dimanche 7 février 2016

Je suis un loup.







Je suis un aimant.

 Un aimant à emmerdes ? Un aimant de gens compliqués ? Un aimant ... 

Vous savez ces personnes que l'on croise et que l'on préfèrerait oublier. Ces gens qui passent dans notre vie, qui nous marquent mais pas pour de bonnes raisons. J'ai parfois du mal d'être de l'espèce humaine : être sociable, être dans le respect, aimer son prochain. Souvent je me remets en question. Peut-être que le monde qui m'entoure ne s'est pas modifié, mais que c'est moi qui évolue ? Peut-être que je suis moins patiente, moins pertinente dans mes jugements. Je me laisse envahir par cette sensation de détester les Hommes. (Avec un grand H, j'ai rien contre les hommes avec un petit h).
Cette sensation de ne pas être à ma place, de ne plus comprendre le monde dans lequel je vis. Au-delà des aberrations de type guerres, terrorisme, irrespect... c'est juste la manière d'être de certains qui me dépasse. 

Pour la majorité des personnes je suis une inconnue. (Si, si je vous l'assure pas besoin de lunettes noires ni de garde du corps...) Je suis donc noyée dans les 7 400 254 446 personnes vivant actuellement dans le monde. (A l'instant T la population mondiale est celle-là, elle varie à chaque seconde mais passons...)  
La probabilité de croiser quelqu'un que je connais dans ma ville natale est nettement plus élevée qu'en Hongrie (J'ai dit Hongrie par hasard, ça aurait pu être Australie ou tout autre pays de votre choix...). Vous me suivez toujours ? Donc... la probabilité de croiser quelqu'un que je connais dans la ville dans laquelle je vis depuis presque 8 ans est également un peu plus élevée mais moindre que dans ma ville natale. En tenant compte de ces paramètres, quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi je me retrouve à devoir écouter des conversations lunaires de personnes totalement inconnues ? 
J'ai bien conscience que le propre de l'Homme (oui toujours avec un grand H...) est de se sociabiliser mais je n'y arrive plus. 

Les gens se confient comme si nous nous étions toujours connu. 
Je vais vous révéler un truc en exclu :  je ne suis pas psy et encore moins curé.
  
J'ai partagé pendant quelques jours ma chambre d'hôpital. Cette situation peut rapprocher, j'ai fait connaissances de quelques personnes par ce biais. Mais toi, voisine ... je ne t'ai envoyé AUCUN signal de rapprochement. J'ai laissé le mince rideau nous séparant bien tiré. Je t'ai dit bonjour le plus poliment possible mais je ne t'ai pas demandé pourquoi tu étais là, ni si tu avais des enfants...je ne t'ai pas fait la causette. Pourtant tu as décidé de m'appeler "ma puce" et "ma chérie". Affectueux ? Peut-être mais je ne suis rien de tout ça pour toi... Les mots ont encore un sens dans ma tête et je n'avais pas envie de tes surnoms. Tu t'es sûrement dit que ça m'intéressait de savoir que tu avais deux fils, que le petit dernier était ton chouchou, que tu étais divorcée d'un Italien, que tu avais choisis la femme de ton fils mais que lui en avait choisi une autre, que tu souffrais plus que quiconque... Tu m'as supplié de ne pas partir (ah ah comme si on m'en laissait le choix ...) mais je n'avais qu'une hâte c'était de quitter cette chambre, et toi par la même occasion... et je n'ai pas réussi à te dire d'aller te faire voir. 

Et toi, patiente en salle d'attente. Je m'étais installée tranquillement dans mon coin, sans demander mon reste. Tu as attaqué ne te préoccupant pas de savoir si j'étais occupée ou non. Tu m' as parlé de ta fille, de ton fils, de ta petite fille, des poux de ta fille, de ta cirrhose au foie, de l'augmentation du prix des autoroutes, du poulet colombo trop épicé et qui devait venir de Colombie, de ton télé deux semaines, de tes hémorroïdes, du régime sans résidu trop difficile à tenir pendant 4 jours, de tes douleurs, de cette dame qui prenait toutes les décisions et qui devait avoir un sacré niveau de bac (c'était ton médecin ! Il vaut mieux qu'elle ait un "sacré niveau de bac"), du baptême de ta nièce où tu as bu mais c'était la faute de ta sœur aussi, de ton père décédé... Tu m'as parlé de ta vie, en long, en large et en travers... Et moi je m'en fichais... J'ai fait semblant de t'écouter, je n'ai pas osé non plus te dire que je m'en tapais le coquillard...J'ai été souriante et polie alors qu'au fond de moi je te détestais... 

Toi, cliente d'un supermarché, qui me parle de tes nems crabes-crevettes, mais qui pense que du crabe il ne doit pas y en avoir tant que ça dans ces nems, peut être juste les pinces tout au plus... Tu reviens, tu m'as cherché dans tous les rayons pour me demander mon avis entre deux paquets car avec cette lumière tu ne vois pas bien. Alors, lequel de paquet ? 
Si tu savais... Je t'ai indiqué le paquet qui m’inspirais le plus confiance , tu avais envie de parler ... et moi non. C'est dur de se faire aborder sur du nem et d'enchainer sur tes problèmes de vues. 

Alors à vous toutes, qu'est ce que je dois faire ? Arrêter de "sembler" avenante ? Qu'est-ce qui vous attire ? Je n'arrive pas à vous dire que votre vie ne m'intéresse pas ... j'essaye de faire semblant mais je n'y arrive vraiment plus. 
A toi coloc' de chambre, comment tu l'aurais vécu si je t'avais répondu que ta douleur je n'y crois pas tant que ça ? Que tu joues plutôt bien la comédie mais qu'en vrai je ne t'aime pas ? 
A toi patiente de salle d'attente, si je t'avais dit que le régime sans résidu c'est mon quotidien et que si mes problèmes s'arrêtait à un télé 2 semaines je me sentirais plutôt bien. 
Et toi, cliente d'un supermarché, si juste pour rigoler je t'avais montré mon cathéter en te disant que tes nems je m'en fiche car je ne peux pas les manger ? 
Est-ce que c'était cruel de faire ça ? Est-ce qu'on doit toujours être poli et aimable ? Est-ce que des fois je peux vous dire que je m'en moque royalement ? 

J'ai du mal de dire ce que je ressens. Je ne veux blesser personne. Pas les inconnus,  pas les médecins, pas ma famille, pas les connaissances, pas mes amis ... Je me contiens... Mais un jour je vais exploser et je le sais. 

L'homme est un loup pour l'homme ... Je l'observe de plus en plus. Chacun cherche à s'identifier à l'autre tout en s'en dissociant. Est-on à ce point seul que l'on devient capable de déballer sa vie sans aucune retenue à un parfait inconnu ? 
Nooon, nous en sommes seulement au point, où je passe par un blog pour exprimer mes ressentis... tout va bien !


6 commentaires:

  1. Et bien, tu es sur la bonne voix...😉.Bisous

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  2. Je me sens moins seule! J'attire aussi ce genre de personnes (et encore plus si elles ont des troubles mentaux).
    Ma mère croyait que j'exagérais jusqu'au jour où on devait aller à un cours d'informatique ensemble et je lui ai dit : "Tu vois cette femme là-bas,elle est pour moi". Ça n'a pas loupé, à chaque cours,elle ne me lâchait pas, telle la moule à son rocher....

    Et ça fonctionne aussi sur les réseaux sociaux.

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    1. C'est peut être le SED qui aimante...qui sait ? ^^
      Du coup, si un jour on se voit toutes les deux, ça va finir comment ?
      Samedi, j'ai croisé un gars au rayon raclette... ça n'a pas loupé ... il s'est senti obligé de me raconter sa vie !

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  3. Tu devrai poliment rembarrer les gens.. la vérité fait mal mais le mensonge est pire. Tu n'es pas psy comme tu dis. Chacun a ses soucis et il faut parfois être égoïste. Courage

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    1. Ce n'est pas toujours évident de rembarrer quelqu'un qui s'accroche...surtout que ça ne loupe jamais, si il y a un relou, il est pour moi :)

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