vendredi 14 octobre 2016

Ma vie de patiente acte 1 : L'admission




Me revoilà de retour avec un article croustillant sur le thème de... la vie à l'hôpital ! 

Oui ça faisait longtemps mais autant dire que j'ai de quoi me rattraper ! (Et puis je sais que vous aimez ! ça vous rappelle Closer et ses potins croustillants ! Julie Gayet sur un scooter VS mes petits secrets hospitaliers, je sais que votre cœur balance !) 

Après un joyeux séjour de trois semaines et demi (Le demi est important ! C'est à ce moment là que j'ai cru que ma santé mentale allait lâcher..), je suis enfin de retour dans la vraie vie ! 

Alors aujourd'hui je dois avouer que je ne sais pas par quel bout prendre cet article. Non pas que je n'ai rien à écrire (Oh que non !). C'est même plutôt le contraire, trop de choses en tête ! Trop d'absurdités rencontrées. Alors je vais le faire de manière chronologique (Comme ça on est sûr de ne rien oublier et de ne pas se perdre, ne vous plaignez pas, c'est pour vous que je fais ça hein ! Moi perso, je connais déjà l'histoire !)

Dimanche 18 septembre 3h du matin : (Bon là c'est précis mais je ne préciserais pas toujours parce que bon faut pas déconner !)

 C'est le début du commencement (hum, moi aussi j'ai un peu de mal avec cette expression m'enfin...). Alors que je dormais paisiblement, je me réveille soudainement avec une forte douleur au niveau de ma seconde bouche. (Le cathéter quoi !) C'est le genre de petite taquinerie en pleine nuit dont on se passerait bien. Un peu inquiète ( ben oui quand même, c'est pas sensé faire mal ces petites bêtes là), je décide au bout d'une bonne demi-heure, de me lever. Là, je découvre une zone rouge, enflée et chaude. Je décide donc de retourner me coucher et d'attendre le lendemain dans le calme et la décontraction la plus totale. 
Je décide donc de paniquer, tout en attendant une heure décente pour contacter l'hôpital, c'est à dire 9h. (Non les Urgences n'étaient pas une option, même si la petite voix au fond de moi, me murmurait qu'un aller et retour (oui alors là le retour était important) à l'hôpital serait sans doute obligatoire dans la journée pour montrer ce vilain bobo.)

Lundi 19 septembre 8h : (du matin, ça va de soi sinon j'aurais noté 20h ou au pire 8h pm mais bon ce n'était pas l'option la plus facile) 

Je craque et j'envoie un texto à mon infirmière coordinatrice pour la prévenir de mes déboires, le tout photos à l'appui. Portable dans la main et volume monté à fond, je patiente. 

Lundi 19 septembre 11h : (Qui a demandé "du matin" ???)

Je décide d'aller prendre ma douche. Bien entendu, c'est à cet instant précis que mon téléphone décide de se manifester sous un "numéro masqué". Zorro n'étant pas dans mes contacts (Hum, hum...), je me doute de l'identité de mon correspondant. C'est avec hâte (somme toute relative) et d'un geste assuré que je décroche d'un "Allo" à faire trembler Claude François. (On a les références qu'on mérite !) 
- Oui Bonjour Mademoiselle Briochette, ici le docteur. Alors on a bien vu vos photos, bon il faut venir aux urgences hein ! Nous, on n'a pas de place dans le service mais eux, sont prévenus ils vous attendent. 

Voilà. Sans le savoir elle avait scellé mon destin pour les 3 semaines et demi qui allaient suivre. 

Très innocemment, je décide de prendre un micro sac, dans lequel je fourre quelques affaires de toilettes et des vêtements pour le lendemain. (Oui j'avais encore l'espoir et l'innocence de celle qui ne connait pas encore le milieu judiciaire hospitalier !)

Lundi 19 septembre 12h30 : (A quelques minutes près, je ne suis pas un lapin blanc)

Je me présente aux urgences de mon hôpital fétiche (En vrai je n'ai pas trop le choix, on ne m'a jamais personnellement demandé si ça me convenait). En bonne élève je présente ma carte vitale, mutuelle, carte d'identité. Je connais par coeur, mon poids, ma taille, le nom de mon médecin traitant, la personne à prévenir en cas d'urgence, ma note à mon avant dernière fiche de lecture de CP (Nannn je déconne, ils veulent juste connaître : votre situation professionnelle, le choix de vos études, votre situation maritale, la date de vos dernières règles. Ah non, par contre là je ne plaisante pas !) 
Une fois tous ces détails palpitants communiqués, j'ai le droit d'aller patienter en salle d'attente. 

Lundi 19 septembre 1h pm : (Ah ah vous avez suivi ? C'est pour donner l'illusion d'une attente longue et pénible, mais en fait ça ne fait que 30 minutes ! Astucieux n'est-ce pas ?)

Prise de tension au milieu de la salle d'attente. (Alors trucs et astuces hospitaliers : Quand votre famille ou vos amis sont dans votre chambre, il est important qu'ils sortent lors d'une prise de tension afin de préserver votre entière intimité. En revanche, la prendre au milieu d'inconnus ne pose aucun problème !) 

Lundi 19 septembre entre 13h30 et le lendemain: (Oui je vais pas le faire minute par minute car sinon je vais vous perdre. Je rappel que nous n'avons pas encore passé 24 heures... Sur trois semaines et des brouettes.)

Et voilà, c'est mon tour ! On m'installe dans un box où j'explique pour la énième fois à un médecin qui s'en contre-carre l'oignon ce qui m'amène ici. Dans un ballet coordonné, entre ensuite l'infirmière pour la pose d'un cathéter. (Attention, ce qui suit sera le comique de répétition de cet article.)

- Allez, on y va ! Bon vous êtes jeune, vous êtes facile à piquer ! 
- (Grand sourire Colgate, Freedent, Signal réunis !)
- Oulà je n'aime pas trop quand on sourit comme ça... Vous n'êtes pas facile c'est ça ? 
- Ben ça dépend des fois, je ne vais pas vous décourager tout de suite. 
- Hum... Je vois. J'ai pris un rose, ça ira ? (Pour les novices, il existe plusieurs tailles de cathéter,  chaque taille étant associée à une couleur : dans l'ordre croissant nous avons  jaune, bleu, rose, vert, gris, et orange. En règle générale, les verts et les roses sont les plus couramment utilisés chez les adultes. Voilà, vous ne pourrez plus dire que vous ne le savez pas !)
- Généralement, on va plutôt vers du bleu. (Alors le rose, plus petit ou plus grand que le bleu ?)
-Ok. Bon je vais essayer comme ça et on verra. Roooh mais on les sent super bien vos veines ! ça va aller tout seul ! 

Premier essai : Echec. 

-Bon je vais prendre un bleu. Je ne comprends pas je la sentais bien... Mais elle  a roulé ! 
-Et oui, c'est l'histoire de mes veines. (Et de ma vie, on pense que tout va bien en apparence alors qu'à l'intérieur c'est le chaos.)
-Allez, on est repartit. Inspirez... Allez ! Je pique. Bon je suis dans la veine, mais je n'arrive pas à remonter... Pff, c'est un bleu pourtant ! Je vous fais mal ? Oh non ! Elle a gogné (Bon là je ne suis pas certaine de l'orthographe. En gros c'est du patois infirmier qui veut dire "péter"). Bon. Je suis dedans quand même. Des fois ça passe quand même. On essaye ? Allez, j'injecte. Ca va ? 
- Oui, ça pique un peu. 
- Hum c'est normal. Bon vous risquez d'avoir un petit souvenir. Un joli bleu. 
- C'est pas grave j'ai l'habitude. (Et je ne pensais pas si bien dire, n'oubliez pas... Comique de répétition !) 

De là, j'ai eu quelques heures devant moi pour lire, jouer, bref me divertir autant que possible. 

Fin d'après-midi le retour de l'infirmière et d'une étudiante : 

-Re bonjour, ah vous avez un livre ? Ah ah on sent que vous avez l'habitude hein ! Bon je viens vous piquer les hémocultures (C'est ça qui sert à savoir si il y a infection ou non. Le principe est simple, on remplit une fiole avec du sang, si il y a des bactéries, on dit que ça pousse (comme pour la brioche quoi !) sinon on les déclare stériles au bout de 72 heures.) Et puis on va refaire le pansement du broviac aussi. (Je ne vous explique plus ce qu'est le broviac n'est-ce pas ?)

Et c'est à ce moment là, que l'étudiante qui l'accompagnait a fait un malaise. Elle est devenue blanche comme un linge lavé avec Omo, et a demandé à sortir. Sa collègue m'a dit que c'était peut-être la vision du cathéter... Le sang ok; les plaies ok... Mais alors là ! On ne me l'avait jamais faite ! 
 Bref elle est sortie, et nous avons terminé l'exercice à deux. 

J'ai ensuite été transférée en post-urgence dans des chambres sans télévision, ni salle de bain. Une sorte de sas de transfert en attendant que les patients rejoignent les services qui leurs sont dédiés. J'y suis restée deux jours. J'ai eu le droit d'aller dans les douches au fond du couloir, avec un chronométrage de la part de mon infirmier accompagnateur. 
"Bon je vous laisse prendre votre douche, vous avez 15 minutes". Oui chef ! Je n'ai pas compris pourquoi cette limitation de temps, étant donné le peu d'activités réservées au cours de la journée. 

 
Mercredi 21 septembre : 

J'ai le droit de rejoindre mon joli service de nutrition. Je retrouve mes habitudes, (Hé oui, au bout d'un moment on a ses petites habitudes à l'hôpital), un personnel connu. Bref, me voilà rassurée. 

De ce jour au mardi 27 septembre, rien de croustillant à raconter. L'inflammation du broviac passe d'elle-même. Les hémocultures sont restées stériles. (Les infos données ci-dessus sont presque toujours utiles !) Bref la routine. Ils me gardent pour tenter un réequilibrage de mes poches de nutrition que je ne supportais plus depuis quelques mois. En somme, l'occasion fait le larron. Tout va bien, et après quelques essais périlleux nous sommes parvenus à un équilibre plutôt satisfaisant. Ma sortie est donc proche puisque programmée pour le lendemain. 

Mardi 27 septembre 19 heures :

Autant le dire mon sac était prêt. Mes ordonnances dans la poche. Je n'avais plus qu'une nuit pour rejoindre mon doux foyer. Les médecins avaient même hésité à me laisser partir dès le matin, mais un je ne sais quoi dans leur conscience leur avait soufflé de faire un dernier essai de poche. Tranquillement installée devant "chasseurs d'appart'" (on a les émissions qu'on mérite !), la nutrition glissant tranquillement dans mes veines depuis une quarantaine de minutes, je ressens une violente douleur dans les jambes. Cette douleur je la connais. Et mon cerveau l'associe tout de suite à : septicémie. J'essaye donc de raisonner le voisin du dessus, en le forçant à se rappeler que tous les examens étaient négatifs, que mon corps se portait comme un charme et que rien ne lui permettait d'envisager un début d'infection qu'elle quelle soit ! 
Mon état physique décide de prendre le dessus en montrant à mon psychisme que "Fuck ce qu'il peut bien penser ! Y a un problème Mayday, Mayday, Mayday !" La fièvre et les frissons font donc leur apparition ! 
 

Bande de petits veinards vous allez attendre demain pour connaitre la suite Oh ne m'en voulez pas c'est Môssieur Clochette qui a dit que mon article était trop long (c'était pas faux non plus !) Du coup, je vous propose de poursuivre demain ça vous laisse le temps de faire jouer votre imagination :)

lundi 5 septembre 2016

La douleur cette traversée du désert...


"La douleur n'est pas une traversée du désert, ne restez pas seul !"

Si vous êtes un habitué (ou pas) de l'hôpital peut être avez-vous déjà croisée cette affiche, sur laquelle sont illustrés des chameaux (ou dromadaires, là n'est pas la question...) gambadant joyeusement dans une étendue de sable (un désert quoi !) avec ben...rien autour.
Et le "rien" est plutôt bien choisi, parce que dans mon cas, il illustre parfaitement les compétences médicales face à ma douleur. Je vais être égoïste (une fois de plus) et rester bien centrée sur ma petite personne. La douleur tout le monde le dit c'est subjectif. J'ai mis longtemps à comprendre à quoi servait ces fameuses petites échelles graduées de 1 à10 et servant à indiquer au corps médical "oh combien j'avais bobo". Je me disais que ça ne servait à rien, que peut-être que mon 5 à moi c'était le 3 de mon voisin et vice-versa. (Je vous l'accorde hors contexte, cette phrase ne veut absolument rien dire). Et puis un jour j'ai compris (La révélation !!!). En fait, on s'en fichait de savoir si j'avais mal à 2 ou à 8, du moins, ce résultat ne serait pas comparé à mon voisin. (Fini l'école et les moyennes de classe). Non ce qu'on voulait savoir c'était si par rapport à mon échelle à moi, j'avais déjà vécue pire douleur ou non. Et je sais qu'on réajuste sa façon de voir. Je pense que ma tolérance maximale (donc le 10 de leur petit bout de carton !) d'il y a quelques années, n'était pas la même qu'aujourd'hui. Noooon pas du tout même ! Parce qu'aujourd'hui je sais qu'on peut souffrir toujours plus ! (Toujours plus haut, toujours plus fort !) Quand on souffre, on se pose rarement la question de savoir si on peut souffrir encore plus. Et c'est bien normal ! Imaginez le truc, vous tondez le gazon tranquilou le dimanche matin, sous le gazouillis merveilleux des mésanges et autres rouges-gorges (en vrai vous entendrez surtout les tourterelles, pigeons et moineaux mais c'est moins flatteur)... Et là enivré  par ce moment terriblement bucolique PAF ! Vous vous hachez le pied menu menu... A part si votre vie est un manque de bol monstrueux, on peut espérer pour vous que vous n'ayez jamais eu aussi mal de votre vie. Et bam, votre nouveau 10 est arrivé ! (Et très honnêtement à ce moment là, ça m'étonnerait assez que vous vous demandiez quelle chose encore plus horrible pourrait vous arriver et donc pourrait vous faire souffrir plus atrocement). De la douleur insoutenable de la pince à épilée vous arrachant votre poil de sourcil (votre ancien 10), vous découvrez un nouveau niveau. (C'est un peu comme dans Mario, chaque nouvelle porte est une aventure !)

Ben moi j'en étais là, je me disais à chaque nouveauté imposée par mon petit corps fragile, que je ne pouvais pas me faire auto-souffrir plus. (Oui parce que la nuance est importante, je n'ai pas besoin d'un élément extérieur pour avoir mal, non mon côté sado entre en jeu. C'est donc mon propre corps qui décide de se faire souffir lui-même, tout seul comme un grand !)
Je me souviens d'un jour, où ayant une envie fracassante de tuer mes côtes. (Alors là ça mérite une explication. Parfois, lorsque la douleur est trop forte, j'en viens à dissocier les parties de mon corps. J'ai donc des envies de meurtre. Sans être psy, je pense que c'est le seul moyen qu' à trouver mon cerveau pour ne pas disjoncter complètement. Ce n'est pas moi qui me fait souffrir, non non, c'est le bras (cet abruti),  les côtes (ces connasses), le ventre (ce fils de... Hum hum pardon !). Donc reprenons. Ce jour où j'avais envie de tuer mes côtes, Môssieur Briochette me dit :
"Tu as mal à combien là ? " (Oui je l'ai trop souvent emmené à l'hôpital avec moi, maintenant il fait tout pareil qu'eux !)
Lèvres tremblantes et yeux salés je lui répond " Je sais pas 10, 11.... J'en peux plus"
Et là, ce moment de grande grâce, il m'a regardé et m'a dit : "Non, tu peux pas dire ça !"
Euh... What ? Ah si si je t'assure mon gars, je vais crever là ! .... En vrai j'ai répondu : "Ben si ! Tu peux pas savoir toi !"
Et il m'a dit : "Non, imagines tu as la même douleur que là maintenant, mais tu te fais rouler dessus par un camion !"
"..."
"Ben tu auras encore plus mal, donc tu peux pas dire que tu es à 10... Laisses toi une marge !"

C'est pas faux ! (Amateur de Kaamelott Bonjour !). Depuis je ne dis plus jamais que j'ai mal à 10. (Même si je viens de vous expliquer que le 10 peut bouger) Je me laisse une marge car je sais combien il nous est impossible d'imaginer la pire douleur qui soit, puisque quand on souffre, c'est celle que l'on ressent qui est la pire qui soit. (Vous suivez toujours ?).

La douleur ça épuise, physiquement, nerveusement. Il y a quelques années, j'avais vu une fille qui avait la même maladie que moi en plein combat pour avoir le droit à l'euthanasie. A l'époque je ne comprenais vraiment, mais alors vraiment pas pourquoi elle disait ça. Ok ça fait un peu mal mais bon c'est pas non plus... Ok c'est un peu handicapant mais bon c'est pas non plus...
Aujourd'hui j'ai évolué sur la question. (Bon alors là ça va être le moment triste pour les gens qui me connaissent alors si vous voulez arrêter et reprendre plus loin c'est votre plus grand droit, mais moi j'ai besoin de me vider un peu.)

J'ai prévenu attention hein ! (si vous voulez je vous mets une couleur différente à partir de là où vous pouvez reprendre sans que ça vous attriste)

C'est un sujet compliqué et difficile à aborder.
La plupart des biens-portants diront "Ah mais nan, mais penser ça c'est que tu es en pleine dépression" et je comprends parce que je pensais pareil avant...
Avant que la douleur n'empiète trop sur mon territoire.

J'aime la vie, j'aime les plaisirs qu'elle apporte, j'aime ma famille, mon homme, mes amis, mon lapin. J'aime regarder le soleil se lever ou se coucher, j'aime sentir l'odeur de l'automne (oui l'automne à une odeur, l'hiver, l'été et le printemps aussi d'ailleurs), j'aime me balader, jouer, rire, chanter, pâtisser, peindre. J'aime réfléchir, écrire, travailler.

Mais très honnêtement la perspective de vivre jusqu'à 70 ans dans MON ETAT ACTUEL, ne me fait aucunement rêver. Je n'ai pas envie de mourir, mais je ne veux pas vivre comme ça toute ma vie. C'est subtile mais important quand même. On sait tous que quand on vieillit, les douleurs articulaires augmentent, que les problèmes de santé peuvent se multiplier ben... Merci bien ! J'ai 26 ans, et ces journées à rallonge où je me  tords de douleurs, je n'ai pas envie de les vivre démultipliées encore et encore. Si la médecine trouve une solution (je ne parle même pas de traitements pour être soignée, mais juste être soulagée) alors ça me va complètement, et là oui j'aurais sûrement envie de mener une vie bien remplie et la plus longue possible.
Parce qu'actuellement la traversée du désert je me la tape toute seule. La médecine impuissante certes ! Mais il ne cherche pas plus... "Vous avez mal ? Oh ben oui mais on a essayé tout ce qu'on avait nous... Fumez donc du cannabis, vous avez essayé ?"
Non je n'ai pas essayé, parce qu'actuellement c'est illégal. Parce que même si ça devient banal et que pour vous tous les jeunes en fument, et bien non je n'y ai jamais touché. Et je n'ai pas envie de le faire seule. Les médicaments légaux m'ont mis dans de tels états (Dépendance, accoutumance, effets secondaires), que je ne prendrai pas le risque de me faire un mauvais trip seule dans mon coin. Pourtant... Pourtant hier j'ai tellement souffert (j'ai repoussé mon 10 encore plus haut !) que je n'avais qu'une envie qu'on me deal quelque chose... N'importe quoi pourvu que ça s'arrête, même 15 minutes.
Alors est-ce normal en 2016 d'être capable de greffer des visages, des coeurs, des poumons... et d'être incapable de soulager la douleur ? Est-ce normal en 2016 de laisser souffrir les gens sous prétexte qu'on ne sait pas quoi faire ? La suisse et d'autres pays limitrophes utilisent des substances (types sprays de cannabis), alors pourquoi en France on ne fait rien pour essayer d'encadrer et légaliser ces traitements ? Parce que oui pour moi fumer en toute illégalité, et prendre un spray médical et encadré ça ne résonne pas pareil ! Et surtout les effets peuvent être différents car les dosages différents.
Pourquoi en 2016, l'opinion publique est choquée lorsqu'on dit qu'on n'a pas envie de vivre trop vieux dans un état de douleur permanent alors qu'en même temps elle dit que la douleur n'est pas une fatalité ?
De mon côté et pour le moment la douleur est une fatalité. Et avec tous les efforts du monde, je ne peux strictement rien y faire. M'allonger, pleurer un bon coup et attendre que ça passe... mais est-ce que c'est vraiment ça profiter de sa vie ?Je n'en suis pas convaincue... Et je ne suis pas seule à penser comme ça, mais j'ose le dire aujourd'hui. Les douleurs chroniques sont encore mal connues, mal comprises.

La douleur peut être soudaine et elle est souvent passagère (c'était là le moment où vous pouviez reprendre ! le vert, l'espoir toussa toussa !) et heureusement. Le problème c'est qu'on ne peut pas traiter la douleur d'un coup de tondeuse raté comme la douleur chronique... c'est impossible ! Et on ne peut pas comparer non plus une douleur passagère à une douleur sur le long terme. Si vous qui me lisez vous avez la chance de ne pas souffrir, alors essayez d'imaginer votre pire douleur (même si c'est celle de la pince à épilée, on s'en fiche puisque c'est votre ressenti à vous qui compte), et de la diffuser en continue, sur toute votre journée, pendant des mois et des mois. 
Je ne sais plus ce que ça fait de ne pas avoir mal du tout. Mon cerveau a oublié cet état de bien être et est en alerte permanente. Plus ou moins fortement certes... C'est un article sûrement moins drôle que les derniers, mais je veux que mon blog soit aussi une trace de ce que peut être la maladie au quotidien, et des sujets sur lesquels nous pouvons échanger entre "malades" sans jamais vraiment en parler au "grand public". 

C'est pô facile de terminer cet article, je voudrais qu'on se quitte (jusqu'à la prochaine fois hein) bons amis et sur quelque chose de léger mais c'est pas simple. Souvenez-vous juste qu'en règle général, la douleur est l'alerte de quelque chose qui ne va pas et cette petite blagounette le prouve : 
C'est un gars qui arrive chez le médecin et lui dit "Oh là là docteur j'ai mal à l'oeil gauche". 
Le médecin lui dit : "Comment vous vous êtes fait ça ?"
"Je ne comprends pas, je bois tranquillement mon café et soudain ça ne manque pas, je ressens une violente douleur à l'oeil gauche." 
Le doc lui répond " C'est vraiment bizarre... je ne vois pas... Ecoutez buvez un café devant moi et on verra bien" 
Le gars obtempère et bien sûr "Ouille, ouille vous voyez bien docteur" 
Le docteur rétorque : "Ah oui je vois bien... Ben je vous conseille simplement d'enlever la cuillère de la tasse quand vous buvez votre café"... 

 Moralité si vraiment vous traversez le désert seul, arrêtez le café ça peut peut-être aider !
Voilà, voilà !


samedi 3 septembre 2016

"J'ai toujours respecté la mode, surtout la mienne !"

J'ai bien réfléchi (et oui ça m'arrive, c'est rare, c'est soudain, il faut savoir saisir l'instant !) et ce n'est pas d'être "handicapée" qui me dérange, c'est la douleur qui en découle... 
Enfin qui en découle... La phrase est mal construite. Être handicapé en vrai ça ne fait pas mal ! Être handicapé c'est juste être empêché de faire quelque chose comme tout le monde et devoir trouver de petits trucs pour pouvoir les faire. 

Non en vrai, c'est la source responsable du handicap qui peut être douloureuse. Dans mon cas la maladie, mais ça peut être les résiduels d'un accident ou tout ce que vous avez envie d'imaginer. (Laissez-vous porter, vous trouverez ! C'est tellement chouette comme petit jeu !) 

Le handicap en soi, on s'y habitue. Ça perturbe oui ! ça chamboule sa vie mais on s'y adapte sans même que ces dites adaptations soient visibles pour l'autre. (Et si ça ne se voit pas alors tout va non ?) 

Par exemple, la manière de s'habiller. Vous n'allez pas vous demander en me croisant si ce que je porte, je le porte par choix, envie, ou par commodité... Et pourtant ? 

Pourtant les séances de shopping sont plus compliquées que ce qu'il n'y parait. 

Illustration avec une petite mise en situation. Vous êtes une jeune fille lambda de 15 ans boutonneuse mais fière de son corps. (Ou pas hein c'est vous qui voyez, laissez faire votre imagination ! Comment ? Oui vous pouvez vous imaginer en garçon également, ce n'est pas la question ! Moi j'essaye d'illustrer pour vous rendre la vie plus facile, et puis c'est tout !) Dooooonc, on y va ! 

Vous entrez dans une boutique les yeux brillants et émerveillés par tant de pièces de mode à votre portée ! La lèvre tremblante, la main frémissante vous saisissez les articles de vos rêves les uns après les autres. Vos yeux se portent instinctivement sur la petite étiquette pendouillant au bout de son fil à la recherche de l'information cruciale : la taille ! (Vient ensuite le prix pour certain(e)s mais bon ça...) 
Vous vous précipitez alors les bras chargés dans la cabine (telle Julia Roberts découvrant sa luxueuse chambre dans Pretty woman, vous tenez l'image ?) et assouvissez ce désir coriace d'essayage. C'est alors que s'immisce en vous Narcisse, et cette envie incontrôlée de vous mirer durant de longues longues longues minutes. La réalité vous rejoint alors et c'est l'heure du moment douloureux : la séparation, le choix des articles les plus pertinents. (Bon et sans faire ma rabat-joie ceux que votre argent de poche vous permettra d'acheter). 

Voilà c'est tout, vous êtes la plus belle et pourrez recommencer la prochaine fois. 

Ben moi ça ne s'est jamais passé comme ça. (Bon ok j'en ai peut être légèrement rajouté dans le cliché sur l'exemple précédent mais quand même l'idée était là : on entre dans le magasin, on trouve (ou pas), on essaye (ou pas), ça va (ou pas), on achète (ou pas), on part (ou pas) et on recommence (ou pas )... 
Oui c'était plus rapide dit comme ça mais moins joli aussi, alors si après vous n'avez pas envie de lire mes articles dites le hein moi je peux vous faire des schémas hein y a pas de soucis ! Non mais oh !) 

En vrai dans ma vie ça se passait plutôt comme ça : 

"Briochette on va faire du shopping ?" 
"Bof"
"Allez, un peu quand même"
"Hum..." 

Pardon ? Plus concis ? Ok ! Bon alors en gros les magasins très peu pour moi. Je trouve ça la plupart du temps (et sauf rares rares exceptions) ennuyant. Je n'aime pas le monde, les gens qui bousculent. Je n'aime pas chercher des heures des vêtements. Je n'aime pas essayer. Tout ça réuni c'est moins commode du coup ! Et puis surtout je sais qu'au final ce n'est pas parce que j'aime, qu'il y a ma taille et que c'est dans mes prix que je pourrai acheter. Et là, on entre dans le vif du sujet. Non, non je n'ai pas oublié le pourquoi du comment je vous raconte ça ! Je ne suis pas certaine de pouvoir acheter parce qu'il faut que la matière, la forme corresponde à ce que je peux porter. Certains vêtements sont magnifiques mais trop douloureux à mettre. Mes épaules ne se lèvent pas correctement, et j'ai des exemples ou je me suis retrouvée coincée dans les vêtements. (C'est pas drôle et ça met un petit moment de stress quand vous vous dites que vous allez devoir peut être déchirer ou découper le dit vêtement pour en sortir un jour !) J'avoue tout, j'ai déjà craqué des hauts dans la cabine et l'ai caché... J'ai un peu honte mais je n'ai pas fait exprès. Et puis faut vous dire que dans ce genre de lutte si le vêtement n'est pas indemne mon corps non plus. Plus d'une fois je me suis luxée les épaules pour faute d'anticipation de matière adaptée ! C'est dire ! Bref, maintenant je sais que le coton c'est chouette, que les fermetures éclair aussi (non non ça ne prends pas de "s" à Eclair car c'est une marque google-est-ton-ami vient de me le promettre !). 
Enfin c'est bien c'est bien sauf quand elles sont là plus pour la déco qu'autre chose, je n'ai pas encore compris leur intérêt lorsqu'elles débutent au milieu du tissu. Vous voyez ? Les fermetures vicieuses souvent invisibles dans les robes qui permettent de l'ouvrir mais pas complètement car le haut du tissu est cousu... Ben ça c'est un attrape-handicapé comme moi ! (Dites donc vous, je n'ai pas dit attrape-couillon hein, ce n'est pas la même chose !) 

Tout ça pour dire que le choix vestimentaire est source de réflexion. Souvent je m'imagine avec un style plus ajusté, plus féminin. On s'en sort, on trouve de jolies pièces mais ça restreint quand même. un autre exemple : la salopette ! (Oui ben au diable le style plus femme !) J'adore les salopettes mais je ne peux pas en porter. Ado j'avais des attelles qui collaient le bras au corps, impossible donc d'imaginer en porter une pour des raisons pratiques. 
Démonstration : 
Une salopette ferme par deux boutons au niveau du buste. (Jusque là on est d'accord ?) L'attelle, elle, est composée de deux morceaux, le premier dit "manchon" soutien le bras plié à l'équerre. Le second forme une large bande se scratchant à son tour sur le manchon. (Vous me suivez ?) Je mettais mes attelles seule, avec de l'entrainement on s'en sort mais bon faut pas déconner non plus, une fois que c'était en place le matin, je n'avais pas envie de recommencer 3 fois par jour. Bon maintenant on associe les deux dans sa tête : salopette + attelle = la grosse catastrophe si besoin pressant. (Et oui, je suis une princesse mais une princesse malade alors bon !)  C'est la même chose avec les combinaisons actuelles. On en voit partout c'est magnifique mais... Et là il y a deux "Mais"... 
 - Mais c'est impossible à porter quand on a des problèmes d'intestins (même si on n'a plus d'attelles), physiquement trop compliqué de devoir se déshabiller complètement à chaque fois qu'il y a la guerre dans notre ventre (je dis "notre" en pensant à tous les gens concernés, je ne suis pas deux encore... Enfin je crois !) 
- Et le deuxième "mais", concerne les talons. Oui une combinaison comme ça c'est magnifique mais avec des talons hauts. (Non vraiment, la converse ou la ballerine ça tue le charme)
Et les talons ben c'est comme pour les vêtements , il faut y réfléchir. Interdiction formelle de porter des talons hauts sous peine d'entorses répétées. C'est simple, mes chevilles sont tellement souples que j'arrive à les tordre en étant à plat et sans obstacle. C'est dire ! Les talons pour moi c'est un peu comme demander à une girafe de marcher sur des échasses ! Impossible ! 
Et là... ça complique tout. A une période j'avais une hauteur bien définie de talons, en dessous mon genou fatiguait et me lâchait sans vergogne, au dessus mes chevilles m'envoyaient balader... Bref de grands moments de plaisir dans les rayons chaussures ! 
Une fois encore, la douleur avait décidé de jouer à Cristina Cordula (Mais si, la brésilienne là, qui fait de la mode ! Bon en gros c'était une jolie manière de dire que la douleur me forçait à adapter mes choix de mode... Mais faut toujours que vous cassiez l'ambiance hein !)

Bon les fringues, les chaussures... et je ne vous ai pas parlé coupe de cheveux ? (On fait la fille ou on ne la fait pas mais y a pas d'entre deux !) Adieu brushing et lissage parfait. Le séchage de cheveux est déjà une épreuve alors n'en demandé pas plus. J'ai eu les cheveux de toutes les longueurs (Jusqu'aux fesses petite et très très courts au point de me prendre un coup de soleil sur les oreilles... chuuuut), de toutes les couleurs (Je finissais les pots de mèches blondes de ma maman et plus grande j'ai craqué sur le violet mais ce n'est pas le sujet), mais en grandissant j'ai commencé par opter pour des coupes sans sophistication. Le mot d'ordre : simple, qui sèche tout seul et que je n'ai pas besoin de travailler (parce que je ne le ferai pas !). Il y a quelques mois j'avais les cheveux mi-longs, et j'ai décidé de couper au dessus des épaules pour écourter le temps de passage sous la douche. J'avais ma nouvelle bouche en place et un peu fragile,  et je ne voulais prendre aucun risque. Moins de temps sous la douche, ça voulait dire moins de risque de mouiller le bazar. Et des cheveux plus courts, voulait également dire moins de risque d'y mettre un coup de brosse involontaire. (Je connais ma douceur légendaire !) J'ai donc coupé ! ( ça va ça me plait donc c'est tout bénèf, y en a un en revanche qui a fait un peu la tête , Môssieur Clochette n'aime pas trop qu'on touche aux cheveux de sa princesse Raiponce). 

Alors oui, les apparences peuvent être trompeuses, si vous me croisez (moi ou quelqu'un de mon espèce ... un handicapé quoi  (je peux le dire j'y suis), vous ne vous douterez sûrement pas de toutes ces questions quotidiennes et de détails sur lesquelles on doit s'interroger. Et c'est tant mieux ! C'est que finalement, on arrive tout de même à avancer et à trouver ces petites astuces qui nous rendent la vie plus facile. Oui parfois je regrette de ne pas être en talons hauts, combinaison, et coiffure de folie, mais le choix est vite fait si je le compare à la douleur que j'économiserai en portant une tenue plus appropriée. On se fait une idée depuis enfant de l'image de la femme : Maquillée, apprêtée... Mais finalement cendrillon garde ses valeurs qu'elle soit en tenue de travail ou en princesse. Ben voilà, moi j'ai décidé d'être une cendrillon en pantalon fluide !  Bref, si il y a bien une chose à retenir une fois de plus dans cet article c'est que "l'habit ne fait pas le moine" !



mercredi 17 août 2016

En voiture Simone !




Coucou me revoilou !

Ça fait un bail que je n'ai rien publié et je vous présente toutes mes excuses. Mais bon c'est les vacances alors je me suis dit :

De 1, je ne vais avoir que très peu de vues alors je vais être toute triste. (Allez, vous pouvez me le dire maintenant que vous étiez partis faire bronzette au soleil !)
De 2, vos cerveaux fatigués avaient eux aussi besoin de vacances sans lire mes incroyables aventures. (Si ça me fait du bien d'y croire, qu'est-ce que ça vous change à vous hein ? Vous pouvez bien faire semblant non ?)
De 3, j'avoue que le moral n'est pas toujours au beau fixe et que je n'avais pas spécialement d'inspiration pour un sujet frais adapté à cette période estivale. (C'est à ce moment là que je regrette de ne pas m'être lancée dans un blog sur la pâtisserie, vous avouerez que c'est plus fastoche de filer la recette d'une glace fraise Tagada Meringue  que d'évoquer les attentats en plein mois de juillet. Mais bon, on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie. Et n'en profitez pas pour vous ruer sur le congélo sous prétexte que je vous ai donné faim !)

Du coup j'ai cherché, encore et encore un petit truc drôle à vous raconter. J'ai bien les blagues de mon neveu (it's a private joke, papa, maman si vous m'entendez !)  mais je pense qu'elles ne sont pas adaptées à tous les publics (Il a 9 ans ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit !). Du coup, je me suis dit qu'une bonne vieille anecdote était un incontournable de la franche marrade  (Puis si ça ne fonctionne pas sur vous, c'est que vous n'avez pas d'humour et puis c'est tout !)

Alors en avant, je mets mes lunettes et je vous lis tout ! (Quoi ? Vous ne reconnaissez pas cette incroyable référence ? Père Castor...raconte nous une histoire... Père...Oh puis zut ! Tant pis, je poursuis !)

Cet été j'ai eu mon permis (Ouiiiiiiiiiiiiiii !) ... ENFIN !
Honnêtement une fois qu'on l'a, ce qu'on a subit pour l'avoir devient drôle. (Avec du recul, avec beaucoup, beaucoup de recul (sans oublier les feux stops mouhahahaha). Bref.)

J'ai toujours rêvé de conduire. Petite, j'étais en admiration devant les voitures électriques pour enfants. Je m'imaginais traverser le village à bord de ma voiturette rouge camion de pompier, tout en arborant fièrement un autocollant "Minnie" sur ma portière. (Ben finalement je ne l'ai jamais eu mais j'ai eu mon fauteuil électrique quelques années plus tard, c'est un peu la même non ? Bon y a moins de place, mais ça se charge pareil ! Et puis si j'avais voulu j'aurais pu ajouter mon stickers Minnie d'abord !)
Au collège j'avais déclaré : "Dès que je peux, je commence la conduite".

Vous imaginez bien qu'avec un bras en attelle  la conduite accompagnée c'était un poil râpé. (Même pas peur, je l'aurai un jour, je l'aurai !). Du coup, j'ai patienté un peu en regardant les copains et pines (ajouter le -co avant sinon ça n'a plus de sens, vous avez vraiment un esprit perverti aujourd'hui !) de mon âge, avoir le précieux sésame.
Et puis un jour, on a trouvé LA solution. Une auto-école adaptée, le Graal suprême ! (Je commençais un peu à désespérer, plutôt que de retrouver une mobilité, j'en perdais de plus en plus et on m'arnachait de manière proportionnelle à la perte. (C'est pas une phrase facile mais j'ai foi en vous et vous allez y arriver, prenez votre temps, respirez, notez sur un papier et décomposez si besoin ! Ouais voilà, en gros plus mon corps merdait et plus j'avais d'attelles ! Z'êtes contents ? )

Du coup, premier rendez-vous dans ma ville natale. Mon évaluation annonçait 30 heures de conduite avant l'examen. Alors je vous arrête tout de suite, les 25 heures de conduite sont une légende. Pour les auto-écoles d'aujourd'hui c'est un peu le conte des temps anciens... On pourrait commencer par "Il y a de cela fort fort longtemps, dans un royaume fort fort lointain, les jeunes conducteurs passaient leurs permis calèche au bout de 25 heures !" Aujourd'hui c'est plutôt : "Bon alors, au bout de 25 heures, logiquement vous saurez vous attacher, allumer le contact, et démarrer la voiture !" (J'exagère à peine... Mais ça à l'époque je ne le savais pas.)

J'avais décidé de passer le permis sur ma ville natale qui est bien plus petite que ma ville actuelle. (Le royaume de Briochette est sombre et étendu !). Mauvaise idée ! Déjà parce que ne faire de la conduite que pendant les temps de vacances ne permet pas de progresser et puis parce que ne faire de la conduite que pendant les temps de vacances ne permet pas de progresser ! En parallèle de la conduite je révisais pour mon code. (Si tu es un futur jeune conducteur, ne fais pas cette erreur là ! Ne commence pas à gaspiller tes heures en même temps que le code, ça ne sert à rien. C'est un peu comme si Cendrillon voulait gagner du temps en perdant sa chaussure avant le bal ! Aucune logique !)

Bref, j'ai passé mon code pour la première fois en 2010 (je crois, ça commence à remonter). Je l'ai lamentablement foiré à 7 fautes. (Il en faut 5 maximum pour réussir). C'est cet échec qui a mis un coup de frein (champ lexical approprié n'est-ce pas) à mon envie de passer le permis. Je ne supporte pas l'échec, et c'était le premier examen que je ne réussissais pas. J'ai pleuré, beaucoup et j'ai développé une sorte de phobie anti-code. Je ne supportais plus regarder une émission qui parlait de permis, de code... Je ne voulais plus en parler ni qu'on m'en parle. Je me sentais nulle. (Faut dire qu'entendre : "Naaaan mais le code, tout le monde l'a ! Faut être con pour pas l'avoir, tu verras ! Faut pas réfléchir c'est tout !"...ça n'aide pas franchement à se sentir valorisée. Et c'était vrai, tout le monde l'avait...sauf moi ! Même le pecno du village, qui avait 3 de moyenne au collège, il l'avait ! Lui !)

J'ai donc tout arrêté. Le code, la conduite... Et puis, la santé n'aidait pas. A l'époque je prenais des morphiniques qui avaient la particularité de ne pas fonctionner sur la douleur mais de me shooter complètement. Dans ces conditions la conduite était interdite.

J'ai laissé passer quelques années et en 2014 je me suis relancée dans l'aventure et cette fois-ci dans ma ville actuelle. J'avais le choix entre trois auto-écoles proposant des services adaptés. La première était rayée d'office car dans un périmètre trop éloigné. La seconde ne proposait aucune formule, et demandait 60 euros de l'heure. (N'étant pas encore Crésus... j'ai abdiqué). Bon, ben restait la troisième. Une formule classique, code+20h de conduite avec aménagements. (Pour moi cela recouvre un accélérateur à gauche. Le votre est à droite... Et une boule au volant avec un boitier me permettant de contrôler les clignotants, phares et autres petites joyeusetés liées au véhicule, et tout ça, avec une seule main !)

J'ai bravé ma peur, me suis inscrite au code et je l'ai eu. Je savais désormais que nous avions une heure de convocation mais qu'être convoqué à 8h ne voulait pas dire passer l'examen à 8h. Nous sommes donc passés au bout de 4 longues et interminables heures d'attente. (Mais je m'en fichais je le savais !) J'ai fait comme on m'avait dit, c'est à dire ne pas réfléchir. C'est là, la solution !

Ensuite j'ai conduit. Beaucoup. Encore. Toujours.

J'ai changé 3 fois de moniteurs, deux sont partis pendant que j'y étais. (Nan c'est pas parce que je suis restée longtemps, c'est parce qu'il y a un gros turn over dans cette profession !) J'ai connu deux modèles de voitures différents. (Nan c'est pas parce que je suis restée longtemps, c'est parce que les voitures étaient vieilles !)
 J'avais l'impression de progresser, puis de perdre tout le bénéfice des acquis la fois suivante. J'étais comme sur une montagne russe. Une fois félicitée et une fois complètement dépréciée.
Sur les deux premiers véhicules, les adaptations n'étaient pas les mêmes car le matériel était fourni par deux prestataires différents. L'une des boules me convenait, l'autre non...Et cela se ressentait sur la conduite. J'étais obligée de donner plus de force sur l'une, entrainant de grosses douleurs dans les doigts et donc une précision moindre. Je l'ai dit... On m'a répondu qu' "il fallait faire avec et que je n'avais pas le choix.". Et puis le coup de grâce est arrivé le jour où les voitures ont été changées. Les adaptations ont été faites par le prestataire qui me convenait le moins. J'étais donc condamnée à "faire avec" pour toujours. Le faire avec a été ponctué d'hospitalisations et donc d'interruption dans les cours. J'ai passé une première fois mon permis en octobre 2015. Echec. Faute éliminatoire. (J'avoue tout, j'ai trop serré à droite et le rétro est tombé amoureux d'une poubelle...enfin je crois que c'était une poubelle). L'inspectrice à peu près aussi aimable qu'une porte de prison n'a pas trop apprécié (et je comprends. Moi en revanche, j'aurais apprécié un bonjour et quelques marques de politesse de sa part...histoire de détendre l'atmosphère !). J'ai échoué oui, mais à 24 points. (Il en faut 20 minimum (sans faute éliminatoire) pour valider le papier rose.) Donc bon, ça va quoi !

Bref, j'étais repartie pour des heures de conduite. Minimum 6 heures correspondant aux heures préparatoires. Celles-là on y échappe pas, c'est obligé même si t'es Schumi (Avant son accident de ski, on s'entend...Elle est trop osée celle-là ? Tant pis !). Oui mais en attendant la date du permis, vous êtes bien obligé de faire quelques heures d'entretien. (Ah non c'était pas une question mais une affirmation : t'as pas le choix et puis c'est tout)... En plus, j'ai du interrompre quelques mois pour cause de santé précaire. Alors quand j'y suis enfin retournée on m'a dit : Oui bien sûr, quelques heures Oh pas grand chose, une quinzaine ?

Bougonnant, et en ayant ras le pompon je l'ai fait. Je suis retournée à la conduite. J'ai demandé une date de permis. Et là...
-"Oui mais c'est l'été ! Y a pas tellement de date, puis c'est pas facile de placer des heures..."
-"Hum mais le mono m'a dit que pour juillet ça serait bon de mon côté."
-"Juillet on a rien hein, et puis y a d'autres élèves qui sont prêts alors..."

Parce que je ne suis pas prête ???? J'ai arrêté de compter mes heures tellement j'en avais et on me dit que je ne suis pas prête ???? J'ai échoué à 24 points ! Il en faut 20 ! Alors je dois être un peu prête quand même non ? Mon portefeuille lui en revanche, il n'est plus trop prêt. Faisons le calcul 60 euros de l'heure (Au lieu de 50 parce que j'ai des adaptations qui ne changent en rien le tarif d'un véhicule puisque vous avez des aides), donc 60 fois 6 (pour les 6 heures de prépa) + 60 fois toutes les heures en rajout = "Vous ne serez jamais prête parce que quand même ça nous fait une bonne rentrée d'argent toutes ces conneries".

J'ai fini par avoir une date en juillet. (Qu'on a failli m'annuler, parce que je n'étais pas en pleine forme et que du coup "tu comprends on va pas prendre une place pour rien mais faut nous le dire assez tôt qu'on puisse remettre quelqu'un". Je n'ai pas annulé. J'y suis allée. Mais je n'étais plus sûre de rien car les dernières heures que j'ai eu, on n'a pas cessé de me rabâcher que je n'étais peut être pas prête. Que ça allait être juste ! Qu'il fallait bien que je révise les questions parce que "le moindre point va être important pour toi, tu l'auras peut être mais pas de beaucoup"... ça met en confiance tout ça hein ?


J'y suis allée, j'ai eu de la chance car je suis tombée sur un instructeur sympa et qui mettait à l'aise. (Ah ben en fait il était juste aimable et poli).

Je l'ai eu avec 29 points sur 31. Le moindre point est important n'est-ce pas ?  





vendredi 15 juillet 2016

14/07/2016



Je n'avais pas prévu d'article aujourd'hui... tout comme je  n'avais pas prévu d'en publier un le 24 mars... et pourtant !
Pourtant l'homme est toujours aussi con. Pourtant les mots sont toujours aussi faibles. Pourtant notre monde tourne de moins en moins rond.

Hier soir je n'ai pas eu envie d'aller voir les feux. Pas envie de me mêler à la foule. Pas envie d'éviter les pétards. Pas envie de me faire bousculer. Pas envie d'être " à la fête ".
 Assoupie sur le canapé, je me suis réveillée avec la voix grave des journalistes et ce bandeau : Plus de 60 morts à Nice.
Jusqu'à 1h du matin j'ai suivi en boucle les mêmes images, rivée à mon écran. J'ai poursuivi sur mon téléphone jusqu'à 4h du matin, passant des actualités à Twitter.

Triste, apeurée, affligée.

Et puis ce matin, dès le réveil, vérifier son portable, attendant les nouvelles d'une amie en vacances dans le sud. Et puis ce matin, dès le réveil, allumer la télévision et écouter une fois de plus le drame, le nombre de victimes en hausse, les témoignages...

Et puis... Et puis, quoi ?

La colère de lire les commentaires sans aucun sens sur les réseaux sociaux. Lire que tout ça n'est que manipulation, mise en scène et complot de l'Etat (ou même des Etats-Unis) pour incriminer une partie de la population. Lire que ce n'est "pas terroriste" mais "juste un fou". Sérieusement ?
Pas d'amalgame certes, mais une prise de conscience n'est pas exclue si ? Comment faire pour ne pas cliver si ces terroristes ne sont pas dénoncés ?
La colère qui s’immisce petit à petit en regardant ce monde où l'on préfère filmer des morts plutôt que de secourir les vivants.
La colère qui monte en écoutant les journalistes appuyer encore et toujours sur le sensationnel, sur la recherche de l'élément le plus morbide sans aucun respect pour les familles et pour leur douleur.
La colère qui grandit en comprenant toute la manipulation dans le choix des témoignages  : "Medhi, Rahim, Mohammed..." Ok ! Nous ne sommes pas sans cerveau, on a bien compris le message ! Mais est-ce vraiment rendre service que de sélectionner de cette manière les personnes interrogées ? Les victimes sont des victimes non ? On ne me fera pas croire au fruit du hasard concernant le choix de ces interviews ...

La colère encore et toujours qui finalement devient du dégoût ! Pour toi qui tue au nom d'une religion que tu t'es construite, sans aucune réflexion, sans aucune humanité ! Pour toi, qui cherche à faire toujours plus de sensationnel ! Pour toi, qui pense que tes vues sur ton compte Facebook, Insta, Twitter ou Youtube sont plus importantes que la vie de tes compatriotes !

Du dégoût qui devient amertume et tristesse, en réalisant le nombre d'attentats perpétrés en si peu de temps.  Toutefois, non, je ne partagerai pas le mouvement "Pray for". Je ne crois plus en rien, je ne vais pas commencer à prier juste après un évènement aussi tragique. Libre a chacun de faire ce qu'il souhaite mais personnellement je veux laisser leurs sens aux mots. 
Non, je n'incriminerai pas le gouvernement parce que "tout le monde le fait". C'est un peu tard pour se rendre compte qu'on aurait du faire "comme-ci" ou "comme-ça". Autant en tenir compte pour le futur non ?
Non, je ne ferai pas semblant de ne pas avoir peur. J'ai peur ! Et je l'assume.

Frédéric Beigbeder a dit un jour, "Les bombes, je les préfère sexuelles, et les attentats, à la pudeur." Je ne suis pas toujours d'accord avec ses propos mais pour cette fois, je partage son avis !