vendredi 31 mars 2017

Une crocs vaut mieux que deux tu l'auras !




Fin janvier je terminais mon article là dessus " Je me suis représentée de nouveau, on m'a accompagné dans ma chambre en me disant "Oui donc Mademoiselle Briochette je vais vous mettre votre bracelet, vous allez prendre votre douche rapidement car on vient vous chercher dans 5 minutes pour enlever le cathéter et... Poser un picc line !"

Et puis je suis partie comme ça, vous laissant froidement plantés là, devant la douche. Et j'ai promis juré (craché aussi mais c'est pas très propre alors il faut éviter de le faire) que je reviendrai (un jour) raconter la suite. (Bah deux mois c'est pas si long non plus hein faut pas exagérer !) 

Allez on prend un plaid, une petite tisane et c'est partit dans le monde merveilleux des aventures hospitalières de Clochette ! (chhhuuuuuut ça commence !) 

Moi : - Quoi 5 minutes pour prendre ma douche et me changer ? (ah ben je vous avais dit hein on rentre direct dans le vif du sujet) Non allez je déconne, en vrai de vrai c'est pas le temps de la douche qui m'a fait tiquer, vous pensez bien ! (C'était une petite blague pour se remettre dans l'ambiance, bon maintenant c'est sérieux... Chuuuuuut ça commence !)

Moi : - Quoi ? Comment ça poser un picc ? 
L'infirmière : - Ben oui, c'est bien pour ça que vous êtes ici, c'est marqué sur la feuille ! 
- Ah ben oui mais non, je ne suis pas d'accord pour le picc line, je l'ai dit et redit au docteur. Alors on m'enlève le broviac actuel et on stop là ! 
- Oh ben je ne sais pas moi, vous verrez avec eux au bloc... 

Oui voilà on va faire ça, on va attendre et me laisser un peu le temps d'angoisser et puis je négocierais tout ça, une fois nue et vulnérable sous ma petite blouse de reste de dignité, avec deux médecins autour de moi. Ça me semble effectivement une super option de faire ça comme ça ! Pourquoi on s'embêterait à réfléchir d'égal à égal, tous bien habillés et avec tous nos moyens. (Oui j'insiste un peu là dessus mais je vous promets que de discuter d'un sujet qui vous concerne en étant dans vos vêtements, debout ou assis (peu importe) en face de quelqu'un et le faire allongé avec deux têtes au-dessus de vous alors que vous ne vous sentez pas la plus à l'aise dans votre tenue ben... c'est pas pareil ! Étonnant non ? Et encore on avait pas opté (enfin surtout eux) pour l'anesthésie générale, sinon je vous laisse imaginer l'étendue possible de votre libre-arbitre dans les décisions...) 

Comme je suis parfois gentille, que l'infirmière au fond n'y était pour rien, que j'avais déjà pris le temps d'envoyer des textos à la terre entière (c'est à dire à ma môman et môssieur briochette) pour les prévenir que "de toutes façons si ils me touchent hein ben ça va mal finir pour eux"... Il était tout de même l'heure d'aller se savonner joyeusement à coup d'ibiscrub (le remplaçant de la bétadine en version améliorée car transparent). 
Ce moment de délectation extrême (vous pensez bien ça serait dommage de s'en priver) était à peine terminé, que mon carrosse était avancé. (Bon pour les chevaux blancs on repassera, un lit qui couine c'est bien aussi !)

Je vous épargne la descente fantastique au bloc, somme toute assez classique. Mon chauffeur était gentil et calme. Ce qui contrastait fortement avec son collègue un peu lourdeau pour qui la phrase "Tu prendras la patiente" a eu  l'air de résonner de manière graveleuse dans sa tête (si j'en juge les regards appuyés à son collègue et son ricanement stupide de type "fin de journée au comptoir du coin à mater des nanas à poils sur un calendrier" et surtout cette magnifique réponse "Ah ouais, je veux bien la prendre ouais !" Dans d'autres circonstances j'aurais pu m'énerver mais là... on allait me forcer à mettre un picc line que je ne voulais pas alors bon... Faut avoir le sens des priorités dans la vie et je ne peux pas m'énerver pour deux choses en même temps, sinon je ne m'énerve qu'à moitié et mal. Ca serait dommage de bâcler !) 

Au bloc, une infirmière et un chirurgien m'accueillent. Je reconnais le dit médecin, car c'est lui qui m'avait posé mon troisième picc. (Il a un petit accent, ça aide ! Le docteur, pas le picc, ça ne parle pas un picc ! Allez on se re concentre ! ). 

- Bonjour Mademoiselle Briochette, vous êtes prête ? L'infirmière m'a dit que vous refusiez la voie ! Pourquoi ? 
(Ouais ben ça je le savais que j'allais devoir encore me justifier. Un "non je vous emmerde c'est mon corps je fais ce que je veux" ne serait pas acceptable je suppose ?) 
- Oui, j'en ai parlé à mon médecin, il est d'accord pour ne rien poser tout de suite. On a eu des échanges là dessus. Toutes les poses se sont terminées en échec alors... 
- Ha ha mais ça c'est parce que je n'étais pas là ! (Et votre égo il était là ? C'est pour ça que vous êtes passés au crocs dans le milieu médical, pour avoir plus de place ?) 
- Hum, ben en fait, on s'est déjà vus, vous m'avez déjà fait une pose... 
-Ah bon ? Peut-être... Bon détendez-vous là vous avez l'air toute stressée, on n'est pas bien là ? 

Allongée sur une table où j'ai à peine la place de tenir avec mes bras contre le corps ? Nue ? (oui encore hein excusez moi j'aime pas trop cette pratique !) Sans savoir si mes choix vont être respectés ? En sachant pertinemment que je vais avoir mal car l'anesthésie mes tissus s'en contre carrent l'oignon ? Oh ben si alors, qu'est-ce qu'on est bien, on recommence très vite hein ? Promis ? 
Je me suis contentée d'un : "J'ai un peu froid en fait" (Oui je suis faible.)

L'infirmière gentille (c'était mon alliée je le savais, celle qui allait m'aider à vaincre l'ennemi) est allée me chercher une couverture chauffante. J'étais mieux. Ensuite on m'a demandé ce que je voulais qu'on mette comme musique dans le bloc, pour que je me détende. (C'est plutôt cool cette pratique, mais est-ce que quelqu'un osera vraiment dire un jour "J'adore la variété Française !" Non ! On est tous pareil, Mozart c'est bien non ? Ou Beethoven ? ... Du coup pour trancher je dis toujours "un truc instrumental" genre musiques de films... Je me vois pas trop demander du Pink ou Muse... L'instru ça passe partout et ça n'énervera pas le chirurgien. Si un jour un fan de Matt Pokora ou Lorie demande à ce qu'on lui passe ça, est-ce qu'on ne risque pas de multiplier les erreurs médicales ? Bref...) 

On a mis de la musique et on a attendu... 

Là mon docteur est arrivé en lançant un "Bonjour, il fait froid dans ce bloc, vous êtes bien vous sous votre couverture" (Ouais la meilleure place, on échange ?)
Et puis c'était partit... Mise en place du champ opératoire, première injection d'anesthésiant... Aie... "Vous sentez ?"... Deuxième injection, troisième.... AIEUUUUHHHH ! "Vous sentez encore ?" ... Quatrième... 
Là j'en peux plus, j'ai mal, je le sens, je commence à me tortiller un peu. Le chirurgien me lance "C'est pas possible hein vous pouvez pas sentir, ça fait pas mal là y a la dose maximum d'anesthésiant ! Et c'est le plus fort que je puisse mettre j'ai mélangé deux produits ! " Et comment tu expliques que je bouge très exactement à chaque fois que tu essayes d'y toucher ??? 
Je me sentais seule, l'infirmière alliée qui me tenait la main, les larmes qui coulaient. Et là, surprise générale, un renfort inattendu. Mon docteur, celui là-même qui d'habitude avait l'air en retrait, prend ma défense et dit à son collègue "C'est particulier sa maladie, il faut l'écouter. Si elle dit qu'elle a mal, c'est qu'elle a mal.Les tissus ne réagissent pas comme tout le monde. On a eu des soucis avec les anesthésiants" Qu... QUOI ? Vraiment ?  A ce moment exact j'ai eu envie de lui dire Merci, (oui avec un grand M) de lui faire un câlin, un peu de reconnaissance enfin ! 
Bon j'ai pas eu le temps parce que le charcutier poursuivait sa tâche. Au bout d'un moment, mon docteur (oui je me l'approprie que voulez-vous), m'a demandé si je voulais faire une pause... Je n'ai pas refusé. Un peu d'humanité face à l'extracteur violent de mon KT ! 
Je n'ai pas passé un bon moment, et finalement non on n'était pas bien là. C'est avec fierté que Monsieur Crocs chevilles gonflées m'a dit "Voilà c'est bon, elle peut se détendre. Il est enlevé, c'était pas si terrible non ? C'était juste désagréable parce que vous sentiez mes gestes mais c'est tout ! Elle a eu peur !" 
 Non je n'ai pas eu peur, non je n'ai pas seulement ressentis "tes gestes". J'ai senti des éclairs traverser mon corps à chaque fois que tu faisais pénétrer ton aiguille dans mes tissus, j'ai senti ces mêmes tissus se déchirer au retrait du KT, j'ai senti l'aiguille quand tu as tenté de recoudre la plaie. Alors non vraiment je ne vais pas me détendre tout de suite et je vais laisser le temps à la zone traumatisée de mon corps de se remettre. Parce que ce n'est pas juste une aire de jeux pour tes mains de chirurgien, c'est ma peau, ce sont mes tissus. Parce que ce soir quand tu vas rentrer chez toi tranquillement, je vais ramener la douleur que tu as créée en partie et dont tu ne tiens absolument pas rigueur. Parce que pendant 10 jours, je vais souffrir à la moindre respiration, au moindre geste. Parce que dans tes livres on t'a peut être appris que ce genre d'opération ça se faisait sans anesthésie générale, et que c'était un geste banal, mais que dans la réalité de tes Crocs ça ne se passe pas toujours comme ça ! Parce qu'un peu d'humanité ne m'aurait pas fait de mal ! Et parce que "ELLE" te dit merde ! (Non mais oh !) 

Finalement ils ont décidé de ne pas recoudre ! MON docteur a eu un peu de peine pour moi (en tous cas je l'ai pris comme ça) et a demandé à son collègue si on pouvait se permettre de laisser la plaie se refermer comme ça. Il a répondu que ça serait moche, on a dit "tant pis". J'étais sauvée ! 

Docteur Crocs a demandé à son infirmière de "nettoyer tout ça" parce que ça avait bien saigné (je pense que je faisais partie du tout ça !) et il est partit en me répétant que vraiment c'était pas si difficile et que quand même l'anesthésie ça marchait et faites moi un sourire ! Parce qu'une jeune fille comme vous ça doit sourire ! (Et un médecin comme vous, ça doit faire quoi ?)

Ensuite je suis remontée dans ma chambre avec le lourdeau graveleux, les yeux encore humides. Je me suis remise de mes émotions et j'ai pu rejoindre mon doux chez moi... En transports en commun (oui je fais ça souvent !) Je suis peut être une chochotte qui ne résiste pas à la douleur aux yeux du docteur chevilles enflées mais je ne fais suer personne pour mon retour à domicile, je fais tout comme une grande ! 

Bien entendu nous n'avons pas posé de picc (oui j'ai vaincu), alors je me suis déshydratée en attendant ma nouvelle bouche. C'était un risque à prendre (bah oui mais aussi tu veux pas boire un litre et demi par jour alors bon !) J'ai fait des allers et retours pour des perfusions sur la journée et j'ai pu tenir jusqu'à l'anesthésie générale pour mon nouvel ami ! 

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de petites bactéries (non c'est pas vrai pour le moment j'ai juste quelques colonies mais c'est pas grave on cohabite ! Ah non c'était pas une blague par contre, faut pas que tout fonctionne, ça ne serait pas drôle sinon) 

THE END  (enfin jusqu'à la prochaine fois quoi !) 

PS : Pour les crocs si vous voulez je peux faire des commandes groupées ! 

Re ps : (oui on dit pps mais c'est embêtant de faire comme tout le monde ) : Vous pouvez liker la page facebook ici (et n'hésitez pas à partager) 

Re pps : Pour les crocs on oublie, Christina Cordula me signale que pour les gens comme vous, il ne faut pas en porter... Vous aurez qu'à sourire !! 

Re re pps : Mais facebook ce n'était pas une blague...  ici

mardi 14 mars 2017

Juste une petite pause



Non ça ne sera toujours pas la suite de l'article du mois de février... Mais c'est promis vous l'aurez un jour. 

En vérité, je ne sais pas si cet article restera longtemps sur le blog. Aujourd'hui, j'ai juste envie de déverser ce que je ressens sans réfléchir. Je ne sais pas s'il aura un sens pour vous, un début ou une fin. Cet article n'apportera rien de constructif. (Ben au moins vous ne direz pas que vous n'êtes pas prévenu). 

Aujourd'hui j'ai besoin d'écrire parce que j'ai mal. J'avais déjà écrit un texte sur la douleur (ici), mais c'était plus une "prose" qu'une expression de mon ressenti profond. J'ai besoin d'écrire parce que la douleur me grignote. J'ai besoin d'écrire parce que c'est ça ou exploser, alors autant partager un peu...

Souvent on me dit que je suis "courageuse".
 C'est faux, terriblement faux. Je suis de plus en plus lâche, de moins en moins combative, de plus en plus plaintive. (Et cet article le prouve dans toute sa splendeur). Et il n'y a aucun courage dans ce que je fais. Je serais courageuse si je m'opposais à quelqu'un en train de se faire frapper, je serais courageuse si j'arrivais à dire ce que je pense vraiment aux gens lorsqu'on m'énerve, je serais courageuse si... 

Souvent on me dit "Je t'admire, je ne sais pas comment tu fais." 
Je ne fais pas, je n'ai pas le choix, c'est aussi simple que ça. J'affiche un joli sourire de circonstance lorsque j'y suis obligée, je me farde un peu. Oui je me farde, c'est plus juste que de dire que je me maquille, je trompe, je cache les cernes, je fais "comme si" ... Mais "comme si" quoi ? 

La vérité c'est que je pleure, que je craque et que je me maudis de faire souffrir mon entourage en leur disant que je n'en peux plus de cette douleur quotidienne. Que je me déteste lorsque j'ai envie de tout lâcher et que je leur montre cette faiblesse. Parce que pire que la douleur physique, c'est de voir celle que j'inflige à ma famille quand je dis ce que je ressens au plus profond de moi.  La vérité c'est que je déteste me voir changer de comportement, modifier ma manière d'être, n'être plus celle qui prenait tout avec tant de légèreté. La vérité c'est que j'ai conscience de tout ça et que c'est encore pire. Je ne suis pas dans l'illusion, je me vois être infecte parfois, triste souvent. A ce moment là, je ne leur donne plus cette image de fille "courageuse" qu'il faudrait pourtant avoir. Parce que je suis dans un entre deux où j'ai envie de hurler mon besoin d'être soulagée, tout en étant sur la réserve pour préserver les gens que j'aime...

La vérité c'est que je supporte de moins en moins ces gens donneurs de leçons qui disent à tout va "Mais faut rien lâcher hein, c'est une mauvaise passe, ça passera..." ou "Les progrès médicaux sont remarquables"...  Vraiment ? Ca passera ? Tu es médecin maintenant ? 
Ce n'est pas du défaitisme, mais on n'en sait foutrement rien ! J'entends que ça ira mieux depuis mes 10 ans, que cette maladie n'évolue pas... Est-ce que je suis vraiment obligée de faire le bilan de ma santé 16 ans plus tard ? 

"Tu devrais aller à l'étranger, c'est mieux chez les autres..." 
Non, pour en discuter avec des québécois, des belges et autres pays étrangers, il n'y a pas de révolution chez eux. C'est une idée reçue... Idée tenace certes mais fausse tout de même. Au risque de décevoir, l'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs.

La vérité c'est que je supporte encore moins ces mêmes personnes qui comparent à leur vécu, qui se sentent obligées de donner des leçons sur notre manière de vivre. Non ne plus manger de gluten ne m'aidera pas plus, et oui je pense que mon "Chi" mon "QI" ou mon "Gong" sont bien équilibrés... Je pense également que ton mal de dos ne sera jamais comparable aux sensations combinées en période de grosses crises, d'enfoncement de multiples aiguilles dans les articulations, d'un semi-remorque qui me roulerait dessus avec en prime un petit lutin qui prendrait mes intestins pour des écharpes à tordre et enrouler joyeusement.
 
A la question "Mais tu as mal comment ?", j'ai envie de répondre "qu'est-ce que ça peut faire" ? Cette douleur tu ne la connaitras jamais, parce que c'est la mienne, parce que c'est mon ressenti, parce que tu ne vis pas avec, et parce que c'est sa durée combinée à son intensité qui la rend insoutenable. 

 A la réflexion " Oui mais quand même y a pire que toi, hein ça fait pas mourir" ou "tu as bonne mine pourtant", j'ai envie de répondre.... Non en fait, je n'ai même pas envie de rétorquer car il n'y a rien à dire, à part que la bêtise est humaine. 

Aujourd'hui n'est pas une bonne journée, ça passera je le sais. Demain, après-demain, dans 10 jours peut-être... Les crises vont et viennent à leur gré. C'est comme ça il faut s'y faire et ne pas s'en faire. Il faut prendre les moments positifs et les regrouper dans un coin de sa tête pour se faire une projection privée et se rappeler que les grosses douleurs passeront, qu'elles se feront oublier et reviendront plus tard. Emmagasiner les bons moments pour mieux s'en servir les jours comme celui-ci. 

 Dans un monde idéal j'aurais le droit à une pause. Un moment off sur la maladie, l'opportunité d'avoir un jour entier sans douleur aucune, une semaine de vacances pendant laquelle toutes les activités que j'avais prévu pourraient se réaliser. Un moment off où je serais capable d'aller au travail comme tout le monde, de faire des heures supp' sans le payer ensuite... Un moment off où je pourrais voir des amis deux soirs d'affilés, profiter des soirées avec Môssieur Clochette sans être épuisée. Un moment off où je n'aurais plus de choix à faire entre m'amuser, me balader ou travailler. Un moment off où manger ne serait pas un problème. Ou je me maquillerais non pas pour cacher mais pour sublimer. 

Juste une toute petite pause... 

FIN (ouais ça devait être  précisé parce que bon... J'avais dit hein que ça n'aurait aucun sens, j'ai juste déverser un peu de mon amertume... mais c'était MA pause après tout) 

PS : Merci aux gens que j'aime d'être fidèles, de ne pas se détourner, de rester forts pour moi quand je baisse les bras, de me supporter, de supporter tout ça. Poutoux tous doux (ben quoi quitte à ce que ça soit nian-nian autant y aller jusqu'au bout) 

PPS : Et pour les autres... Non rien en fait...






jeudi 9 mars 2017

Et le masque tombe...


Bonsoir/ Bonjour (oui à 2h du matin je ne sais pas bien comment me situer) fidèles du blog ! Parce que mon article tarde à venir (oh j'en ai bien conscience), j'ai décidé de te livrer 25 faits sur moi, inédits, parfois ridicules, souvent cocasses mais toujours vrais pour te faire patienter ! (Attention c'est du lourd !) 

1) J'ai peur des jardins non clôturés, dont une partie n'est pas visible et où plusieurs entrées sont possibles... En gros je préfère un balcon quoi ! (ouais j'avais bien précisé "ridicule", je vous met dans le bain.)
2) Je ne connais pas le silence absolu. J'ai des acouphènes (M'sieur ça fait du bruit dans ma tête !) J'entends donc des sifflements, des cloches, des bourdonnements ou encore des effets de feux d'artifices (ouais j'entends ce que ça fait mais c'est pas facile de vous l'expliquer), c'est sympa mais parfois c'est un peu embêtant. Ça s'amplifie quand il n'y a pas de bruit (ou trop), quand je suis trop fatiguée (donc souvent quoi) et avant qu'une migraine se déclenche (chacun ses prodromes d'abord).
3) Quand j'étais petite, j'ai reçu un coup de hache (une vraie pour couper du bois, c'était un accident... Enfin c'est ce qu'on m'a dit)
4) Je suis en couple depuis l'âge de 16 ans avec Môssieur Briochette et c'est le seul homme de ma vie. (Enfin que j'ai connu quoi, enfin que j'aime quoi, enfin vous avez compris quoi !)
5) Je ne supporte pas les cris et les conflits (J'ai le coeur qui s'emballe et ça me fait pleurer. Je suis comme ça depuis petite, pourtant j'ai vécu dans un environnement calme)
6) Je ne supporte pas l'échec. (J'ai raté mon code une fois, j'ai refusé d'entendre parler de tout ce qui gravitait autour de ce mot pendant des années. Je suis une traumatisée de la non réussite)
7) Quand j'étais en CE1 la maitresse m'a traitée d'idiote du village devant toute la classe parce que je ne réussissais pas un exercice. (Ah ben ceci explique peut-être le 6... Allez savoir)
8) Petite, j'étais allergique à la tomate sous toutes ses formes. Interdit pour moi le Ketchup (ouais ben c'est pas facile les frites sans Ketchup hein d'abord ! Mais maintenant c'est tout bon chef, je suis guérie... Enfin pour le ketchup quoi !)
9) Je déteste le chèvre et son odeur. (C'est instantané, ça me fait vomir. Pour ma  défense la même maitresse de CE1 nous a forcé à boire du lait de chèvre sortant du pis et... Ben faut pas me forcer quand je dis non. Au passage, (oui c'est un bonus) même histoire avec la rhubarbe pour laquelle on m'avait dit que c'était de la tarte aux pommes et qu'en fait je n'ai pas aimé. Mais bon comme c'était dans mon assiette j'ai du terminer cette pomme qui n'en n'était pas une. Coup de chance je n'aime pas la rhubarbe mais j'affectionne encore les pommes. Bref je n'aime pas le chèvre... Et je n'aime pas la pizza non plus, mais ça c'est juste une question de goût, pas d'histoire derrière (et ce n'est pas un dégoût profond, juste que je ne prends pas de plaisir en en mangeant, si j'étais obligée j'arriverais à me forcer sur la pizza, sauf si elle est au fromage de chèvre.... Bref je n'aime pas le chèvre quoi !)
10) Je n'aime pas Harry Potter... Ni le Seigneur des anneaux.... Ni le monde de Narnia (Fallait que vous le sachiez, tous ces films un peu fantastiques à succès, c'est pas mon truc)
11) Petite, mes dessins animés préférés étaient : Pocahontas et Anastasia. (Ouais ça sert toujours à rien de le savoir, mais que voulez vous je vous ai promis des livraisons de mon moi intime, et ça fait partie de mon histoire :) )
12) J'adooooooore les crêpes. Je pourrais en manger TOUT LE TEMPS ! (Enfin sopaliner maintenant !)
13) Enfant, j'adorais aller à l'école le samedi quand il pleuvait. (Je trouvais ça cool de regarder l'eau qui coule (mouhaha) pendant qu'on était bien au chaud avec les lumières allumées... C'était pas la même ambiance le samedi matin avec les lumières allumées quand on récitait nos poésies...Voilà, voilà)
14) Je suis sensible et pleure facilement. (La fatigue aidant je peux pleurer devant une vidéo avec un papa qui signe à sa fille sourde le jour de son mariage ou devant un père qui revient de la guerre aux états-unis. Je ne les connais pas ces gens et pourtant...Ah oui et les exemples de père sont un exemple je n'ai aucun problème avec la figure paternelle, je pleure aussi devant une vidéo d'enfant qui reçoit un chiot pour Noël alors vous voyez !)
15) Ma maman nous mettait à chauffer nos pyjamas et chaussons sur le radiateur et nous préparait des chocolats chauds à la casserole pendant que nous étions dans le bain quand on rentrait tout mouillé ou qu'il faisait trop froid dehors. (Et souvent après on mangeait des crêpes)
16) J'ai été habitué à manger des "lait-tartines" (parfois avec du jus de fruit à la place du lait et des croissants ou céréales à la place des tartines... Oui c'est un concept... Le soir quand personne n'avait trop faim... Et on adorait ça !)
17) Mon papa nous faisait plein de voix différentes en nous lisant les histoires le soir. (Et oui, j'avais le droit à une histoire avant de me coucher... Maintenant je suis obligée de lire toute seule et c'est moins drôle, mes voix dans ma tête elles lisent moins bien... )
18) Faire du théâtre me manque. J'ai fait un bac littéraire option musique et théâtre. (Ah on fait moins les malins là hein !)
19) J'adore chanter mais pas devant quelqu'un. (ni derrière d'ailleurs... j'attends d'être seule en somme) 
20) Avant l'ère d'internet, j'ai passé des soirées sur mon bureau à écouter des cassettes et jouer avec abus des boutons pause et play, pour écrire les paroles de mes chansons préférées.(Mais bon maintenant y a google)
21) Je rêve d'avoir un singe, ou au moins de les rencontrer un jour. Ces animaux m'ont toujours fasciné. (Et oui je me suis renseignée dans le zoo de ma ville natale pour savoir quelles démarches je devais faire pour pouvoir en adopter un... Et puis aujourd'hui j'ai compris que ça serait plus simple d'aller les voir dans leur milieu naturel.)
22) Je déteste l'administratif. (J'y travaille mais je n'aime pas ouvrir le courrier, ni regarder mes comptes...C'est pas facile !) 
23) J'ai eu une période où j'adorais les chiffres romains et les dieux égyptiens... (Je ne dirais pas que ça m'est passé, mais disons que je ne suis pas incollable sur le sujet, et effectivement il n'y a aucun lien entre les deux.)
24) Je déteste le pain perdu. (Mais je sais pourquoi et c'est bien là l'essentiel... Quoi ? Vous voulez savoir aussi ? Oui mais si je vous le dis mes parents vont pas êtres contents... Je vous aurais prévenus hein mais vous vous en fichez vous, vous ne les aurez pas au téléphone hein ! Ben en fait, le pain perdu, c'était le truc que mon pôpa nous cuisinait les très rares fois où ils se disputaient avec ma môman. C'est arrivé deux fois dans ma vie, mais comme j'aime pas le conflit ben j'aime pas le pain perdu quoi !)
25) J'aime le bruit de l'eau et l'odeur de la mer. (Par contre je ne suis pas fan du batifolage joyeux au milieu du monde marin... Je ne partage pas mon bain avec n'importe qui non mais oh !) 

Le bonus 26) J'adorais dormir chez mes grands-parents. Le soir on mangeait du chocolat en buvant une infusion verveine avant d'aller se coucher. (C'est aujourd'hui la seule infusion que j'aime... Je me rends compte que finalement dans ma vie les aliments je les aime ou non en fonction de ce qui s'est passé avec, c'est grave docteur ? Bon cela dit les lasagnes j'ai rien vécu de spécial avec elles et je pourrais en manger sur la tête d'un galeux (ça vous fait rêver là non ?)  Le matin je les rejoignais dans leur chambre et j'avais le droit de regarder la télé (c'est à dire les aventures de Kangoo, puis Kangoo junior ou encore les malheurs de sophie) au lit (qui se relevait avec une télécommande, le lit hein pas la télé... Révolution !) pendant qu'ils se préparaient. Ensuite on déjeunait des tartines grillées ou des petits pains au chocolat (si c'était mercredi) en écoutant la radio. La journée ma mamy fabriquait de la colle avec de la farine et de l'eau, m'apprenait à reconnaitre les oiseaux, et me chantait des chansons sur la balançoire. Et avec mon papy on allait bricoler dans la cave derrière. Parfois on faisait l'inventaire des bouteilles de vin qui lui restait (du bon vin hein !)  ou des petits outils (écrous, vis...) J'adorais faire ça avec lui ! Et sinon on découpait du bois avec sa scie circulaire pour fabriquer des nichoirs ou des boites pour mes poly-pockets.Et ensuite on jouait au solitaire (sur l'ordinateur ! Non mais allo quoi ! Dans les années 90 faut vous rendre compte ! ) ou mieux on pouvait pianoter sur le Minitel (en faisant attention parce que certaines manipulations pouvait nous faire basculer dans le côté payant de la chose ! (Bon raconté en vrac comme ça je ne sais pas trop ce que ça donne, mais dans ma tête (encore elle) c'est de sacrés bons souvenirs)

Ben voilà, je crois qu'on a fait le tour. Y a pas à dire hein, pas besoin de psychothérapies quand on a un blog :) 
PS : Je reconnais que cet article ne servait absolument à rien ! Mais en même temps, ça vous a fait sourire un peu non ? Allez ! Avouez !

mardi 31 janvier 2017

Et soudain tout change... ou pas !





Vous connaissez mon amour pour les péripéties hospitalières (et puis les autres hein pas de sectarisme). En ce moment l'actualité est palpitante, on parle de la vie des politiques, la vie de politiques et... oh la vie des politiques ! 

C'est pas que je sois jalouse, mais bon merde (crotte) quoi ! Dans ma vie aussi il se passe des trucs et personne ne le dit. Alors pour réparer tout ça, j'enfile de ce pas mon costume de reporter hospitalier tout épreuve. (Je mérite ma carte de presse parce que même dans zone interdite, il ne donne pas autant de leur personne pour être au plus proche de la réalité !)

Il y a quelques semaines, je me suis aperçue que ma peau se fissurait en toute tranquillité autour de ma deuxième bouche. Pas grand chose, la taille d'un grain d'Ebly tout au plus, mais suffisamment pour qu'on aperçoive le blanc chatoyant du tuyau en toute transparence ( Je parle toujours du Broviac les gars ! Mais quel esprit mal placé... C'est fou ça !)
Par acquis de conscience, j'ai envoyé une photo à mon service préféré. (J'ai plus de photos médicales dans mon téléphone que de selfies...) Vous avez suivi (ou pas mais ça c'est de votre responsabilité) les aventures trépidantes consacrées au sauvetage de Mister Broviac (c'est comme Mister T, on se demande tous ce qu'il est devenu !). Du coup, je ne m'attendais pas à recevoir un coup de fil le lendemain soir pour me dire : 
- "Oui bonjour Mademoiselle Briochette, on a bien eu les photos, bon ben on va l'enlever...." 

Euh... What ? Comment ça "il faut l'enlever". Nop ! Ce n'est pas possible. Je vous représente le contexte : on parle ici d'un cathéter mâle, âgé de quelques mois, en pleine croissance. L'individu a été sauvé plusieurs fois d'une mort certaine car attaqué de toutes parts par de vilaines bactéries. Abreuvé d'antibiotiques, il s'est battu comme un lion pour survivre... Et vous, pour un grain d'ebly mal placé vous me signifiez devoir ... l'enlever ? 

- "Vous comprenez qu'on n'a pas le choix maintenant, il vous embête depuis le début... Mais ce n'est pas grave, on va le changer. Il faut qu'on fixe une date, on va vous remettre un picc line et puis... Vous pleurez ?" 
- "Oui." (Bon ben là rien de drôle à raconter, j'étais dans un état plus que pathétique, entre l'énervement notoire d'être prévenue au travers d'un bête téléphone, sans personne en face de moi, seule dans ma cuisine, tout en me remémorant la douleur infligée par la pose, les hospitalisations à répétition, et mon ras le bol de tout ça. Ouais ben je vous l'avais dit hein, c'était pas drôle.) 
- "Oh mais faut pas vous mettre dans cet état. Ce n'est pas grave." 

"Ce n'est pas grave"... Est-ce qu'on entre dans les sujets de bac de philo ? Qu'est-ce que la gravité pour chacun ? La gravité est-elle la même pour tous les êtres humains ? Le curseur de gravité se mesure t-il par nos expériences passées ?

Non en effet face à un cancer en phase terminale ce n'est pas grave. Si je compare avec la faim dans le monde (c'est l'ironie pour quelqu'un nourri par un bout de plastoque), non ce n'est sûrement pas grave. Si encore, je prends comme outil de comparaison la coupe de Mireille Mathieu, non ce n'est pas grave. (Là je vous l'avais pas dit qu'on avait tous notre niveau de gravité ?) 


Mais bon, c'est quand même mon corps qu'on va charcuter, mon travail que je vais devoir encore louper, ma vie qu'il faut que je réorganise encore et toujours...  

Du coup, la nuit suivante j'ai décidé d'arrêter de tout accepter et d'écrire un mail (ouuuuuh la rebelle !). Je me suis opposée à la pose d'un nouveau picc-line, qui deviendrait le 4eme en moins de deux ans. Qui me forcerait à réintégrer dans mon intimité les infirmières. Qui me priverait encore un peu plus de liberté. 

Dans un premier temps on m'a dit respecter mon choix... puis on m'a rappelé... à peine 24 heures plus tard. 

"Bonjour Mademoiselle Briochette. Voilà on s'est dit que vous aviez sûrement réfléchi, et on a une place demain pour enlever votre broviac et poser un picc line..."

Conseil à vous qui me lisez, si une situation vous semble difficile surtout prenez le temps de la réflexion... Ne vous précipitez pas... Laissez mûrir les choses, laissez les s'imposer à vous... N'hésitez pas à prendre 10 minutes, ou une heure  pour être bien certain de vos décisions... Visiblement ça suffit ! 

J'ai du le décevoir car je n'avais pas changé de positionnement. Nous avons donc raccroché sur un "bon l'essentiel c'est que vous buviez bien un litre par jour minimum". 

Mais... mais... Juste pour savoir, pourquoi je suis sous nutrition déjà ? Ah oui je ne peux ni boire ni manger... Non, non, c'était juste pour être certaine c'est tout ! Donc un litre par jour... Ben voyons... 

Finalement, les jours sont passés, les kilos se sont envolés petit à petit, la soif s'est faite ressentir...Bref que du bonheur. 

Finalement, ils ont décidé de retirer la bouche fautive sous anesthésie locale. J'ai essayé de demander une générale au vue des expériences passées. (Sujet philo : Notre vie est-elle une construction de nos expériences passées... Oh ben tiens comme le curseur de gravité du coup... ? )
Ils ont refusé, pour seul motif "qu'on n'a jamais vu une extraction de KT sous anesthésie générale"... 

Ah ben si on n'a jamais vu alors...  

Avouez, z'êtes curieux de savoir comme ça s'est passé le jour du retrait hein ? Bon ok, je vous raconte. 

J'avais rendez-vous pour 11h. Une heure de transport environ pour atteindre le lieu tant convoité : l'hôpital. Comptons environ 45 minutes pour faire les étiquettes ! J'arrive une heure avant en salle d'attente et là... Une foule digne d'un premier jour de soldes devant les galeries Lafayettes ! 

Je m'arme de patience, écoute attentivement, soupire, me tourne et retourne sur les sièges en bois à peu près aussi confortables qu'un tapis de fakir. Je vois les minutes passer, l'heure du rendez-vous se rapprocher, et les numéros rester... stationnaires ! 

Environ 40 personnes devant moi, deux guichets ouverts... 

Je décide d'appeler le service, en vain. Je me saisis donc de mes affaires, abandonne ma place au premier rapace venu (faut pas se leurrer, une place libre dans un hôpital c'est comme un pot de nutella ouvert devant un diabétique... Une tentation sans nom !) Je gravis 4 à 4 les marches pour atteindre en un temps record le 4e étage. (Ok, j'ai pris l'ascenseur) 
Je préviens confuse du temps d'attente encore conséquent aux étiquettes, tout en montrant l'heure d'arrivée sur mon ticket (Je vous jure m'dame ça fait une heure que j'attends). Je redescends, fais une croix sur une place assise, patiente encore... 
Une heure et quart d'attente plus tard (Je rappelle quand même que c'est pour imprimer des étiquettes d'entrée dans un service hein, pas pour concocter un plat 4 étoiles d'écrevisses sur son plat de foie gras qu'on attend !), j'accède enfin au bureau. 

"Bonjour madame je viens pour..."
"Attendez.. Hé tu fais quoi Marie-Thérèse là ? Tu touches pas l'ordinateur hein, ça fait 3 fois que j'essaye de régler mon écran... Quoi ? Ah ben oui mais après ce n'est pas toi qui doit plisser les yeux, moi je vois pas les pages internet après... Hein ? Non ! Non ! On mange ensemble ce midi ? Oui, j'ai pris mon casse-croûte mais..."
"Raclement de gorge de ma part"
"Oui ? Bon ben allez-y je vous écoute" 
(Elle est bien bonne celle-là, une heure et quart d'attente, tu me fais encore patienter pour parler encas avec ta collègue, et c'est moi qui semble te mettre en retard ? Bref...) "Oui donc j'ai rendez-vous dans le service suivant, ils m'ont donné le numéro pour vous faciliter la tâche..."
"Hum... Votre carte vitale elle est pas à jour là hein !"
"Je sais mais votre borne ne fonctionne pas..."
"Ah ? Elle fonctionne pas.. Bon ben je vais forcer mais... Oh ben vous avez plus la prise en charge 100 %"
"Si il a été renouvelé en décembre..."
"Ah ben c'est pour ça alors, mais votre carte elle est pas à jour..."
"Oui, je sais puisque votre borne ne fonctionne pas donc...J'irais demain dans une pharmacie mais actuellement je ne peux faire plus..." (Voyez ???) 
"Bon... Hé Marie-Thérèse tu lui as dit au gars pour le repas ? Attendez hein... "
(Ben oui je ne suis pas en retard ça tombe bien)

Au final, j'ai mis plus de 20 minutes pour les avoir mes étiquettes... J'ai donc  gravis 4 à 4 les marches pour atteindre en un temps record le 4e étage. (Ok, j'ai pris l'ascenseur) Je me suis représentée de nouveau, on m'a accompagné dans ma chambre en me disant "Oui donc Mademoiselle Briochette je vais vous mettre votre bracelet, vous allez prendre votre douche rapidement car on vient vous chercher dans 5 minutes pour enlever le cathéter et... Poser un picc line !"

Bon allez encore une fois l'article s'étiiiiiire alors pour épargner vos yeux, vous permettre d'avoir d'autres activités dans la vie que de lire un article trop long, je vais le faire en plusieurs fois... On va faire comme dans les films : 

A suivre...

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jeudi 5 janvier 2017

Bon ben... On partira pas en vacances et puis c'est tout !





3h45 : Insomnie bonjour ! 

Comme ça fait un moment que je me tourne et retourne dans ce petit espace appelé "lit", j'ai décidé de dire merde à Morphée et de lui faire l'affront de partir ! Avant de me réveiller vers 2h !(Alors oui je vous vois venir : ouais mais 2 heures si tu t'es couchée à 20h, ça va ! Sauf que je me suis couchée à 23h... Du coup ça fait pô beaucoup pour mes petits yeux fatigués...), j'ai fait des rêves/cauchemars. Vous savez ces songes où vous n'êtes pas plongé dans un film d'horreur, où vous n'avez pas de monstres à combattre, pas de violeurs, tueurs fous auxquels échappés, mais juste une sensation de malaise, une sensation de mal-être même ! Alors pas besoin de me lancer dans explications folles d'analyse du rêve pour lequel je me demanderais ce que signifiait ce champ vide à perte de vue (l'incertitude professionnelle ? La peur d'être seule dans mes nouvelles fonctions ?) Naaaaaaan rien de tout ça ! Pour une fois j'ai l'explication de ce qui me turlupine. Et comme il est tard (ou tôt) et que je sais que vous adorez me visualiser en père castor, je vais vous raconter une histoire ! 

Hier, bien installée derrière mon bureau, faisant face à mon écran et cernées par de multiples feuilles volantes (mais importantes !), j'essayais péniblement de terminer une tâche ingrate (mais importante !) : la réservation des séjours été ! Le principe est somme toute assez simple : j'ai des groupes de vacanciers composés de personnes en situation de handicap et d'accompagnateurs. (Oui alors pour qu'on s'entende bien sur groupe, on évite le côté sortie de foyer à 15 en fauteuil ! Du coup ce sont de petits groupes, des groupinets, des noyaux de 4 à 6 personnes : une famille quoi !) 

Grosso modo : 80 vacanciers au départ (ouep, ça en fait du groupe !), une bonne trentaine de destinations à trouver et le tout parfaitement accessible. Alors accessible en fauteuil (c'est une base pour notre public) mais également avec la possibilité de livrer des lits médicalisés, des lève-personnes, loger du matériel de type chaise-douche (non non on ne peut pas prendre le tabouret de la cuisine pour le mettre dans la salle de bain ! Je vous vois venir petits filous !), chaise-pot et autres joyeusetés. (C'est marrant au départ, mais en fin de journée on a juste envie de se réserver une villa Belambra pension complète au bord de la mer avec piscine et courir (ou rouler, c'est selon !) très loin !

Bref. J'en étais à mon avant dernière réservation, quand est arrivé l'élément perturbateur de ma nuit. (Oui, oui j'en suis toujours là.) J'appelle un lieu de séjour envisageable car j'avais déjà réservé pour un groupe de 4 pour la deuxième quinzaine. (Pardon ? Comment ça : c'est quoi la deuxième quinzaine ? Ben celle d'août voyons ! Vous savez la plus compliquée et la plus chère à avoir au monde avec la première quinzaine d'août ! Oh ben c'est marrant ça, parce que ce sont les deux quinzaines que l'on doit réserver !) C'est donc naturellement (et afin d'économiser mon peu de forces restantes et de "sourires" dans la voix lors de mes appels) que j'envoie un mail (c'est une autre technique de préservation. Attention, à ne faire qu'après avoir établi un premier contact téléphonique... Pour ferrer le poisson, voyez ? En jetant trop vite les infos de manière triste sur un écran, les gens n'entendent pas ce petit ton de supplication et les larmes coincées dans la gorge : "sioupléééé dites-moi qu'il reste de la plaaaaaaace". C'est une réalité, on entend moins le ton dans un mail, rendons-nous à l'évidence.
Ce lieu proposait une prestation parfaite avec pleiiiiiin de logements accessibles et même du choix : les piverts ou les chocolatines ? (Dans un soucis d’anonymisation (c'est pô facile comme mot) parfaite, j'ai bien entendu changé les noms des résidences proposées, en revanche j'ai gardé le ridicule de ces derniers.) C'est donc confiante que j'ai formulé ma demande : une réservation pour 6 personnes sur la période Q.1 (Non je dirais pas ce que c'est ! Il faut faire travailler vos méninges, c'est pour votre bien que je fais ça ! On s'encroûte après les fêtes, le cerveau est en hyperglycémie, il refuse de bosser, alors hop au boulot ! Non mais.)
Quelques minutes après l'envoi du mail, le téléphone pleure sonne. (En vrai vu la sonnerie, c'est moi qui ai envie de verser quelques larmes à chaque fois qu'il me "strie" (j'ai cherché désespérément le terme, mais ça ne vient pas, il est 4 heures vous allez me l'accorder j'en suis sûre ! Strier, de strident... Voilà, voilà.) dans les oreilles. 

- Action associative Clochette, bonjour ! (Entrée en scène du personnage 1)
- Oui bonjour, est-ce que je peux parler à Clochette s'il vous plait ? (Entrée du personnage stupide 2) 
- Euh, ben oui... C'est moi. (Comme l'intitule : Clochette bonjour !) 
- Ah oui ! Alors voilà je vous appelle car comme je disais à ma collègue hein ça sera plus simple hihi (alors oui il y a bien eu ce ricanement de "c'était la grosse marrade au café Jean-Louis ! On t'a pas raconté ??? Rooooh ben faut qu'on te raconte"...)
- Vous avez bien fait, c'est parfois plus simple. (Mais bon si j'avais pu éviter hein !)
- Alors voilà, du coup on annule Q.2 et ses 4 personnes pour remplacer par Q.1 et ses 6 personnes ? 
- Ah non on garde les deux ! (Comme l'indique dans mon message la phrase suivante :  "est-il possible d'ajouter une réservation supplémentaire"...L'ajout n'est pas un concept simple je sais.)  
-Ah d'accord, oh ben j'ai bien fait d'appeler hein comme je le disais à ma copine. (On passe de collègue à copine. Vous étiez peut-être dans une journée fille : masque, thé et viennnnns on se fait les ongleeees ! Du coup je comprends l'appel, le téléphone ça risque moins de faire de traces sur le vernis encore coulant... Alors que taper un mail...) Mais par contre hum... Je suis un peu embêtée parce qu'un groupe de 6... 
- Vous n'avez plus de place ? 
- Ah si ! Enfin... L'été c'est... Hum... Comment dire... 
- Oui ? (Allez vas-y, on ne te veut pas de mal, tu peux t'exprimer librement et sans crainte)
- Ben pour les dates, vous ne voulez pas venir hors saison ? 
- Ah non on ne peut pas, elles sont fixes car basées sur les fermetures d'établissements. (Argument imparable ! Et vrai surtout !)
-Ah oui. Mais pour 6 c'est compliqué. On a bien les piverts de libre mais... Enfin... En fait vous comprenez l'été chez nous c'est familial. 
- C'est à dire ? 
- Ben les parents viennent avec leurs enfants (alors la définition de familial je maitrise à peu près (pas aussi bien que celle d'ajouter mais quand même, j'ai des notions)... Le "c'est à dire" s'adressait plutôt au sous-entendu inquiétant... Mais je comprends qu'il y ait pu avoir confusion). 
-Oui, oui d'accord, mais en quoi est-ce un problème pour l'accueil de nos vacanciers ? 
- Il y a beaucoup d'enfants et souvent votre public...Ce sont des séniors non ? (Hé non raté bichette, je vais t'apprendre un truc triste mais réel : tous les handicapés ne sont pas grabataires... Même que chez nous, ils y sont de naissance, c'est con hein la vie !)
- Non, non enfin tout dépend la limite que vous fixez à "senior" (je sais pas si pour le commun des mortels c'est 60 ans peut-être que pour un handicapé qui va faire peur aux enfants c'est 35 ?) mais pour ce groupe clairement non !
- Hum. Mais quand même... Un groupe de 6... Enfin, je vais voir avec ma direction mais bon...Avec les enfants et les parents... 

Voilà. 

Voilà ce qui m'a fait rêver/cauchemarder. La bêtise humaine. Parce qu'en vrai je ne pense pas qu'elle se faisait les ongles, c'est juste difficile de laisser une trace écrite de : "Désolée, nous ne pouvons accéder à votre demande. Nous avons les structures adaptées, la place disponible en revanche visuellement nous ne pouvons accepter trois "handicapés" en même temps dans notre petit environnement si familial. Vous imaginez s'ils bavent ? Ou pire gesticulent en criant ? Ils vont effrayer nos petites têtes blondes. Cordialement et meilleurs voeux. Bisouuuuus"

Ben ouais c'est compliqué de l'écrire. Mais c'est aussi très violent à entendre. Comment peut-on se permettre de réfléchir comme ça ? Comment peut-on trier le public reçu sous prétexte qu'il n'est pas dans la "norme" ? 

Oui j'ai eu mal au coeur. Oui ça m'a remué les tripes. Oui j'ai eu un petit peu envie de pleurer (et pas qu'à cause de la sonnerie du téléphone). Alors j'ai raccroché (un peu con je dois l'admettre) et j'ai été le raconter à ma collègue (à la manière d'un évènement traumatisant qu'on doit exprimer pour soigner). Elle m'a dit que c'était déjà arrivé sur les séjours précédents de recevoir des appels des directions d'établissements pour dire que nos vacanciers criaient trop, gesticulaient trop...
Non ce n'est pas être mal élevé. C'est juste que quand la parole te fait défaut, ton corps s'exprime autrement. C'est juste que quand une partie de ton cerveau est touché, tu ne contrôles pas ton corps comme tu veux. Tu fais des gestes incontrôlés. Et donc ? On les enferme ? On protège la population de cette vue si "misérabiliste et réduite de l'être humain" ? (C'était de l'humour hein s'il est utile de le préciser... Bien sûr qu'il faut les enfermer !!! OOooh revenez ! On rigolait bien...) 

Alors encore une fois je me rends compte que le chemin est long, que les pensées doivent encore évoluer...

 Allez venez je nous fais une résa de groupe et on part dans un monde moins violent ! 

Ah on me dit dans l'oreillette que vous êtes trop nombreux. Ah et vous là-bas trop petit... Vous là, trop en fauteuil, et vous vous avez un air louche... Bon ben... On partira pas en vacances et puis c'est tout ! (Pas besoin d'être riche pour bien voir toussa toussa...)






vendredi 23 décembre 2016

Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir !




Hier, on nous a donné un nouveau canapé (#jevousracontemavie) ! 

Bref, quand il est arrivé, on s'est bien rendu compte que ça allait pas être fastoche de le faire passer dans les portes. (Mais si ça va rentrer Marcel !). Il faut voir la bête ! Shrek à côté c'est un liliputien ! 
Pour porter l'engin : deux personnes. (Dont je ne faisais pas partie, vous pensez bien ! Je me luxe déjà en me brossant les dents alors bon faut pas pousser mémé dans les orties.) En bonne superviseuse, j'essayais d'encourager mes deux porteurs. De là un monsieur un peu baraqué est arrivé pour aller diner chez sa belle-soeur (#jevousracontesavie), et nous a gentiment proposé d'aider à déménager. Nous avons accepté prestement. (Et lui a du regretter d'avoir été serviable !)Après quelques manoeuvres délicates, un démontage de pieds (ceux du canapé, pas les nôtres), quelques bruits suspects, le voilà bien installé dans notre salon. (Et je tiens à dire qu'il y restera et sera cédé avec l'appartement !)
Tout ça pour dire, (oui parce que parfois ce que je raconte à un sens), que pour remercier notre déménageur de l'extrême (j'exagère à peine), Môssieur Clochette et moi-même sommes allés lui acheter une boite de chocolats. Cette action nécessitait donc de sortir et d'affronter ce monde ô combien cruel et froid, qu'est l'extérieur. (Oh oui ! Chouette ! On va dans le générateur d'anecdotes !!)

Sur le trajet, nous rencontrons un monsieur, en tee-shirt, et aveugle. (Avec la canne et tout et tout. Je ne sais toujours pas si le fait d'être bras nus et aveugle sont en lien. Il n'avait pas vu qu'il faisait froid peut-être ? Roooooh). 

Alors que nous traversions au même passage piéton que lui, nous nous rendons compte qu'il se dirige droit sur un parking à vélos, scooters et autres véhicules motorisés (ou non) de votre choix. 
Tel Batman venant en aide à Robin, nous nous jetons sur lui pour le maitriser et le sauver d'une mort certaine... Bon ok, on a juste été vers lui pour le prévenir des obstacles et lui proposer de le ramener sur le droit chemin. (Le trottoir quoi !)

Bien mal nous en a pris ! 

Le dit monsieur, plutôt que de nous remercier a commencé à nous déblatérer toute sa haine des valides. En gros le discours était le suivant :
"Oui ben aussi tout le monde se gare n'importe comment ! Y a toujours des obstacles ! Ah j'aimerais bien vous y voir moi les yeux bandés toute la journeé ! Ses jeunes qui font des grandes études dans le handicap hein et qui sont cons (si si il l'a dit), oh c'est facile de faire de grandes théories... Puis ces gens qui se garent sur les places handicapés, vous ne vous rendez pas compte vous hein ! Vous faites comme vous voulez mais après c'est nous qui en pâtissons... Vous êtes tous pareils toute façons..."

Là ça a commencé à me tendre un peu. Pourquoi ? 

1) Je ne supporte pas qu'on s'en prenne aux gens qui viennent vous aider. Je peux comprendre sa détresse mais faut pas s'étonner si les personnes vous laisse bien dans la mouise le jour où on a besoin. (Je dis "on" car je m'englobe dans les personnes à mobilité réduite qui sont bien contentes qu'on leur tienne une porte de temps en temps !) 
2) Sans le savoir, il me visait directement car je fais partie "De ces jeunes cons qui ont fait de grandes études sur le handicap". Alors oui c'est théorique certes ! Oui on a des idées qui ne sont jamais mises en application fautes de moyens certes ! Mais il y a au moins quelques personnes qui essayent d'améliorer les choses. Etre toujours dans le négatif et la victimisation c'est fatiguant.
3) La victimisation justement, parlons-en. Ce cher monsieur, avec qui nous avons essayé d'établir un dialogue (mais qui en fait était lancé dans son monologue), réfutait tous nos arguments sous pretexte que nous ne pouvions pas comprendre "nous gros cons de valides" (Il l'a pas dit comme ça mais c'était l'idée). Mais pourquoi mon gars ? Pourquoi tant de haine ? Du coup, je lui ai dit que j'étais moi même en fauteuil roulant, et que l'histoire des obstacles et des places de stationnement je pouvais bien comprendre. Je me suis dit que s'il sentait que je faisais partie de "son clan" ça serait plus facile pour discuter (et surtout s'en défaire car c'était vraiment relou !!) 
Et bien... non ! Il m'a répondu " Ah mais chez les handicapés aussi y a des cons hein !". 

Du coup la "conversation" était complètement stérile. Nous avons essayé de partir à plusieurs reprises, prétextant un rendez-vous... en vain. J'ai même essayé le subterfuge d'appel sur mon portable avec celui de Môssieur Clochette, en laissant mon téléphone en sonnerie forte... en vain. 
A force de l'entendre déblatérer, j'ai arrêté d'avoir pitié, nous avons dit aurevoir et sommes partis. Ce sur quoi il nous a dit "Oui ben les gens sont toujours pressés, mais réfléchissez à tout ça hein, parce que bon c'est pas..." (Ah non je ne sais pas la fin, parce que je suis vraiment partie !)

Alors la conclusion de tout ça ? Je pense que ce monsieur est seul et en profites donc pour déverser sa rage sur le premier couillon, la première personne serviable qui se propose de l'aider. Peut-être qu'il en veut à la vie, qu'il n'a pas accepté son handicap, qu'il était vexé de se prendre un vélo devant témoins. (Freud est en moi! Bon en vrai j'en sais rien, il est peut être juste "con", c'est très répandu comme maladie.)
Je me dis juste qu'avec des personnes aussi aigries et mal-aimable, il ne faut pas s'étonner ensuite si on devient de plus en plus individualiste. Parce que tout ce qu'a gagné ce monsieur avec moi, c'est que la prochaine fois je le laisse se débrouiller ! 

Voilà, tout ça pour dire : on a un nouveau canapé ! Mais bon vous vous en fichez vous "cons de valides"... Et cons d'handicapés aussi hein ça marche pour tout le monde ! 

PS : Joyeuses fêtes de fin d'année, paix, amour et ... entraide ?  Oh non, ça c'est trop risqué !

vendredi 9 décembre 2016

Bienvenue dans ce monde fou, fou !


Quand j'étais plus petite, (le logo HD ne trônait pas encore dans le coin supérieur droit de notre télévision), je regardais une émission le mercredi aprem' sur la 6 (M6 Kid je crois mais celui des années 90 !), dans laquelle était diffusé le monde fou de Tex Avery ! 
Un cartoon, qui avait pour générique la merveilleuse, la sublime, l'enchanteresse musique suivante : 

"Bienvenue, dans ce monde fou, fou, fou ! Ce monde loufoque et fou ! Fou, fou, fou, fou, fou !" (Non ne me remerciez pas, l'option "j'ai l'air dans la tête à partir de maintenant et ce jusqu'à la fin de la journée" est incluse) 

Bref, aujourd'hui deux solutions s'offrent à moi : 

- La première : J'ai fait un saut spatio-temporel et j'ai rejoint Tex dans ses folles aventures. (C'est possible j'ai croisé une mouche ! Ouep ben si vous ne comprenez pas la référence, z'aviez qu'à être un peu plus assidus sur les dessins animés des années 90 non mais !) 

-La seconde : En fait, ce dessin animé n'était qu'une copie de notre réalité actuelle. (Plus facile de pencher pour la première option, car la seconde impliquerait que Brody Dowler (l'auteur !!! Va falloir suivre hein les gars, sinon on n'y arrivera pas !) ait eu une vision de la société 20 ans plus tard (ouep déjà, je vous avais dit qu'il n'y avais pas encore la HD). Voir dans l'avenir étant peu probable, penchons nous sérieusement sur l'hypothèse du saut spatio-temporel, beaucoup plus crédible !)

Quoi qu'il en soit, je reste septique de ce monde qui m'entoure. Et comme je vois que je pique votre curiosité, je vais vous raconter. 

Ce matin, rendez-vous au laboratoire. J'y vais bon an, mal an (chuuuut j'utilise les expressions que je veux ! ), fatiguée et douloureuse, en mode : "Choisissez bien votre jour pour m'embêter... Pas aujourd'hui par exemple".

 Bon ben... Le message n'est visiblement pas passé ! 

Après de longues minutes d'attente à observer les deux secrétaires présentes de mauvais poils (Bon elles ont le droit d'appliquer la phrase ci-dessus, le truc c'est qu'elles font de l'accueil, un métier de contact, toussa, toussa), c'est enfin mon tour. Je me ramène avec mon ordonnance habituelle et une petite nouvelle envoyée par un centre génétique pour faire avancer la recherche. (Comme je donne déjà mon sang régulièrement je ne suis plus à ça près !) 

La secrétaire aussi aimable qu'une porte de prison m'adresse un :

- Vous êtes majeure ? 

(Ben je sais que je ne fais pas mon âge, mais j'ai 26 ans quand même, ça en fait du gâteau mangé et des bougies soufflées depuis mes 18 ans ) Je me suis contentée d'un rictus, suivi de : 

-Ben oui, largement même ! 

Ce sur quoi elle a rétorquée : 

-Bah je sais pas moi hein, c'est pas marqué sur la feuille. 

Certes, mais tu as des yeux non ? Regardes le monde qui t'entoure comme il semble beau  (fou ! fou !)
 Et puis c'est pas pour faire ma rabat joie (loin de moi s'en faut .... JE FAIS CE QUE JE VEUX POUR LES EXPRESSIONS !!!!) mais sur les deux papiers de consentements joints à l'ordonnance, que je t'ai gentiment et poliment confiés au début de notre entretien, tu l'as ma date de naissance !
  Et parfois connaitre l'âge c'est pas facile hein !  Je suis la première que ça énerve quand je demande : Il a quel âge ? Et qu'on me répond "Il est de 52 !" (Ouais, vous les connaissez ces gens hein qui font ça... Spécial dédicace à mon papa, champion dans cette catégorie !) C'est pas un âge "Il est de 52" et pis d'abord je suis nulle en calcul mental et j'ai pas envie de faire la soustraction ! Mais là quand même de 90 à 2016... 2016-20, ça fait du 1996. Donc si après tu te dis qu'il faut que j'ai 18 ans,  (pour avoir 18 ans  faut deux ans de moins, donc deux années de plus ! C'est fastoche là hein ! C'est vous aussi qui ne vous concentrez pas, je vous vois ! Vous êtes dissipés depuis tout à l'heure à fanfaronner le générique de tex !) Ben faudrait que je sois née après 1998 pour ne pas être majeure ! 1990... 1998... Même sans effort....

Donc après confirmation de ma majorité, nous avons pu procéder à l'examen. (Enfin avant j'ai attendu 30 minutes dans la salle d'attente. Là, la secrétaire est arrivée en me donnant le double du papier que je lui avait précédemment laissé. Elle me dit que c'est pour moi. Je lui dit que non, le volet un et deux sont à renvoyer avec le prélèvement et que le volet trois, qui effectivement était pour moi, avait déjà été récupéré. Elle me dit qu'elle n'en n'a pas besoin et que soit je le prend, soit elle le jette. Je décide de le garder... Sait on jamais... 

C'est mon tour.  Là le patron qui réalise la prise de sang me dit : 

"Bon je vous redonne tout et vous l'emmenez directement." (Ce n'était pas une question ?)
"Ha ben non, je préfère que vous fassiez l'envoi, comme c'est marqué sur la lettre de l'hôpital parce que là moi je ne vais pas courir jusqu'à là-bas. (Parce que de un je suis fatiguée, de deux j'ai mal, de trois, si c'était pour courir ben j'aurai fait le prélèvement direct à l'hosto et pas dans "mon laboratoire de proximité", de quatre, doit quand même y avoir une manière de conserver le bazar, le froid, le chaud tout ça, si à la fin les échantillons pouvaient encore être exploitables, et de cinq, c'est ton job non ?)
"Ben c'est vous qui voyez mais faut payer le transporteur hein !"
"..."
"C'est 9 euros le transporteur."

Et bien mon gars, je prends en charge le transporteur puisque je n'ai d'autre solution à portée de main. (Non l'emmener directement n'était pas une option, toujours pas !) 

Je repasse donc vers la secrétaire, qui me hèle. (Non, non mais j'arrive)

Secrétaire 1 : - Ah mademoiselle Briochette, ça tombe bien que vous repassiez ! (Oui enfin j'étais là et comme on m'a dit de revenir vers vous, et que dès que je suis sortie de la salle vous m'avez demandé d'attendre, vous avouerez tout de même que la probabilité pour laquelle je fuite, était somme toute assez faible...Mais bon, ça tombe bien !)
En fait le papier de tout à l'heure, j'en ai besoin ! (Ben voyons !) Vous aviez raison, il faut envoyer les deux volets. (Hé oui ! C'est pas facile hein !) Et pour le transporteur alors du coup... ça fait 24 euros ! 

(C'est à peu près à ce moment là que j'ai failli m'étouffer !)

Moi :  - Non, non ! Votre collègue m'a dit 9 euros ! (Je suis naze en calcul mais quand même, ça fait une sacrée différence là non ?)
Secrétaire 1 : - Ah ben écoutez moi Colibri (Non ne me demandez pas, je ne sais toujours pas qui est, ou ce qu'est, ce colibri. Je suppose que c'est un équivalent d'un colis max pour nous mais allez savoir... Ils ont peut être laissé le pigeon voyageur pour un format réduit et plus rapide !), c'est marqué 24 euros. J'ai que des colibris à 24 euros ! (A ce prix là, ce sont au moins des inséparables ! Sinon à Jardiland, y' a pas de promos pour Noël ?) 

Sa collègue dépressive (oui j'en mets ma main au feu !), intervient alors. (Elle qui fait toujours des erreurs et ne sait jamais comment on fait !) 
Secrétaire 2 : -Si ! C'est 9 euros, 24 c'est quand c'est hors de la ville. 
Secrétaire 1 : (Qui ne peut pas encadrer la secrétaire dépressive dite secrétaire 2) 
- Oui, ben là c'est en périphérie ! 

(Ouais enfin les filles, on ne va pas charrier quand même, l'hosto se trouve en agglomération. Déjà 9 euros pour transporter deux fioles de sang, c'est pas donné, alors si en plus on applique le tarif "Hors" parce qu'on a passé une rue et donc changé de panneau, ça ne me fait pas trop rire ! Le colibri il s'en fout non ? Ça fait quelle distance... à vol d'oiseau hein ?)

Secrétaire 2 : - Non, mais même tu mets quand même 9 euros... (Merci ! Je t'offrirais ta boite de Xanax la prochaine fois, ça me fait plaisir !)
Secrétaire 1 : - Bon ben écoutez hein, je trouve pas ! Je facture 9 euros et puis voilà je trouverai plus tard ! 

Ok donc là je règle 9 euros, parce que vous m'avez dit que "petit colibri" était à ce prix là mais je n'ai aucun justificatif  ?  

"Bienvenue, dans ce monde fou, fou, fou ! Ce monde loufoque et fou ! Fou, fou, fou, fou, fou !" 

J'ai réglé et je suis partie. J'avais pas envie de me battre, et finalement vu le temps passé, j'aurai eu presque le temps de l'emmener moi même la bouffe de Dracula ! 

Enfin rentrée dans mon doux chez moi, je reçois un appel de la pharmacie (que mes journées sont palpitantes !)

- Oui, bonjour, vous allez rire hein (ouais là je ne sais pas trop... Demain peut-être ?) mais on vient de constater avec ma collègue que la biseptine flacon est en rupture de fabrication... Et les ruptures ça peut être long... On fait quoi ? 
-Ben euh... (Je vous dirais bien : on a qu'à mettre du savon dans de l'eau et ça fera pareil mais je ne suis pas certaine...) Vous n'en n'avez plus du tout ? 
- Si 4 flacons, je vous les mets quand même ? (Oh ben non, gardez les si jamais...)
- Oui, ça me semble déjà un bon début. 
-Puis pour compléter je vous mets des sprays ? 
- C'est pour mettre en grosses quantités sur des compresses, ça ne va pas le faire, si ? 
- Ben ça sera plus long et moins économique mais si, si ! (Tu m'étonnes que ça sera plus long !)
- Ok, ben faites comme ça et je prends contact avec l'hôpital si jamais ça se prolonge qu'on sache quoi faire. 

A peine raccroché, j'enchaine avec l'hôpital, à qui j'explique le soucis et là.... : 

"Ah oui on sait, ils sont en rupture jusqu'au 2 janvier !"

M-E-R-VEILLEUX (Ouais ben là pareil, si vous ne connaissez pas Jim Carrey vous loupez plein de choses !) 

"Mais on a vu avec les hygiénistes et on va remplacer par de la Bétadine jaune pour les manipulations et de la rouge pour la désinfection du point d'émergence !"  

D'accord ! Donc je résume (C'est pour moi hein n'y prêtez pas attention) 1) Vous étiez au courant de la rupture, 2) Vous avez une alternative. Oh mais attendez j'ai une idée ! 





Pourquoi ne pas prévenir vos patients tout simplement ??? Quelle merveilleuse idée !!!

Bienvenue, dans ce monde fou, fou, fou !!!!! 


PS  : Merci à M'sieur Clochette pour la photo d'illustration (celle avec Mickey !) Elle est de lui et illustre parfaitement cet article cartoonesque ! Merci merveilleux Chéri ! (Quoi ? Z'êtes jaloux ? Je vous aime aussi va !) 

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