lundi 20 mai 2019

Il était une fois... Cendrillon et le nez cassé (partie 1 : Aux urgences)





Parfois je voudrais être un  cyborg ! Ouep, un joli cyborg avec des yeux supersoniques capables d'enregistrer touuuuuut ce qu'ils voient....

Malheureusement pour vous, je ne suis qu'une simple humaine. ( Et puis bon je suis une princesse, je fais caca paillettes et je vomis des papillons, on ne peut pas tout avoir !)
 Et encore une fois, il va falloir me croire quand je vais vous raconter mes supers aventures médicales ! (Avouez, ça fait rêver dit comme ça hein ... Allez bande de coquinous curieux, je vous  embarque dans ma vie ! Non ne me remerciez pas, je le fais d'abord pour moi, pour me décharger de toutes les émotions que j'accumule. Mais bon, si ça vous fait plaisir de vous dire que je le fais pour vous  en premier lieu, n'hésitez pas à le penser).





La semaine dernière j'ai eu des douleurs particulièrement intenses : de ventre, d'articulations, de migraines (des vraies qui font vomir, pas le petit mal de tête de quand tu n'as pas envie de... Enfin de... Mesdames, vous m'aurez compris (et messieurs aussi sans doute car finalement vous êtes aussi concernés).
J'étais donc couchée tranquillement dans mon lit (comprenez : j'étais en train de prier pour qu'une créature céleste me retire la vie afin d'abréger mes souffrances) quand SOUDAIN (ça fait peur hein !) de violentes nausées sont apparues. Je décide donc de me lever. (Bon ben du coup plutôt prestement histoire d'avoir la décence de ne pas me gerber dessus...  et puis parce que je n'avais pas envie de changer mes draps, de récurer tout ça, tout ça...Et puis les papillons c'est galère à rattraper...).
Comme vous vous en doutez, me lever n'était finalement pas une bonne idée. Parce que dans l'idée ça a donné : un voile noir puis :

Il suffit juste d'imaginer que la voiture est en fait une penderie, et que du père noël j'ai gardé la couleur rouge sang.

Je me suis donc "réveillée" dans une flaque de sang (si si c'est comme ça qu'ils ont dit à l'hôpital : une flaque).  Ma migraine toujours bien présente (à moins que ça ne soit l’œuf qui ait poussé sur mon arcade sourcilière qui me faisait mal ?) et un nez en moins...

J'ai donc eu cette réaction tout à fait naturelle d'appeler mes parents :
 "Euh maman ? Je crois que je me suis fait un peu mal en tombant ! T'inquiètes je vais bien mais... je crois que je me suis peut être probablement sûrement cassé le nez... "

Et en les attendant j'ai eu la présence d'esprit de lancer une lessive pour ne pas que le sang attache et j'ai commencé à nettoyer le sol à coup de sopalin (pour ne pas que le sang attache), tout en continuant d'en disséminer (du sang hein) par-ci, par- là.  J'ai ensuite attaqué ma penderie (bordel elle a 4 mois, et le sang ça tache ! ... Oui j'étais un peu en boucle sur la propreté et le sang qui tâche... Bizarrement beaucoup moins sur ma tronche de Mike Tyson piqué par Maya l'abeille dont il aurait été allergique. )

A un cheval près, je ressemblais à ça : (avec le bleu au dessus de l’œil et pas en dessous quoi ! et en version féminine... Enfin vu les formes de mon visage, fallait encore deviner que j'étais une créature humaine alors de là à déterminer un sexe...)



Mes parents sont arrivés, ma maman m'a demandé si j'avais mis la lessive à 30 degrés car il ne faut pas bouillir le sang sinon c'est mort ! (Ouais on est tous comme ça dans la famille). Et puis finalement ils ont appelé les pompiers parce que quand même c'était pas folichon.

Pompiers au top professionnellement (bon pour le physique, faudra quand même qu'on m'explique : il travaille où lui ?
Parce que perso, je ne tombe jamais dessus ... Mais c'est un détail...)

 Ambulance, urgences !

On m'emmène en traumato, sauf que la traumato ne veut pas me prendre car il y a eu malaise avant la chute, donc direction les urgences médicales... On vous prévient mademoiselle, il va y avoir de l'attente (pas de soucis, je le comprends je ne suis pas une urgence vitale donc je sais bien.) Je suis sage, je suis dans mon coin, tranquille. J'écoute les gens rouspéter, je regarde les nanas arriver à l'article de la mort : main sur le front, râle dans la voix ... pour finalement sortir le portable 3 minutes après (dès que les infirmières tournent le dos quoi !).

Puis vient le box... Mes parents m'y rejoignent. Entrée de l'infirmière qui vient poser une voie veineuse. Bon déjà elle dégage autant d'amabilité  que Germaine... (vous vous souvenez de Germaine ? C'est elle : )


Dialogue ? Allez dialogue ....

Moi : Juste pour information, mes veines roulent et claquent facilement (pour ceux qui me suivent assidument c'est un peu un gimmick de répétition l'histoire de mes veines...)
Germaine : Mais je sais faire mon travail hein !
Moi dans ma tête : Olà cannasson, touuuut douuuuux.
Moi en vrai : Je n'en doute pas, je vous prévenais juste.

Elle tâte, re tâte, se saisit de l'aiguille et...

Moi : Aiiiiieuuuuh (Les bips du scope sur lequel j'étais branchée ont dit eux aussi : aiiiieuuuuuh (à leur manière quoi, en s'agitant  !) )
Germaine : Nan mais. faut pas bouger hein !
Moi : Oui sauf que là vous avez piqué dans un nerf, j'ai des décharges et des fourmis dans la main ! (moi dans ma tête : grognasse tu recommences une fois je te la fiche dans le fion ton aiguille on verra si tu bouges pas !)
Elle :  Ha ben non en fait pas elle, car madame n'a même pas pris la peine de s'excuser.
Je me suis contentée de broyer la main de ma maman qui s'inquiétait en parallèle de savoir pourquoi les alarmes s'étaient lancées au moment où j'avais eu mal. Réponse de Germaine : ha nan mais ça c'est pas important, on s'en fiche.

Départ de Germaine, entrée du médecin. Là on était plus sur du Cruella (niveau dédain bien sûr).

Elle est entrée dans la pièce sans un bonjour, a lancé un : vous sortez à mes parents sans un regard.  Elle s'est ensuite dirigée vers l'ordinateur et a finalement daigné me regarder pour me lancer

Cruella : Vous n'avez rien à faire ici ! C'était en traumato qu'il fallait aller, c'était facile pourtant.
Moi : Mais ce sont les pompiers qui...
Cruella : Oui ben si ils ne savent pas faire leur boulot aussi ... on voit bien là quand même hein !
Moi : Mais ils m'ont emmené en traumato, c'est la traumato qui a dit de venir ici car j'avais fait un malaise avant et...
Cruella : Ha ben oui, la traumato c'est des CHIRURGIENS  (elle l'a dit avec tout le dégoût possible qu'elle pouvait mettre dans ce mot), faut pas trop leur en demander, ça sait pas ce que c'est un malaise vagal. Bref vous avez le nez cassé ! La prochaine fois hein ça sert à rien de vous lever, vous lever les jambes et puis c'est tout. Enfin... Il m'est arrivé la même chose en voyage, j'avais la tourista, j'ai fait un malaise bim nez cassé. Allez antibiotiques, anti-inflammatoires, radio et puis vous irez voir un ORL d'ici 8 à 10 jours.

J'ai dit que j'avais mal aux cervicales, elle a tâté vaguement et elle m'a dit : "Ha ben oui c'est tout bloqué, faut aller chez l'ostéo."

Et elle est partie...

Là j'ai tilté que j'avais oublié de lui dire que je ne pouvais pas prendre les antibiotiques par la bouche (pour cause je vais les revomir 2 fois sur 3 quoi !) Ma gentille maman essaye de la rattraper, mais Cruella s'est déjà évaporée. Du coup elle transmet à Germaine.
Germaine toujours aussi aimable dit qu'on a le temps, que je ne suis pas partie blablabla et puis elle vient me chercher pour me remettre en salle d'attente. Et elle balance un délicat : et les parents ils vont partir hein, ils peuvent pas rester ! Et puis elle, elle est assez grande pour dire qu'il lui faut une perfusion, hein elle va s'en sortir ?
Là j'avais envie de lui dire d'arrêter de me parler comme à une débile, mais finalement je lui ai rétorqué : en fait, tout à l'heure je n'ai pas pu lui courir après, parce que je n'ai pas le droit de me lever ... c'était logique  en somme ! Mais bon promis la prochaine fois, je serais grande et je ne respecterais pas les ordres Germaine !

 Bref, j'ai ensuite attendu, passé une radio du nez, attendu, écouté le personnel rigoler d'une fille qui aurait du aller en psy et qui ne voulait pas être attachée, attendu, attendu, attendu. J'ai osé demander pour aller aux toilettes au bout de 5h de présence... Ils n'avaient pas entendu le son de ma voix encore... On m'a dit que je ne pouvais pas me lever mais qu'on m'emmenerai. J'ai attendu... On ne m'a jamais emmené.

L'interne est venue avec une ordonnance. J'ai dit que je ne pouvais pas prendre les antibiotiques et les anti-inflammatoires par voie orale. Elle est partie. Elle est revenue et elle m'a dit que c'était trop compliqué de passer en perfusion... Elle m'a enlevé les anti-inflammatoires, elle m'a donné l'ordonnance et elle m'a dit de me débrouiller comme ça jusqu'à lundi et que lundi si ça n'allait pas je n'avais qu'à aller voir mon médecin traitant. J'ai attendu, on est venu m'enlever ma voie veineuse. On m'a dit : je vais vous emmener plus loin pour vous rhabiller avec tellement de lassitude dans la voix que j'ai proposé de me rhabiller entre mes deux paravents... De toute façon ma dignité à l'hôpital, ça fait un bail que je l'ai perdu. Il était content, il m'a dit ok. Il est partit...

Je me suis débrouillée pour retrouver mon chemin dans les couloirs de l'hôpital, il était presque minuit. Et je me suis dit que Cendrillon, elle avait quand même vachement dérouillé physiquement.
Ma citrouille m'attendait pour me ramener à la maison (mon père en cocher c'est bien plus la classe que le cheval Major !). 


Et puis ça aurait pu s'arrêter là, une tête déformée, une double fracture du nez (ah oui au fait, c'était ça ), mais non il y a eu le suivi  (enfin suivi... je vends du rêve !) en ORL.

Mais ça, ça vaut un article pour lui tout seul ...

PS : Même si j'avais pas mis à 30 degrés, le sang n'a pas bouilli ! Plus une trace ! Donc pour info, 40 ça passe encore...Je suis une souillon qui se respecte quand même dans les tâches ménagères ;)

vendredi 3 mai 2019

Lettre ouverte à mon corps (enfin à moi quoi !)



Mon très cher corps .... (Faut pas déconner non plus...)
Cher corps (non même ça c'est encore trop...) 

Corps, (oui là on est bien concis, précis, juste !) HUM HUM (c'est un éclaircissement de gorge, comme avant les grands discours, m'voyez ? Bon on reprend...) 

Corps, 

Je sens que tu ne m'aimes pas.
Alors peut être ai-je des aprioris, peut être que j'interprète (la formulation en "verbe-sujet' inversés utilisée précédemment ne rendait rien... interprète-je c'est moche, qu'on se le dise...)  mal les signes mais je pense pouvoir le dire sans trop m'avancer  : je sens que tu ne m'aimes pas. 

Voilà 28 ans (quoi bientôt 29 ? oui ben on n'y est pas encore il me semble donc mollo sur le vieillissement !) que nous vivons ensemble toi et moi. C'est long 28 ans, peu de couples y résistent. Les années qui filent, les écarts qui se creusent et puis tu sais, c'est pas toi, c'est moi ! (Oui cette fameuse phrase qui ne veut rien dire mais qui permet de filer en douce, sans verre cassé, sans scène digne d'un molière.)

Je t'ai permis de faire du sport, ça prenait du temps, tu rentrais fatigué mais je ne t'ai jamais reproché quoique ce soit.
Tu as voulu faire du piano, je t'ai laissé faire du piano. 
Tu as voulu faire du théâtre, je t'ai laissé faire du théâtre. 
Tu as voulu voir Vesoul... Alors là non ! Moi j'ai jamais cautionné Vesoul et sache que si je t'ai laissé y aller, c'est uniquement pour cause familiale !  

Il me semble tout de même que tu avais de la liberté mon petit corps ! Ah ça, la liberté tu en as pris, de plus en plus ! 
Sache que nous cerveau et émotions, on a subi ton comportement, plus d'une fois ! Les nuits blanches parce que tu ne savais pas comment te gérer, parce que tu rentrais complètement meurtri d'une activité. 
Les lendemains à ne pas assumer, tu empêches tout le monde de dormir ok, sauf que pour la concentration les jours suivants, c'est qui qui devait assurer hein ? C'est bibi ! 
Je bosse moi mon gars ! La proprio me demande des efforts pour les études, pour la vie sociale, pour paraitre en forme et toi ? Toi tu ne fais aucun effort ! On dirait un mec bourré : tu te tapes dans les encadrements de portes, tu tombes, tu lâches tout, tu vomis encore et encore... 
On passe pour quoi nous, le corps ? Tu peux me dire ? On passe pour quoi ? 

Et je ne te parle pas du ménage, le corps ! Je me tape tout ici ! Je répète sans cesse : faut que ça soit propre, faut nettoyer, faut ranger ! A longueur de journée ! Ca ne te plait peut être pas, mais le chef des opérations ici c'est moi. Tu es un exécutant c'est comme ça. Et un exécutant ça.... (allez y je vous laisse un peu réfléchir, enfin si vous êtes toujours là... parce que peut être que vous m'avez laissé dans ma schizophrénie ambiante... Mon cerveau en train d'engueuler le propre corps dans lequel il siège... je peux comprendre que le concept est... Novateur certes, mais pas simple ) 
Un exécutant, ça exécute. 

Je ne te laisse pas le choix, tu dois le faire. Je te force tous les matins à te lever, je te force à faire les courses, je te force à travailler, je te force à avoir une allure présentable, je te force à ranger, je te force à faire le ménage, je te force à avoir une vie sociale.
 Oui, j'ai le rôle chiant ! Mais si je ne le fais pas, qui le fera ? Je suis le cerveau des opérations, je ne te laisse pas le choix, tu dois le faire. 

Mais au bout de 28 ans à te donner des ordres, et à t'obliger je sens la rébellion. Tu te mets en grève de plus en plus souvent. Tu refuses de m'écouter. Tu fais n'importe quoi. Tu argues la fatigue, tu te mets en arrêt maladie. Mais moi dans tout ça le corps ? Tu as pensé à moi ?

Il y a quelques mois j'ai lâché prise... j'ai fait comme toi, j'ai laissé coulé. Je me suis dit qu'après tout si tu ne faisais aucun effort, je ne vois pas pourquoi j'étais forcé d'en faire. 
Moi le cerveau, j'ai décidé d'arrêter de réfléchir, d'arrêter de forcer les choses. J'ai fait comme toi. 
Résultat ? On a perdu l'un des seuls être qui nous supportait jour et nuit, qui nous aimait, qui nous soutenait. 

Alors tu vois le corps, on ne peut pas tous abandonner en même temps, car si on le fait, on perd la bataille. 
Dans la vie, il faut un meneur, et tu ne peux pas l'être car tu n'es pas assez fiable.
Regarde, je nous trouve du travail et toi au bout de 2 mois tu ne fais déjà plus aucun effort. 
Je rame seul ! 
Je suis tiraillé entre toi et les émotions qui se laissent influencées par ton état d'esprit. Tu es une mauvaise fréquentation !  (Un peu comme quand plus petit on nous disait :"'dis donc en ce moment je ne sais pas qui tu fréquentes mais... " Et puis c'est tout. Le Mais... se suffisait à lui seul. Et la phrase se terminait régulièrement par "Mais va falloir que ça change !")

Tu vois le corps, je sais qui tu fréquentes (car en tant que cerveau j'ai vu sur tout) mais je te le dis quand même il va falloir que ça change !  
A 28 ans je suis épuisé de devoir te trainer partout, de devoir justifier tes absences, de devoir faire semblant pour deux, de devoir rattraper tes bêtises, de devoir redoubler d'attention parce que tu ne mènes pas la vie que je voudrais avoir. A 28 ans, je ne veux pas que tu influes sur ma vie amoureuse (ou à la rigueur ton rôle serait d'être canon, voir légèrement sexy, sourire ultra brite et tutti quanti ! Tu dois arrêté d'être un boulet.) A 28 ans, je te demande d'être un peu autonome. 

Corps, à nous non plus (je parle toujours en compagnie des émotions... Je précise après ça vous allez croire que je suis mégalo ... Ou complètement siphonnée alors que franchement : PAS DU TOUT !),  ça ne nous fait pas plaisir de partager ta vie, sache le. Si nous pouvions changer de coloc, nous le ferions.
 Parce que nous on a envie d'une vie simple et saine. 
Parce que nous on a envie d'amour, d'amitié, de profiter, de voyager, de travailler, de jouer. 
Parce que nous, on voudrait juste devoir arrêter de choisir entre "se laver les cheveux" ou "passer le balais", entre "sortir pour une soirée jeux" ou "travailler". 
A 28 ans, on devrait être capable en bonne collaboration de mener toutes ces activités en même temps. 

Alors tu vois le corps, tout ça c'est ce que j'aurais pu te dire si je te savais en bonne santé et que je savais que c'était vraiment de la mauvaise volonté... Mais en tant que pilote des opérations, je sais bien que toi aussi, tu rêves de faire tout ça et que tu es frustré ! Alors mon très cher corps, non je ne t'abandonnerai pas, et on continuera ensemble à pleurer sur cette vie qui nous semble injuste, à rigoler sur des détails, à s'émerveiller devant un coucher de soleil, à espérer qu'un jour on nous aime pour toujours comme on est toi et moi, corps et cerveau (et émotions), pas toujours à la norme. 

Mon très cher corps, c'est pas de ta faute tout ça et l'essentiel c'est qu'on ne l'oublie pas.







vendredi 1 mars 2019

Je vais bien, tout va bien ! (enfin...presque)




Bon, faut qu'on parle. (J'espère que vous avez tous bien en tête la pub p'tit vittel ! C'est cadeau ne me remerciez pas ;) )

4 mois sans publication, c'est long. (Boh vous n'aviez pas l'air très  inquiet non plus hein ! Ne faites pas comme si... ).

J'ai subi une grosse grosse groooooosssse mise à jour dans ma vie.  (Si j'avais été un Mac et si Steve Jobs était encore de ce monde (vous remarquerez que ça fait beaucoup de conditions...), ben je pense que je ferais partie d'une révolution du monde informatique !) Mais je ne suis qu'une humaine... alors personne n'en n'a parlé. (Y en a que pour les humanoïdes de toute façon !)

Mais je me dois de vous rassurer, si la totalité  de ma vie a changé (nouvelle ville, nouvelle situation amoureuse (euh qui n'en n'est plus une pour le moment), nouveau futur travail, nouvel appartement...), une chose reste bien présente : ma poisse légendaire.



Pour faire court : j'ai déménagé. (Alors ce n'était pas le déménagement voulu, planifié et super attendu, qu'on se le dise ! Ne soyez pas jaloux, je ne suis pas partie sous les iles, au soleil, avec mon pagne. )

Oui moi aussi, j'aurais voulu me retrouver là :


Mais en vrai .... on est plus proche de ça :



Bref, j'ai du m'adapter à une vie solo, dans un nouvel environnement. ( Je pourrais ajouter lugubre et terrifiant mais là ça serait mentir ... alors je le ferai pas !) 
Et le moins qu'on puisse dire c'est que l'univers n' a pas décidé de rendre les choses faciles. (ça c'est la vérité vraie par contre M'sieur le juge !) 

Parfois on me dit : (Alors là je vais donner une image fictive au personnage. Histoire de mieux se représenter ! On l’appellera Candice (c'est jeune, c'est dynamique, c'est naïf (dans ma tête une Candice sera toujours naïve (désolée à celles qui passeraient par là )). 
Candice est belle, elle à tout pour elle. 
Candice est parfois relou avec son thé détox et son sport à la salle. 
Candice elle fait de la com' dans une boite trop tendance !
Et parfois Candice qui affiche un sourire ultrabright sur les réseaux, avec une bonne humeur à toute épreuve, elle te dit :

"Nan mais tu sais, faut te fixer sur le PO-SI-TIF ! La vie elle est ce que t'en fais, tu peux pas subir ! Regarde moi, j'ai pas eu mes dernières sandales de chez Louboutin, ben je relativise. C'est parce que j'ai pas pu sortir du boulot à 11h vendredi comme d'habitude, car Jean-phi nous remettait nos promotions. Du coup je ne suis partie qu'à 12h. Ben c'était trop tard pour appeler le Uber et être dans les temps à la boutique avant mon rendez-vous pour la pose de mes ongles (QUOI ? JE SUIS PAS DANS LE CLICHE OK ? JE FAIS CE QUE JE VEUX DE CANDICE, C EST MON HISTOIRE ). Mais tu vois, je me dis que c'est pas plus mal !  Mon mec me les offrira plus tard ! De toute façon comme on vient d'acheter notre F4 dans Paris centre, le dressing est pas fini. Donc tu vois, je suis PO-SI-TI-VE et je me dis que je les prendrai en rentrant de nos vacances en Guadeloupe ! Je les aurais pour mon mariage, ça sera PARFAIT ! Pas de quoi déprimer ! " 

Ha ben non c'est sûr, pas de quoi déprimer ! 

Bizarrement la donne est légèrement différente quand tu te retrouves séparée après 12 ans de couple d'un homme dont tu es folle amoureuse, que tu te retrouves dans une ville dans laquelle tu n'avais pas spécialement projeté de faire ta vie, (C'est chouette mais ça demande quelques ajustements : 
Euh du coup le métro il passe à quelle heure ? Comment ? Pas de métro ? Ha... Bon ben j'irais au supermarché ce soir à 21h alors en rentrant à pied et... Comment ? Les magasins ferment à 19H ? Ha...    Bref, pas la même vie quoi !) sans travail (bon ok ça c'est réglé ! Mais la situation de base était celle-là, le chômage encore et toujours !), sans argent, (cf le point le précédent), en légère déprime (oh ben moralement tu prends un petit coup derrière les oreilles quand même, on ne va pas se mentir !), malade (Oui toujours ! La maladie elle, elle a décidé de partir avec moi. Une histoire de bail en cours avec mon corps... je n'ai pas tout compris...). Bref, j'en étais là. Mes cartons dans les bras, ma solitude dans la poche avec un petit goût d'amertume dans la gorge et mon petit cœur en miettes. 

Bon j'ai écouté Candice, qui me dit toujours de voir le verre à moitié plein. (Bordel, il reste quand même plus des masses de liquide dans le mien, et je crois que ça fuit non ?) 

Alors j'ai retroussé mes manches et j'ai trouvé un appartement super top, que j'ai élu : nid douillet ! 
J'ai postulé à une petite annonce et après 2 entretiens et un rendez-vous, j'ai décroché un boulot et une proposition de formation. 
 Je suis sortie dans la rue, Brad était là et m'attendait bras ouverts en me disant qu'Angelina ne m'arriverait jamais à la cheville et que par amour pour moi il avait mis les meilleurs médecins sur le coup et qu'on avait trouvé un remède...  ( Ben oui Brad Pitt, ça fait tellement pitié Brad comme prénom qu'il y a que pour lui qu'on peut se permettre de ne pas mettre de nom derrière sans craindre d'être trop ridicule. ! (C'est gratuit  pour les Brad et les Candice !).

Bon ok, pour Brad c'est pas vrai ! 
Mais pour l'appart et le boulot, je maintiens ! Et c'était quand même super positif ! 

Et puis ça aurait pu juste s'arrêter là.  Je conclus l'article. Mise à jour terminée. Basta, à la revoyure ! Merci de vous être déplacés ! Circulez, y a rien à voir. (J'arrête vous avez compris l'idée hein ! ). 

Ben sauf qu'en fait ça, ça serait pas ma vie ! 

Souvent je me suis demandée si je n'étais pas une réincarnation d'une identité historique ayant eu un comportement horrible. (Genre Hitler, ou Ted Bunty ou... Jafar ? (ouais dans Aladin, il est quand même super méchant !) 

Et puis ce matin, je me suis interrogée sur la poisse : est-elle innée ou est-ce qu'on l'acquiert ? Est-ce qu'on apprend à être poisseux ? Est-ce que Candice a raison, et que je ne vois pas assez le PO-SI-TIF ? 

Voici un résumé de mon dernier mois de vie (euh dans le sens : dernier écoulé hein pas le dernier dans le sens : c'est le dernier c'est la fin quoi !) Et parce que si je commence à rédiger toutes mes poisses, je perdrais je pense 3/4 des lecteurs (et comme vous n'êtes plus que deux (Candice et Brad nous ayant quittés ! )) je vais me permettre de les énoncés sous tirets. 
On inspire ! C'est partit ! 

- Aménagement. Super pas de panne sur l'autoroute, pas de perte de cartons. Tout se passe nickel : efficacité, rapidité, une équipe de champions ! (T'as vu Candice, je sais être positive, mais c'est quand même rudement plus simple quand tout se passe bien !)
- Montage des meubles : une vis est déclarée perdue chez une chaise tout juste achetée. (C'est pas de chance mais bon... ça arrive). Comme il y en a 3 autres à monter, ça nous laisse un peu de marge. (Au pire on jouera aux chaises musicales si besoin ! ça permet d'animer les soirées ! (T'as vu Candice ? Je colmate le verre hein !).  
Canapé : modèle d'expo, récupéré au magasin déjà monté. Installé dans mon salon. Parfait... Parf...
Euh... Les pieds là ? C'est normal qu'ils soient dans ce sens là ? (Démontage puis remontage, il manque une vis je crois, mais ça tient...) 
Bibliothèque : Un jeu d'enfant. En la démontant toutes les pièces ont été annotées et un plan gentiment dessiné. Assemblée en position couchée, elle ressemble au modèle connu. Au moment de la relever (la position horizontale prenait trop de place dans la pièce aussi !) la structure cède.(Candice, tu es sûre qu'on peut pas changer de verre hein ?) 
Meuble de bureau : Mais pourquoi ce petit titi reste en position coincée ? (Allo le magasin ? Ha c'est un défaut... Bon ben, on vous le ramène alors...) 

- Plomberie :  La chasse coule ! (Candiiiiiiiiiice). Plein de calcaire. Démontage de l'engin (Je parle de la chasse, on reste focus), grattage, remontage. Ça ne coule plus.... 
2 jours plus tard : La chasse couuuuuuule ! (Candiiiiiiiiiice)
SOS plombier, changement du mécanisme qui était cassé. Ça ne coule plus ! (C'est bon Candice, ça va !) 

Un petit tour en cuisine ? Ohhh qu'elle est jolie, et ce combiné four et lave-vaisselle c'est vraiment top. 
Utilisation 1 du four. (Mais il marche trop bien !!!) 
Utilisation numéro 2 du four : euh pourquoi il fait tout noir ? C'est quoi qui a pété ? Pourquoi y a plus d'électricité hein ? Pourquoiiiiiii ???

Sos Electricien.  Prise de rendez-vous. Annulation du rendez-vous car l'appareil est sous garantie et il faut donc d'abord vérifier ce dernier.





Une semaine pour avoir un rendez-vous avec le fournisseur qui passera durant un créneau très précis ... entre 8h et 17h....



Le gars vient. Il défini que le problème vient de la résistance. Puis finalement non, il s'agit d'un fil qui touche (ouais les gars, "un fil qui touche" ce sont ses mots !) La bonne nouvelle, m'annonce t-il c'est que mon "installation électrique est très bonne : puisque les plombs ont sauté et que ça n'a pas pris feu !" (Euh excusez-moi, vous ne vous appelleriez pas Candice par hasard ?) 

Bref, champagne. Le four remarche....enfin... il a failli remarché. 

Essai numéro trois : euh pourquoi il fait tout noir ? C'est quoi qui a pété ? Pourquoi y a plus d'électricité hein ? Pourquoiiiiiii ?? 

Allo candice ... Une semaine d'attente, créneau 8h-17h... 

Finalement c'est bien la résistance qui s'oxyde. (Euh...ok ?) 
Mais on ne peut pas la changer ici, il faut l'emmener en atelier. Moi candide (CandiDe pas CandiCe): 
- Mais vous allez réussir à le porter tout seul ? 
- Ha mais mademoiselle, ce sont des livreurs qui viendront le chercher. Ils prendront rendez-vous avec vous, sûrement courant  semaine prochaine. Et ensuite il faut bien compter 15 jours en atelier car il y a du travail dessus,  au moins une demie-journée ! (Ha ben oui si y a une demie journée de travail,  il faut bien 15 jours alors !)


Bref à l'heure actuelle je n'ai pas de four.  (Et plus de lave-vaisselle puisque c'est un combiné).


Installation de la fibre : L'opération se déroule presque sans encombre.
Des plinthes ont perdu des bouts mais l'ensemble est propre. La concierge demande à ce que l'installation soit installée autrement dans les parties communes, donc Mr le technicien recommence... Au bout de 4H30... J'ai internet.
J'y ai cru vraiment. (Je te jure Candice, j'étais ultra PO-SI-TI-VE.) La télé fonctionnait, internet fonctionnait, tout marchait.
Une visite. Mon interphone semble enroué. Il pousse son dernier souffle, ne s'exprime que par chuchotements. A force d'observation, je me rends compte qu'en fait, le trou pour faire sortir la fibre a été effectué dans une très très (trop du coup) proche proximité des fils de l'interphone. LE BOULET A PERCE DANS LES FILS DE L'INTERPHONE !

J'en étais donc à peu près là :


(Bon là Candice, si j'étais un homme, je te jure qu'elles seraient pétées ! Et puis le verre de toute façon c'est des conneries, moi je bois à la bouteille !)

Administrations :  (aucun mot ne résumera mieux la situation que cette image )


Enfin il y a eu ce week-end où j'ai choppé la plus glam' des maladies : gastro coucou !
Mais si il n'y avait eu que ça ! Noooon ! Le meilleur dans ce week-end fabuleux c'est : la fuite des WC à 4h du mat' (vous vous souvenez ceux là même qui avaient été réparés 3 jours avant !) Un joint qui a lâché car gus-gus ne les a pas vérifié (ben non à quoi ça sert après tout !) Bref je vous laisse associer le tout... Vous y êtes ?

J'en étais donc à peu près là  dans ma vie :



Et puis il y a le fil conducteur (en parallèle de tout ça ... un peu comme dans les films. L'histoire entre Dereck et Meredith... Parce qu'en vrai le triple pontage on s'en cogne !) : Ma table !

J'ai commandé une jolie table de salle à manger, sur un site connu et fiable.
 Elle venait d'Espagne, ma table.

Un lundi de mi-janvier : "Bonjour, nous sommes les transporteurs ! Seriez-vous disponible demain pour la livraison ?"

Moi :

Transporteur : Parfait ! Par contre, vous aurez quelqu'un pour vous aider car le colis pèse 60 kilos ?

Moi : Vous ne le livrez pas à domicile ? Elle est plus lourde que moi...

Transporteur : Non c'est en bas de l'immeuble... et puis si vous êtes toute fluette en plus... (ha ben oui c'est de ma faute tiens ! )

Moi :





Bref. La livraison n'a pas pu avoir lieu. Nous avons décidé d'un autre lieu de livraison puis j'ai ensuite dû trouver des bras gentils pour porter le fardeau jusqu'à chez moi !

Alors je vous vois dire : Mais ça va, c'est pas la fin du monde, il est nul ton fil conducteur... 
Je vous réponds : attendez de voir la suite ! 

Je déballe ma table et suis surprise de ne pas apercevoir de bois... Les pieds devaient être en bois ! Pourquoi y a pas de bois ? (Candice !!!! Pourquoi y a pas de boiiiiiiis) 

Ils ont oublié les pieds. Je me retrouve avec un plateau géant de 60 kilos, sans pieds (pas pratique pour le plateau TV). 

Coup de fil au SAV : faut patienter madame, on va voir. Au bout de 3 jours de faut patienter (faut aussi imaginer qu'en parallèle je gérais mon triple pontage composé  : d'un four défectueux, d'une administration qui s'en moque que je puisse être SDF, de toilettes qui fuient, de meubles incomplets, d'un interphone cassé, d'une tringle à rideau qui refuse de tenir (oui ça c'est bonus) j'ai craqué !

Dans ma tête j'ai dit : Je m'en contrecarre l'oignon de savoir où sont ces p**** de pieds, je veux mes pieds BORDEL !
En vrai j'ai dit : Je me contrefiche de savoir où se trouve les pieds, je veux qu'on me les renvoi et vous les retrouverez plus tard !

L'Espagne m'a rappelé. (Enfin un représentant quoi !) On a dit qu'on m'envoyait au plus vite les pièces manquantes. 30 minutes après on me rappelait pour me dire qu'un léger problème s'était présenté (oh c'est étonnant ça !) : la table étant en rupture de stock, impossible d'avoir les pieds avant juin. 

Après moultes discussions, il est conclu que la table serait récupérée (un rendez-vous me serait fixé) et qu'une autre me serait livrée (même modèle mais taille légèrement différente...Et non les pieds ne s'adaptaient pas...pensez vous j'ai demandé). 

Ca aurait pu s'arrêter là... Ca aurait pu... 

Le lendemain le transporteur se présente pour récupérer la dite table : problème personne ne m'avait prévenu ! La table n'était donc pas emballée. Impossible de la récupérer. Il repart bredouille. 
2 jours après, il se représente. Seul... Toujours. 

Je vois ma table en verre partir, et j'entends au loin le doux cliquetis de cette dernière tapotant les escaliers. (Raymond tu aurais pu la balancer par la fenêtre, on aurait gagné du temps !) Preuve en main  de l'emballage parfait et de la table en excellent état, je transmets rapidement l'information au fournisseur. 

Lundi mi février : Bonjour, nous sommes les transporteurs ! Seriez-vous disponible demain pour la livraison ?" 

Moi :


Par contre, prévoyez bien deux personnes pour la porter car j'aimerais vraiment que le colis arrive entier ! (doux souvenir du cliquetis du verre dans les escaliers...)

Transporteur :  Ha Non c'est en bas de l'immeuble... 

Moi :Je vous assure que non, j'ai pris une livraison spéciale cette fois ci pour qu'elle soit livrée dans la pièce de mon choix (qui n'est donc pas le hall de l'entrée... ) 


Transporteur : Non, nous ne faisons pas cette prestation. 

Moi :
Mais enfin, j'ai payé pour ça !!!

Transporteur : Ce n'est pas notre problème madame nous ne faisons pas cette prestation.

Bon ben là j'en étais à peu près là :( vivre les émotions en boucle, une véritable joie !)


Bref j'ai crisé, je leur ai dit que c'était des incapables et que ce n'était pas à moi de gérer leur bourde. Que si ils acceptaient un contrat ce n'était pas à moi de régler le problème. Preuve à l'appui par mail du contenu de ma livraison précisant : "deux personnes livreront dans la pièce de votre choix votre colis". 

On m'a recontacté l'après midi pour m'informer qu'ils ne livreraient pas et qu'ils cherchaient un autre transporteur.

Ca aurait pu s'arrêter là... Ca aurait pu... (Et ça aurait été déjà pas mal non ?)

Une semaine après... toujours aucune nouvelle. Relance de l'espagne. (qui ne sait plus où se mettre) Le transporteur me recontacte (sur demande Espagnole bien entendu) : 

- Bonjour j'ai quelques précisions à vous demander concernant votre étage et le nombre de marches, pour transmettre à l'autre transporteur à qui nous confions la livraison ? 

PARCE QUE TU N AS TOUJOURS RIEN FAIT DEPUIS UNE SEMAINE ????!!!!!

Bref ma table est arrivée ce matin, et ormis un tampon de pied un peu abimé (mais Candice me dira que si je vois que c'est un peu abimé, c'est que j'ai les pieds hein !)  elle a l'air de bien se porter ! En tous cas j'ai le bon nombre de vis, 4 pieds et un plateau ! 


Voilà, le tour de ma vie. 

Ha oui et aussi j'ai acheté un pommeau de douche à LED cette semaine (dans un distributeur Allemand, j'ai changé de coin...). Je suis rentrée, j'ai essayé et j'ai remarqué qu'il était cassé. Alors j'ai remballé, je suis retournée, j'ai échangé, je suis rentrée, j'ai essayé et finalement les leds ne marchaient pas. Tant pis, je l'ai gardé comme pommeau de douche à LED, sans LED !  (Ca faisait un peu kitch de toute façon Candice, non ?) 

Et puis ce matin, ma carte mini SD a décidé de se coincer dans mon lecteur de carte ! 

Voilà. A part ça, je crois que tout va bien, heureusement ... j'ai la santé ! (Ha ben non...) 




PS : Merci à tous les gens qui ont supporté (et supporte encore) ma mauvaise humeur, mon envie de tuer les autres (et parfois moi-même parce que l'univers m'y pousse). Qui m'ont aidé à déménager, à monter des meubles (à les démonter aussi ;) ) à courir dans les magasins, à me supporter d'une manière ou d'une autre. Bref, merci à tous ceux qui sont là. Je vous aime (oh oui bon ben ça va, on va pas non plus se faire des bisous pendant des heures hein !)










lundi 22 octobre 2018

On n'est plus à ça près !


I'm back (Je suis de retour quoi... Mais en français ça sonne moins classe !... Y a plein de choses comme ça, où l'Anglais est plus percutant. Par exemple si vous dites : The END !, vous verrez que les gens seront suspendus à vos lèvres... Alors que La fin ! Bah... y aura moins d'attrait. C'est un fait vous dis-je ! )

Breeeeef. I'm back, certes mais... d'où ? 

PARIS (là aussi, dites le avec l'accent de l'Anglais qui essaye de parler Français en écartant vos bras et en inspirant bien fort... Vous le tenez ? )


Bref, j'étais à Paris. Non je n'ai pas visité la tour Eiffel, non je ne suis pas allée aux Invalides, non je n'ai pas été au château de Versailles, ni au stade de France, ni... (C'est relou là ? C'est qu'il y en a un paquet des trucs à voir dans la Capitale aussi...) 

J'ai été... (Vous ne devinerez JA-MAIS ! Allez y pour voir, essayez ? Alors ? On sèche hein ?) 

Réponse en image : (Attention gros indice !) 
(Qui a dit : elle a été voir Peppa ? Tu sors !.... Allez zou ça commence à bien faire maintenant) 

J'ai donc été à l'hôpital. (ô ma douce maison, mon éternel lieu d'apaisement, ma pièce de réconfort... Nan je déconne !) 

J'avais rendez-vous pour rencontrer un GRAAAAAAND professeur en gastro-entérologie puis ensuite je devais poursuivre mon hôpital de jour dans le temple du syndrome d'Ehlers-Danlos. 
C'est donc plein de bonne volonté que nous sommes partis Môssieur Briochette et moi, en train, pour rejoindre le premier lieu de consultation.
Départ 8h, rendez-vous : 16h, on était large. 

Arrivés sur place à 13H30, nous savions que l'attente allait être longue. 

Nous nous dirigeâmes ( c'est pour m'exercer aux temps du récit, le passé simple n'est que fort peu usité...) vers l'accueil pour nous enregistrer. C'est alors (premier élément perturbateur) que nous entrâmes (ha ben si c'est peu usité c'est qu'il doit y avoir une raison hein, c'est un peu chiant agaçant en fait...) dans un monde peuplé d'individus perfides (quitte à utiliser le passé simple, autant intégrer un brin de vocabulaire, n'est-ce pas ?). 
Bon en gros : un mec était en train de crier sur une dame, parce que soit disant elle lui avait volé son tour, qu'elle avait bien vu qu'il était là. Alors la dame lui a répondu que ce n'était pas vrai, qu'il cherchait à se bagarrer avec tout le monde mais qu'il n'avait qu'à passer. De là une troisième dame a décidé de prendre partie alors qu'elle venait tout juste d'arriver (derrière nous donc)... Le monsieur est passé, mal aimable avec tout le monde, la dame est passée, puis la dame bis (celle qui était donc arrivée après nous donc. Je pense que le fauteuil roulant ... Elle ne l'avait pas vu !) Et enfin ce fût notre tour ! 

Moi : "Bonjour nous avons rendez-vous à 16H avec le GRAAAAAAND-professeur-que-ça-fait-3 mois-et-demi-qu'on-attend-le-rendez-vous-et-qu'on-a-fait-2heures-de-route-pour-le-voir-et-ça-sans-compter-le-déplacement-intramuros-qui-nous-amène-à-3heures-de-route."
La dame de l'accueil : "D'accord. Vous pouvez allez en salle d'attente."
La dame qui était habillée avec une blouse, qui se tenait à côté du desk et qu'on ne sait pas vraiment qui c'était : "Par contre, ce n'est sûrement pas e GRAAAAAAND-professeur-que-ça-fait-3mois-et-demi-qu'on-attend-le-rendez-vous-et-qu'on-a-fait-2heures-de-route-pour-le-voir-et-ça-sans-compter-le-déplacement-intramuros-qui-nous-amène-à-3heures-de-route que vous verrez... Il a un empêchement !"

Euh... What ? (Ici aussi même technique qu'en début d'article... Beaucoup plus impressionnant la version Anglaise) 
Assommée par la nouvelle, nous nous sommes rendus devant la porte de consultation. A ce moment là j'avais un tout petit peu envie de pleurer. (Bon ok je bouillais intérieurement et les larmes coulaient toutes seules... Mais avec retenue... C'est un concept ! Un mélange de colère et de tristesse!)

Môssieur Briochette a essayé de m'apaiser (si je l'ai vu, c'est ça qu'il a fait hein !) en me disant : "Mais c'est pas grave, ils sont de la même équipe, ça sera pareil !" 

Ben nan ça sera pas pareil. Parce que quand pendant des mois vous vous renseignez sur le dit médecin, que tout le monde l’encense, que vous n'aviez déjà pas vraiment envie de venir parce qu'en vrai tout au fond de vous, vous les connaissez les solutions proposées pour la gastroparésie, que vous n'en n'attendez rien parce que vous parlez avec les gens qui sont malades comme vous et qui ont bénéficié de ces propositions d'améliorations, et que vous savez que ces propositions d'améliorations elles capotent bien comme il faut la plupart du temps parce que y a rien de sûr... Ben nan ! Ça sera pas pareil. 

Du coup, pour essayer de me calmer, j'ai écouté discrètement les gens (que des femmes en fait...La gastroparésie est sexiste ? Ça se passe comment ?) qui étaient là. Elles étaient 3 à échanger sur leurs expériences respectives. Une complètement emballée, les deux autres... Beaucoup moins. (C'est bien ça rejoint à peu près les statistiques que j'ai...) Et puis là, la porte s'est ouverte, un monsieur est sortit, une des dames s'est levée, elle a dit : "Bonjour Professeur" (Le tout en rougissant un peu. C'était lui. The professor !) Il était là : Victoire !!!! 
Les consultations se sont enchainées, jusqu'à 15h00. 
Là,  The Professor est sortit, il s'est tourné vers le seul patient mâle présent et lui a dit : "Ha je ne vais pas pouvoir vous voir aujourd'hui, je dois me rendre sur Paris pour une conférence, je vous laisse entre les mains de ma collègue, vous verrez elle est beaucoup plus jolie que moi !" Puis il s'est retourné, et sans un regard, sans un geste, a disparu dans les ténèbres des couloirs hospitaliers. (Mouais... Il a filé quoi... comme un Parisien pressé...) 

Abandonnée... 

(Bon ça fait un mélo drame... Mais essayez de vous mettre à ma place quoi ! Je sais pas, vous êtes fan de Mickey (je reste local). On vous dit que Mickey sera là (oui ben c'est une souris imaginaire, mais faites un effort! ), en chair et en os (en costume et rembourrage quoi !). Vous l'attendez durant des jours et des nuits. Le jour J est enfin là. Vous vous levez à l'aube, traversez la France, luttez contre vents et marées (oui ben on n'est pas si loin, la SNCF était en grève ce jour-là alors ça aurait pu être compliqué d'abord !) Et puis finalement on vous dit que Mickey doit se rendre à une vente de fromage privée alors vous rencontrerez Minnie (aussi jolie soit-elle, ce n'était pas elle que vous veniez voir au départ !) 

Nous sommes tout de même restés (de toute façon on n'avait pas le choix, nous étions dépendant d'un VSL alors...Mais on va faire comme si c'était un choix assumé).

Finalement la consultation s'est bien déroulée, la doctoresse était très gentille (là vous voyez que je dis les points positifs parfois, je ne fais pas que râler !) Elle m'a énoncé les possibilités... J'ai pris note. (c'est une image... J'ai pas vraiment écrit ce qu'elle me disait.) Elle a vu mon air peu emballé. J'ai expliqué. Elle a compris. Elle s'est excusée d'être Minnie et de ne pas s'appeler Mickey. Je lui ai dit que c'était pas grave car c'était une Minnie compétente et que ma déception était passée. (Même que je lui avais même pas dit que j'étais déçue, je suis polie quand même... et mes yeux avaient finis de sécher... Donc rien n'est transparu... Elle doit juste être fan de Disney aussi et elle a compris toute seule.)

Bref sur cette journée pleine d'aventures, nous sommes repartis. Ni vraiment confiants sur l'avenir, ni pleinement dépités... On ne sait juste pas si on reviendra à Disney finalement...

Le sur-lendemain, après avoir rechargés nos batteries, nous nous sommes rendus à l'hôpital de jour. Pour faire simple la journée était rythmée par son enchainement parfait de rendez-vous. Doppler, psycho-motricienne, orthésiste, kiné, scanner injecté.

Arrivée 8h45, premier rendez-vous prévu à 9H. Nickel. 

9h, arrivée de l'infirmière. Salutations, remise de convocations, direction l'imagerie. 
Attente derrière la ligne jaune. (C'est pour la confidentialité. C'est un peu comme dans la balle au prisonnier, quand tu es prisonnier, tu dois pas dépasser... C'est pour ne pas entendre ce que disent les gens devant... Bref, je pense intimement  que c'est un test de soumission à l'autorité hospitalière plus qu'une zone de confidentialité, parce que sérieusement à quel moment ils peuvent croire qu'une ligne de couleur coupe le son ? Surtout dans un service où les gens sont souvent âgés et ont une tendance à PARLER PLUS FORT !)


Moi : "Bonjour Madame. J'ai rendez-vous pour un doppler ce matin puis un scanner cet après-midi. L'infirmière m'a confié les deux convocations, que voilà."
La dame de l'accueil : "Hum... Un jeudi après-midi ? Ca m'etonnerait ! 
Moi : "Ha bon pourquoi ?"
Elle : "Ben un jeudi après-midi... Y aura personne hein pour un scan'... Puis de toute façon ça a été annulé."
Moi : "Non non je vous assure, je viens de passer auprès de l'infirmière. Ce n'est pas annulé."
Elle :"Ca a été annulé. Je n'ai plus de rendez-vous pour vous... Vous venez d'où ?"
Moi : "De on-a-fait-2heures-de-route-pour-venir-et-ça-sans-compter-le-déplacement-intramuros-qui-nous-amène-à-3heures-de-route."
 Elle : "Ha oui quand même. Bon ben bougez-pas... (C'est drôle ça, parce que c'était pas tellement dans mon intention...partir !) Josiane ? Oui, on a un problème. Ben j'ai des rendez-vous qui ont été annulés alors que la dame est là et qu'ils n'auraient pas du être annulés. Oui... Oui... Ben oui hein ! (Je ne sais pas ce que Josiane disait...Y avait pas de haut parleur donc vous devrez vous contenter des bribes...) Oui... Ben c'est déjà compliqué. D'accord."
Moi : "Alors ?"
Elle : "On va se débrouiller... Allez vous asseoir". 

De là, après une demi-heure d'attente, on m'accompagne au doppler. Première étape validée. L'opératrice me demande alors de patienter en salle d'attente, qu'on va venir me chercher pour faire le scanner directement. Je lui rappel alors que c'est un scanner injecté et qu'il faut poser un cathéter. Je lui demande donc s'il faut que je remonte dans mon service initial. Elle me répond que les équipes ont l'habitude et sont plus à même de le poser car "ils font ça tout le temps".

A 10h30, je ne suis toujours pas passée.  Ayant un autre rendez-vous prévu à 10 heures, je m'inquiète de savoir si le service a été prévenu. Mon fidèle chevalier à mes côtés me propose de remonter dans le service pour les prévenir. A son retour, je suis toujours là. Bien entendu, personne ne leur avait dit. 
Un peu avant 11H, vient mon tour. 
Je me retrouve allongée sur la machine, dans une salle froide. (J'ai dit salle, pas chambre ! C'est un détail mais c'est important). Une première personne s'approche de moi, me demande si je suis facile à piquer. Je souris... 
Elle tâte...ne trouve rien de satisfaisant. Elle décide de mettre un garrot... Re tâte... toujours rien. Elle demande à son collègue. Il lui dit qu'il essayerait bien dans le pli du coude. Elle le laisse faire. Il pique. Rien. Il trifouille. Rien. Au bout de quelques minutes ils renoncent. Elle décide d'essayer sur une autre veine, cette dernière claque immédiatement. Elle appelle une collègue : la championne de la pose de cathéter. 
J'ai froid, très froid. Je tremble. Mes veines sont rétractées à cause de la température ce qui ne facilite pas les choses. 
Elle me demande : "Vous avez froid ?" 

Moi ? Naaaan ! Je tremble par plaisir !


Elle demande une couverture (trop aimable). Évoque des bouillottes. (Owiiii... Mais non finalement) Ensuite elle me frappe le bras, tout en me disant que c'est pour mon bien. (Est-ce qu'on a le droit de l'appliquer à d'autres situations ? Parce que tous les bourreaux disent que c'est pas de leur faute alors...) 
Elle me pose des questions sur ma vie. (En vrai elle essaye juste de détourner mon intention, je le sais... elle s'en fiche de ma vie, que je sois mariée, célib, mes études, mon travail... C'est le dernier de ses soucis !) 
Elle pique... La veine lâche. Elle tâte de nouveau, me demande si je supporte encore le garrot (oui bien sûr, les doigts noirs c'est normal ? Nan, je plaisante... J'ai plus de doigts !), me dit que je ne vais pas l'aimer (oh ben c'est vrai que jusque là entre me faire frapper le bras et piquer encore et encore je vous adorait ! C'est dommage de briser une si belle relation !) Elle pique, fouille, tourne. J'ai mal, j'ai des décharges. Elle demande à ses collègues de me parler alors que moi j'ai juste envie d'être dans ma bulle, de respirer. Je n'ai pas envie de parler quand j'ai mal ou quand c'est désagréable. Je gère ma douleur par la respiration. Alors pitié laissez moi RESPIRER !
Au bout de 4 ou 5 bonnes minutes, la veine lâche, elle dit à son collègue "enlève le garot, tout de suite !". Elle me dit qu'ils n'y arriveront pas. Qu'elle appuie fort pour ne pas que j'ai de bleu (Dommage j'en aurais un. D'une taille respectable de 12 cm de long sur 8 de large... Pas mal comme performance !). Elle envisage de poser le cathéter sur le dessus du bras (entre l'épaule et le coude quoi ) sous écho. Elle part... Revient et me dit de finalement retourner dans mon service, et que le cathéter sera posé là bas. 

Il est presque midi. Je remonte dans le service. On me dit qu'on va faire une pause, manger (ha ben super  j'attendais ça avec impatience moi !... Private joke again). Je croise l'orthésiste avec qui j'avais normalement rendez-vous à 10h. Elle est elle aussi dans la salle d'attente car n'a pas de salle. (Il faut savoir que dans cet hôpital, le jeu de "qui aura une salle", est très courant. Les règles sont simples et se rapprochent des chaises musicales. Des salles, des disponibilités, du personnel plus nombreux que les deux éléments précédemment cités. Très très drôle !)

Finalement, la psychomotricienne me prend rapidement. A cause du décalage de rendez-vous elle n'a que 15 minutes à m'accorder. On doit trouver une salle. 10 minutes.... On commence l'entretien. On frappe à la porte. On lui demande de rendre un papier TOUT DE SUITE. Elle s'oppose. On lui dit qu'elle n'a pas le choix. Elle s'excuse. Elle s’exécute. 5 minutes.... Le temps manque. Elle sait que je devrais la revoir, j'en ai besoin. Elle s'excuse et me promet qu'on me refixera rendez-vous, tout en s'ecclipsant. 





 Rencontre avec le médecin.  Pause repas pour môssieur Briochette. Moi je n'ai vraiment pas envie de sopaliner.

Un peu avant 14h, l'orthésiste me propose de la suivre. 
Nous nous installons dans une salle qui semble vide. A 14h30, l'infirmière coordinatrice m'appelle sur mon portable, elle me cherche. (Je suis vite retrouvée... Difficile de s'enfuir). L'imagerie vient d'appeler, je pourrais avoir une place tout de suite. Sauf que nous sommes en plein essayage d'orthèses. L'infirmière négocie une demie-heure de rab'. On accélère le tempo. L'orthésiste sur un bras pour un moulage, l'infirmière sur l'autre pour la pose de cathéter (réussi du premier coup ! Joli)
Finalement le scan est repoussé car une urgence est arrivée. L'orthésiste doit partir, nous nous reverrons à un prochain rendez-vous.

L'infirmière insiste pour que j'aille me reposer un peu dans une salle, elle n'aime pas ma tête qui "se décompose". (Ha mais ça c'est rien m'dame, c'est juste la fatigue, rien de grave !) 

15h30 : Rendez-vous avec le kiné. Celui-ci aussi sera avorté. (Le rendez-vous hein, pas le kiné...Sinon il n'aurait jamais pu être kiné... m'enfin !) Il devra à son tour me refixer un rendez-vous plus tard. (Oh ben pas de soucis hein, je suis pas loin de toute façon... 3 heures, c'est quoi ? A peine le temps de se regarder le Titanic ! )

Finalement, on nous préviens que l'imagerie a de nouveau appelé, qu'ils ne savent pas quand ils pourront nous prendre. Nous décidons de ne pas faire l'examen. (Après tout, des scanners, y en a partout ! Le ? Cathéter ? Ah oui... Ben parfois faut écouter les signes du destin, 5 fois pour le poser... Y avait des signes !)

Nous décidons donc de prévenir le taxi que nous terminons le rendez-vous. 
Notre train est à 19H30... Il est 16h et des broutilles...  On a de la marge. 

Le taxi arrive, et je me fais rouspéter parce qu'il a du décaler une cliente. La prochaine fois, il fois que je prévois large.  (Plus de 3 heures donc ? Sans compter qu'à la base je devais terminer les consultations à 14h30... j'avais donc 5 heures de latence...) Mais promis quand je reviendrai, j'y penserai.

Ensuite, nous avons réussi à échanger nos tickets de train (moyennant finances supplémentaires) pour partir 3/4 d'heures plus tôt... Mais suite à "un problème d'aiguillages" nous sommes arrivés avec 25 minutes de retard.

Bref. I'm back ! .... Jusqu'à la prochaine fois ! (Ben je dois quand même revoir la psychomot', l'orthésiste, le kiné...Et amener mes résultats de scanner!) 
Enjoy ! (toujours plus classe en Anglais... vous l'aurez compris !)




lundi 1 octobre 2018

Mauvaise patiente






De plus en plus, je me dis que je suis une mauvaise patiente. 

J'ai souvent essayé de réfléchir (oui alors déjà là vous sentez qu'on est encore loin du Graal, quand on "essaye de réfléchir", c'est pas gagné !) à ce que pouvait être un BON patient pour les médecins.
 Du coup je me suis listée des critères (ça n'a rien de scientifique, rien de prouvé, juste un état des lieux entre moi et moi... et c'est déjà pas mal !)

Le bon patient (selon moi) c'est : 

1)- Celui qui se laisse diagnostiquer facilement : le rhume, la gastro, le bon vieux cancer (pas celui qui fait plein de carabistouilles par ci par là), la hernie discale franche... Bref, vous avez des signes, et ces signes correspondent à une pathologie connue et facilement identifiable. 
2)- Celui qui est réceptif aux traitements : la pathologie demande un traitement A sur tant de jours, on donne le traitement A sur tant de jours, la pathologie disparait : vous êtes guéri ! (ou sauvé, ou les deux parfois !)
3)- Celui qui est de bonne composition : il ne râle pas, accepte de faire les essais (mais bon normalement y en n' a pas beaucoup à faire puisque si on se réfère au point 1 et 2, le bon patient n'a pas besoin d'être cobaye)
4)- Celui qui est malade et respecte le grand savoir du monde médical : pas de remise en doute. Il écoute, fait ce qu'on lui demande, il a CONFIANCE ! (Mais encore une fois, c'est plus facile pour lui car il n'a pas a douté en une médecine qui a toujours cru en lui, réussi à le soigner sans problème, confère point 1 et 2 ! On en revient toujours au même). 

De mon côté, j'ai pensé pendant longtemps (si on était dans un conte j'aurais pu commencer cette phrase par : dans un passé fort, fort lointain ... mais la vie n'est pas un conte de fées alors vous vous contenterez d'il y a longtemps et puis c'est tout ! ), que si j'étais sage et surtout docile, le monde médical m'aimerait mieux, et donc me soignerait mieux. (Oui c'est crétin ! Parce qu'avec une réflexion pareille tous les violeurs, tueurs, et autres déviants de la société se retrouveraient mis de côté et sans aucun soin médicaux... Or, ce n'est pas le cas... Enfin... je ne crois pas ! Le droit à l'accès aux soins pour tous... tout ça, tout ça.) 
Alors j'ai appliqué à la lettre : ne pas me rebeller, accepter avec le sourire, être polie (maman et papa m'ont bien appris à dire les mots magiques...) Espérant que cette attitude compenserait le fait que je n'étais pas une "bonne malade". (Je n'entre ni dans le critère 1 du bon patient... Ni dans le 2... Bon ben plus dans le 3 maintenant du coup hein ! Et alors le 4... A-t-il jamais existé ? Je ne sais pas...)
Et puis finalement, je me suis aperçue que ça ne changeait pas grand chose. Que la grand-mère ronchon, râleuse, aigrie (et ... oui ? On a compris ? Très bien...) était prise tout autant au sérieux (voir même plus) que boucle d'or ! (c'est une image... je ne suis pas blonde...Enfin pas autant ! C'est pour avoir l'image de la petite fille gentille, aux joues roses, bien élevée quoi !) 

J'ai donc appris à me révolter (encore pas suffisamment, mais sur mon carnet de notes on pourrait écrire "en net progrès, poursuis tes efforts ! Encouragements du conseil de classe"), à dire quand je n'acceptais vraiment pas une décision, à prendre conscience que la médecine n'avait pas toutes les clés, et que certains patients ne pouvaient pas être sauvés (c'est triste, mais c'est la vraie vie. Docteur House non plus il ne sauve pas tout le monde !) Que certaines expressions de pathologies ne pouvaient pas être contrées. Et que c'était comme ça, qu'il faudrait apprendre à vivre avec sans nourrir de rancœurs supplémentaires. ( Yeah, vous avez vu cette philosophie incroyable ? En vrai, je me sens seule et abandonnée de tous, mais bon c'est moins glam' alors je fais style j'ai encore un mental incroyable, c'est bon ça, ça marche (ça mâche) super bien ! ( Vous l'avez lu avec un accent anglais mal fait tout en pensant à cette bonne vieille pub Bonduelle ? C'est normal...) 

Alors pourquoi toutes ces réflexions autour du bon et du mauvais patient ? 
Parce  qu'aujourd'hui, après 6 mois d'attente,  (c'est long 6 mois quand on souffre) j'avais rendez-vous au centre anti-douleurs. TADAAAAAAAAAA !


  Bon pour dire vrai, ça c'était plutôt la réaction qu'on attendait que j'ai... Moi ça a plutôt été :


Parce qu'en vrai,  je n'en n'attendais pas grand chose de ce rendez-vous. 
A vrai dire, si une solution miraculeuse existait, je pense que le monde médical serait tellement fier de le faire savoir, que nous serions au courant. M'enfin... J'y suis allée tout de même, pour voir. (Et aussi pour qu'on arrête de me dire de 'prendre contact avec un centre de traitement de la douleur parce que vraiment c'est sûûûûûr (oui avec plein de û tellement c'est sûr) qu'on pourra faire quelque chose pour toi, c'est pas possible qu'il n'existe pas de solution' )


Arrivée 3/4 d'heure avant le rendez-vous (je n'aime pas être en retard). On me prévient que le médecin n'est pas encore là, et qu'il ne pourra donc pas me prendre en avance. (Mais je ne viens pas plus tôt pour qu'on me prenne en avance, mais par peur d'être en retard). Je m'installe donc dans la salle d'attente... climatisée (euh les gars, il fait super froid aujourd'hui dehors !) J'ai donc patienté... en mode glaçon : 

Au bout d'une demi-heure (de retard pour lui... donc une heure et quart pour moi),  le Docteur est arrivé. 
Il s'est excusé du retard pris (De ce que j'ai compris il était en train de préparer son powerpoint pour le cours du jour dispensé aux étudiants de médecine...D'après ce qu'il a raconté au téléphone à son collègue pendant notre rendez-vous, il s'agissait d' une sombre histoire de vignette à supprimer pour ne pas faire doublon...  enfin bref, là n'est pas le sujet... Sauf si vous êtes étudiants en médecine, alors là peut être que vous saurez que vous avez failli avoir des diapos en doublons... Et ça c'était moche quand même !) 

Breeeeeef ! 

Nous avons commencé notre échange. Et comme rien ne remplace un bon dialogue ... sortez vos chips ! (ou pop corn, c'est à votre convenance, les tomates cerises peuvent faire l'affaire aussi...Je déconseille le chamallow, on peut s'étouffer avec ...) : 

Docteur : (Il lit la lettre de mon médecin traitant) "Alors... Vous avez eu du fentanyl ? Ben j'espère que vous ne l'avez plus... C'est une connerie ça... Vous connaissiez Prince ? 
Moi : "Pas personnellement (l'humour est mon maitre mot)... Mais oui..."
Lui :  "Ben il est mort de ça... avec cette merde !' (Ok donc visiblement vous n'êtes pas pour pour... Mais pourrait t on envisager qu'il soit mort d'un surdosage (voulu peut être bien même) et pas du produit en lui même (sauf si grosse allergie mais alors là... c'est pas de chance quoi ! ) 
Moi : "Ha..." (Que voulez-vous répondre d'autre en même temps ?)
Lui : "Bon la nutrition... c'est obligatoire ?" (Oh naaaaan penses-tu, c'est accessoire, un effet de mode ! Comme les bars à oxygène quoi ! Un petit coup quand on a envie, vite fait bien fait. On choisi le goût et roule ma poule !)
Moi : "Disons que sans je ne serais plus là pour vous parler" (sous entendu je pourrais parler avec Prince ! Moins rapide que le Fentanyl la dénutrition, mais  le résultat est similaire !) 
Lui : "Mais vous ne voulez pas l'enlever ?" (Nan, c'est à moi je la garde ! C'est comme mes billes et mes pogs, c'est ma collec' perso !) 


Moi :"Je ne peux pas surtout... Je ne peux pas me nourrir suffisamment !"
Lui : "Mais vous pouvez manger...'"
Moi : (ça va être long...) Je peux manger, mais je ne peux pas me nourrir... c'est du plaisir quoi, un carré de chocolat par ci, un demi-verre par là (désolée pour ceux qui disent carreau de chocolat... ça restera un éternel débat comme les pains au chocolat et les chocolatines...choisissez votre camp !) 
Lui : "Vous buvez quoi ?"
Moi : (ça va être très très long...) "Principalement du coca, de l'eau avec des bulles... Ca me calme les nausées."
Lui.: "ok. Donc on la garde. (L'alimentation ? Ha ben oui, mais c'était pas trop trop le sujet en fait !) 
Bon sinon vos douleurs (oui voilà, c'est ça le sujet !), racontez-moi... (euh... Ben... j'ai mal ?)
Moi : "J'ai mal depuis petite, surtout aux articulations et au digestif. J'ai des douleurs que je sais expliquer et d'autres non..."
Lui : "Vous êtes mariée depuis combien de temps ?" (Depuis... jamais !) Vous avez des enfants ? 
Moi : "Non."
Lui : "Pourquoi ?' (PARCE QUUUUUUEEEEEEE !)

Bref après avoir noté ma ville de naissance, le nombre de frères que j'avais, le métier de mon conjoint, on est passé à ce que je faisais moi. Je lui explique que je suis en reconversion... 

Lui : "Mais pourquoi ?" (PARCE QUUUUUUEEEEEEE !) Et pourquoi vous n'avez pas fait ça directement ? Et pourquoi vous êtes orientée dans le handicap ? Et pourquoi vous avez pris tous ces chemins ? Et pourquoi ... ?

Bref, j'ai répondu. 

Là il a décidé de me faire un schéma de la douleur avec la réception du message nerveux, et l'influence des pensées et des émotions. 

Lui : "Vous fumez ?"
moi : "Non." 
Lui :"Imaginez que je vous brûle avec une cigarette sur le dos de votre main droite. (OK je visualise, mais en quoi fumer ou non me permettrait de ne pas imaginer ou d'imaginer mieux la situation ?). Le cerveau reçoit l'information, vous avez le réflexe de retirer votre main... qu'est-ce que vous ressentez comme émotion ? " 

Blanc (j'attendais la suite)
Moi : (Ha mais c'était vraiment une question ?... ) Ben de la colère."
Lui : "Oui, maintenant je m'excuse... qu'est-ce que vous ressentez ?" (Mais je sais pas moi, de l'apaisement sans doute....) Avec l'apaisement votre niveau de douleur se situe là (il a fait une petite croix sur un trait vertical... ça peut aider à visualiser !) Bon maintenant je vous brûle mais je ne m'excuse pas et je vous crache la fumée à la figure. Qu'est-ce que vous avez envie de me dire ? (Que vous êtes un gros con ? Bon je l'ai formulé poliment ! Mais j'avais juste dans ma réponse ! ) Bon et bien votre douleur se situe là (là il a fait une croix quelques centimètres au dessus de la première, j'avais plus mal quoi !). Et maintenant je vous brûle, mais je vous attache avant et vous séquestre (euh, je peux partir ? Pourquoi la porte elle est fermée ? Houoouuu y a quelqu'un ? Sympa l'ambiance) Qu'est-ce que vous ressentez ? (De la colère et de la peur... je suppose... Faudrait voir quoi ... Je suis consentante ou non ? Vous vous appelez Christian Grey ? (Si je vous disais son nom et prénom vous ririez avec moi.. Mais anonymat oblige...) Bon là encore j'avais bon !) Avec la peur votre douleur se situe là (Une croix encore plus haute que celle d'avant). 

Oui bon ben tout ça pour dire que les émotions jouent sur le ressenti de la douleur... C'est marrant mais je le savais déjà ça ! Par expérience c'est toujours plus facile de s'apaiser bien au chaud chez soi dans sa couette que pendant un gros examen... (Pas besoin de brûlure de cigarette et de séquestration pour le savoir d'abord !) 

Ensuite je lui ai dit que j'étais parfois en fauteuil, il m'a demandé si c'était vraiment nécessaire.

(Ha ben non c'est le kit avec la nutrition... Mais vous pensez bien... c'est inutile !)  Il m'a demandé combien de fois par mois environ je l'utilisais. (J'ai eu envie de lui demander combien de fois par mois il prenait sa voiture, juste pour voir s'il comptait ou pas... Et s'il avait une trottinette, (ou un vélo), et de me faire un ratio marche/vélo/ trottinette...)

Une fois tout ça passé, il m'a proposé d'essayer de nouveau un traitement que j'ai déjà essayé sans succès (mais que j'étais libre de refuser), qu'on pouvait tenter la réflexologie plantaire  (mais que j'étais libre de refuser) et il m'a dit qu'il connaissait la direction mais que c'était à moi de lui montrer le chemin. (J'ai failli verser ma larme... Nan je déconne !)

En me regardant noter mes rendez-vous il m'a dit :  "Vous êtes gauchère ?"(et il l'a noté...)
J'ai eu peur qu'il me demande "pourquoi vous êtes gauchère ?" Mais non finalement... Parce que je lui ai dit que j'étais devenue ambidextre par la force des choses. (Mais bon je suis quand même gauchère et fière de l'être attention hein !)

Je me sens mauvaise patiente parce que j'ai l'impression que finalement aucune solution nouvelle ne sera amenée. J'ai l'impression d'avoir des choses que je ne devrais pas avoir (la nutrition, le fauteuil) comme si c'était moi qui avait fait l'aumône pour les avoir et que ce n'était pas justifié.
Je me sens mauvaise patiente parce qu'au fond à part quelques maladresses il n'était pas si terrible ce médecin. Il a été a certains moments gentil, il m'a laissé le choix de dire oui ou non à ce qui me proposait, il m'a dit qu'il voulait que je sois dans un espace de confiance, que je me sente libre de m'énerver si besoin, de dire si les choses n'allaient pas. (Je crois qu'en fait la porte était ouverte... J'étais pas vraiment séquestrée !)

Je me sens mauvaise patiente parce que j'ai l'impression d'être arrivée au bout du chemin, et de me prendre un mur encore et encore... Parce que je sais qu'il n'y a rien à faire, que beaucoup de choses ont été tentées. Que ce n'est pas de leur faute si je ne supporte pas les médicaments (enfin ça, ça l'a pas dérangé car il n'était visiblement pas pour les médicaments...). Je me sens mauvaise patiente de ne plus espérer de solution, là où les autres espèrent encore.
Je me sens mauvaise patiente parce qu'une fois de plus je doute : est-ce que j'ai vraiment besoin du fauteuil ? Est-ce que j'ai vraiment besoin de la nutrition ? Est-ce que c'est moi qui en rajoute ?
Mais en même temps comment je pourrais faire autrement ?
Je me sens mauvaise patiente parce que j'ai l'impression que les propositions de la médecine ne me correspondent pas, alors qu'elles conviennent à d'autres. Je me sens mauvaise patiente parce que j'ai l'impression que le fait que je sois résolu à ce qu'aucune  solution n'existe, est pris pour du défaitisme. (Alors que c'est juste un fait, une vérité... Je ne suis pas défaitiste, je suis réaliste. Ca n'empêche pas d'avoir de l'espoir qu'un jour par miracle (et par recherches) il y ait d'autres solutions, mais pour le moment c'est un fait ... C'est comme ça).

Bref, il y a une époque fort fort lointaine... j'arrivais encore à me déguiser en bonne malade...
Et puis je me suis rendue compte que je pouvais être ambidextre, c'est pas d'ma faute !