aime pas ma tête qui "se décompose". (Ha mais ça c'est rien m'dame, c'est juste la fatigue, rien de grave !) 

15h30 : Rendez-vous avec le kiné. Celui-ci aussi sera avorté. (Le rendez-vous hein, pas le kiné...Sinon il n'aurait jamais pu être kiné... m'enfin !) Il devra à son tour me refixer un rendez-vous plus tard. (Oh ben pas de soucis hein, je suis pas loin de toute façon... 3 heures, c'est quoi ? A peine le temps de se regarder le Titanic ! )

Finalement, on nous préviens que l'imagerie a de nouveau appelé, qu'ils ne savent pas quand ils pourront nous prendre. Nous décidons de ne pas faire l'examen. (Après tout, des scanners, y en a partout ! Le ? Cathéter ? Ah oui... Ben parfois faut écouter les signes du destin, 5 fois pour le poser... Y avait des signes !)

Nous décidons donc de prévenir le taxi que nous terminons le rendez-vous. 
Notre train est à 19H30... Il est 16h et des broutilles...  On a de la marge. 

Le taxi arrive, et je me fais rouspéter parce qu'il a du décaler une cliente. La prochaine fois, il fois que je prévois large.  (Plus de 3 heures donc ? Sans compter qu'à la base je devais terminer les consultations à 14h30... j'avais donc 5 heures de latence...) Mais promis quand je reviendrai, j'y penserai.

Ensuite, nous avons réussi à échanger nos tickets de train (moyennant finances supplémentaires) pour partir 3/4 d'heures plus tôt... Mais suite à "un problème d'aiguillages" nous sommes arrivés avec 25 minutes de retard.

Bref. I'm back ! .... Jusqu'à la prochaine fois ! (Ben je dois quand même revoir la psychomot', l'orthésiste, le kiné...Et amener mes résultats de scanner!) 
Enjoy ! (toujours plus classe en Anglais... vous l'aurez compris !)