vendredi 8 juin 2018

Les davids contre Goliath



Aujourd'hui je vous livre un article sans en être l'auteure (oui je mets un "e" il parait que c'est la mode... Une cheffe (si ils l'ont dit dans le meilleur pâtissier alors hein ! C'est scientifique ! Une auteure.) 

J'ai décidé de faire de mon blog un espace d'expression. 
J'ai prêté une page quoi ! (ouiiii l'idée de génie. Un article, aucun travail. Bim ! L'exploitation La générosité dans toute sa splendeur). 

Tibouch, que vous allez découvrir ci-dessous à la même particularité que moi : elle (oui alors je prête, je prête, mais faut pas déconner quand même hein, on reste sur du féminin ! Le jour où l'homme prendra le pouvoir de ce blog n'est pas arrivé... mais nan... Je rigole... Quoique...) ne peux pas manger, son estomac est une feignasse. (Ça arrive même aux meilleurs...)

Au risque de vous décevoir, non je ne suis pas la seule à errer sans but dans les méandres médicales. 
Et aujourd'hui, Tibouch rencontrait El-professor (c'est pas moi qui le dit c'est elle), le même que je suis (j'étais du coup) sensée rencontrer en août prochain. Le même qui pendant mon hospitalisation a proposé de m'opérer sans même me voir. (Noter ce détail, c'est important pour la suite. Vous verrez que le métier de charcutier est une vocation pour certains...) 
Bref, aujourd'hui j'ai prêté ma plume (mon ami pierrot...).(Bon il est possible que je fasse de petites apparitions, en violet. Parce que j'ai du mal de me taire quand même ! Puis je suis chez moi hein je fais ce que je veux d'abord !)
Mesdames et messieurs, ladies and gentlemen, Briochette production est fière de vous présenter : Tibouch dans Les davids contre Goliath :  (*bruit de popcorn, lumières qui s'éteignent. ACTION !*) 
(chuuuuut ça commence)


Salut, moi c'est Tibouch. (Là vous voyez bien que c'est pas moi du coup hein, j'ai pas menti ! Bon cette fois je m'éclipse pour de vrai... Je ne suis plus là, je ne suis qu'illusion ! Je n'existe pas...Tibouch, à toi... ) 

Bon, j'ai un autre petit nom pour les intimes, mais Tibouch, c'est pour l'anonymat et c'est mignon. Étymologiquement, ça donne mon petit bouchon, petit bouchon, tibouchon, tibouch, voilà vous savez tout !
Briochette, elle est super cool, elle me laisse le temps d'un article faire mon coup de gueule, alors me voici me voilà ! (Je l'ai même pas payée pour dire ça ! Vous vous rendez compte ? Je ne suis plus là, je ne suis qu'illusion ! Je n'existe pas...) 

Mon histoire est un peu (beaucoup) longue, alors je vais résumer (Beaucoup. Oui, ça fait deux fois le même mot dans une phrase mais y a des parenthèses, alors peut être que ça ne compte pas... Je ne sais pas, j'ai jamais demandé à mes profs de français). 

J'ai un bon gros paquet d'anecdotes sympas accumulées pendant mon parcours du combattant mais bon, après c'est trop long, on perd des lecteurs, y a plus de likes, on tombe en disgrâce... bref, c'est pas possible quoi ! (Héhé je lui ai tout appris ! Pardon... Je ne suis plus là, je ne suis qu'illusion ! Je n'existe pas...) 

Alors pour résumer, ça s'est passé un peu comme ça avec les docteurs depuis bientôt 2 ans, le début étant en aout 2016 :

Moi "- Docteur, j'ai mal au ventre, j'ai pleins de symptômes digestifs (je vous épargne là, faut s'imaginer !  Si vous me faites une liste avec des cases, j'en coche beaucoup !), je n'arrive plus à manger et aussi, boire ou manger il faut choisir (Sam ne peut rien pour toi dans ce cas).
Eux  : - Mais non !
Moi : - Mais si ! 
Eux  : - Mais non !
Moi : - Mais si !
Eux : - Mais non
Moi : - Mais si !
Eux : - Mais non" 



Septembre 2017 :  10 kg en moins (20 % de mon poids habituel en moins quand même, faut pas s'affoler !).  EUREKA, un docteur (pas le même, j'en ai vu des tas vous pensez bien) : 
 "Ah ben si en fait" (après que j'ai insisté lourdement en disant  : "Tu prends le scanner et tu regardes très très fort ICI !), syndrome occlusif et kyste comprimant l'estomac, allez hop opération prévue en novembre. Alimentée par les veines en attendant. (Je vous avais pas dit peut être qu'avec Tibouch on avait des similarités ? Bon, bon ok... Je ne suis plus là... Blablabla)
 
Après l'opération c'est long, ça met du temps, c'est douloureux, faut
que ça se remette en place, en action :  Mangez ce que vous voulez, chic chic chic !
Sauf que... en février...

Moi "- Docteur, j'ai mal au ventre, j'ai plein de symptomes disgestifs (je vous épargne là, faut s'imaginer !  Si vous me faites une liste avec des cases, j'en coche beaucoup !), je n'arrive toujours pas à manger.
 -Vous en êtes sûre ?
- Ben oui !
- Vraiment sûre ?  C'est pas le choc, les traumatismes, le stress, la dépression, le temps, le karma, la pleine lune ? C'est sûr ?
- Oui.
- On va vérifier alors."

Et là bim ! L'examen est fait en avril, en moyenne 6h pour évacuer de l'estomac 2 œufs, 2 biscottes et un peu de gelée de groseille (pas de la fraise hein ! de la groseille. J'aurais peut être mieux gérer la fraise qui sait). Et groseille sur le gâteau (jeu de mot, ramuncho !), un intestin grêle qui met plus d'une heure à comprendre qu'il doit commencer à bosser. (Grosse réflexion existentielle, l'intestin étant le deuxième cerveau, j'en aurais donc qu'un seul sur deux ?! (de cerveau !! pas d'intestin ! Faut suivre)). Donc bim, le diagnostique est posé : gastroparésie !
On m'envoie en rendez-vous un mois et demi plus tard voir un professeur qui connait la pathologie (parce que c'est pas une maladie on m'a dit !!!! Mais bon, ça me fait une belle jambe la terminologie employée, moi). Le résultat, il est pas différent ! (Je peux pas manger quoi !).
Du coup, pas folle la guêpe, d'ici là, j'aimerais bien faire autre chose de mes journées que de souffrir, et en même temps, faut bien avoir des calories parce que ça peut paraitre dingue mais je ne vis pas que d'amour et d'eau fraiche ! C'eût été trop simple !
Avec mon combo estomac/intestin vitesses escargots, c'était pas gagné !  Mais avec un "régime" purée/compléments alimentaires, je réussis à ne pas perdre trop de poids, à moyen souffrir, et à me divertir pendant les journées.

On y arrive... au jour J... à aujourd'hui. Le régime purée/compléments c'est sympa mais... (ah ! en fait non, c'est pas sympa !) Alors allons-y tout plein d'espoir, dans ce monde enchanteur hospitalier
pour rencontrer Monsieur el-professeur-en-gastroparesie-qui-va-me-dire-comment-faire !

Je vais la faire sous forme de dialogue, c'est plus facile à écrire, plus facile à lire, et puis c'est moi qui décide de toute façon !! (et aussi, vous aurez mon moi de mon cerveau (celui du haut ! on s'est mis d'accord sur le fait que j'en ai qu'un seul de toute façon... rappelez vous, l'autre il est trop mou).
Je vous mets le principal, y a eu quelques trucs annexes, mais pas nécessaire à l'histoire.
Lui : - Bonjour
Moi : - Bonjour
- Vous venez pour ... ?
- (Remanger une pizza un jour) Parce qu'on m'a diagnostiqué une gastroparésie, je ne parviens pas à m'alimenter assez et sans symptômes. On vous a envoyé mon dossier.
- Ah bon, je vais regarder alors. (oui, ça pourrait nous aider dans les échanges... oui, j'ai prévenu, c'est un coup de gueule, je vais être acerbe !)
- Bon, bon, bon...
- ...
- Vous avez essayez l'erythromycine ? (C'est un médicament qui est détourné, qui a le goût d'orange, et qui permet d'accélérer  (en théorie) la motricité de l'estomac. Hein ? Pardon Tibouch, mais mes lecteurs ils ont l'habitude qu'on explique tout alors... Mais je ne suis qu'illusion, je n'existe pas...)
- Non, jamais. Je suis juste sous Motilium. (Euh ben même chose mais sans le goût d'orange... Je me tais, je me tais ! Motus, bouche cousue, je jette la clé !)
- Bon. Alors moi ce que je propose, c'est une intervention sur le pylore. (C'est la partie terminale de l'estomac les copains... Faites comme si vous ne l'aviez pas lu, parce que la carte blanche Tibouch elle n'y croit plus... ) C'est un nouveau protocole de mise à l'étude, une opération que je pratique, je vous donne les documents, vous les lirez et vous me direz si vous êtes d'accord.
- Oui mais quel est l’intérêt d'augmenter ma vidange de l'estomac si mon intestin ne sait pas gérer derrière ce qui arrive ?
- Ben la l'examen, il montre pour votre estomac, pas pour les intestins. C'est votre estomac le problème. (Ben je veux pas chipoter mais y a quand même une ligne en bas, ok, elle est toute seule après mais c'est pas pour ça qu'il ne faut pas en tenir compte la pauvre et elle dit qu'y a comme un hic dans l'intestin, malgré vos dires...)
- Y a pas un examen qui vérifierait le bon fonctionnement du grêle avant de discuter d'une intervention chirurgicale ? (Histoire qu'on parte sur un diagnostic sain non ?)
- Non. (ben dis donc, ça y est, je prends peur ! Parce qu'on en a bien discuté avec les copines gastroparésiques ces dernières semaines et donc, si moi je connais le nom d'examens qui vérifie ça, et que toi tu connais pas ... Là, tu as scellé la conversation, si j'avais pas les épaules bien accrochées, les bras m'en tomberaient).
- Ben je ne veux pas non (Nah !). Je préfère essayer les traitements et aviser ensuite. Si les traitements s’avèrent infructueux, comment je procède ?
- Moi je vous propose une solution ! Après vous la prenez ou vous ne la prenez pas !  C'est vous qui voyez ! (Non, ce n'est pas une solution que tu me proposes, c'est une intervention, sur mon corps, à l'aveugle, sans examen préalable, avec des risques potentiels d'aggraver mon cas).
- Mais je ne peux pas avoir une activité professionnelle actuellement. J'ai besoin de plus d'énergie, de plus d'activité. Alors pour vous en gros, je reste comme ça. Mon médecin traitant m'a parlé d'alimentation artificielle en cas d'échec pour me permettre de bénéficier d'une vie sociale à défaut de manger comme tout le monde.
- Une sonde ? Vous allez pas vivre avec ! Et puis vous en avez pas besoin !  Et puis de toute façon, vous pouvez retourner au service nutrition, je ne m'occupe pas de la nutrition moi... (c'est sûr, on a été loin sur ce dont j'avais besoin pour en arriver à cette conclusion. Et puis la nutrition pour un gastro, qu'est ce qu'on en a  foutre fiche...) (Tu as vu papy, même mes invités ils ont pas le droit de dire de gros mots ? Hein ? Tu as vu ? Je ne suis qu'illusion... Un tout petit passage de rien du tout...Hop on ne me voit plus...)
Donc finalement, j'ai pris gentiment mon ordonnance, j'ai dit au revoir à monsieur el-professeur-en-gastroparesie-qui-va-me-dire-comment-faire et on a repris la route... La route d'une solution pour une vie adaptée à défaut d'une solution pour guérir qui n'existe pas à l'heure actuelle...

Un immense merci à mes proches et aux copines gastroparésiques qui m'ont permis de ne pas rester dépitée trop longtemps encore une fois, et à Briochette de m'avoir proposé d'écrire un article défouloir et de m'avoir permis de plus en rire (noir !) que d'en pleurer.

Pour être reconnu et pris en charge par la médecine pour la gastroparésie, c'est un combat David contre Goliath, mais à pleins de petits David, on finira par fesser Goliath !

                          
                                                                                                                   Signé : Tibouch Briochette. (Quoi ? Vous croyez vraiment que Dumas il a un jour parlé d'Auguste Maquet de son vivant ? Nan ! Ben voilà, je fais tout pareil ! Personne ne fera la distinction : Gastroparésie, absurdités médicales, Dialogues ficelés, phrase de conclusion percutante ! Avouez, si je n'avais pas dit que ce n'était pas moi qui écrivait hein, ça vous aurait même pas choqués !) 

Bon ok....
                                                                                                                   Signé : Tibouch





vendredi 1 juin 2018

Cause you had a bad day




Dis lecteur, toi aussi il  y a des jours où tu te dis que le monde entier est contre toi, que le Karma ne t'aime pas, que ta vie c'est la loose ? (Oui à ce point là, pas de nuance !) 

Grande nouvelle :  aujourd'hui, 1er juin, j'y suis dans ce fameux jour tout pourri !

Aucun caractère de gravité,  mais une accumulation de broutilles qui ternissent considérablement les heures qui s'écoulent (trop) lentement. (Et qui me font voir un peu plus l'incompétence et le je-m'en-foutisme du monde qui m'entoure... Mais est-ce vraiment nouveau ? )

Alors je sais que certains auront passé une bien plus mauvaise journée... (Attention je ne parle pas de drame, juste de petits trucs agaçants.)

Des trucs comme ... Comme... Ben allez rien de mieux que les images, alors je vous laisse comprendre le concept en étudiant les illustrations ci-dessous. Ça se passe de commentaire alors je ne dirai mot... rien de rien... Même pas une petite blague... muette comme un cygne.)



( Là, vous l'avez compris le "muet comme un cygne" ? Je vous ai entendu dire "mais n'importe quoi, ça existe même pas comme expression, on dit muette comme une carpe ! La fille elle ne connait même pas les animaux, tout le monde sait que le cygne ça fait partie des primates et pas des poissons hein !! C'est une blague hein... Je sais que le cygne c'est un bovidé, je suis pas nulle quand même !) 

Oui le monde est cruel parfois ! C'est un jour comme celui-ci où l'expression "vivement ce soir qu'on se couche", est particulièrement appropriée.

 Bref, ce matin je devais changer de fournisseur internet. 
15 jours auparavant, j'avais eu un commercial très motivé (et sous LSD vu le débit de paroles... Ha ben c'est sûr que si le débit internet est le même, on va surfer les gars !), qui m'avait promis que tout serait rapide, que je n'avais rien à gérer si ce n'est être présente au rendez-vous (oui ben ça je m'en serais doutée, c'est à dire que je tiens à ma porte d'entrée et que l'idée de glisser les clés sous le paillasson ne m'avait pas effleurée) et demander les étiquettes de retour du matériel à mon ancien fournisseur le jour du changement d'opérateur, soit ce jour, 1er juin 2018.
EASY ! (J'aurais du me méfier hein ? C'était trop beau pour être vrai !
 Faut dire que le dernier installateur qu'on a eu, il cherchait le câble HDMI sur notre bonne vieille et fidèle cathodique (CATHODIQUE, pas CATHOLIQUE, faites attention en lisant car ça change tout le sens...alors je me disais qu'on ne pouvait pas tomber plus bas... )
J'aurais du avoir la puce à l'oreille quand l'installateur du jour m'a téléphoné pour demander où était ma rue...alors qu'il se trouvait devant... (Mais bon comme elle est un peu cachée et que la bougre ressemble à une ruelle plus qu'à une rue... On lui pardonne. )

Le monsieur entre, tout en déposant ses affaires un peu partout dans l'entrée (vas-y mon gars, de toute façon j'avais pas rangé alors...). 
Là il se met à marmonner quelque chose à propos d'une prise et d'un fil.  Puis je le vois tel Rantanplan suivre d'un nez affuté (ou plutôt de yeux affutés) les gaines en plastique longeant les murs. 


Tel un élève appliqué débutant la lecture, il suit de son doigt le trajet hypothétique d'un fil invisible. Il se rend dans l'entrée, déplace un meuble (le seul et unique meuble en fait...Je n'ai pas bien compris pourquoi mais... Ca avait l'air de lui faire plaisir). Là, il s'arrête net devant une porte. Je le regarde, il me regarde et dit : "Y a quoi là ?" 
-Ben la salle de bain, pourquoi ? 
- Je vais ouvrir, pour regarder... (Je te jure mon gars, c'est  vraiment la salle de bain hein ! Au risque de te décevoir, pas de monde magique, ni une salle des machines qui cacherait plein plein de câbles !) 

Il a donc ouvert la porte et a dit : "Ha ben non y a pas le câble ici non plus, mais il va où ?" (Je suis pas technicienne mais étrangement, je l'avais pressenti que l'électricien aussi tordu qu'il soit n'aurait jamais fait passé le câble pour le net par la salle de bain...)

Bref le manège de Rantanplan a duré 10 bonnes minutes, il est sortit, a monté des étages, est redescendu. Il m'a demandé un escabeau, puis m'a demandé de l'aider. On a joué au jeu du "tir ficelles", comme à la fête foraine... Sauf qu'il n'y avait pas de lot (ou peut être celui d'avoir l'espoir d'obtenir un jour une connexion internet). 
Il s'est donc placé en bas, moi au 1er étage, et il a tiré le câble. Moi je devais repérer le petit malin qui se mettait à gigoter et lui indiquer, c'était fendard. On a fait ça 3 fois de suite. 


Ensuite il a pesté parce que la ficelle, elle menait à rien. (Même pas une peluche tigre ? C'est de l'arnaque ça !) 
Alors il a dit d'un ton grave "Bon on va pas perdre de temps, je vais reposer une ligne" (oh ben non tu parles ça fait 30 minutes qu'on cherche un câble, ça serait dommage de perdre du temps quand même !)
Là il m'a demandé de lui passer ses outils (mais sinon être deux pour les interventions ? Non, je sais pas c'est une question hein... Moi je veux bien le faire mais on négocie combien sur la prochaine facture ?)
 C'est comme ça que je me suis retrouvée en bas d'une échelle à entendre "Pince coupante, cutter, pince bleue..." et à jouer l'assistante. (Avant ça, j'avais du débrancher un câble branché entre un meuble et le mur, parce que (je cite) "vous êtes fine vous, ça sera plus facile". Argument imparable. Je vois bien d'autres professionnels le tenter. Au bloc opératoire par exemple : Bon mademoiselle, vous pouvez me tenir la pince là ? Vous êtes réveillée alors... Ha et est-ce que vous pouvez attraper votre appendice là ? Oui parce que moi j'ai de gros doigts, vous vous êtes fine alors... c'est plus facile.)

Ensuite, il a branché un câble sur un boitier et tout en écrivant sur sa tablette il m'a demandé  "Euh, ça s'écrit comment "à cause" .... Et il a ajouté en se dirigeant vers la sortie : On ne fait pas l'installation, je vous laisse vous débrouiller, ça va aller hein ! (non ce n'était pas une question, c'était une affirmation : ça va aller). 
Et sur le pas de la porte : le moment de grâce "Je vous laisse ramasser les petits bouts de trucs que j'ai mis parterre et le câble pour les jeter, aller au revoir" (Rewind bloc opératoire : Bon mademoiselle, je vous laisse compter les compresses, et vous recoudre hein ! Vous n'oublierez pas de nettoyer tout le sang aussi ! Aller au revoir !) 

Du coup je me suis retrouvée face à ça : (oui vous allez voir une partie de mon intimité... ) 


 Un assemblage de fils et de cartons. Je veux bien qu'on n' installe pas les équipements, mais faire les branchements de sorte à ce que tout passe directement derrière le meuble non ? (Parce qu'en plus j'avais vidé mes meubles la veille au soir pour les décaler, pour justement éviter ce genre de choses).

Ensuite j'ai pris mon courage à deux mains, et j'ai tout installé comme une grande, la TV, les codes WIFI, les branchements... Tout. 
Je vous rassure, mon appartement est sortit de soins intensifs, adieu fils et câbles de partout ! (ha ben bosser comme assistante du chir, ça vous forme...)



La fidèle cathodique a eu du mal de faire copain-copain avec la nouvelle technologie (ou vice versa, je ne sais pas). Bref après une lutte acharnée, le miracle a opéré et la télé fut ! Enfin... J'avais TF1 et france 3... Sur 442 chaines promises, deux malheureuses fonctionnaient. J'ai relancé, reformaté, remis à jours... Et bim ! Un nouveau monde d'inepties s'est ouvert à nous ! Tout fonctionne ! 

Ensuite, j'ai téléphoné au service client de notre nouveau fournisseur, pour m'assurer de la bonne résiliation de mon ancien opérateur. Après 5 minutes d'attente et de musique entêtante, un conseiller me répond. Je lui explique que l'installation est faite, que son collègue m'avait dit que tout serait géré par leurs soins. 

"Non madame, rien n'a été fait, et ce n'est pas à nous de le faire"... 


 



Je lui ai rétorqué que son collègue m'avait assuré qu'aucune démarche de ma part ne serait nécessaire. Il m'a répondu en toute détente "Mais madame je ne sais pas ce qui a été dit avec mon collègue, je ne peux pas vérifier si il vous a vraiment dit ça. En tous cas nous ne ferons pas la résiliation". 

J'ai raccroché colère, colère. Et je me suis attelée à appeler mon ancien fournisseur. Je suis passée via un chat, (une boite de dialogue, gros minet ne m'était d'aucune utilité à ce moment là). La conseillère m'a demandé pourquoi je quittais leurs services (pour les sous m'dame, tout simplement) et m'a ensuite dit qu'elle ne pouvait rien faire et que je devais appeler directement. 

J'ai donc appelé, patienté. Son collègue m'a répondu. Il m'a  demandé pourquoi je quittais leurs services (pour les sous m'sieur tout simplement). Et ensuite il m'a dit qu'il devait procéder à quelques vérifications pour s'assurer que j'étais bien la propriétaire de la ligne. 
Date de naissance ? 
Adresse ? 
Numéro de téléphone portable ? 
 Numéro de la ligne fixe ? 

J'ai tout bien répondu. Mais lui ça ne lui suffisait pas. Il m'a donc demandé depuis quand j'étais chez eux... (Ben là... Excellente question...) J' ai dit que comme ça je ne savais pas, mais que je pouvais retrouver.Il m'a dit qu'il avait d'autres questions de vérification et il a donc enchainé :

Nom de la banque pour le paiement ? 
Moyen de paiement ? 

Et puis entre temps, j'ai retrouvé de quand datait ma première facture, et donc à quand remontait mon abonnement. Il m'a dit que je gagnais 10 points de plus. (Entre ça et le jeu de la ficelle, on s'est bien amusé!). Bref dans 10 jours la résiliation sera effective. (Euh du coup pour les nouveaux, comme j'ai bossé en tant qu'assistante technicienne pour vous  et que j'ai fait la partie commerciale, on est d'accord que les 10 jours de paiement dans le vent, seront ajoutés à ma paye n'est-ce pas ?)

Et puis comme l'aventure internet n'était pas assez palpitante, la prise électrique la plus usitée de ma cuisine m'a lâché. J'ai donc du appeler mes propriétaires pour qu'ils viennent la réparer. 
L'hôpital m'a adressé un courrier de non paiement pour un acte pris en charge pour mon ALD. C'est avec joie et dans une humeur tout à fait adaptée que j'ai réglé le problème. Mais finalement, la demande de paiement avait été annulée. (Et me prévenir ? Non ?) 
Ensuite, j'ai du appeler ma régie pour obtenir mon bail. Bail tacitement reconductible et renouvelé le mois dernier mais dont personne ne nous adresse de copie




 
La dame était en rendez-vous lors de mon coup de fil de 9h, il est bientôt 16 h et pas de nouvelle, c'est long comme rendez-vous quand même...

 Enfin la cerise sur le gâteau : mon facteur. 

Hier alors que j'étais sous la douche, la sonnette retentie. J'avais deux options : A) me dépêcher au risque de glisser sur le savon pour aller ouvrir encore ruisselante une serviette autour de la taille ou... B) laisser tomber. 

J'ai donc choisis l'option B. 

Dans ma boite au lettre j'ai trouvé un avis de passage m'indiquant que le facteur passait pour fixer le rendez-vous du changement de compteur d'eau (oui la société a mandaté les facteurs, plutôt que de téléphoner directement, autant déléguer...). Celui-ci m'indique qu'il repassera. (Sans laisser de date, sinon c'est pas drôle). 

Ce matin, la sonnette jamais autant utilisée, se met à chantonner. J'ouvre et découvre le facteur un recommandé à la main. Il me le tend, me fait signer et s'apprête à partir. Je lui demande alors : 

"Pour le rendez-vous pour le compteur du coup vous pouvez noter ?" 
"Quel rendez-vous ?"
"Et bien le carton, laissé hier... Pour les changements de compteurs..." 
"Ha je ne sais pas, je n'ai rien moi, je ne suis pas au courant, peut être que ce n'est pas les facteurs de la poste, mais qu'ils ont délégué..." (si on commence à déléguer ce qu'on nous a délégué Marcel, ça ne va pas tourner rond très longtemps... Enfin je dis ça... je dis rien)

Ha ben c'est embêtant ça mon brave monsieur. Le facteur d'hier m'a dit que le facteur repasserait. J'ai à ce moment même un facteur en face de moi et ce dit facteur n'est pas au courant. (Je comprends mieux parfois les dysfonctionnements postaux...) 
Bien embêté, il m'a dit ne rien pouvoir faire (même avec le carton sous les yeux). Et m'a proposé de rappeler la poste. (Oh ben oui, on va faire ça !) 

Du coup j'ai appelé le service de l'eau directement... Mais ils devaient aussi être en rendez-vous parce que personne n'a répondu. 

Allez savoir peut être que la régie aussi avait loupé le facteur ? Ou alors le service de l'eau a changé de fournisseur internet... et cherche ses câbles. 

En tous cas, tout ce petit monde a bien failli m'en faire péter à moi... des câbles ! 



EDIT : Paulo m'a envoyé un mail concernant le financement de la formation (si cette histoire ne vous parle pas, allez donc jeter un oeil sur mon post précédent), il faut compter entre 4 et 6 mois d'évaluation concernant mon projet, pour une issue qui ne sera pas forcément positive... Donc autant dire... que dans 3 ans je pourrais envisager de passer le concours. (Prenez le temps, de toute façon je suis une n'handicapée pas pressée, j'ai que ça a faire de ma vie d'attendre, c'est bien connu)

Enfin, vivement qu'on se couche quoi !

vendredi 25 mai 2018

Paulo et la cigogne !


 

Aujourd'hui j'ai osé l'impossible, 
Tenté l'inimaginable, 
Essayé d'outrepasser des limites que personne encore n'avait osé franchir : j'ai ... (non je vais aller à la ligne, sinon ça casse mon style et ma mise en page)

J'ai contacté pôle emploi pour une demande de financements ! (Si ce sont des applaudissements que j'entends, alors vous pouvez les doubler (voir tripler... Non ? C'est trop demandé... Bon !)) 

J'ai eu une intense réflexion en début de semaine alors que je me morfondais sans énergie dans mon lit. Tu veux être professeur des écoles ? Tu veux passer le concours ? Tu veux bosser en même temps alors que tu es à peine capable de te remettre d'un week-end à 2h30 de route de chez toi ? 
Haha laisse moi rire (ça c'est mon moi intérieur qui se riait de mon moi physique). 

Du coup, je me suis dit que pour y arriver, il serait sans doute plus sage de consacrer un an, une année entière, 365 jours (vous avez compris là non ? C'est un peu lourd peut être)... à la préparation de ce fameux concours. Et pour se faire, quoi de mieux qu'une prépa ? (là, il faut imaginer cette tête de génie de the révélation de ma life ) :


Bref j'ai regardé les prix des prépas... Bon ça doit être comme les voitures, tu en as de toutes sortes, à tous les prix et la plus chère n'est pas forcément la plus pratique. (Hein dites moi que c'est ça !!!) Parce qu'une Ferrari c'est bien joli, mais si tu as une famille nombreuse, c'est pas évident de caser tout le monde, alors que ce bon vieux kangoo...
Parce que quand même ça va de 1000 à 4000 euros. (je parle de la prépa, pas du kangoo... Après pour la voiture faut voir, peut être que sur des sites de ventes entre particuliers... mais 1000 euros faut voir si ça passe le contrôle technique)... 
Donc 1000 à 4000 euros pour du français et des maths les gars ! Je veux bien qu'on ne soit pas des génies mais quand même 4000 euros !  Le SMIC étant à  1 188€ net (pas mois hein par mois !!), je vous laisse faire le calcul. Je veux bien essayer de réussir ma vie, mais fallait me le dire avant que le don de rein, de poumon ou de coeur était indispensable. (Je m'y serais moins attachée moi à mes organes si j'avais su, mais là ça fait bientôt 28 ans qu'on cohabite, on en a vécu des trucs...) 

Alors j'ai tenté l'impossible, voir si la formation était finançable par Paulo (faut bien qu'il serve dans sa vie...) Je ne suis pas vénale, mais il me serait soudain bien plus sympatoche le Paulo... Du coup, cet après-midi j'ai reçu ça : (je le livre tel quel) : 

Bonjour,
Bonjour, prioritairement à toute demande d'aide financière, il faut une validation de projet par un parcours encadré de façon à vous sécuriser. Le diagnostic doit être partagé entre vous, un professionnel tiers et expert sur le handicap ainsi que le pôle-emploi. C'est au regard de ces éléments que je pourrai présenter à la direction une demande de réservation budgétaire (comparatif sur 2 devis). La direction se réserve alors la réponse à donner (positive ou négative) en fonction des éléments présents. Je reste à votre disposition pour le parcours. Cordialement.


Je propose ici une petite analyse de texte. 

Ici nous pouvons voir que l'auteur a usé du fameux Contrôle C (ou pomme C pour MAC), contrôle V (pomme V pour MAC), soit un copié-collé de texte tout fait.  Nous pouvons justifier de cet argument par le double "bonjour" présent au début du texte mais aussi par la variation de taille du texte et par la non mise en forme de l'écrit. En effet, le "cordialement" se trouve accolé au reste du texte alors que celui-ci, pour respecter les règles de l'échange épistolaire devrait se trouver à la ligne. 

Voilà, voilà (j'en rajoute pas hein ?) Paulo, quand on copie-colle, ce qui en soit est accepté pour une réponse aussi technique, on essaye au moins de se relire et d'élaborer une légère mise en forme. Pour faire semblant ! Pour donner l'illusion de... Je sais que tu es un baroudeur et que de ta grande expérience je n'ai rien à t'apprendre mais là bordel BAZAR faut faire un effort !

Outre ces envolées littéraires, parce que je suis handicapée, on se sent obligé de "sécuriser mon parcours". (On fait quoi ? On y met des jolies petites barrières ? Une en haut et une en bas de l'escalier pour être sûre de pas tomber ? C'est balot parce que Paulo il m'a déjà fait tomber de haut, alors je ne risque plus grand chose... Ah attendez on me dit dans l'oreillette que ce n'est pas mon projet qui les inquiète mais l'argent qu'ils devront y engager. Ouf, on a cru que Paulo s'intéressait un instant à notre avenir. Fausse alerte ! On remet les barrières)



Pour mon projet professionnel, 3 personnes (en plus de ma petite personne) se permettront de statuer ou non sur ma capacité à aller plus loin dans cette idée de formation. Parce que c'est juste une idée pour le moment, l'émergence d'une envie. Non peut être que 3 guignols que je vais rencontrer 15 minutes décideront à ma place, sans même me laisser essayer, que ça ne me convient pas. 
Et ensuite la direction pourra statuer. 
Donc là je me suis dit que ma demande de financement serait prête pour...2028 ? 
1) Il faut demander au conseiller, comment obtenir le parcours ? (c'est lui qui le dit, parce que le dire directement dans le mail ça aurait été dommage... On a failli gagner du temps dis donc, on est passé à ça !) 
2) Il faut attendre le retour du conseiller (c'est le week-end, c'est pas facile.)
3) Il faut trouver un rendez-vous qui convienne à 4 personnes ayant des vies tout à fait opposées. (On va se marrer)
4) Peut être qu'entre temps il aura fallu fournir des documents...
5) Allez savoir car je ne connais pas la procédure du parcours sécurisé, mais après validation (ou non) de mon projet, il faudra faire remonter à la direction. 
6) La direction devra recevoir la notification d'une demande
7) Si la direction de Paulo est comme la MDPH j'ai le temps de faire un bébé avant d'avoir une réponse. Voilà ! (Et comme les dossiers de demande sont à rendre avant le 20 juin...autant dire qu'on n'est pas dans la mouise)

Et puis ce mail ça a fait émerger quelques réflexions personnelles. 

Quand tu es un "n'handicapé", j'ai remarqué qu'on s'immisçait quand même pas mal dans tes décisions de vie. La validation de mon projet pro en est un exemple. Les questions intimes en sont d'autres. 
Mais alors celles qui revient le plus depuis quelques temps : vous allez avoir un bébé quand ? 

Ma réponse oscille entre : 

Jamais et oh mon dieu jamais !

Le retour des gens lui oscille entre :

 - Haha non mais sérieusement, quand ? 
- Tu as le temps de changer d'avis ! 
- Ben si forcément, tu vas avoir un enfant. Ca fait des années que tu es en couple. C'est la suite logique des choses.
- C'est égoiste non ? 
-Tu as pas peur de finir seule plus tard ? 
- Si tout le monde réagissait comme ça ben tu ne serais pas là et puis l'humanité s'éteindrait.
- Non mais ça te ferait du bien tu sais.

Alors à tout ça j'ai envie de répondre : 

- Sérieusement, je n'ai pas envie d'enfant.
- J'ai effectivement le temps de changer d'avis et peut être que cela arrivera mais j'ai aussi la possibilité de devenir borgne, tétraplégique, millionnaire... avec le temps
- Avoir un enfant n'a jamais été pour moi le signe de la réussite ou de la concrétisation de mon couple. Dans ce cas là toi, tu vas avoir un chien quand ? Non mais parce que tu as une maison alors... 
-  Est-il plus égoïste de ne pas faire d'enfant par choix, parce que je n'ai pas envie que mon enfant me voit chialer de douleurs sur le coin d'un canapé plutôt que de l'emmener au parc, parce que le monde dans lequel j'évolue ne correspond pas à mes valeurs, parce que je sais que je serais trop angoissée de faire naitre un petit être dans ce monde que moi-même je ne cautionne pas et qui selon moi part à volo, que de faire un enfant parce que tu as peur d'être seul ? Parce que selon moi, si l'on a peur d'être seul à la retraite on prend un chat, un canari ou un serpent... mais avoir l'illusion qu'on fait un enfant pour s'assurer un avenir n'est selon moi (et toujours selon moi) pas un argument valable. 
Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons d'avoir un enfant. 
Je pourrais juger tous ces gens qui font des enfants comme on me juge de ne pas en vouloir. Le plus important selon moi est d'être d'accord dans notre couple. Je ne vais pas faire un enfant parce que c'est bien, parce que c'est la mode, parce que c'est comme ça que ça doit être. Malade ou pas, on peut avoir mille raisons de vouloir ou de ne pas vouloir d'enfants. On a tous notre vision là dessus et heureusement. On doit être libre de mener notre vie là où on le souhaite, sans pression sociale. 
Pour moi avoir une maladie génétique est un argument supplémentaire à ne pas avoir de bébé mais ce n'est pas le seul. Parce que si ça avait été mon seul frein il y avait l'adoption, (seulement s'il me reste encore quelques organes après avoir payé ma formation) le don d'ovocyte... (ah, les merveilles de la médecine). J'ai des amies malades qui ont fait un enfant, parce qu'elles ne se voyaient pas vivre sans. Personne n'a aucun jugement à émettre. C'est leur vie, c'est leur choix, c'est leur accomplissement.

Mais la meilleure réplique reste selon moi : Non mais ça te ferait du bien tu sais ! (dixit la vraie vie). Allez petit dialogue lunaire avec cette personne (parce qu'en dialogue c'est toujours plus drôle. Ha ben Shakespeare il l'avait vu lui que les dialogues c'était plus fendard qu'une longue litanie. 
Paulo, litanie c'est encore un peu tôt pour ton vocabulaire, on en est encore à s'exercer au camouflage du copié-collé...On va déjà valider ça avec la direction, un professionnel tiers et expert sur le handicap, avant de voir si on peut aller plus loin.) 

Donnnc : 

Elle : (oui c'est souvent des femmes qui ont une réflexion intense sur ton envie ou non de maternité... Ça doit être les hormones, ou l'instinct de maman... Allez savoir) : 
- Non mais ça te ferait du bien tu sais !

Moi : Qu'est-ce qui me ferait du bien ? 

Elle : D'avoir un bébé. Dans ta situation... 

Moi : Comment ça ? 

Elle : Ben comme tu es malade, avoir un petit qui t'appartient (je peux lui mettre des chaines et tout et tout ou pas ? Nan ? Arf... dommage), tu vois ça te motiverait, ça te donnerait du courage !

Moi : Mais un bébé ce n'est pas fait pour donner du courage. Le rôle d'un parent c'est de l'élever, le mener vers l'autonomie pas de s'en servir comme pansement. 

Elle : Oui bien sûr mais bon tu serais deux, plus toute seule (Ah mais je te rassure ma grande, on est déjà plein dans ma tête, je m'ennuie pas !) 

Moi : Mais les jours où je souffre tellement que même me lever est un supplice. J'en fais quoi ? Je lui dit "attends bébé courage (quoi c'est pas son nom ? Mais on a déjà enlevé les chaines...Pfff z'êtes pas drôles) maman ne peut pas s'occuper de toi ? 

Elle : Oui bien sûr ces jours là ça sera peut être plus difficile mais il saura que tu fais tout pour lui (ha ben du coup là non, pleurer devant ton enfant, ne pas réussir à m'en occuper, ce n'est pas tout faire pour lui. Ne pas le faire, c'est tout faire pour lui !) et puis tu délégueras (oui mais dans ce cas...A quoi ça sert d'avoir voulu un enfant ?) 

Moi : Mais si je ne m'en occupe pas, à quoi ça sert de faire un enfant égoistement ? 

Elle : Ben pour plus tard. Tu seras pas toute seule quand tu seras vieille au moins. (Haaa oui ! C'est donc ça ! Mais l'option chat, chien ou même bénévolat, non toujours pas ? )

Moi : Et si je lui donne ma maladie, tu imagines comme je m'en voudrais ? Je sais que je suis porteuse, et j'ai les clés en mains pour stopper la génétique...

Elle : Ben c'est pas grave s'il l'a. Ca serait même super, vous pourriez partager quelque chose en plus ! (oh oui, dis maman tu peux partager ton cancer ? Oh s'il te plait pour avoir plein de souvenirs avec toi !)

Bref, je me suis arrêtée là. Elle était persuadée de ce qu'elle disait alors... Mais le côté positif c'est que si la connerie est génétique, elle aura plein de choses à partager avec son bébé ! (Paulo, je crois que ça y est, on a retrouvé ta mère... La génétique tu sais, ça parle vite !)





jeudi 3 mai 2018

Doliprane... et ça repart !





Il est 3 heures du matin, et vous êtes en direct de mon blog, bonsoir !

Aujourd'hui point de Paulo, point d'extérieur, non ! Aujourd'hui on retourne aux origines de la création de ce blog, j'ai nommé : les aventures médicales ! (Et je dirais même plus les aventures hospitalières. Oui ça change tout, souvent c'est plus... plus... plus... drôle ? Ou alors bête à pleurer. Oh je ne veux rien spoiler et vous laisse libre de la décision finale. Rien que pour vous je ferais un sondage à la fin. Vous avez hâte d'être à la fin n'est-ce pas ? )

Vous pouvez prendre une petite tasse de thé, un petit quelque chose à grignoter, ou une poche de nutrition (oui je sais que cet article sera lu aussi par des gens comme moi...Dis donc toi qui mange là bas au fond, on s'ouvre un peu à la diversité, ils ont le droit d'être là aussi. C'est pas de leur faute si la vie ne les a pas gâté.), à votre guise m'sieurs, dames ! 

Tout le monde est là ? On est partit !

Alors ça a commencé il y a un peu plus de 10 jours et... (Roooh Paulo, tu es en retard, viens ! De la paperasse à finir ou alors un compte rendu sur l'effet des vaccins et la bêtise des jeunes peut être ? Bon ben assieds toi et ne dérange pas tout le groupe, on a déjà commencé ! (oui c'est une private joke, si vous n'avez pas compris vous pouvez aller voir (mais vous revenez après hein !))

Donc. Il y a un peu plus de deux semaines, j'ai retrouvé un emploi de remplacement. Chouette job dont le seul défaut était d'être un temps plein.  
Courageuse et téméraire Fauchée et au bout du gouffre, j'avais accepté ces conditions. (Mon estime de moi-même m'en remercie encore. Quand on peut rendre service hein...) Bref deux très jolies semaines, dans un travail épanouissant. Où la reconnaissance se mêlait à la bonne humeur, le tout dans une résidence retirée de la ville où merles et rouges-gorge s'ébattaient sans limite. (Ca fait rêver hein ?)
A la fin de la première semaine, j'ai bien senti que si ma tête se sentait bien, mon corps lui... un peu moins. Je me suis donc bloquée au niveau des cervicales. (Ah ben on a l'air malin à 5 heures du matin quand on ne parvient plus à lever la tête de son oreiller !) J'ai terminé mon contrat assistée par ma minerve. (C'est bleu, c'est joli, c'est tendance, et puis ça tombait bien il ne faisait pas 28 degrés en plein mois d'avril... ah Paulo me dit dans l'oreillette que si justement, c'est balot !)
Comme je travaillais avec des personnes âgées qui oubliaient parfois les choses, elles me redécouvraient (pour certaines) tous les jours avec la minerve. Mais ils m'ont tous dit qu'heureusement j'étais jeune et que j'allais vite me remettre. (Ouf ! On est passé à ça d'être jeune et d'avoir une maladie rare. A ça, les gars ! Mais heureusement la jeunesse a tout annulé ! C'est le super antidote !). Allez je les pardonne parce que je les aimais bien (et sûrement pas parce que chaque jours ils allaient voir le directeur pour lui raconter combien mes activités étaient cools ! Non, pas de ça chez nous !)

A la fin de la deuxième semaine, je dois bien avouer que mon corps hésitait entre la PLS (Quoi Paulo ? PLS ? Ben Position latérale de sécurité... Paulo, les cours de secourisme, ça pourrait te servir en plus à toi, vu ce que tu infliges à tes demandeurs d'emplois... Tu es pas à l'abri d'un accident un jour... Je dis ça... Je dis rien !) et... Non ben rien en fait, mon corps n'hésitait plus, il avait opté pour la PLS.
En rentrant le vendredi soir, j'ai décidé de faire un calmant pour mon ventre et de me coucher (ou de m'échouer telle la baleine égarée dans cette vaste étendue que nous nommerons : lit).
(Attention arrivée de l'élément perturbateur ! (c'est pour ceux qui ne voudraient pas se spoiler tout de suite... Faire durer le suspens. Aller rechercher un petit gâteau (ou brancher sa pompe).

C'est à ce moment là que mon corps a commencé à faire sa crise d'ado. (En mode : ouais je suis trop saoulé de la vie t'sé quoi ! T'as trop abusé, moi je suis trop dead et... (Oui Paulo ? Quoi encore ? Dead ben mort en anglais Paulo. prof de philo mais jamais de langue du coup ?),  je veux plus rien faire ok ? (Bon faut imaginer mon corps en gamine de 13 ans rebelle, et légèrement maniérée. Elle regarde les anges de la téléréalité et son drame absolu c'est de se péter un ongle. Oui ben je fais ce que je veux, j'imagine mon corps en crise d'ado comme j'ai envie !)
Du coup je me suis dit que le mieux à faire c'était de le laisser dormir (je parle toujours de mon corps, mais comme on n'est plus trop copain en ce moment, je dissocie. Euh c'est pour quoi faire la blouse blanche là, avec les attaches dans le dos comme ça ?)
Bon entre maux de tête et frissons je n'étais pas au meilleur de ma forme.
Le lendemain, avec Môssieur Clochette nous avions un rendez-vous de grand (Alors aucun sous entendu graveleux. Non, un vrai rendez-vous de grands du genre "avec ta mère ce matin nous avons rendez-vous chez le banquier !", un rendez-vous de ce goût là.) Sur place, j'ai commencé à avoir froid et très mal aux jambes. J'ai donc pris ma température dès mon retour. (Ouep j'ai eu la décence d'attendre d'être chez moi, ça vous épate hein... Puis de toute façon j'avais pas de thermomètre sur moi alors...) Bim 38.5. (Je parle en degrés celsius... en farenheit on approche les 101,3, ça fait beaucoup 101.3 !)
Je me dis que c'est quand même dommage de tomber malade après deux semaines de travail. Mais je félicite mon corps d'avoir tenu ses engagements et de ne pas m'avoir lâché avant. (Ambivalence quand tu nous tiens...)
Le midi, je décide de me refaire un calmant pour le ventre. Frissons, fièvre à 103.1 (Ha ben non Farenheit cette fois-ci, sinon vous vous doutez bien que vous ne liriez pas cet article !)
Je me dis que ça pue. (Oui je vous livre en l'état, on va pas commencer à mettre des formes quand y a pas possibilité d'en mettre hein !). Bref je prends la décision de ne pas brancher la nutrition le soir. Si c'est un virus, la fièvre a le temps de baisser et si c'est ma voie centrale qui est infectée ben...la fièvre a le temps de baisser. (Vous l'aurez compris aucune utilité diagnostique. Non à ce moment là, j'avais bien conscience que c'était mal partit pour ma voie centrale et je n'avais absolument pas envie de passer ma nuit aux urgences. Non autant attendre le dimanche, c'est bien le dimanche).

Au réveil, plus de fièvre. (Hourra ! Ou pas...) Je propose à Môssieur Clochette, talentueux photographe  (je le pense vraiment et c'est pas seulement parce qu'il fait le ménage, range l'appartement, fait les courses, travail pour deux, vient me voir à l'hôpital (oups j'ai spoiler)...), de faire quelques clichés  qu'il me demandait depuis deux semaines. Sur ce il m'a répondu avec tout l'amour du monde, la tendresse plein les yeux, le coeur battant  :
 "Non mais tu as vu ta tête ? Tu es blanche comme jamais et des cernes pas possible " (Moi aussi je t'aime mon amour.)
Du coup j'ai juré promis qu'avec plein de maquillage on n'y verrait rien. Que c'était maintenant ou jamais car je ne sentais pas trop la suite (On aurait du m'appeler Sherlock).
Alors il a cédé, et on a fait une séance plutôt sympa. Après ça, je savais que le moment était venu de retenter un branchement.
C'est avec une grande motivation (t'es sûr qu'on est obligé de le faire hein ? Peut être que je pourrais attendre toute ma vie sans jamais me rebrancher et du coup je ferai plus jamais de fièvre hein ? Peut être que je pourrais ne rien dire à personne et frissonner en secret pour le restant de mes jours ?), que je me suis branchée.
Au bout d'une heure de perfusion, mon corps se sentait bien. Pas de frisson, pas de fièvre. On a donc sortit les cotillons, prévu nos vacances la semaine suivante, organisée une fiesta géante. Et puis à 1h15 de perfusion le drame. Mon corps commence à décharger, frissons, douleurs à la tête insupportables, corps en tension. La fièvre commence à monter mais doucement. De 36.8 je passe à 37.5. Je demande donc à Monsieur Briochette d'appeler les secours. Mon service habituel est bien entendu fermé. (Ouais mais ça travaille jamais le dimanche aussi), donc on appel le SAMU. (Pour rappel la voie centrale va vers le coeur. En cas de problème comme une infection (à tout hasard) ben je peux en crever. Voilà voilà.)
Avec flegme, môssieur explique la situation. Nous aurons pour retour de la part du Samu de "prendre un doliprane". (Là je me suis dit que c'était un peu comme le sketch de Gad ElMaleh quand il dit : "Là où tu mettais tes bagages avant, maintenant y a du Scotch. Sérieux ! En France on va combattre le terrorisme avec du Scotch, hein ! Mais ils ont raison ! Comme ça si y a un terroriste qui vient pour mettre une bombe il dira : « Ah merde y a du Scotch ! Je peux pas terroriser ! ». Ben là les bactéries elles auraient sans doute dit : "Ah merde y a du Doliprane ! Je peux pas coloniser !")
Bref on n'a pas écouté et on est partit aux urgences...en métro.. un dimanche... Avec un début de septicémie. (Oui j'annonce pour ceux qui l'avaient pas compris mais ça va se finir comme ça en vrai, alors autant s'y préparer).
Arrivés sur place, prise en charge immédiate. Un peu plus de 15 de tension, 150 de pouls et 39.7 de température (celsius Paulo, celsius). Ah ben c'est sûr que là, le doliprane il aurait été efficace !

Bref prise en charge parfaite, gentillesse, efficacité, sérieux. (Oui ça m'arrive de dire quand c'est bien aussi, je ne suis pas que mauvaise langue. D'ailleurs je ne suis jamais mauvaise langue, je raconte, c'est tout !).

En fait c'est après que les choses drôles se sont enchainées. (A dire vrai j'étais un peu déçue car tout se passait trop bien. Je me suis dit "Hospitalisée pour sepsis et rien à raconter c'est quand même dommage". Mais j'avais oublié le destin. Il faut toujours faire confiance au destin.).

J'ai été prise en charge dans le service du Docteur House. (Celui où toutes les maladies les plus rares se croisent et puis le cynisme aussi...)
On a commencé l'antibiothérapie dès le dimanche. Le lundi j'ai refait une décharge sous leurs yeux. (En voulant rincer la voie, les bactéries se sont dit "chouette un toboggan géant, si on allait rejoindre son sang ! Allez les filles, toutes à la queuleuleu.).

Du coup ils ont décidé de condamner ma deuxième bouche, le temps de l'antibiothérapie.
Le mardi à 9 h ils m'ont proposé de poser un picc-line pour pouvoir me nourrir en attendant de récupérer ma voie.
 A 10h30 ils m'ont dit qu'en fait ce n'était pas possible de poser deux voies dans la même veine.
 A 11h, ils m'ont dit que finalement c'était possible et qu'ils auraient une place pour le lendemain.
 A 11h30, ils sont venus me dire qu'en fait, tout bien réfléchi mon médecin nutritionniste ne voulait pas qu'on pose une autre voie d'abord et que je tiendrais bien 3 semaines sans être nourrie. (Oui alors là on va s'arrêter, respirer calmement et réfléchir tous ensemble.) Un médecin qui me suit depuis 3 ans, qui me demande de faire normalement 6 poches de nutrition par semaine, décide que finalement rien du tout pendant 3 semaines c'est correct.... Je... hum...Comment le formuler ? Ben... Je ne sais pas quoi dire. Mais peut être aurez vous plus les mots que moi. Perso j'ai 3 options :
1) C'était le 1er avril (mais en fait non. Donc option vite abandonnée. Dommage c'était crédible)
2) Il a une amnésie partielle et ne se souvient plus des prescriptions de base, qui je suis et peut être même qu'il est médecin. (On reste crédible, surtout pour la 3e proposition)
3) On se fout de ma tronche et on ne me prend absolument pas au sérieux !

Vu la suite des évènements j'ai opté pour l'option numéro 3.

Jeudi matin, on me fait passer un examen pour vérifier le coeur, puis les artères. Et là, moment royal.

Le médecin : Alors qu'est-ce qui vous arrive ? (Bon ben là vous êtes au courant donc je ne vais pas réexpliquer. Paulo, tu n'avais qu'à suivre). Ok. Donc... Pour l'examen, ils veulent qu'on vérifie les jambes. Vous avez mal ?
Moi : Non pas aux jambes, enfin pas plus que d'habitude. Vous êtes sûre que c'est ce qu'ils veulent ?
Le médecin : Ben ça me semble étrange, mais ils ont rempli un bon pour un examen des membres inférieurs. Je vais vous le faire mais à mon avis c'est pas ça. Ils n'ont qu'à apprendre à remplir des bons et expliquer ce qu'ils veulent. (Oh oh vous avez l'air chafouin. Vous vous êtes disputés ? Allez on fait un bisou et on oublie tout).

On a fait l'examen... J'ai du y retourner l'après midi même... Ils n'avaient pas rempli le bon bon (oh oh que c'est drôle ! Bon, bon. N'empêche après ça on dira que les gens qui précisent sur le ton de l'humour "Docteur la jambe droite hein, vous vous plantez pas hein !" juste avant de se faire confier à morphée pour une amputation, sont des lourdeaux...)

Vendredi on me dit qu'en fait on envisage de passer en entérale (Oui Paulo ? Entérale c'est quand on passe par le système digestif, technique utilisée il y a 3 ans se soldant par un échec. C'est cet échec même qui a poussé le corps médical a adopter pour la parentérale, c'est à dire via les veines directement. C'est bon Paulo ? Non y a pas de lien avec les vaccins là Paulo...) Que les examens sont vieux (ben ils ont trois ans quoi. Forcément si on doit mettre à jour tous les 6 mois je comprends le trou de la sécu...), que ça ne colle pas avec le syndrome d'Ehlers danlos hypermobile, que eux ils savent car ils sont centre de référence. (C'est quand même dommage qu'instagram, facebook et autres réseaux sociaux ne soient pas valables comme centre de référence, parce que je t'aurais référencé tous les sed hypermobile avec troubles digestifs et on aurait vu si ce n'était pas cohérent).
Bref j'ai du me justifier sur l'utilisation de la parentérale, sans aucun soutien de la part du médecin l'ayant mis en place (je dirais même plus un certain dédouanement mon cher Dupont !). Enfin je les comprends, si derrière on leur dit que je peux rester 3 semaines sans me nourrir... ça ne doit pas être facile facile de faire la part des choses. Bref je vais être embarquée dans une nouvelle série d'examens qui ne donneront sûrement jamais rien (ben tu devrais être contente alors non ? Ben non... Parce qu'à 15 ans face à une épaule visuellement luxée on a réussi à me dire que c'était psy, donc sur des symptômes non visibles et digestifs...Autant vous dire que si les examens ressortent négatifs (ce qui est souvent le cas dans le SED), ça va être coton de s'en sortir.

La semaine s'est poursuivie, avec un moral qui un peu comme le temps n'était pas au beau fixe. (Je récapitule : je suis affaiblie car pas nourrie, avec un corps devant faire face à une infection (dont le paracétamol n'est d'aucun recours), avec un corps médical qui me lâche complètement et remet tout en doute, seule, dans mon lit et dans un environnement qui n'est pas le mien. Avec un poids que je sentais s'envoler doucement. (Photo à l'appui, parce que bon si un jour mon doc tombe sur le blog par hasard... on sait jamais... il se dira peut être que c'était pas une bonne idée finalement la non nutrition... On peut rêver)



Autant vous dire que j'ai connu des jours meilleurs.
Le mardi, on m'annonce que je suis sortante le jeudi, avec poursuite des soins à domicile. Là j'ai osé un : Du coup ça va se passer comment ?
Le médecin (ha ben si elle avait une blouse blanche alors...) : Vous aurez les antibiotiques par voie veineuse.
Moi : Ok. Et pour l'hydratation ?
Elle (oui c'est une dame) : L'hydratation ? (Oui tu sais ce qui me permet de vivre encore un peu depuis 10 jours, les 2 litres que j'ai en continu...L'hydratation quoi).Ah mince y a ça, je savais bien que j'oubliais un truc. (Bon alors je veux pas être tatillon mais on oublie un truc quand on laisse son chargeur à la maison alors qu'on a une grosse journée, quand on oublie son MP3, quand on laisse sa carte de crédit dans le mauvais sac. Mais quand il s'agit d'un fluide qui peut maintenir les gens en vie... on oublie pas un truc !) Bon ben je vais voir ce qu'on peut faire. (Oui voilà, vole petit papillon. File comme le vent !)

Le mercredi à 10h, la cadre entre dans ma chambre en lançant un joyeux "c'est le grand jour !"(Quoi ? Noël déjà ???).

J'étais sortante le jour même à 13h30.  A 10h10 je reçois un appel de mon prestataire pour me dire qu'ils veulent bien me prendre en charge mais qu'ils ont besoin des ordonnances et qu'ils ne les reçoivent pas (oh ben attendez je vais rédiger ça de suite !).
A 13 heures la dame du ménage entre dans la chambre et me demande de partir pour qu'elle puisse travailler. Je suppose qu'à 13h15 une remplaçante usitait mon lit et la télévision grassement payée (si 5 euros par jour les gars, c'est grassement payé !) . Jusqu'à 14h40 j'ai donc attendu dans un couloir (assise youpi) mes papiers pour pouvoir partir.


A 15h30 je rentre dans mon doux foyer. Je reçois un appel de mon prestataire :
"Vous êtes encore à l'hôpital ?  Ha non ? On a un gros problème pour l'antibiotique. Il faut être en HAD pour l'avoir en perfusion. On va voir comment faire..."

15h40 (vous êtes à fond dedans avec mes horaires et tout hein, c'est angoissant ? ): Appel de la pharmacie. "Bonjour, c'est pour vous dire qu'on a bien reçu votre antibiotique en comprimés. Vous venez les chercher ? Sinon on vous livre ce soir, mais tard..."

L'hôpital a donc décidé de me faire prendre des antibiotiques initialement prévu par voie veineuse par voie orale (on en revient bien à l'option 3 non ? pour rappel : On se fout de ma tronche et on ne me prend absolument pas au sérieux !).

Enervée, fatiguée, je fonce à la pharmacie (mon rêve après 10 jours d'hospitalisation). Puis tout s'enchaine, livraison du matériel, arrivée de l'infirmier.

Le matin on m'avait retiré le cathéter périphérique posé la veille (dont on m'avait pourtant assuré qu'il partirait avec moi. Séparation déchirante, surtout pour mes poils...et oui révélation je suis poilue),

J'avais donc demandé comment allait s'effectuer les soins. C'est tout naturellement qu'on m'a répondu qu'on me piquerait deux fois par jours pour les perfusions et que l'hydratation passerait en sous cutanée dans le ventre. (Sous-cutanée ? Donc pas dans une veine Paulo, non non. Sous la peau directement, un peu comme quand ta veine lâche et que le produit se diffuse dans une sensation de brûlure continue. 2 litres. Sous la peau.)

Hier soir on a donc mis en place une aiguille dans le ventre qui injecte l'hydratation. Ben comme l'explication l'indique ce n'est pas agréable. J'ai une poche d'eau près du nombril. Ca pourrait être mignon... Si j'allaitais, on pourrait croire que j'ai une troisième mamelle. (D'ailleurs plutôt que de se gonfler au botox ou mettre des prothèses, je conseille de se faire gonfler à l'eau !)


Et là encore je me dis qu'on confirme l'option numéro 3. (Oui Paulo,On se fout de ma tronche et on ne me prend absolument pas au sérieux, comme toi un peu finalement non ?). Parce qu'en vrai il existe d'autres solutions moins douloureuses. Comme par exemple poser un cathéter en périphérie une bonne fois pour toute (enfin pour 4 jours quoi, durée de vie d'un cathéter); de passer les antibiotiques et l'hydratation dessus sans souffrir. 
Alors j'avoue ne pas toujours comprendre le monde médical, mais là ils battent des records. Je ne sais pas encore à l'heure actuelle (c'est à dire 5heures du matin, oui ben il est long l'article les gars, ça ne s'écrit pas tout seul), comment va se passer la suite des choses. Je n'ai pas envie de souffrir encore pendant 5 jours pour rien. 

Bon ben voilà, on a fait le tour. Avouez que si on récapitule on en a eu de l'élément perturbateur. Petit rappel :

- Refus de prise en charge du samu avec conseil de prendre un doliprane sur une septicémie. 
- Bon mal complété qui conduit au mauvais examen. 
- Nutritionniste perdu qui affirme que 3 semaines sans nutrition ça passe (alors que ce même médecin prescrit 6 poches de nutrition par semaine)
- Remise en doute continuelle des diagnostiques et de ce qui a pu être fait auparavant.
- Ejection de la chambre et poireautage dans les couloirs (c'est plus l'hôpital c'est une usine).
- Changement de mode d'administration pour la prise d'antibiotiques parce que sortie à l'arrache (si, si).
- Torture par l'eau (à une autre époque on appelait ça la planche à eau mais bon faut faire évoluer les techniques... Remarquez si on me force à revenir à l'entéral on en sera au même point que ci-dessous c'est peut être juste une préparation finalement...)


Du coup petit sondage (je tiens toujours mes promesses)

1) On rit
2) On pleure
3) On rit mais punaise que c'est triste et ça fait peur
4) On pleure de rire

Vous pourrez pas dire que je n'ai pas mis d'options... Faut toujours se laisser le choix dans la vie, (enfin ça... C'est ce qu'ils disent...Avant de passer sur la planche à eau quoi !)

P.S : Merci à Môssieur Clochette pour les photos en noir et blanc (pas la planche à eau hein, ça c'est un dessin).

P,P.S : Vous pouvez me retrouver sur Facebook.



mardi 3 avril 2018

"Paul" ... emploi de la honte...




Aujourd'hui j'avais rendez-vous avec mon conseiller Paul (pôle emploi quoi haha qu'elle est bonne !) J'ai pris rendez-vous de mon propre chef, toute seule comme une grande alors que j'y suis inscrite depuis décembre et que personne ne s'était encore intéressé à ma petite personne de chômeuse. (Vous me direz ça m'allait bien comme ça, car je n'avais pas souvenir d'une expérience formidable. Je me souvenais d'une fois il y a 3 ans où on m'avait proposé un job pour faire les vendanges... en fauteuil... Normal. J'aurais du demander si la rampe était bien à 5 % dans les vignes, mais j'ai oublié....)

Mais bon là j'étais obligée pour une question technique et hautement administrative (j'aurais pu dire hautement technique et administrative, mais ça serait mensonge...)

Bref il y a 3 semaines j'ai envoyé un joli mail explicatif à mon conseiller. J'ai reçu une réponse deux jours plus tard pour me proposer un rendez-vous dans 3 semaines, puisque mon dit conseiller n'était pas là. Super ! Ça tombe bien c'était pas urgent ! (naaaaan je déconne... Mais bon y a pas le choix alors on s'en contentera.)

Aujourd'hui (Jour J !), je prépare mes documents : convocation, attestation, contrats et puis CV. (Que j'ai mis sur une clé parce que j'ai plus d'imprimante et puis qu'on est en 2018 alors que ça devrait le faire normalement.) Je me présente 20 minutes avant le rendez-vous. (Au cas où il y ait du monde, que je me dis...) Dans ma tête j'imaginais ça :



Finalement je me suis retrouvée face à une porte close, où il était demandé de parler à un interphone. De là une voix à peu près aussi sympathique et enjouée qu'un membre de la SNCF actuellement (oui c'est gratuit, c'est cadeau !) me demande "c'est pourquoi ?" (Comme ça hein sans bonjour ni s'il vous plait). Alors moi de ma petite voix intimidée j'ai dit que j'avais rendez-vous dans 20 minutes. Et sans plus un mot la porte s'est ouverte ! J'ai découvert un monde lumineux, un grand espace... Le vide !

Enfin pas tout à fait, il y avait deux dames à l'accueil (les membres de la SNCF donc)... Et une personne devant un ordinateur. (Le presque néant quoi) 

Je me suis donc tout naturellement dirigée vers la personne de l'accueil, j'ai été reçu par un "La borne, faut vous identifier, ensuite vous vous asseyez." (OKKKK ! La bonne ambiance Jeannine hein ! L'accueil un métier de contact, un métier humain ! Des valeurs que vous incarnez parfaitement ! Douceur et volupté !) 

J'ai donc exécuté et puis j'ai attendu. Attendu... attendu... Entre temps deux personnes ont essayé de franchir les portes sacrées. Les malheureuses n'avaient pas rendez-vous, et l'après-midi, c'est l'unique sésame pour entrer. Elles ont donc été déboutées et on les a cordialement prié de se représenter un matin, à partir de 9h. L'une d'entre elle parlait en Anglais. Jeannine, ne maitrisait visiblement que la langue de Molière (Shakespeare il sert à rien de toute façon, même son nom il est super difficile... alors que M-O-L-I-E-R-E c'est ultra facile donc bon... tant pis hein !) Jeannine elle a dit à celle qui n'aimait pas les mangeurs de grenouilles qu'elle comprenait rien et qu'elle avait qu'à repasser demain à 9h. (On va pas se laisser embêter hein ? Et puis de toute façon personne autour d'elle ne parlait Anglais alors...) Le tout au travers d'un interphone, sans jamais ouvrir la porte. (On ne sait jamais trop de contact, c'est peut être nocif ! C'est pas comme si c'était des gens en recherche d'emplois et qui n'avait déjà pas forcément trop de contacts avec le monde hein ! Ils s'en remettront ! Jeannine elle, elle a sa tasse de café à finir donc ça va bien 5 minutes !) 

Sur ces entrefaites Paul (oui c'est mon conseiller, on va rester simple dans l'attribution de sobriquets. Jeannine c'était gratuit. Pôle emploi... Paul... Conseiller... Tout ça...), vient me chercher. 

Je découvre un gars, avec des pupilles dilatées de manière suspicieuse (Non je n'ai pas de preuve, si ce n'est cette tâche jaune sur ses ongles, le majeur et l'index... Je dis ça, je ne dis rien...) et abordant un coiffé/décoiffé non maitrisé (peut être que je le réveille ?). Il me fait entrer dans son bureau sans même me serrer la main. (Pour les règles de politesse je repasse demain 9h, du coup ?). 

Et puis a débuté un entretien que je n'aurais même pas pu imaginer dans mes rêves les plus fous. 1h30 de délectation. 1h30 de folie. (Ca sert à rien de payer une place de cinoche ou de théâtre quand on a Paul rien que pour nous). 

Pour vous donner une idée, Paul c'était un peu ça : (comme ça vous aurez la même image que moi dans la tête, et on peut partir sur de bonnes bases !)

Maintenant Ladies and gentlemen (ah Shakespeare serait fier de moi...  ), place au dialogue (oui c'est plus drôle comme ça et puis vous serez dedans.) Dooooonc nous sommes dans un bureau Paul d'un côté et moi de l'autre. Chuuuuut ça commence ! 

Paul : Donc on se voit aujourd'hui parce que... 
Moi : Parce que j'ai pris rendez-vous. (Ben ouais mon gars, si je n'étais pas intervenue, tu ne saurais même pas que j'existe.) 
Lui : Ha oui mais ça tombe bien, parce que vous voyez je voulais vous voir, donc nos rendez-vous se sont croisés. (Oh la belle coïncidence que voilà, c'est drôle la vie parfois, c'est fait de ci, de là... De toutes petites choses... Bon sinon on peut peut être arrêter de se prendre pour des abrutis mutuellement et avancer non ?) Donc racontez moi qui vous êtes, ce que vous voulez... 
Moi : (Euh qui je suis ? Vraiment ?) Et bien j'ai été diplômée d'un master, j'ai ensuite travaillé dans plusieurs structures. Mais j'ai mon CV sur une clé, je peux vous le donner ? 
Lui : Oulà non, pas sur une clé... (2018, l'avancée technologique, tout ça ? Non ? Restée avec les règles de politesse peut être ? Demain 9h ?) 
Moi : Ok, bon tant pis. Je vais vous retracer un peu ce que j'ai fait. (Là j'ai retracé mais bon c'est pas très amusant donc je vais passer pour en arriver à l'essentiel). 
Lui : Et vous avez quoi comme problème de santé ? 
Moi : Une maladie orpheline, qui me touche les articulations et je suis aussi sous nutrition artificielle. 
Lui : Nutrition arti... c'est à dire ? 
Moi : Je suis nourrie par perfusion tous les soirs ? 
Lui : Ah oui mais c'est psychique ? (Outch toi je sens que je vais t'aimer mon Paulo !)
Moi : Non, c'est mécanique. Mon estomac ne fonctionne pas. Mais ce n'est pas vraiment le sujet, aujourd'hui je viens pour une question technique et faire un peu le point... 
Lui : Mais c'est depuis l'enfance ? (Ma question technique ? naaaan depuis 3 semaines seulement, depuis que j'ai demandé un rendez-vous finalement hein !)
Moi : Oui...Enfin ça s'est empiré mais ça va maintenant je gère, il faut juste que je sois sur un temps partiel parce que je sais que temps plein je ne peux pas. 
Lui : C'est les vaccins ça... 
Moi : Pardon ? 
Lui : C'est le plomb et toutes les merdes dans les vaccins. Je m'intéresse beaucoup  aux maladies orphelines, ça se multiplie, ça vient de là. (Ben si tu le dis. Mais du coup Paulo, pourquoi tu n'as pas fait médecine ?) 
Moi : Ah ok. Du coup pour ma recherche professionnelle (oui parce que je suis là pour ça et pas pour débattre sur les vaccins, bien que ce sujet soit sûrement passionnant), j'envisage le concours de professeur des écoles. 
Lui : Hahaha. Mais non... c'est trop dur ça ! Pas pour vous. Non ce qu'il vous faut c'est un poste adapté. Un poste TH, vous voyez ? 
Moi : Heu... Ben... 
Lui : Si par exemple du télé-travail vous connaissez ? 
Moi : Oui mais... 
Lui : Ou mieux encore dans une boite, sur un poste TH réservé. Bon bien sûr les autres auront des impératifs de rendements mais vous non. Si les autres doivent passer 100 appels par jour et que vous vous en passez 10 bon ben ça sera déjà bien hein. Vous êtes handicapée donc on va pas vous demander du rendement. Nan un poste comme ça, ça serait super ! 
Moi : Oui mais ce n'est pas du tout ce que je recherche, j'ai fait un master je voudrais qu'il me serve. (Quitte à faire hein, si c'est pas trop demandé, sinon fallait le dire je me serais arrêtée avant !)
Lui : Mais vous croyez vraiment qu'on va vous confier des responsabilités ? Pour avoir des responsabilités, il faut être là en temps plein. On ne va pas vous attendre hein ! Vous imaginez quelqu'un qui attend une réponse "Ah ben non elle est pas là, elle travaille que le matin". Faut être réaliste. Non, vous il faut que vous visiez de la catégorie C ou B au mieux, mais sûrement pas A avec de l'encadrement. Un poste tranquille. Vous y êtes, vous y êtes pas, on voit pas la différence. (En gros un poste placard Paulo c'est ça ? Un joli petit placard dans lequel on range L'handicapé ?) 
Vous faites quelques heures histoire de vous faire un peu d'argent. De toute façon vous ferez jamais carrière, c'est pas ça que vous cherchez. Non vous il vous faut un boulot pour gagner un peu d'argent de poche. Vous acheter votre forfait de téléphone, des fringues à la mode de temps en temps, un coiffeur et puis voilà. 
Du coup j'avais envie de répondre : Oh oui et je pourrais m'acheter des bonbons avec la petite monnaie hein dit, dit ? Oh dit oui steuplééééé ! Et puis on s'en fout parce que moi mon argent en fait c'est juste pour faire des trucs cools ! J'aurais pas assez pour me payer un loyer et de l’électricité alors je ferais du shopping et je vivrais sous un petit pont... Ou non mieux, mieux ! Je vivrais dans mon placard ! C'est bien ça non ? Et comme je bosserai que deux heures dans la journée parce que finalement c'est tout ce que je vaux ben j'aurais le temps de faire pleiiiiiin de shopping pour bien aménager mon placard ! Il sera trop joli ! Et je pourrais inviter des copains pour jouer avec moi dans mon placard hein ! Des z'handicpés tout pareil non ? Parce que ben les autres dans la vraie vie ils travaillent fort et dur parce qu'ils sont très très demandés dans leur condition de valide ! Oh oui on va faire ça hein Paulo !
Mais j'ai rien dit parce qu'en vrai le seul truc qui est venu, c'est les larmes dans ma gorge serrée. Alors Paulo il a continué : 
Donc on dit un poste administratif, de la gestion de dossiers, c'est bien ça la gestion de dossiers. On va regarder par rapport à votre master ce qu'ils disent. Ha ben oui voilà ingénierie de formation. Donc monter des dossiers de formations, c'est bien ça. Ou alors travailler dans des centres pour des gens qui parlent pas Français.... c'est bien ça par rapport à vos études. Hé c'est pas facile hein parce que des gens qui n'ont jamais appris à lire ou à écrire, faut déjà leur apprendre à rester assis sur une chaise, c'est pas facile hein ! (Ben ouais c'est pas facile de rester assis sur une chaise, la preuve à l'instant même, je lutte...) Et puis vous allez faire des stages plutôt pendant que vous préparez votre master (mon concours tu veux dire ? Parce que le master je l'ai déjà du coup...) Vous faites des stages, comme ça ça fait pas de trou sur votre CV. C'est bien ça hein ! (Oh oui génial. Je me disais bien aussi qu'à 27 ans mon ambition c'était de faire des stages) Ou alors vous avez l'étude des capacités des gens. C'est bien ça non ? 
Moi : Euh oui mais les personnes qui font ce travail sont issues de quelles filières ? 
Lui : Oh ben je sais pas ergonome, psycho-motricien... (oui donc pas du tout mon domaine en fait hein on est d'accord. Mais je peux aussi aller vendre des pommes ou être factrice aussi hein c'est bien comme idée non ?)Bon donc vous voyez on a vu plein de pistes ! (oui des fausses pistes, mais des pistes quand même Paulo). Bon ben maintenant vous avez tout en main. Je ne vais pas chercher à votre place parce que vous avez un niveau intellectuel qui vous permet de le faire. (Ha je suis assez valide pour faire ça ? C'est gentil ça mon Paulo...ça me touche). 
Lui : Je ne suis pas médecin (non c'est vrai ? Oh j'y croyais tellement...) mais faut vous rendre à l'évidence des capacités que vous avez et l'adéquation (c'est pas trop difficile comme mot ça Paulo ? Tu crois que je vais comprendre ?) du travail en face. Les médecins ils disent n'importe quoi de toute façon. L'autre fois il m'envoie une dame analphabète, femme de ménage. Bon d'après eux les émanations des produits de nettoyage lui ont causé des problèmes de poumons... Moi je veux bien... Le médecin il me dit qu'il faut la mettre dans un poste du bureau. On fait comment ? Faudrait déjà commencé par apprendre à lire et écrire hein hahahaha (Oui et puis à s'asseoir du coup... et c'est pas facile on l'a déjà dit.) De toute façon on est dans des générations de dégénérés. Les vaccins font du mal (Paulo tu veux qu'on en parle ? Qu'est-ce qu'il y a ? Le médecin ne t'a pas donné de sucette après un vaccin et ça t'a traumatisé ? Non parce que là ça tourne à l'obsession !) Forcément leur merde ça monte au cerveau. Et puis c'est prouvé qu'un choc comme ça ça fait des bi-polaires, psychopates et dépressifs... C'est prouvé. (Oulà sujet glissant, tu veux y aller ? Tu es sûr Paulo ?) Puis les filles aujourd'hui à 15 ans elles se font violer (mais qu'est-ce qu'il se passe ? Quels sont les liens neuronaux pour faire de telles associations entre vaccins et viols ? J'ai loupé une étape Paulo, tu me perds...) mais forcément hein en faisant de l'éducation sexuelle à 5 ans. (De l'éducation sexuelle à 5 ans ? Mais sur la vie des escargots peut être non ?) Ils ne savent plus écrire, c'est une génération perdue ! Quand vous voyez les journalistes qui les interrogent dans la rue, ils savent pas aligner deux phrases. On se demande comment le journaliste a fait pour tomber sur le plus con d'entre eux. (Va falloir surveiller ton langage mon petit Paulo ! Tu dérapes !) Enfin, c'est comme ça hein... Vous avez quoi, 27 ans ? Ca va, vous êtes encore de la génération d'avant. 
Moi : Bien, bien. Bon ben on a fait le tour du coup ? 
Lui : Oui. On a bien avancé. (Alors moi personnellement, plutôt reculé mais... chacun son point de vue !) Je vous raccompagne. (Est-ce vraiment utile mon petit Paulo ? Je crois que je connais le chemin de la sortie et de la raison... Et ce n'est pas vers ton bureau !)
Moi : (parce que j'avais quand même envie de m'amuser un peu) Ha au fait avant de partir, on fait comment pour devenir conseiller pôle emploi ? 
Lui : On dépose un dossier. Mais on ne prend pas des gens hautement diplômés. Ici y en a un peu mais ils sont nuls. Non on favorise des profils comme le mien, de baroudeur. (Donc vous vous n'êtes pas nul c'est bien ça ?) Moi j'ai été en Allemagne, aux Etats-Unis. J'ai été prof d'histoire, de philo, banquier...  J'ai fait plein de choses dans ma vie. Je sais comment conseiller les gens parce que moi j'ai l'expérience. (Haaaa oui, c'est donc ça). Mais bon vous pouvez toujours déposer un dossier mais je vous préviens c'est intense. Regardez cette pile (Les 3 feuilles entassées là ?), et je ne vous parle pas des appels, des réponses à donner, des rendez-vous, non c'est très prenant. 

Du coup on est sortit de son bureau. Et là il a du m'amener par une autre sortie car l'entrée principale était verrouillée, avec rideau de fer baissé. Plus aucune âme aux alentours, à part Paulo... et moi. 
Donc on disait ? Des horaires de folies ? Métier très prenant ? 

Attendez je vérifie juste un truc... ha oui il est 16h20... 

Bon ben du coup, Paulo tu partages ton placard ou pas ? Non mais c'est juste pour savoir !